Entrées de May 2005

29 May, 2005

Les deux Québec-s

Mon frère est au volant de son gros VUS et nous roulons vers la maison de mon père tout près de Québec. À la radio, l’animateur de CHOI, la Radio X de Québec raconte les développements quotidiens du procès des commandites et commente la performance de l’avocat Guy Bertrand dans le dossier qui oppose la station au CRTC. Je demande à mon frère s’il croit que la montée progressive de l’ADQ, un parti plutôt à droite, menace l’image socialiste du Québec. Mon frère allume une cigarette, puis me dit : « Tu sais Nad, moi les trucs intellectuels m’intéressent peu, je ne connais pas beaucoup d’universitaires, pis comme la plupart du monde au Québec, j’ai une idée plutôt superficielle de ce qu’est la gauche ou la droite et à vrai dire, je m’en sacre un peu ». Je lui parle du débat que quelques confrères de la bloguerie entretiennent sur l’identité nationale, Canada versus Québec. Mon frère tire sur sa cigarette, « Ouin, ça ressemble à quelque chose qu’on pourrait lire dans Le Devoir. Tsé, la sœur, le problème, c’est qu’il n’y a pas beaucoup de Québécois qui lisent Le Devoir, ont des études universitaires ou qui se soucient de tout ça… Ils ont combien de lecteurs Le Devoir ? », ajoute-t-il, un sourire en coin, en exhalant la fumée de sa du Maurier.

Tant qu’à rouler en VUS dans la fumée de mon frère, j’en ai allumé une. Assez de rectitude politique pour aujourd’hui…

24 May, 2005

Week-end à Québec

Je suis donc allée à Québec pour ce long week-end pour souligner deux événements d’importance, soit la naissance de la petite Sofia et l’union d’un ami et de son amoureux. Ce fut un week-end rempli d’émotions. À la soirée de mariage, j’ai revu tout plein de connaissances et d’amis ce qui a ajouté à cet heureux événement. Je ne ferai pas tout un discours sur le mariage entre conjoints du même sexe, je vous dirai simplement que de voir deux personnes célébrer leur engagement et leur amour a de quoi tirer des larmes à tout coup.

Tant qu’à être à Québec par ce temps gris, j’ai fait un petit arrêt au restaurant Utopie de la rue Saint-Joseph. Le décor est franchement réussi et la carte des vins a de quoi impressionner, comme le cellier qui s’expose derrière une vitrine couvrant tout le mur situé à l’arrière du bar. Les fameux pétoncles grillés accompagnés de sels parfumés étaient délicieux et semblaient par ailleurs être parmi les favoris des clients. D’une carte assez courte, qui inclut aussi un menu complet, M. a choisi la pièce de boeuf, G. le cochon de lait, et moi le thon rouge. L’assiette de M. était incroyable, celle de G. plus classique lui a plu et mon thon rouge était succulent. Cela dit, j’aurais préféré, pour une telle pièce, des accompagnements plus légers. Les quelques asperges grillées côtoyaient très bien le thon, mais les légumes racines, carottes et autres, me semblent moins appropriés. J’aurais plutôt imaginé avec le thon, quelques shitake, poivrons et un peu de riz sauvage. Mais l’expérience en vaut le coup.

19 May, 2005

Voyage dans le temps

Odile Tremblay du Devoir est à Cannes et nous rapporte les derniers potins sur Montréal et sa querelle de festivals. Elle y a rencontré Moritz de Halden et nous mentionne au passage que sa femme Erika est maintenant directrice adjointe au nouveau FIFM. Tandis que Mme Tremblay brodait soigneusement et avec talent, tous les détails de cette tapisserie, qui mettait en scène un de Halden feignant de ne pas voir Losique et continuant de raconter ses aventures d’il y a 40 ans dans le “milieu du cinéma”, une bizarre impression m’a envahie. Vous savez cet étrange décalage que l’on ressent lorsqu’on lit un article écrit il y a une trentaine d’années, où tous les noms sont connus, mais où l’après-guerre c’était hier. Ouais, c’est ça, le FIFM nous propose une organisation style “vieille France”, avec à sa tête, Monsieur et Madame et un CA bourré d’amis du milieu. Je ne sais pas pourquoi, mais tout à coup, je pense au Spountz avec Fernandel.

19 May, 2005

La direction des communications de Jean Charest

Depuis des mois, je critique le manque d’initiative et de planification des communications politiques de notre gouvernement actuel. Les annonces se font sans préparation, les médias sont utilisés mollement et seulement de façon réactive, trop souvent quand une situation est déjà très mal perçue par la population. Le tout fait souvent si amateur, qu’on pourrait avoir l’impression qu’il n’y pas de stratégies au cabinet du PM. Radio-Canada a révélé le statut du directeur des communications du cabinet du PM, une affaire qui a été commentée en chambre. Aujourd’hui, Le Devoir donne les détails du contrat de Michel Guitard, directeur des communications du cabinet de Jean Charest, mais aussi travailleur autonome… Ce sont donc quelque 195,000 $ que le gouvernement consacre au poste de direction des communications et à ce prix, le directeur n’accorde que 20 heures par semaine au cabinet. Point besoin de vous dire, que le salaire normalement dévolu à cette fonction, pour un employé à temps complet est, si je me fie à ce que j’ai vu à la fonction publique, beaucoup moins élevé. On parle habituellement, d’une fourchette salariale située autour de 100,000 $ par année et à titre de fonctionnaire ou de personnel politique, les dépenses sont contrôlées et sont sujettes de se voir révélées dans les médias. Enfin, si les communications de Jean Charest étaient efficaces, ce détail serait peut-être de moindre importance.

15 May, 2005

Blogues tous azimuths

Tiens, tiens, le Devoir s’intéresse une fois de plus au “phénomène” des blogues en consacrant cette fois-ci un article synthèse sur le sujet, sous la plume de Paul Cauchon.

13 May, 2005

Gros bisous de Montréal

Je n’en reviens pas de l’entorse ridicule au protocole qu’a commis le maire de Montréal, lors de la visite de Margriet de Hollande, princesse des Pays-bas. Notre bon maire l’a prise par les épaules et lui a fait une grose bise sur les deux joues, à la Québécoise.

Quand il est question de protocole, une des premières choses que l’on apprend, c’est qu’on ne pose pas la main sur une personne de la royauté, on lui serre la main si la personne se montre disposée et on ne l’embrasse pas. Mais ça vous l’aviez deviné… En fait, il est probable que pour le personnel entourant la princesse, cela allait de soi, puisque le signe de tête pour l’homme et une esquisse de révérence pour la femme constituent les standards en la matière.

Sauf, qu’il aurait été intéressant que le maire soit au courant. Pour ceux qui se demande comment on fait pour savoir tous ces trucs de relations internationales et de protocole, on se renseigne en lisant des ouvrages
ou l’on contacte un responsable du protocole et avant de lui parler on prend deux minutes pour lire site que je vous ai mis ici en référence.

Quant à moi, curieuse de tout, j’ai appris ces belles manières d’abord avec Michel Tétu, professeur à l’université Laval, qui était un spécialiste de la Francophonie internationale, puis grâce aux enseignements du Musée de la civilisation. Avec M. Tétu, j’ai même appris des manières de tables propres au contexte africain - par exemple, pour certains le sel a des propriétés magiques or, on le passe pas de main à main. Mais les histoires de M. Tétu demanderaient à elles seules une série de “posts” sur mon blogue…

11 May, 2005

Petite analyse de cas “Affaire Dutrizac”, comme on l’appelle

En lisant le commentaire de Marc Snyder (voir entrée précédente) qui présumait, puisque cela tombait sous le sens, que Télé-Québec avait dû faire deux annonces officielles, j’ai fait la vérification et aucune annonce officielle, du moins par écrit, n’a été faite. Pour éviter un pareille dérapage, il aurait fallu bien évidemment suivre les étapes que Marc pose dans son commentaire, mais un petit effort de communications internes aurait aussi été indiqué.

Télé-Québec parmi les 30 entreprises les plus admirées au Québec pour la qualité de sa programmation, son service à la clientèle et la proximité avec son public. Ceci est le titre d’un communiqué que l’on trouve sur le fil de presse du gouvernement du Québec et sur CNW où sont publiés les communiqués de Télé-Québec. Que s’est-il donc passé pour qu’une entreprise « performante » laisse une situation aussi dommageable pour son image que celle de l’affaire Dutrizac se régler d’elle-même ?

Lorsque les employés d’une entreprise sont journalistes, animateurs ou tout simplement qu’ils ont un statut de vedettes ou d’experts qui leur permet d’obtenir l’attention des médias facilement, l’entreprise doit être prudente. Chers directeurs d’organismes publics, qui coule de l’info aux médias sur vos décisions les moins appréciées ? Vos employés. Ce qui veut dire, que même en désignant les portes-paroles potentiels, vous risquer toujours qu’un employé commente, souvent seulement pour répondre à une question sur le vif. C’est pourquoi, il est important lorsqu’on gère des gens comme Dutrizac et Martineau de bien les informer, puis d’informer les médias des décisions que vous avez prises.

Dans le cas des Francs-tireurs, il aurait fallu rencontrer les animateurs ensemble ou séparément selon leur degré de connivence, puis faire de même avec l’équipe. On met ses cartes sur table, puis on demande aux gens de l’équipe, soit les salariés ordinaires, de ne pas commenter l’affaire. On sait très bien que museler Dutrizac ou Martineau sera impossible, voire non souhaitable, alors on essaie seulement d’avoir un consensus. Dutrizac aurait sûrement résisté, présenté une autre version des faits, mais les journalistes auraient pu choisir et comparer les versions.

Dans ce scénario, Télé-Québec aurait eu la part belle, celle de l’entreprise capable de faire face à ses décisions. On aurait compris que Dutrizac n’est pas content – qui le serait à sa place ? – Martineau aurait livré des messages plus clairs aux médias et la machine à rumeurs ne se serait pas emballée.

Par ailleurs, dans la littérature portant sur la psychologie du travail, on dit que lorsque les rumeurs et les potins vont bon train dans une entreprise, c’est que les communications sont insuffisantes et cela peut indiquer que le climat est brouillé.

9 May, 2005

Francs-tireurs la suite et, espérons, la fin…

Richard Martineau raconte d’une voix plutôt émue la semaine d’enfer qu’il s’est tapé, obligé de s’expliquer à tous, même sur la rue au sujet de l’affaire Dutrizac. Il ressort de cette discussion avec Renée-Claude Brazeau que même Martineau considère que Télé-Québec n’a pas fait son travail en négligeant de répondre dès les débuts de l’affaire par un message officiel. Ce faisant, l’animateur et les travailleurs de l’émission ont eu à expliquer une décision administrative, ce qui n’est pas leur responsabilité. Car couper un show ou mettre fin à l’entente d’un animateur, c’est une décision administrative et lorsque cette décision pose un problème, une société d’état doit formuler une réponse officielle.

9 May, 2005

Rire un peu

J’allais luncher avec M. lorsque j’aperçois sur la rue, à Montréal, faut-il le préciser, mon ex-animateur et boss, Robert Gillet. Ici, je suis probablement la seule qui le reconnaisse sur la rue, surtout sans barbe. J’ai fait mine de ne pas le reconnaître et il en a fait autant, en fait, il ne m’a peut-être pas vue. Je me suis demandée s’il ne cherchait pas un job à Montréal… Peut-être à Télé-Québec… Parce que Gillet, lui, il est fin, fin, fin avec ses boss !

9 May, 2005

Tiraillements dans la cour

Depuis que Dutrizac a été congédié de Télé-Québec, Richard Martineau parle de “lavage de linge sale en famille”, au lavomat de l’État avec vos trentes sous, mais quand même… Il est irrité le Martineau. Ce week-end, La Presse disait sans le ménager, que les Francs-tireurs sans Dutrizac, ce n’était pas possible. Gaetan Charlebois de la Gazette s’attristait de la perte de Dutrizac pour Télé-Québec, dans une société si peu portée à l’auto-critique.

Une journaliste du Soleil de Québec, Julie Lemieux, se demandaient même s’il ne faudrait pas renommmer les Franc-tireurs, les Inverterbrés. Oulala ! Elle a touché une corde sensible et “corporation man” lui-même, Richard Martineau, lui a montré qu’il était encore capable de montrer les dents pour défendre son image et bien évidemment, celle de ses employeurs.

Tiens lisez un bout du texte de Julie Lemieux : “Je savais que Martineau avait du chien, mais je n’aurais jamais cru qu’il pouvait mordre à ce point lorsqu’il se sentait attaqué. L’animateur n’a pas du tout aimé mon texte de jeudi. Il y a vu une atteinte à sa réputation et n’a pas apprécié être associé au mot invertébré, même si ce qualificatif ne lui était pas attribué. J’ai donc eu droit à ses aboiements, à sa condescendance, à ses insultes, à son agressivité débordante au téléphone dès mon entrée au journal ce matin-là. Jamais entendu autant d’injures de toute ma vie…”

Notre micro star-système québécois est rempli de gros égos et ma foi, sans eux, il ne resterait rien à écouter à la télé. J’ai cotoyé de gros égos et croyez-moi, je n’en ai jamais connu qui étaient vraiment aimés de leur équipe. Dans la plupart des cas, les gens respectaient leur pouvoir et se disputaient leurs faveurs, mais au travail, on les craignait plus qu’on ne les aimait. Or, les chicanes d’équipe entre un Dutrizac pas fin et un pauvre Martineau pris dans son rôle de spectateur, j’y crois plus ou moins. La machine a rumeurs est une chose qui fonctionne assez bien dans les médias, alors allez savoir ce qui est vrai!

5 May, 2005

Yulblog

Comme bien d’autres, j’ai décidé de ne plus attendre les températures plus clémentes pour sortir un peu et aller rencontrer la gang de Yulblog. Bon dieu, le phénomène est en plein essor, je n’y avais pas mis les pieds depuis presqu’un an et il y avait plein de nouvelles têtes. J’avoue que je ne suis des plus extraverties dans ces réunions, mais j’apprécie toujours de discuter avec cinq ou six nouvelles connaissances.

5 May, 2005

Affaire Dutrizac et Télé-Québec

J’ai réfléchi à cette affaire, me demandant si en terme d’éthique professionnelle Dutrizac n’avait pas pousser le bouchon un peu loin en critiquant la direction de Télé-Québec sur les ondes de Radio-Canada. Un employé ne doit pas critiquer publiquement son entreprise. C’est entendu. Mais si l’on considère que Dutrizac est un intellectuel, peut-il questionner sur la place publique la compétence de la direction d’une télé publique ? Cela semble possible, voire désirable dans une perspective de débat public. Mais dans un contexte de hiérarchie d’entreprise, ce n’est pas possible et nous en avons la preuve. Cela dit, si les prédictions de Mme Cousineau s’avèrent vrais, qui sera vraiment puni, le Dutrizac ou Télé-Québec ? Pas facile de gérer des gens d’opinion…