Entrées de August 2005

29 August, 2005

Problème technique

M. a mis à jour Movabletype et cela a entraîné un petit problème technique : dans toutes mes entrées précédentes les accents sont maintenant des points d’interrogation ou pire encore ! Je m’attaquerai au problème demain et je vous prie de m’en excuser.

29 August, 2005

Se réinventer

Il y a cinq ou six ans, une amie m’avait dit que j’avais cette faculté étonnante de tout changer autour de moi, jusqu’à me réinventer. De mon point de vue, il s’agissait tout simplement de modifier ce qui me déplaisait. Ma ville natale était-elle trop étroite ? Je devais donc changer de ville. Ma carrière stagnait-elle un peu, que j’échafaudais de nouveaux plans.

Or, après quelques années passées dans le monde des relations publiques, je me suis aperçu que m’éloignais toujours un peu plus de ce que j’aimais vraiment. J’ai appuyé sur les freins et ai analysé la situation. Je vous fais grâce de mon bilan personnel, comme de mes longues conclusions. Cela dit, la réflexion a porté fruits et je suis maintenant professeur de techniques de communication (ou rédaction si vous préférez) dans un collège francophone de l’Ontario. Tâche à laquelle s’ajoutent de la consultance et quelques coups de pinceau…

Me suis-je encore réinventée ? Disons que pour moi la résignation n’est jamais une solution.

22 August, 2005

La menace

Encore une fois, à l’approche du 11 septembre, je recommence à avoir mes rêves d’évacuation. Avec les années qui passsent, s’y emmêlent de plus en plus de symboles.

Cette fois-ci, le rêve se déroulait à Québec, ma ville natale, et la menace était une colonne de nuages sombres - comme celles qui annoncent les tornades en formation - au-dessus du fleuve. Deux détails étaient pris à même mes vrais souvenirs de ce jour : d’abord, je prenais des mains d’un collègue un walkie-talkie pour demander à un groupe récalcitrant de quitter les lieux et la consigne donné était la même, “marchez vers le nord”. Il est vrai que le 11 septembre, les gens étaient si sidérés, qu’ils ne comprenaient pas la menace.

De plus, j’ai mêlé à mes souvenirs les histoires d’horreur du tsunami, or je cherchais à fuir le bord de l’eau pour éviter les énormes vagues… Le cerveau est une bien étrange machine.

22 August, 2005

Charest scrute les médias

À la suite du commentaire de Pabsta, je me suis dit que j’aurais pu expliquer ma pensée un peu plus. Il n’y a rien d’anormal à commander une analyse médiatique, ce qui surprend c’est qu’un journaliste rapporte le fait comme une nouvelle.

Le geste de commander une analyse est un réflexe de communication politique et n’indique pas que gouvernement “scrute les médias” à la recherche d’un blâme extérieur. Si c’était le cas, il faudrait déclarer qu’ils sont plus amateurs que j’ai souvent présumé dans mes commentaires. Ce gouvernement a eu très peu de « réactions normales » en ce qui a trait aux communications politiques depuis son entrée au pouvoir. Ce geste indique donc qu’il commence seulement à s’organiser. Un directeur des communications avisé aurait commandé ce genre d’outil après la première année au pouvoir du PL.

Lorsque j’ai eu à travaillé près de cabinets politiques, au municipal et au provincial, j’ai vu plusieurs analyses de ce genre circuler « sous la table ». La consigne est bien souvent : « on ne fait pas de copies et on remet en lieu sûr après avoir lu ». Dans la plupart des cas, ces documents étaient très abstraits et ne touchaient pas le fondement des choses ou si l’on préfère, la nature des décisions d’un parti. On y trouve les interventions des médias classifiées en “positif” et “négatif”, puis quelques commentaires sur les données croisées relatives à un sujet.

L’analyse de fond - ou le mea culpa d’un cabinet - doit être faite par l’équipe de Charest ou par des conseillers à sa solde. Il faudrait donc qu’il ait près de lui des conseillers politiques assez forts pour prendre ces commentaires généraux et les formuler en commentaires critiques. Ainsi la forme (comment on communique un objectif politique) et le fond (la nature d’une décision) seraient mis en question pour chaque dossier ayant causé des vagues. Et là, pas question de digérer le rapport trois mois, il faut ajuster le tir en deux semaines. Cela dit, j’ai de la difficulté à imaginer que Charest apprécie les critiques, même constructives.

Un point de gestion est important à souligner : ces études demeurent habituellement à l’abri des regards et sont cumulées parmi les dépenses normales de surveillance des médias. Leur prix est sous la barre des $ 15 000 au municipal et des $ 25 000 au provincial, pour échapper aux règles des appels d’offres et demeurer ainsi sous le radar des journalistes.

Or comment le gouvernement a-t-il encore réussi à défrayer la manchette avec ce geste banal ? Pour demander un document via l’accès à l’information, encore faut-il savoir qu’il existe. Je dis souvent que les journalistes ne grattent pas tant que cela, ils ont toujours au bout du fil des fonctionnaires irrités pour leur livrer la marchandise.

La machine péquiste était très bien rodée (la petite règle de communication citée plus haut en hyperlien je l’ai appris d’eux) et fonctionnait en synergie avec sa fonction publique. Il y a donc, dans la fonction publique québécoise, des gens qui savent travailler et ne sont pas consultés ou pas écoutés. Mais je m’écarte du sujet principal, qui était la surveillance des médias, un sport pratiqué par tous.

21 August, 2005

Suivre les médias à la trace ou apprendre de ses erreurs

Dans un article titré “Charest scrute les médias”, Delisle de la Presse Canadienne explique que le gouvernement paye pour faire analyser sa performance médiatique. Tout le monde le fait et la somme versée à la Chaire de relations publiques de l’UQAM se situe dans la moyenne pour ce genre de travail. Cela dit, c’est un petit prix à payer pour que le gouvernement actuel prenne conscience que ses réactions dans les situations de crise sont assez lentes. C’est donc l’une de ces rares fois, où nous apprenons qu’une somme est bien investie…

17 August, 2005

Pour rire un peu

I am Michaëlle and I am Canadian!

17 August, 2005

Un conte de fées…

Il fallait que quelque chose se passe pour mettre fin à la chasse aux sorcières que le “serrement” amoureux de René Boulanger du Québécois envers Michaëlle et son mari avait déclenchée. Michaëlle Jean a donc pris la parole effritant un peu le postulat de Boulanger qui affirmait, “que tous les intellectuels québécois le sont [indépendantistes] à différents degrés”. Or, les intellectuels québécois ne sont pas, semble-t-il, tous indépendantistes à un très fort degré. Boulanger voulait piquer le Canada anglais, révéler la sombre menace séparatiste dissimulée derrière le charmant visage de Jean et il a failli. Ce qu’il a en fait démontré, c’est que plutôt que de voir un « intellectuel québécois » quitter le cheptel ou modifier son opinion, il préférait lui-même le sacrifier pour ensuite blâmer cet Autre, anglophone et Canadien.

Cela dit, il est intéressant à constater que le Canada anglais a beaucoup discuté cette affaire - certaines radios de Calgary en ont fait leur sujet de toutes les heures - , mais on a choisi d’entendre ce que Michaëlle Jean avait à dire avant de la condamner. Quant à l’entourage de l’intéressée, son oncle René Depestre, se réjouissait aujourd’hui de cette nomination.

16 August, 2005

Michaëlle et Jean-Daniel

Encore aujourd’hui on piaillait un peu partout sur la nomination de la madame la Gouverneure, mais surtout sur son époux révolutionnaire. Paul Wells, interviewé à la radio française de Radio-Canada, - Paul devrait pratiquer un peu plus son français, car il m’a semblé moins à l’aise qu’avant - a proposé une bonne analyse de ce dérapage médiatique. Je résumerais ses propos ainsi : Paul Martin a un entourage anglophone, peu familier avec la culture francophone québécoise et de toute évidence, les membres de son cabinet ont sous-estimé la vague que causerait cette nomination. Il est vrai qu’en 10 minutes sur Internet on sait vite qui est Lafond et ce qu’il a fait. En quelques heures, on a visionné son oeuvres et on peut se faire une bonne idée des citations qui seront un peu partout après la nomination de sa femme dans un pareil poste. Ensuite, on fait quoi ? On se prépare, on prépare madame Jean et on prévient les coups.

14 August, 2005

Les pelouses de Rideau Hall

Ce week-end, en marchant tout près de Rideau Hall, où il y avait foule comme tous les week-end, nous nous demandions si Michaëlle Jean ferait bel et bien son entrée dans la résidence officielle le 27 septembre tel que prévu.Joël-Denis Bellavance, de La Presse rapportait des propos convaincus sur le sujet via l’entourage politique de Paul Martin.

11 August, 2005

Podcasts

Hier soir, je me suis littéralement perdue dans la jungle des podacasts offerts sur iTunes, tant et tellement que je me suis dis qu’il serait bien d’essayer de ce nouveau média. Allez-y faire un tour, si vous avez iTunes, vous pouvez écouter des échantillons de tous les podcasts.

11 August, 2005

Rideau Hall et ces satannés nationalistes

Au cours des dernières années, j’ai souvent ressenti un grand ras le bol face à la vision étriquée qu’ont parfois certains Québécois du nationalisme et des questions identitaires. Aujourd’hui dans un texte intitulé Michaëlle Jean et les felquistes publié dans Le Devoir, René Boulanger critique le conjoint de la nouvelle gouverneure générale, le documentariste Jean-Daniel Lafond. J’ai rencontré très brièvement Lafond au lancement de la Liberté en colère et l’existence même du poste de gouverneur général demeure pour moi un mystère. Or, ce qui m’embête, c’est que dans son texte Boulanger, comme dans celui d’Odile Tremblay, qu’il cite, on parle de nationalisme, comme si cet « isme » était propre au Québec et ne se trouvait nulle part ailleurs. De la même façon, on fait de Lafond un documentariste et intellectuel du mouvement souverainiste. Le nationalisme touche souvent les questions identitaires, un sujet qui a pris de l’ampleur dès le début du vingtième siècle – en 1909, F.T. Marinetti, futuriste italien, décrivait la montée des nationalismes comme un phénomène du vingtième siècle- et s’observe ailleurs qu’au Québec.

Revenons-en à Lafond, il est Français de naissance et a mis les pieds au Québec en 1974. Il a réalisé au début des années « 90 », « La liberté en colère », un documentaire sur les acteurs principaux la Crise d’octobre et plus précisément sur la cellule Chénier qui a revendiqué l’assassinat de Pierre Laporte. Boulanger remarque qu’autour de ces années, Lafond se serait lié, « non pas avec des politiciens de pacotille, mais avec de purs révolutionnaires ». Or, Lafond a rencontré ces révolutionnaires après leur sortie de prison et dans le documentaire qu’il a réalisé, on perçoit bien les liens d’amitié qui se sont tissés, comme les divergences d’opinion. Pour ajouter à la trahison de Lafond envers le Canada et maintenant envers le Québec, on ajoute que Jacques Rose aurait construit une bibliothèque dans le domicile partagé par Lafond et Jean. Si l’on se fie à la biographie récente de Jacques Rose, il gagne sa vie en vendant ses services de menuisier…

En décortiquant le travail et les amitiés de Jean-Daniel Lafond, j’ai l’impression que l’on récupère l’affaire et ignorant certains faits. Ailleurs dans la francophonie, il est perçu comme un documentariste intéressé par les questions identitaires. Car il ne s’est pas intéressé uniquement au Québec, il a aussi réalisé « La manière nègre, Aimé Césaire, chemin faisant ». Aimé Césaire est connu comme un grand écrivain martiniquais, a été maire de Fort-de-France (Martinique) plus d’un demi-siècle et son « Cahier d’un retour au pays natal », acclamé par les surréalistes, est présenté comme un des fondements de la construction d’une identité noire francophone. Lafond a aussi collaboré avec René Depestre, écrivain haïtien renommé et oncle de Michaëlle Jean, au documentaire, « Haïti dans tous mes rêves ». Lafond a aussi donné la parole aux Amérindiens.

Haïti, d’abord colonie française a obtenu sa liberté, mais cherche toujours à retrouver son équilibre. En Martinique (un domaine outre-mer de France), il n’est pas rare que l’on voie un graffiti qui dit quelque chose comme, « Martinique, un pays ! ». On peut donc dire que Lafond s’intéresse aux questions identitaires et aux nationalismes. Quant à Lafond, un citoyen du monde pourrait-on dire – tiens comme André Boisclair – trahit-il vraiment le Québec en emménageant à Rideau Hall ? La sécurité publique est-elle menacée par ce révolutionnaire par association ? Trouvez la réponse vous-même…