Entrées de September 2002

26 September, 2002

Un plaisir de la vie : les figues

Vous rappelez-vous de la bande dessinée Hagar l’horrible publiée dans les hebdos québécois à la fin des années soixante-dix ? Enfin, dans une des aventures d’Hagar, il devait peler des figues. Des mes huit ou neuf ans, je croyais que c’était une erreur et qu’en fait l’horrible Hagar voulait peler des figu-r-es. Oui, des figures. Ma relation avec les figues s’est depuis approfondie et j’ai même un faible pour les figues vertes, dont j’apprécie la rugosité de la peau sur langue, la chaire au goût de miel et les centaines de petites graine qui craquent sous la dent…

Cette année, pour une histoire de température, les figues vertes sont minuscules. J’ai donc décidé de trouver une faÇon intéressante de les apprêter en salade. étant donné le succès que j’ai eu avec mon improvisation, je vous la livre ici.

Tout d’abord, les ingrédients :

  • Des figues vertes (environ 3 ou 4 très petites figues par personne) coupées en deux
  • De jeunes épinards bien tendres
  • Un ballotin de fromage de chèvre à croûte ferme, laissé à température de la pièce (calculez que vous devrez faire des tranches)
  • Des pignons de pin ou des noix de grenoble
  • De l’huile légère – j’utilise l’huile de pépins de raisin – parce que l’huile d’olive est un peu trop relevée pour cette recette
  • Du vinaigre balsamique
  • Une ou deux gousses d’ail au goût

Les manipulations :

Faire chauffer 2 ou 3 cuillerées d’huile et y faire frémir les figues, après trois ou quatre minutes, ajouter 2 cuillerées à thé de vinaigre balsamique, baisser le feu, puis y jeter l’ail. Prélever les figues avec une cuillère trouée, mettre de côté, ajouter un peu d’huile et de vinaigre dans la poêle pour faire la vinaigrette et verser le tout dans un petit récipient. Griller le noix au four ou à la poêle (on huile la poêle et on grille 2 minutes). Disposer les épinards sur chaque assiette, mettre une ou deux tranches de chèvre (selon le format de votre ballotin ou votre goût pour le fromage), garnir de figues, de noix, puis arroser de vinaigrette tiède… Mmm…

26 September, 2002

11 septembre et 11 septembre

Plusieurs de mes proches se demandaient comment je vivrais cet anniversaire. Allais-je prendre congé du boulot ? Allais-je participer à quelque activité de commémoration ? Ces questions étaient toutes pertinentes, mais je n’avais pas de réponse. Aux états-Unis, G.W.B. se cherchait des ennemis à abattre, les gens les plus touchés par les attentats ne prenaient plus la parole que pour clamer leur raz le bol des médias. La vie avait repris son cours.

Cette année, le 11 septembre, à 8 h 43, j’étais dans mon auto, en route pour le travail et je constatais que ma vie avait bel et bien changé. À pareil date l’an dernier, j’étais à New York aux pieds des tours, stupéfaite devant l’indicible et loin de savoir à quel point la situation se dégraderait. À 9 h 40, je voyais des dizaines de gens condamnés à la mort, plonger dans le vide. Quelques minutes plus tard, en entreprenant une longue marche pour quitter le Point Zéro, je me suis demandée si je reverrais les miens. Cette année, un peu avant 10 h, mon père m’apprenait que la science avait fait son œuvre et dompté ce cancer qui quelques mois plus tôt avait sérieusement écourté son espérance de vie.

Oui, tout a changé pour moi parce que j’ai appris sur qui je pouvais compter… Le monde est redevenu un endroit où il fait bon vivre. Merci à vous tous donc et surtout à mon amoureux, mon roc, mon incomparable M.

21 September, 2002

De retour

Comme j’ai toujours une bonne raison pour abondonner mon blogue et risquer que personne ne vienne plus me lire, cette fois-ci, je dois blâmer mon ordi, qui s’est payé deux petites semaines chez le réparateur. Je reviens donc et devrais ètre un peu plus assidue…

6 September, 2002

Nadia à Radio-Canada

Dimanche le 8 septembre, entre 10 h et midi, vous pourrez entendre ma voix ensorcelante sur la Première chaîne de Radio-Canada (95.1 mf) dans l’émission Dimanche magazine. Chantal Lavigne, journaliste à Dimanche magazine, m’a interviewvé pour ajouter mon témoignage à une série de vignettes sur le thème du 11 septembre. L’entrevue a pris la forme d’une longue conversation, mais j’imagine qu’en ondes ce ne sera qu’une brève vignette sur mon expérience. Enfin, vous ne perdrez rien à écouter Dimanche mag, car c’est une bonne émission.

Pour ma part, je me demande de quoi j’aurai l’air, si ma voix sera tremblotante ou si, comme je le crois, j’aurai gardé ma contenance, tout au long de l’entrevue.

5 September, 2002

Mini-chien, les mauvais parents et la candeur des enfants…

Si vous avez des enfants, vous essuyez sûrement de temps à autres les commentaires de « sans enfant », qui vous attrapant une mauvaise journée, vous laisse croire que le petit être entre vos mains sera, si la tendance se maintient, au moins un criminel dangereux. Je constate toujours dans ces situations, que les gens qui sont les plus cléments et conseillent sur un ton compréhensif sans trop juger, sont eux-mêmes des parents exemplaires – si une telle chose est possible. Bien évidemment, qu’avec Mini-chien nous vivons une forme semblable de jugement. Mini-chien mord-t-elle un mollet ou laisse-t-elle sa petite vessie de chiot la surprendre sur une carpette ou un sofa, que nous nous voyions, parents d’un chien délinquant qui se poussera sitôt sa croissance terminée pour joindre une horde sauvage…

Comme je suis une fille « performante » qui aime réussir tout ce qu’elle entreprend et sursaute au mot « échec », il m’arrive parfois de céder à la pression sociale du succès, même lorsqu’il s’agit de Mini-chien. Les commentaires des uns et les idées des autres me hantent alors et j’oublie les conseils bienveillants des propriétaires de chiens, dont la petite bête est aujourd’hui, après moult tribulations, un modèle de gentillesse canine.

Tandis que sur la rue je réfléchissais à tout cela, avec Mini-chien frémissant au bout de sa laisse, une petite fille de tout au plus six ans toute mignonne dans ses vêtements tout neufs de la rentrée, m’aborda ainsi : « Veux-tu me donner ton chien ? il m’aime déjà et j’en prendrais soin ». Je lui expliquai que j’aimais mon petit chien et que cela me ferait du chagrin de lui donner. « Mais, depuis toute ma vie, je rêve d’avoir un chien comme le tien, me dit-elle, si tu me le donnerais il serait heureux avec moi, je saurais quoi faire moi… ». J’ai souris et je me suis dit que la belle petite fille exprimait ce que bien des gens pensaient. Ah ! candeur des enfants !