Entrées de December 2007

12 December, 2007

Il est temps que ça cesse…

Cela fait déjà un moment que je me plains que nous en avons déjà assez entendu de cette commission Bouchard-Taylor sur les accomodements raisonnables. J’avais qualifié la chose de superbe pantalonnade me garantissant l’exclusivité de ce mot de grande qualité. Or, Rappaz qui voulait s’attaquer une fois de plus à la chose s’est donc, faute de mieux, rabattu sur un synonyme démodé de pantalonnade, soit mascarade. Bon, c’est ainsi. Cela dit, il faut le voir goaler simultanément ou presque trois conversations textées, taquiner Facebook, tout en commentant la performance des acteurs du am 690. Disons que s’il n’était pas lui-même affublé d’un nom pas vraiment de souche, on lui pardonnerait moins certains dérapages… Âmes sensibles s’abstenir. Ça va, je sais que ce genre de commentaire vous y poussera.

12 December, 2007

Sonic Youth playing Piano #13 (George Maciunas)

Il n’y a pas à dire, mais il est temps que je mette un point final à ce mémoire de maitrise. Comme Sof, j’ai un problème avec un gars que je vois partout-partout-partout : George Maciunas, un gars mort en 1978, mais qui me fascine.

10 December, 2007

Le Japon

Je crois que mon âme de nomade s’ennuie ces derniers temps. Le plus souvent, je me sens comme une balle de ping-pong qui rebondit entre Québec, Montréal et Ottawa. Je dis bien rebondir, car il me semble que le temps manque toujours pour profiter d’un lieu ou de l’autre. Or, la nuit dernière, j’ai rêvé que je reprenais un boulot de chargée de projets comme à l’époque de Québec New York 2001, mais cette fois-ci la mission était au Japon.

Comme je n’y ai jamais mis les pieds, mon rêve se déroulait entièrement dans un bureau du gouvernement où j’attendais mes papiers en apprenant quelques mots de japonais dans un guide Berlitz…

9 December, 2007

Les créations de Petits Gâteaux…



Les créations de Petits Gâteaux…
Mise en ligne par Nadia 07

Toute une soirée tenue par Nadine et Patrick ce samedi. Patrick sait toujours réunir des gens qui se sont croisés des années sans se connaître et qui finalement autour d’un verre de vin (ou douze) se trouvent mille raisons de se revoir.

Les interjections ont fusées quand Christine a ouvert la boîte de cupcakes qu’elle avait apporté. Sa boutique, Petits Gâteaux, est sur Mont-Royal. La photo ne rend pas tout à fait honneur à ces petit chefs-d’oeuvres et il faut y goûter pour tout comprendre…

Pour les curieux, j’ajoute l’adresse : 783, avenue du Mont-Royal Est

9 December, 2007

Le calendrier de l’Avent de l’Homme Scalp

Certains lecteurs et amis, amateurs de trouvailles musicales de bon goût, se sont frayer un chemin jusqu’au blogue de l’Homme Scalp dont l’adresse est dans mon blogroll - comme dire ce mot sans penser à eggroll? Je me le demande. Cela dit, je m’égare, je vous transmets donc une petite proposition de Nowell qui saura vous ravir…

TOUT LE MONDE y va de son album de Noël par les temps qui courent; tout ce qui grenouille dans l’industrie du disque, du cinéma, du spectacle. Tout le monde. Question de rester dans l’esprit (et n’écoutant que son courage), L’Homme Scalp y va cette année de sa contribution.

Le concept? Il s’agit du même principe que celui du calendrier de l’Avent. Une chanson de Noël (ou inspirée par la fête de) à tous les jours jusqu’au 25 décembre. Quand arrivera le jour du divin poupon, vous aurez une pochette et assez de chansons pour graver VOTRE album de Noël de L’Homme Scalp 2007.

C’est-y pas fin, ça? Il vous suffit simplement de faire clique-droite sur la pièce et de l’enregistrer dans un dossier sur votre ordinateur. Facile et agréable. Pas de bullshit, juste du gros plaisir!

7 December, 2007

Des nouvelles de moi…

Vous voulez vraiment savoir? Je ne me puis plus. J’en suis à 18 pages de ce foutu dernier chapitre du mémoire de maîtrise que je fais tout en travaillant presque à temps plein. Les deux autres chapitres ont déjà été relus, corrigés et approuvés par ma directrice. Comprenez-vous combien près du but je me trouve? J’en ai des palpitations.

J’aurai donc mon diplôme 12 ans plus tard. Et vous savez quoi? Je ne regrette rien, parce que mon travail est fichetrement meilleur que ce que j’aurais fait il y a 10 ans. Faut toujours bien qu’il y ait des avantages à vieillir.

7 December, 2007

Le féminisme un problème? Pas pour les féministes et leur partenaire…

Comme j’aime être à contre-courant, à 20 ans je me disais féministe. Ça inquiétait ma mère, ça faisait rire mon père qui voyait la chose comme un moindre mal et ça suscitait bien des discussions avec les filles. Avec les filles, pas avec les gars. Parce que les gars (enfin ceux que je fréquentais) ne voyaient pas de problème à ce qu’une fille soit en faveur des avancées des dossiers des femmes. Quand à l’université, un gars, appuyé par deux ou trois filles, faisait une sortie contre les féministes, nommant souvent n’importe quelle personnalité publique détestable comme exemple de la tare féministe - ce qu’elles ne sont pas la plupart du temps -, je me levais (avec mon make-up de mannequin pis mes talons hauts) et je lui disais, je suis féministe parce que je suis une femme…

Et bien, à mon grand plaisir, Marie-Claude Lortie, citant une étude de Laurie Rudman, nous apprend de biens belles choses sur les féministes :

Et devinez quoi? Non seulement les femmes féministes hétérosexuelles sont-elles heureuses en amour, elles le sont plus que celles qui se disent non-féministes. Même chose du côté des gars qui ont des conjointes ouvertement féministes et des gars qui s’affirment féministes.

Ah oui, et: «Les hommes et les femmes qui ont des conjoint(e)s féministes sont en général plus satisfaits de leur couple et de leur vie sexuelle.»

Je dois vous dire que les féministes dans la cinquantaine que j’ai côtoyé au cours de ma carrière étaient des femmes épanouies, des mères et avaient une vie amoureuse enviable. Plaire à tout prix, même en reniant ses droits, n’est pas un gage de bonheur, loin de là.

La suite de ce dossier sera présentée dimanche dans La Presse.

6 December, 2007

6 décembre 1989 - Massacre de polytechnique

Ce jour-là, j’étais à l’université, vous dire combien cet événement a résonné pour nous, étudiantes du même âge que les victimes de Marc Lépine, ce serait encore trop peu. Parce qu’au-delà de la peur, de l’impuissance, du sentiment d’injustice, il m’a fallu 15 années et autant d’expérience de vie pour comprendre un peu mieux cette histoire ou à tout le moins y voir un sens plus large.

En septembre, quand j’ai parlé aux filles de Creacamp des Guerrilla Girls, je voulais tout particulièrement démontrer que nous ne sommes pas issues d’une longue lignée de femmes qui ont eu toute liberté du choix de leur vie. Le droit de vote a été accordé aux femmes du Québec en 1941 et les premiers organismes féministes ont vu le jour dans les années 70, or si nous avons toujours connu un monde, disons, enfin, assez égalitaire, il a été autrement pour nos mères et nos grands-mères.

Le geste de Marc Lépine marquait tout au plus 15 ou 20 ans de prise de parole féministe au Québec, mais je n’en étais pas alors consciente. Et croyez-moi, il y encore des choses à dire, parce que l’histoire ça ne se refait pas en 30 ans.

Pour en savoir plus sur les activités et les réflexions en ce 6 décembre 2007, lisez l’article de Louise Leduc.

5 December, 2007

Chanceuse ou un peu bleue

Depuis des années, je porte la même fragrance, Light Blue, de Dolce & Gabbana. Vaine je suis, j’adore que les gens me disent que mon parfum sent bon ou par métonymie que je sens bon. Toute bonne chose ayant une fin, j’arrive au bout de mes réserves de bleu léger… Or, par hasard ou par coup de chance, j’ai reçu un flacon de bon format de Chance de Chanel. Je le porte aujourd’hui et je me demande si ce n’est pas trop complexe et sophistiqué pour moi.

La chance de la mythique maison Chanel m’ira-t-elle mieux que le presque bleu - comme dans Almost blue - de D & G? Tant de questions, alors que les rues sont à peine déneigées et que j’ai bien autre chose à penser.

5 December, 2007

Matière à réflexion

Je lunchais enfin avec mon ami Alain, une chose que nous nous étions promis depuis la fin de l’été. Mais en fait, j’avais du travail à refiler à Alain… Je lui dis donc :

- Je suis plate, hein, je travaille avec presque tous mes amis et je vous vois pour parler de boulot…

- Scuse mais il y a pire… Par exemple, le monde qui essaye de se faire des amis au travail parce qu’ils n’en ont pas ailleurs… Ça c’est loser!

C’est un point de vue qui se défend.

4 December, 2007

Le party de L’âge des ténèbres

Passons donc aux choses sérieuses, maintenant que je vous ai asséné 500 mots de réflexion sur le film, qu’ai-je pensé du party? D’abord le cocktail se déroulait au Musée d’art contemporain et j’adore moi aussi tenir des soirées dans les musées. En ce qui a trait à la logistique de la chose, tout était impeccable. De la salle Maisonneuve jusqu’à la rotonde du Musée, tout était balisé, les invités pris en charge, ça allait rondement.

Le cocktail lui-même m’a laissé froide. J’ai organisé des dizaines (plusieurs dizaines) d’événements et j’accorde une très grande importance au menu. Or, dans ce cas-ci, les bouchées étaient soit des concassés de viande sur cuillers ou petits plats, soit des petites brochettes de viande ou des cuisses de cailles. Cerf, porc, caille et un autre truc non identifé. Bref, j’ai vu quatre différentes bouchées et toutes était composées uniquement de viande assaisonnée. Dur sur l’estomac. Le thème était-il le minibanquet médiéval? En fin de soirée, on servait des minichaussons aux pommes… Ouin.

Maniaque comme je le suis, je considère qu’un menu de soirée devrait toujours comporter au moins une bouchée servie sur pain ou biscotte (ça absorbe le vin), une bouchée végétarienne et des viandes et des poissons.

Cela dit, le sac Chanel avec l’eau de toilette Chance et le magazine Pure était charmant.

4 December, 2007

L’âge des ténèbres de Denys Arcand : cette confortable indifférence

Dans Le déclin de l’empire américain, une masseuse racontait à son client que l’occident avait connu des périodes beaucoup plus violentes qu’aujourd’hui, décrivant la noirceur des guerres et du quotidien du Moyen-Âge. Or, L’âge des ténèbres mêle à toutes les scènes ces considérations sur la fascination que nous avons de l’ère médiévale et la violence constante à laquelle les médias nous exposent.

Les critiques n’étaient pas bonnes m’avait-on dit. Pourtant, ce film me semble tout à fait cohérent dans l’œuvre d’Arcand. J’aurais même envie de le rapprocher du documentaire Le confort et l’indifférence, en ce, qu’ici, le personnage principal, Jean-Marc Leblanc, joué par un Marc Labrèche tout en nuances, a tout pour être confortable, pour oublier ses convictions et laisser la vie s’écouler, mais il se perd en rêveries érotiques pour échapper à son château de banlieue, à son job médiocre et à son mariage d’indifférence.

Le film s’ouvre sur une scène des mille et une nuits où Rufus Wainright, le prince chantant, sérénade l’une des femmes des fantasmes de Jean-Marc Leblanc. Leblanc vit à Laval, dans un de ces châteaux modernes à tourelle, où chaque pièce a son téléviseur, où la salle à dîner est une parure, puisque ses deux filles, sa femme et lui-même se nourrissent de tv dinners, lui écoutant les actualités, les enfants jouant à des jeux vidéos, sa femme agente d’immeuble toujours rivée à son cellulaire. On serait pris de bovarysme à moins.

Dans la monotonie de ses jours, ponctuée par son 20 minutes d’auto, suivi du train et du métro, Leblanc rêve qu’il écrit, fait de la politique et que ses succès lui valent les avances de ses fantasmes : soit une journaliste, une actrice, sa supérieure Carole Bourque-Bigras et sa collègue lesbienne. À tout moment, on bascule dans le fantasme libérateur, seul rempart de Leblanc contre cette vie terne. La fonction publique est dépeinte comme une absurdité sans nom – tout en étant si près de la réalité. Leblanc est assommé et impuissant devant les malheurs des bénéficiaires. Il occupe un espace gris, dans un bureau relocalisé temporairement au Stade Olympique et il est soumis à des tentatives de feng shuisitation ou de thérapie par le rire. C’est dans la relation avec sa mère, hospitalisée, absente d’esprit, qu’on le découvre vraiment.

Lorsque que Jean-Marc décide de reprendre sa vie en main, il se livre à une séance de speed-dating à Laval, où il rencontrera Béatrice, une gente dame (jouée par Macha Grenon) qui se veut duchesse médiévale et l’entraînera dans son univers pour un week-end de cabotinage incroyable. La cruauté du speed-dating toute traduite par des « quel genre de char tu conduis », « tu fais combien par année », « fais-tu de la musculation » ou que sais-je encore, nous fait malgré tout sourire.

Dans ce grand désordre, les voix du bon sens et de la réalité sont personnifiées par les collègues de Leblanc : William Chérubin, un haïtien et Laurence Métivier, une lesbienne. Bref, un vrai bureau du gouvernement, axé sur l’égalité des chances. Laurence et William représentent la vie possible, la résistance, eux qui fument en cachette et affirment qu’il faut baiser souvent.

Vous vous doutez bien qu’une suite d’événements viendra bouleverser Jean-Marc et changer pour de bon le cours de son existence.

Pour ceux qui n’ont pas aimé le film, je dis tant pis pour vous, moi je me suis bien amusé et très honnêtement j’ai versé une larme quand Jean-Marc a craqué. Puis, je ne sais pas pourquoi, je pensais à Merci la vie! de Blier ou à Brazil, mais vous savez comme j’ai l’association libre.