Entrées de October 2006

29 October, 2006

Ce que je lis…

Dussé-je le répéter, mais si je comprends les grandes lignes du Web, ses détails, sa philosophie et les prises de position qui distinguent ses penseurs m’échappent la plupart du temps. Ces temps-ci on discute beaucoup de l’usage des blogs à des fins publicitaires; certains s’y opposent vertement, d’autres y voient une expérience marketing à pousser plus loin. Malgré ma méconnaissance des fondements de ces querelles , je me sens obligée de vous expliquer pourquoi j’utilise un truc commercial comme Amazon pour faire quelques suggestions d’achats : pour la simple et bonne raison que lorsque le prix est intéressant et que j’ai déjà moi-même acheté le produit en ligne ou ailleurs à moins bon prix, je décide d’en faire part à ceux qui passent par ici. Je trouverai peut-être un autre moyen de le faire, mais pour l’instant mes compétences Web ne me laissent que peu de choix… Cela dit, lorsque le livre est québécois, je vous conseillerais d’aller l’acheter chez un libraire indépendant où il vous sera offert au même prix.

Tout cela pour vous dire que ces temps-ci je lis quelques bouquins certains à plus grand rythme que d’autres.

D’abord, ma pusher de littérature, G., m’a refilé Qui a tué Magellan? et autres nouvelles, de Mélanie Vincelette. Dans cette petite collection de textes, l’auteure nous présente la plupart du temps l’enchaînement des réflexions intimes d’un personnage. Le noeud de chaque nouvelle semble cette incapacité tout humaine de vivre selon nos aspirations idéales. Le rythme virvoletant des textes et leur couleur poétique m’a fait penser à Prévert…

Ensuite, pour faire plaisir à mon Pop qui m’en parlait depuis longtemps, je lis le Da Vinci Code, une excellente lecture de bain.

Puis, maîtrise oblige, je lis en parallèle Essays on the Blurring of Art and Life d’Allan Kaprow , L’art contextuel de Paul Ardenne et Duchamp du signe de vous savez qui…

21 October, 2006

Québec Love

Depuis que j’ai élu domicile en Ontario, je ne me sens plus le droit de commenter la politique québécoise autant que je le faisais avant. Pourtant, dussé-je le préciser, mais on sort plus facilement une fille du Québec que l’on sort le Québec d’une fille… Or, je continue de lire le Devoir chaque jour et de discuter avec mon père le sort du Québec de façon régulière.

Je me disais en regardant un Jean Charest pâle et défrisé que la crise forestière n’allait pas lui faire de bien. Tandis qu’il répétait aux caméras de télé que 55 ans « c’est jeune », cela en appui au programme de soutien aux travailleurs licenciés, je me disais, le cœur serré, que 55 ans, quand on a 30 ans de dure labeur dans le corps, ce n’est peut-être pas si jeune que cela. Il utilisait le mot « lucide » dans ses déclarations aux médias, à sa place, je m’en serais abstenu.

Tout cela pour dire, que connaissant les Québécois comme le fond de ma poche fleurdelisée, je prédis que le PQ sera élu aux prochaines élections. Pourquoi tant d’assurance me direz-vous? D’abord parce que le PQ est devenu la voie du milieu, avec à droite les lucides et à gauche les solidaires. De plus, ceux qui ont un peu peur de la souveraineté, mais qui aime bien l’idée d’être distincts et engagés pourront voter péquiste sans s’inquiéter que les choses ne bougent trop vite.

Et finalement, parce que les Québécois ont eu envie de tout bouleverser, mais tout cela s’est fait sans un plan affirmé. D’abord, ils votent Libéral pour montrer au PQ qu’ils en ont raz le pompon des querelles souverainistes, puis ils élisent des Conservateurs pour mordre la main qui tendait la commandite – la dite commandite destinée à tenir le Québec tranquille. La séquence des choses paraît contradictoire quand on prend du recul.

Or, pas besoin d’un doc en sciences po pour comprendre que la situation politique actuelle est aussi insécurisante pour le citoyen moyen que le climat « instable » qu’on disait redevable au séparatisme. Cependant, c’est quand les choses vont mal que le peuple a besoin d’un projet mobilisateur. Parce que sans cela, les travailleurs floués, ceux qui tirent le diable par la queue n’ont même plus le loisir de rêver à quelque chose de meilleur.

20 October, 2006

Écrire « pour vrai »

Fait étrange, la nuit dernière j’ai rêvé de l’ami d’une amie. Rien hors du commun, plutôt un de ces rêves ou l’on échange quelques mots énigmatiques avec un presque étranger. Ce qui rend l’histoire intéressante, c’est que l’ami de l’amie est Nicolas Dickner que j’ai brièvement rencontré en 2003.

À cette époque, je ne connaissais même pas son patronyme et il avait tout juste mentionné qu’il écrivait, avant de laisser son vélo en pension dans ma cour… Comme deux de mes amies proches ont des talents affirmés d’éditrices, il n’y avait là rien d’inhabituel. Sauf que je ne savais pas que Nicolas avait déjà un plan ou si vous préférez qu’il écrivait « vraiment ». Dois-je vous avouer que j’ai mis un moment à replacer sa bouille, lorsque je l’ai vu à côté de la jaquette de Nikolski. Si vous ne l’avez pas lu, je vous le conseille.

Revenons-en à nos moutons. Dans mon rêve, j’étais chez José (coin Duluth et Hôtel-de-Ville) à Montréal avec des amis. J’avais très peur de régler de l’adition – ce qui est irrationnel quand on connaît les prix de José -, Nicolas me disait que ce n’était rien et que tout se passerait bien. Il prenait ensuite l’adition et en un coup d’œil me disait qu’il n’y avait rien là d’inquiétant.

Dois-je le souligner, mais ne crois pas que Nicolas me fasse un excellent conseiller financier, je crois plutôt que se sont mes velléités d’écriture que me triturent le subconscient…

18 October, 2006

La peinture à l’huile…

Projection, huile sur toile / oil on canvas, 30 X 40 (in progress / en cours)

Originally uploaded by Nadia 07.

Mes mardis soirs sont consacrés à mon atelier de peinture à l’école d’art d’Ottawa. Ma nouvelle prof, Mahshid Farhoudi-Di Marco a toute une personnalité et c’est peu dire. Je croyais, quand Rita Briansky a quitté l’enseignement, que je ne retrouverais plus de prof qui puisse me pousser un peu, mais Mahshid nous en fait voir de toutes les couleurs. Ce projet demandait que nous peignions un modèle sur lequel était projeté une diapo. L’exercice est très difficile car le cerveau a de la difficulté à démêler les volumes et les lignes et le peintre à de la difficulté à reproduire deux images superposées…

5 October, 2006

Gagnon et Holgate : premières observations

Hier matin, avait lieu au Musée des beaux-arts du Canada l’avant-première des expositions portant sur les peintres québécois Clarence Gagnon et Edwin Holgate. Tout en discutant les accents de chaque exposition avec les journalistes, quelques constatations sur la lumière dans ces œuvres me sont venues. Les œuvres de Gagnon - l’alchimiste, qui inventait ses propres recettes d’huile et pigments - avec leurs neiges iridescentes et leurs pigments purs projettent littéralement la lumière de toute part; celles d’Holgate jouent plutôt les clairs-obscurs en ponctuant de jets de lumière leurs tons de terre et une palette plus rembrunie. Gagnon me rappelle Morrice et Holgate, Goodridge Roberts. Mais j’y retournerai prochainement et j’approfondirai mon commentaire.