Sexe, sexe, sexe et quoi encore?
En lisant CĂ©cile hier, puis en lui rĂ©pondant, j’Â’ai eu envie de vous faire part de quelques conversations sur les rapports homme-femme. Depuis quelques semaines, je mijote une nouvelle avenue de rĂ©flexion. Cela a commencĂ© de façon banale, lors d’Â’une conversation sur le fĂ©minisme avec ma voisine C. Elle me faisait remarquer, comme ça, en passant que lÂ’’image romantique et pâmĂ©e de la femme, pauvre crĂ©ature sans dĂ©fense Ă©tait nĂ©e sous la plume des hommes. Pendant qu’Â’ils Ă©crivaient des romans, on peut imaginer que la femme de leur vie brassait la soupe et mouchait les enfants. Humm… On pourrait disserter des heures sur la question, mais quand Flaubert a dit « madame de Bovary c’Â’est moi », il fallait aussi comprendre quÂ’’on a beau usurper lÂ’’identitĂ© de nos personnages, il n’Â’en demeure pas moins que nous nous projetons dans chacun dÂ’eux. Or, si j’Â’aimais les syllogismes, je vous dirais que les hommes sont les grands romantiques.
Un de mes bons amis, appelons-le ici « Gros coquin » il se reconnaĂ®tra, avec qui jÂ’’ai des conversations animĂ©es sur les rapports amoureux et le sexe chaque fois que nous nous rencontrons –- n’Â’allez pas vous faire des idĂ©es, ça fait sept ans que nous dĂ©mĂŞlons cet Ă©cheveau au grand jour -– a finalement admis lÂ’’inadmissible. Lui, qui me raconte ses aventures sexuelles sans mĂ©nager les dĂ©tails, mÂ’’a avouĂ© quÂ’’au fond, il pourrait tout abdiquer pour une femme qui le « voit » vraiment, lÂ’’aime malgrĂ© tout et le dĂ©sir avec Ă©lan. Et je sais qu’Â’il dit vrai. NÂ’’est-ce pas ce dont les grands rĂ©cits romantiques sont faits? De cet intangible sentiment qui ne se met pas sous contrat, ne se rattache pas Ă une hypothèque et ne tient pas compte de ce qui est socialement acceptable? Okay, ça ne met pas de pain sur la table, mais ça c’Â’est la femme qui le dit. Ce qui me frappe toujours entre le discours masculin et fĂ©minin, cÂ’’est que mes amies de filles me parlent dÂ’’engagement, de compatibilitĂ© et mes amis de gars me parlent de sexe (de sexe, de sexe, de sexe) et de tendresseÂ… Pis parfois, ils parlent d’amour (deux minutes en regardant la table) et des bĂ©bĂ©s qu’Â’ils auront un jour et comment ce sera une expĂ©rience troublante. Pour entendre ça, il suffit juste de passer par-dessus 12 minutes de bravades, de plaisanteries grivoises et dÂ’’arriver au troisième verre.
Hommes, femmes, nous utilisons les mĂŞmes mots, mais derrière chacun se dissimulent des peurs, des insĂ©curitĂ©s qui façonnent nos rapports avec lÂ’’Autre. Et, lĂ je ne me suis mĂŞme pas embarquĂ©e Ă discuter des codes de sĂ©duction et des masques que chacun porte pour « plaire ». Je vous Ă©pargne aussi pour le moment le bout oĂą je vous explique que les filles doivent choisir entre en avoir ou pas avant 45 ans et mĂŞme plus tĂ´t et que notre cote de sĂ©duction se met Ă descendre en flèche Ă un certain âge. Ça nous rend peut-ĂŞtre plus pragmatiques…
Conseillère communication et médias sociaux | auteure | conférencière | Coauteure avec Michelle Blanc du livre Les médias sociaux 101
“se met Ă descendre en flèche”, tu dis? No kidding. J’avais entendu parler de cette “invisibilitĂ©” mais en entendre parler et le vivre, c’est autre chose!
Ah, mais au moins on a la maturitĂ©, hein? (Allez, dis-moi qu’on a au moins un tout petit peu de maturitĂ© pour compenser.
Martine, t’es encore pas mal visible, y’a qu’Ă lire les commentaires de tes jeunes admirateurs… Sauf, qu’Ă 20 ans tous les gars nous regardent, de 15 Ă 75 ans, Ă la fin trentaine la tranche se rĂ©trĂ©cit et j’imagine encore un peu 10 ans plus tard… C’est ainsi. Mais c’est vrai on a la maturitĂ© et on peut toujours se consoler en se disant qu’on est des pĂ©tards dans notre cohorte! Ă€ 75 ans, on se parlera de nos coupes de cheveux et les petits vieux nous trouveront coquettes.;-)
Mes jeunes admirateurs? OĂą ça? Maudit que c’est pas drĂ´le, vieillir! On voit plus clair! Heh heh…
Une bonne paire de lunettes ma belle et tout sera clair!;-)
Finalement on ne parle pas le mĂŞme langage, on ne se comprends donc pas mais on dĂ©sire la mĂŞme chose…Faudrait peut-ĂŞtre juste s’Ă©couter un peu plus et aller au-dela des premières impressions et phrases.
J’avoue que je ne ressens pas encore l’invisibilitĂ©…peut-ĂŞtre car je suis plus ouverte Ă ce qui se passe autour de moi…
Tu sais parfois en amitiĂ© on voit une vulnĂ©rabilitĂ© chez les gens qu’on aime que d’autres ne percoivent pas. Je crois que lorsqu’on cherche l’amour la peur d’ĂŞtre rejetĂ©, mal perçu et tutti quanti fait brouille un peu les cartes. J’ai vĂ©cu des bouts comme toi oĂą je me posais des questions. Je me suis aperçu, entre autres, que l’image que mes amis proches avaient de moi et celle que les hommes que j’aurais aimĂ© “dater” Ă©tait très diffĂ©rente. Enfin, nous en reparlerons, car je rĂ©flĂ©chis beaucoup Ă ce genre de trucs. J’ai mĂŞme eu une Ă©mission de radio, il y a longtemps, qui parlaient avec humour des rapports homme-femme.