La douce dérive de la subversion
Alors que je travaillais gentiment – avec archarnement serait plus convenu, mais un peu exagĂ©rĂ© -, surveillant d’un Ĺ“il la boĂ®te de courriel et surfant de l’autre pour trouver les renseignements qu’il me manque pour finaliser certains textes, un petit message de Blurb atterit comme ça, swoosh, que ça a fait… Blurb voulait savoir comment serait mon livre. Pendant deux minutes, je me suis mise Ă rĂŞver de faire un livre comme le Grapefruit de Yoko – ben oui, je suis obsessive, tell me someting I don’t know – avec des indications poĂ©tiques, des Ă©vents spirituels et des petits dessins mystifiants.
LĂ , mon esprit a dĂ©rivĂ©, je me suis dit que dans ce monde de pop-psychologie extrĂ©miste ou chacun vous lance un secret Ă©sotĂ©rique, ce genre de livre n’aurait pas un grand pouvoir subversif. Je me suis mise Ă imaginer comment, avec quelques images au fini publicitaire, voire quelques commanditaires, le tout deviendrait aussi mièvre que les titres psychologisants qu’on trouve entre Les enseignements du DalaĂŻ Lama pour les nuls et la version de poche allĂ©gĂ©e de GuĂ©rissez votre surmoi. Imaginez Air, mais avec comme illustration une fille qui court, libre comme vous savez quoi, sur une chaussĂ©e chauffĂ©e par le soleil (un moment payĂ© par Nike). Pour le poème Touch, je sens que les commanditaires se pousseraient aux portes…
Plus j’y pense et plus je suis partagĂ©e entre mon dĂ©sir de faire des choses Ă©levĂ©es, sprituelles et celui plus terre-Ă -terre et valorisĂ© par la sociĂ©tĂ© de faire beaucoup de cash.
Conseillère communication et médias sociaux | auteure | conférencière | Coauteure avec Michelle Blanc du livre Les médias sociaux 101