5 January, 2007
Communiquer vraiment
Au risque parfois de pérorer un peu trop, jaime écrire et réfléchir sur ma profession. Jen livre parfois ici de petits bouts
« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément »
Boileau, LArt poétique (1674)
Dans le domaine des relations publiques, surtout dans le domaine culturel, on devrait méditer plus souvent sur cette petite maxime. Parce que, contrairement à ce que lon entend souvent, le communicateur nest pas une simple courroie de transmission ou mieux encore, un technicien qui découpe des contenus quil ne comprend pas en tranches sitôt réassignées à des produits de communication appelés « communiqué », « questions et réponses » et ainsi de suite. Vu sous cet angle, le communicateur est le véhicule passif dun processus fait de gestes mécaniques répétés et au bout duquel il pourra toujours dire que si le message na pas été entendu cest quil nétait pas intéressant. La responsabilité retombera donc sur le chercheur ou le créateur, lorsque ce nest pas sur lorganisation. Mais de fait, comment parler avec éloquence dun produit qui ne nous intéresse pas ou dont on doute? Cest là que réside la spécificité du marketing culturel, dans cet apostolat que nécessitent les produits culturels : il faut avoir la foi dans un produit culturel pour le vendre.
Contenu, culture et curiosité
Plus je réfléchis sur la question des relations publiques et plus je suis convaincue comme bien des auteurs sur le sujet quavec la somme des messages qui circule, le communicateur dispose de peu de temps pour vendre son dossier à un journaliste ou attirer lattention de son public. Par exemple, je me rappelle que lorsque jétais journaliste culturelle, quand un ou une relationniste mappelait pour me « vendre » un spectacle ou un événement, je me faisais une opinion en tout au plus une minute. Si, par malheur, je tombais sur un communicateur qui ne maîtrisait pas son contenu et me répétait quelque chose du genre, « cest le plus gros show de son genre, personne na jamais vu cela », sans pouvoir me dire à quoi son produit se
