Entrées de April 2002

27 April, 2002

Mc Do et les ados

Le 8 avril, je me demandais, devant les efforts de Mc Donald pour séduire la jeune clientèle féminine, si les investissements en poupées rapporteraient. Ma question était pertinente, puisque ce samedi, dans le cahier l’Actuel de la Presse, on nous apprend que les filles délaissent Barbie dès l’âge de 5 ans… Ronald devra revoir ses approches.

19 April, 2002

Du parka à la jupette

Pour la première fois depuis près de dix ans, je vivais une fin de session universitaire. Rien n’a changé, comme à l’heureuse époque de mes études à temps plein, l’été s’est installé tandis que je planchais sur mes travaux. Mercredi, en mettant le nez dehors, j’ai eu l’impression de me réveiller après un sommeil comateux de quelques semaines… Vive Montréal, on claque des doigts, puis c’est l’été. Les Montréalaises du Plateau ressortent subito leur uniforme estival : jambes nues, jupette noire, mules noires, petit haut noir et chevelure flamboyante. Les gars s’en tiennent au short et camisole… Pour représenter Montréal, plutôt que de vendre des paysages sous dôme de verre qu’on agite pour créer une tempête de neige, on ferait mieux de reprendre le concept du stylo où une fille perd son bikini et de l’adapter un peu. Il y aurait évidemment une version féminine et une version masculine, mais vous comprenez déjà le principe, j’en suis sûre !

11 April, 2002

La pêche miraculeuse

En attendant le retour au travail, les journalistes de Radio-Canada cherchent à faire de la pige… Petits pigistes débutants du secteur des communications, vous qui comblez les trous un peu partout lorsque la saison estivale arrive, priez pour que le conflit cesse rapidement !

9 April, 2002

Ben fait de la pub…

Ceux qui connaissent Fluxus connaissent sûrement Ben Vautier. Cet artiste dynamique, tout de mème à la fin de la soixantaine, connu internationalement dans les milieux de l’art a décidé de faire profiter son talent… En acceptant de participer à la conception de la campagne de publicité des Banque Caixa.

9 April, 2002

Dutiful et soumis…

Il semble que le Bloc québécois ait refusé le message de condoléances à la Reine élizabeth II en raison des mots « sujets loyaux et soumis » en fin de message… Si en anglais le libellé était « loyal and dutiful » tel que mentionné dans l’article de Buzzetti, il aurait peut-être été possible de s’entendre sur « loyaux et dévoués ». Ces formules sont des formules politiques, qui expriment au reste du monde que nous savons nous comporter en société. Je trouve cette sortie du BQ inintéressante, voire ridicule et comparable à l’adolescent qui éructe à table pour choquer ses parents…

8 April, 2002

Serbes et Bosniaques : le combat des médias

Après quelques années dans le secteur des relations publiques, je sais pertinemment que les stratèges et les « relationnistes » peuvent influencer la faÇon dont une nouvelle sera perÇue. Histoire de mœurs ou geste généreux, il n’est pas rare qu’il y ait une stratégie profitable – autocongratulation ou humiliation de l’ennemi - derrière chaque scoop. On trouve aujourd’hui, dans Le Devoir, sous la plume de Paul Cauchon, une histoire qui illustre assez bien ce propos : soit le jeu des relations publiques dans le conflit en ex-Yougoslavie.

8 April, 2002

Ronald s’intéresse aux très jeunes filles…

Je me rappelle enfant, lors de l’ouverture des premières franchises de Mc Do à Québec, d’y avoir traîné mes parents. Le « M » jaune sur fond rouge, le parc d’amusement multicolore et les tonitruantes affiches, réparties judicieusement le boulevard que nous empruntions chaque jour, parlaient à la petite fille de 8 ou 9 ans que j’étais, mieux que toutes les fiches d’information sur les quatre groupes alimentaires qu’on distribuait en classe. Mon père nous laissait choisir parmi les mc machins tout azimuth, ajoutait à la note les gadgets du mois et se contentait d’un café et d’une brioche…Mc Do, ce n’était pas pour lui. Si je devais un jour poursuivre des études avancées en marketing, je songerais sûrement à décortiquer les principes de marketing conÇus pour des jeunes clientèles. Nous avons souvent tendance, tout empêtrés dans notre rectitude politique, à ignorer le phénomène. Mais croyez-vous vraiment que les promotions de Mc Donalds ou des autres marchands de fast food, s’adressent à une clientèle adulte ? Non, sûrement pas, mais le géant du fast food aimeraient bien qu’une fois adulte, nous continuions à consommer des burgers et des repas-valeurs chaque semaine. Ils installent donc leurs restos près des édifices à bureaux et aux abords des quartiers universitaires. Cela ne suffit pas, parce que les filles sont plus sensibles – torture-diète et diktats de la mode obligent – aux méfaits du fast food et prennent leur distance dès l’adolescence. Car ne nous leurrons pas, les salades, les soupes et autres items santé ont été lancés pour plaire à la clientèle féminine.

Qu’à cela ne tienne, Ronald récidive et tente de fidéliser la clientèle des petites filles en offrant dans ses promotions « Happy Meals » des poupées pour les filles, des autos pour les gars. Il faudrait demander à Mc Do, à quel âge, en 2002, les filles cessent de s’intéresser aux poupées. Les pré-ados sont souvent des collectionneuses de mignons objets (peluches ou bijoux) mais moins de poupées, qui font un peu bébé pour les grandes filles qu’elles souhaitent être dès maintenant… Enfin, jetez un œil sur l’article, « Mc Donald’s uses dolls to woo girls », qui contient une foule de données très intéressantes. Article trouvé via Infopresse

3 April, 2002

Smith, Smith, Smith

Depuis mon intervention sur Smith, je reçois chaque jour des commentaires ou des impressions sur l’oeuvre de ce jeune réalisateur. Comme les gens qui m’ont écrit, j’aime le travail de Smith, même dans ses pires délires autoréférentiels. Ce qui me surprend, c’est que mes amis du milieu cinématographique ne sont pas vraiment émus par Smith. Mais les gens qui travaillent dans les nouvelles technologies en raffolent visiblement. C’est peut-ètre une affaire de génération, comme dans mon histoire de « cohorte Star Wars »… Pour voir l’oeuvre complète de Smith, rien de bien difficile, tout est en DVD, de la trilogie, à Dogma, jusqu’au tout récent Jay and Silent Bob Strike Back… Mème le court métrage de Smith sur New York, mais pour le voir il vous faudra, jusqu’à nouvel ordre, se procurer les 8 heures du Concert for New York.

Je crois que je vais actionner la fonction commentaires de mon blogue, comme ĉa vous pourrez tous bénéficier des lumières de mes lecteurs. Quoique j’aime bien recevoir des courriels… C’est à voir donc.

2 April, 2002

Cheveux bouclés ou lisses : les Afghanes choisiront…

On comprend souvent mal, la force symbolique que prennent certaines icônes de notre culture américaine pour les opprimés. Une bouteille de Coke, achetée à fort prix, a souvent l’allure d’un grand pas vers un mode de vie plus prometteur. Comme ces bas de nylon, que nous maudissons ici et qui représentent pour bien des femmes tous les avantages d’une vie moderne dont elle peuvent seulement rêver. Or, à quoi rêvent les Afghanes ces temps-ci… À l’éducation peut-être, à la fin de l’oppression, mais surtout au privilège de choisir ou non de faire ces petites choses, en apparence si banales, comme porter du vernis à ongles et de l’ombre à paupières en public. Il y aura probablement beaucoup de petites filles qui liront le magazine Roz de leur maman…

2 April, 2002

La trilogie comme au temps des mousquetaires…

Un lecteur me faisait remarqué que le plus récent film de Smith Jay and Silent Bob Strike Back s’inscrivait à la suite des trois films de la trilogie, qui maintenant contiendrait quatre films, d’oô le titre de cette intervention. Cela est vrai, mème qu’il est sûrement difficile de comprendre Jay et Silent Bob (…) si l’on a pas vu au moins un des trois films de la Jersey Trilogy. L’analogie des mousquetaires ne me sera plus d’aucun secours lorsque Jersey Girls (titre de travail) verra le jour en 2003. De toute faĉon, il y a sûrement un universitaire quelque part, qui cherche pour nous une dénomination appropriée pour cette trilogie à volets !

1 April, 2002

L’univers virtuel et moi

Quand j’ai décidé de publier mes réflexions sur la Toile, je connaissais surtout les diaristes anglophones, cela par le biais de Mikel. Depuis, des “blogueurs” francophones m’ont envoyé leurs commentaires et j’ai découvert l’univers franco des diaristes. Certains racontent des histoires plus personnelles qui se rapprochent de ce que je fais ici, d’autres alternent entre des interventions personnelles sur l’actualité et des petits récits. J’ai aussi mis à la barre de navigation “Pssst”, un babillard oô collaborent plusieurs blogueurs francophones. Au fil de mon exploration, j’ajouterai des liens sur ma page et qui sait, vous qui me lisez, retranchés dans votre anonymat, vous déciderez peut-ètre à faire votre entrée sur la Toile…

1 April, 2002

Exister dans les médias

Il y a quelques années, alors que j’étudiais toujours au deuxième cycle en histoire de l’art, j’animais à la fois des ateliers éducatifs dans un musée et une émission sur la culture populaire dans une petite radio communautaire de la ville de Québec. Les deux tiers des ados de moins de 15 ans qui participaient aux ateliers – le contenu était l’histoire des femmes – voulaient devenir journalistes ou travailler dans les médias. Cette même année, je me suis inscrite à une école d’animation radiotélévision. Même scénario que dans les ateliers : une classe de 20 jeunes gens de 19 à 35 ans, qui veulent tous travailler dans les médias. Dans ce groupe, presque tous les participants, sauf deux ou trois ados accros à la radio commerciale, se voyaient à Radio-Canada. À ce que je sache, hormis Kathy Lee qui met ses talents de chanteuse au service de plusieurs comédies musicales, je suis la seule de ce groupe qui ait publié ses textes dans un hebdo, animé une émission de fin de journée à CKRL et tenu la chronique culturelle dans une radio commerciale. Quand l’offre d’audition radio-canadienne tant attendue est arrivée des années plus tard, je pratiquais déjà le métier de chargé de projets en communication. Je n’ai pas poursuivi mes démarches avec Radio-Canada, mais je sais que pour tous ces emplois il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus.

Savez-vous à quoi ressemble la journée d’une chroniqueure culturelle du matin ? Parce que si à CKRL on m’offrait - pour un salaire de misère - les meilleurs créneaux d’animation, dans la vraie vie, les filles sont pas mal toutes assignées « au culturel ». Or, la journée d’une vadrouilleuse commence vers 5 h 45, alors qu’elle écoute les premiers bulletins de nouvelles en se rendant au boulot. L’entrée en ondes se fait vers 7 h, dans mon cas, la sortie se faisait à 10 h. Après quatre heures intenses, il faut ramasser ses messages, son courrier, planifier les sorties de la semaine, puis courir vers les nombreuses conférences de presse qui ferment la matinée. En après-midi, il faut se taper une petite sortie cinéma, puisque le soir est consacré aux spectacles. Parfois, une petite sieste avant la participation occasionnelle, mais requise, à l’émission de fin de journée, nous redonne l’énergie nécessaire pour courir les salles de spectacles jusqu’à tard en soirée.Bilan d’une semaine de vadrouilleuse : 50 à 60 heures consacrées au travail, des horaires de travail morcelés qui s’étalent de 6 h à 23 h 30, aucune liberté de pensée et une précarité de travail redevable à l’humeur des animateurs, les sondages BBM etc. Pour ces emmerdes, on vous donne un salaire qui semble peut-être mirobolant pour un pigiste culturel, mais qui accote tout juste les offres des emplois professionnels à horaires « normaux ». Qu’est-ce qu’on ne ferait pas pour le prestige des médias, dites-le moi… Et les dirigeants des médias le savent aussi !

Si vous voulez voir beaucoup de gens qui en ont ras le bol des conditions de vie que leur impose leur rêve de médias, visitez la page de Jean-Hugues Roy de l’émission « Branché » de Radio-Canada, Blogue out.