Entrées de September 2004

28 September, 2004

Présage

Je marchais tranquillement sur le trottoir, quand j’ai senti sous mes pieds le craquement si typique des feuilles à l’automne. J’ai mis quelques dix secondes à comprendre que sur le sol c’était bel et bien des feuilles d’érables rougies par la fraîcheur des nuits passées et arrachée prématurément des branches par les grands vents de l’après-midi. Ce fut comme une répétition générale avant l’automne…

27 September, 2004

Un éléphant ça trompe…

J’avais vraiment adoré la première saison de The Apprentice, la grande entrevue télé-réalité au bout de laquelle un jeune gestionnaire se voyait confier un job de 250 000$ US pour le légendaire Donald Trump. Trump a un goût horrible en décoration - une pièce toute de marbre et d’or, c’est souvent une salle de bain, chez Trump c’est la salle à diner. Ça permet de tirer la caviar sur le murs… Il bat aussi des records grâce à un toupet horrible qui amincit d’année en année, mais qui s’en soucie puisqu’il a des millions dans les poches.

Lors de la précédente saison, il paraissait un homme juste, ferme et très direct. Dans la présente série, Trump semble en contrôle de tout le show et l’image qu’il projette de lui est celle d’un homme caractériel, qui abuse de son pouvoir et aime les gentils caniches. On ne répond pas au monsieur sans son autorisation, on obéit et on se tait. Est-ce la recette pour trouver un gestionnaire de choc? Il risque fort de se retrouver avec un gestionnaire sado qui une fois en position laissera sortir la vapeur se disant, “me suis assez fait humilié, c’est maintenant mon tour de tordre des bras” ou encore un maso qui, docile et peureux, n’arrivera pas à commander. Enfin, je lui souhaite…

26 September, 2004

Mea culpa…

Je vous l’ai déjà dit, mais point besoin d’être une forte pointure de l’informatique ou de pouvoir converser en binaire pour jouer du blogue. Or, mon blogue en Movabletype, ne me permet pas les mêmes acrobaties que le précédent, parce qu’il me manque souvent des connaissances pour effectuer des tâches si simples dans Userland. Comme, vérifier qui dit quoi sur mon blogue et qui le met en référence. J’ai su que je manquais quelques chances d’interagir en me livrant à un “egosurf” usant de mon nom de blogue. Me sont alors apparûts deux années de références et commentaires, le plus souvent appréciatifs sur mes états d’âme mis en mots. Je vous en remercie donc et “Mikel” a maintenant la mission de me montrer à utiliser ce nouveau blogue un peu plus à fond et avec plus d’interaction. Il y a maintenant des commentaires, c’est déjà une amélioration…

23 September, 2004

Cet air du temps…

Non, je ne me prépare pas à vous entretenir de cette nouvelle radio publique rose bonbon façon fm commercial, qui nous propose de changer d’airs… Je souhaite plutôt porter votre attention sur la sortie des trois Mousquetaires péquistes. Je n’ai pas fait la tournée avec eux, je ne savais même pas que quelque part, de jeunes valeureux mousquetaires questionnaient les jeunes québécois sur leur perception de la souveraineté, mais au début septembre, je réfléchissais sur le même sujet.

22 September, 2004

Totalitarisme ou tautologie…

Je me rappelle, que lorsque j’étais étudiante en littérature à Québec chaque année, je visitais Montréal à la fin août pour assister au Festival international du film de Montréal. J’ai un souvenir précis d’avoir vu Marc-André Forcier présenter Une histoire inventée, moi petite nobody assise au parterre. Ouh! Je viens de vérifier et c’était en 1990, ça ne me rajeunit pas!

Il est vrai que ce festival est si peu axé sur le gratin québécois, que ce doit être vu comme un défaut par le “milieu”. Cela dit, il reste qu’il y a des volets de l’événement qui devraient être développés pour répondre aux exigences des subventionneurs en ce qui a trait à l’éducation et à la diffusion.

En cette ère de rentabilité, si l’on compare de plus en plus l’industrie culturelle à l’industrie commerciale demandant des preuves rendement et de rentabilité, nous ne pouvons imaginer le Gouvernement faisant un appel de candidatures pour prendre en mains une manufacture de chaussures, sous prétexte que l’entreprise subventionnée ne prend pas l’expansion qu’on souhaiterait.

Oui, mais la culture, c’est différent me direz-vous, c’est une vitrine ouverte sur l’excellence de notre société… Ça va, ça va, j’en ai écrit des tonnes de lignes sur la nécessité de la culture. Autant de “band-aid” sur autant de bobos. Je vous demanderais en quoi maintenant la culture se distingue de l’industrie, quand chaque année la diversité culturelle est discutée comme un sujet à la mode, tandis que partout on réduit le spectre des produits culturels à un seul dénomiteur commun : ce qui fait sonner la caisse. “Augmentez vos revenus autonomes”, dit-on aux entreprises culturelles tout format. Et si votre travail ne rejoint que 10 000 personnes, changer votre format, faites de la pub et demander à votre directeur artistique d’être plus présent dans les médias!

Si la chose vous intéresse, aujourd’hui dans Le Devoir quelques artisans du milieu du cinéma s’exprime sur le FFM. Quant à la diversité culturelle, pour qu’on cesse une fois pour toute de s’imaginer que le concept a été élaboré dans le bureau d’un fonctionnaire du troisième millénaire, vous pouvez lire Avant-garde and Kitsh, un texte de Clement Greenberg écrit en 1939…

14 September, 2004

Agréable surprise

Un lecteur anonyme m’a signifié que mon commentaire sur la philosophie l’avait amusé et lui avait donné envie de relire quelques classiques. Outre le fait, qu’il est toujours agréable de constater que des gens apprécient mon humour - on aime tous un peu les flatteries quoi…- cela me ravie de lire que mes petits commentaires peuvent donner de si bonnes idées.

13 September, 2004

Trauma-nation

On croyait que le 11 septembre resterait gravé à jamais dans nos mémoires et que chaque année, pour des décennies on observerait un moment de silence un peu avant 9 h le matin… Ce serait vrai, si ce n’était de cette surenchère de violence que nous connaissons depuis quelques années. Est-ce parce qu’elle est médiatisée que cette violence nous touche moins? En quelques minutes on nous bombarde d’images de Beslan, Bali, New-York,d’Irak… Nous discutons à table de l’horreur, comme s’il s’agissait d’un sujet mondain. Après avoir vécu le 11 septembre sur place, à quelques pas des tours, j’ai compris qu’aucune image ne peut recréer l’horreur de la réalité. Néanmoins, sous le déferlement des nouvelles et des reportages nous nous sommes insensibilisés. Il paraît qu’une certaine insensibilité aux événements forts est le premier signe du choc…

8 September, 2004

Beslan, Ossétie du Nord

Je ne dis rien sur l’école de Beslan. Ou enfin peu. Sinon, que je n’ai pas eu besoin des images qu’on nous sert depuis la conclusion tragique de cette prise d’otages pour comprendre. Je n’ai eu qu’à entendre à la radio, la voix ébranlée du correspondant qui racontait sans trop de détails les événements pour que me viennent les larmes. Quand les groupes de revendications exploitent des enfants pour la cause et pour négocier un peu d’attention médiatique, c’est la fin de quelque chose.

7 September, 2004

Justice radio

Il aurait été de mise que Gillet entre en ondes, s’excuse un peu puis fasse une émission comme si rien n’était jamais arrivé… Ça ne s’est pas passé comme cela. Fallait s’y attendre, mais je trouve néanmoins incorrect que Robert Gillet ait utilisé sa première émission pour se faire justice et présenter sa version des faits. J’ai entendu un extrait à Radio-Canada où il répétait que la jeune fille de 15 ans avait menti etc. En faisant cela, il dit clairement, “je suis ici pour servir mes propres intérêts”.

Allez lire le code d’éthique des journalistes sur le site de la Fédération des journalistes du Québec, vous y verrez que de diffuser une information pour en tirer un bénéfice personnel est contre cette éthique. Mais à quoi bon, nous avons dépassé le stade de l’éthique morale ou professionelle depuis déjà longtemps.

7 September, 2004

Le sens critique de Québec

Je vous conseille de lire le commentaire de Viv rédigé en réponse à mon texte précédent qui traitait des commentaires du maire de Québec sur le retour en ondes de l’animateur vedette Robert Gillet. Je me demande comment cette ville réagira… Et vous?

3 September, 2004

Avons-nous perdu tout sens critique?

Aujourd’hui, dans le Journal de Montréal, on publiait les réactions de quelques personnalités à l’annonce du retour de Gillet sur les ondes de Québec. Le maire Lallier n’y voyait aucun problème, comparant l’histoire de Gillet à celle de l’ex-ministre péquiste Claude Charron, reconnu coupable de vol, puis devenu animateur de télévision. Pour l’information du bon maire, Claude Charron a débuté dans les médias en 1987, soit cinq ans après avoir commis un geste criminel. Gillet a quitté les ondes, il y a 21 mois. Bon. Au risque de faire du chagrin au maire de Québec, je tiens à souligner que voler un veston est assez différent de l’histoire qui met en cause Gillet.

3 September, 2004

Ce fameux vote pour l’indépendance

Je vous fais un aveu : j’ai voté “oui” aux deux précédents référendums. Cela dit, je dois vieillir plus vite que M. Parizeau, parce que je suis fatiguée du projet souverainiste. Oui, lapidez-moi si vous le voulez, mais je pense que le projet a fait son temps. S’accrocher à cette idée est comme essayer de bâtir un édifice selon des plans conçus à la fin des années soixante. Si quelqu’un présentait un pareil plan, on lui dirait sûrement, “il me semble que c’est un peu vieillot ton affaire, il y a depuis de nouvelles façons de faire, de nouveaux matériaux et maintenant, l’amiante est bannie…”. Je pousse la comparaison, mais la question demeure : comment un plan de société élaboré il y a plus de vingt ans peut être encore à jour? La société québécoise n’est plus la même. Le monde a changé. L’Europe s’est réuni sous la bannière de la CEE, de nouveaux conflits ont émergé à l’échelle internationale, les États-Unis dominent comme un monstre fabuleux, dont on cherche la tête… Tout est différent et même ce désir profond d’être reconnu comme une nation doit prendre une nouvelle tournure. Nous avons besoin d’un nouveau plan, d’un nouvel idéal.

Pour ce qui est de la controverse autour de Martineau qui envoyait Parizeau pètre sur île déserte, je crois que nous vivons un phénomène d’agisme à l’envers. Nos leaders, à force de vouloir rester jeunes trop longtemps, nous font croire que 35 ans, voire 40, c’est trop jeune. Pourtant, ils sont eux-mêmes arrivés au pouvoir au début de la trentaine, voire à la fin de la vingtaine, il sont devenus boss, directeur, député, ministre dans leurs jeunes années et aujourd’hui, ils ont le culot de dire à la génération suivante de patienter et de respecter l’expérience. L’expérience, mais pas l’âge, parce qu’ils refusent d’être vus comme “âgés”. Ils ne sont pas vieux, pas gâteux, un peu enfant gâté, mais pas vieux bon!