Entrées de January 2008

13 January, 2008

En amour les équations sont parfois complexes

Je lisais dans le ICI la chronique de Nelly Arcan. Elle racontait comment la théorie du nerf terminal, «organe» du coup de foudre physique, la hérissait au plus haut point. Ça, disait-elle, et l’astrologie. Pour abattre la théorie de ce nerf qui s’exciterait sous l’action des phéromones, nous poussant à nous garrocher à la tête d’un inconnu, elle citait ses coups de foudre pour des hommes gays ou inaccessibles, voire les deux, comme Boy George et son prof gay. Si le but du coup de foudre est la reproduction, comme le dit cette théorie, elle a là un point : dans son cas cela n’aurait pas fait des enfants forts.

Mais, mais, mais, les histoires que relatait Nelly ne se fondaient pas sur pas sur l’action des phéromones, plutôt sur une construction intellectuelle de l’amour, où l’érotisme est alimenté par des critères tels que le métier de l’objet amoureux, son apparence, son statut ou ce que l’on projette sur lui. Est-ce que ce constat de Nelly invalide la théorie biologique selon laquelle l’attirance n’a qu’une fonction, la reproduction?

Je vous citerai mon amie Jennifer qui a cloué le bec à quelques amis qui se chamaillaient en disant, « mais s’il n’était pas question de décider entre ceci ou cela, mais bien d’additionner ceci et cela pour voir plus clair ». Voyez-vous où je veux en venir? Parce que pour parler franchement, il y a plusieurs sortes d’amours, comme il y a plusieurs types de coups de foudre. Qui, comme Nelly, ne s’est pas pâmé pour un chanteur populaire, son charisme, sa voix, sans l’avoir même rencontré ou humé? Les rêveries érotiques qui s’en sont suivies étaient probablement aussi puissantes que si vous aviez rencontré un étranger aux phéromones irrésistibles. Peut-être, êtes-vous devenus amoureux d’une personne après avoir lu ses romans, ses courriels ou son blogue – l’Internet en fait de belles dans le domaine. D’autres ont perdu la tête, comme dans l’article de Madame, pour un ou une inconnu-e qui dégageait un je-ne-sais-quoi attirant et inexplicable. La littérature et le cinéma exploitent la multitude des scénarios possibles dans le domaine avec grand succès. Par ailleurs, dans Un amour de Swann, le protagoniste conclut après son histoire passionnelle tumultueuse qu’il s’est perdu pour une fille qui n’était même pas son genre… Ça arrive aussi.

Qu’est-ce qui fait qu’une personne nous attire? Est-ce toujours la même chose? Certaines de mes amies ont des critères physiques très précis : il doit être brun ou blond, de telle taille avec des mains comme ceci et des jambes comme cela. D’autres ont des idées bien arrêtées sur le métier ou le statut social du monsieur idéal. Je connais aussi des gars qui rejetteraient une fille pour une couleur de cheveux, voire un style d’habillement. Et, pour chaque romance avortée en raison d’un détail bête, il y a toujours deux tourtereaux que rien n’unissait qui vivent pourtant un amour romantique et passionné à faire rougir d’envie tous les célibataires et les couples tièdes. À chacun sa chacune aurait dit ma grand-mère… En fait non, elle aurait plutôt dit, chaque torchon trouve sa guenille. Elle avait vu neiger ma grand-mère Cécile.

Pis les phéromones dans tout cela? Pour ma part, je crois que les constructions intellectuelles c’est bien beau, mais il arrive un moment où ce qui tranche entre deux bruns, deux rousses ou deux blondes, c’est cette attirance inexplicable. Phéromones, vibrations karmiques, je le sais-tu, mais parfois c’est oui, parfois c’est non. Vous pouvez forcer la note, rationaliser, faire dans la rectitude politique en disant que « le cul, le cul y’a pas que ça qui compte », mais quand l’élan n’est pas là, il n’est pas là. Parce qu’il arrive que devant vous se tienne l’être de vos rêveries, celui ou celle que vous construisez dans votre tête, celui ou celle qui correspond à tous vos critères intellectuels et sentimentaux, puis… Quoi? Rien. Le calme plat. Pour vous convaincre du contraire, vous l’embrassez et dans votre tête plutôt que des feux d’artifices, il y a votre liste d’épicerie qui danse, tournoyant devant les listes de choses à faire cette semaine.

Alors, il faut admettre qu’au bout du compte (ou du conte), ce qui fait que tout d’un coup on se dit amoureux de quelqu’un c’est un mélange de considérations intellectuelles, sentimentales et sexuelles. Bref, le cerveau, le cœur et le corps. Yep! On se croirait dans un livre de pop-psychologie! En plus, dans votre équation c+c+c=amour, il y a probablement plusieurs parenthèses.

Si vous croyez à l’astrologie, ça risque de se compliquer un peu… Mais c’est votre affaire, c’est votre liste. Et le pire dans tout cela, c’est que je suis convaincue que l’amour et l’attirance n’ont au départ qu’un but, la reproduction, mais les êtres sophistiqués que nous sommes en ont fait un jeu, un sujet de conversation, la quête d’une vie. C’est tellement agréable de n’y rien comprendre…

12 January, 2008

Gillet règle hors cours…

Vous savez peut-être si vous me lisez depuis un bout, que j’ai eu le malheur en 2000 d’accepter un poste à Québec à titre de chroniqueure culturelle à l’émission la Bande à Gillet du FM 93. Ce fut très certainement une expérience marquante pour moi, puisque j’ai mis des années avant d’avoir envie de retoucher à un micro, sans compter que de toutes manières une entente d’exclusivité m’aurait empêché de le faire pour quelques 12 mois après ma sortie des ondes.

Gillet qui poursuit, Gillet qui veut reprendre le micro, je m’en tape pourvu qu’il le fasse à Québec. D’autant plus que si son Martin ne revient pas lui souffler les répliques, il aura fort peu à dire… Désolée pour vous, ex-concitoyens de la belle capitale, vous protesterez en temps et lieux.

Cela dit, je me réjouis à l’idée que le procès n’aura pas lieu, ce sera un stress de moins pour moi en 2008.

10 January, 2008

What The World Needs Now Is Love

Pour vous faire oublier les aléas des amours modernes, la cruauté du speed dating, des relations jetables et des trucs qu’on dit sophistiqués… Jackie DeShannon qui chante du Burt Baccarach avec sa coiffure platine et sa robe empesée, quoi de mieux? Dites-le moi. Moi du Baccarach quand il fait gris, j’en veux tout le temps.

9 January, 2008

You have 27 messages…

Mmm, de toute évidence le téléphone et moi ça fait deux. J’espère que vous n’êtes pas dans la liste car j’en ai écouté la moitié et je n’en pouvais plus. La suite demain. Un conseil de moi à vous : si c’est urgent, courrielez-moi ou rejoignez-moi sur mon cellulaire… ;-)

9 January, 2008

Sans le doute, pas de certitudes…

Je me demande souvent si j’ai vraiment quelque chose à dire. Cela dit, je conviens que l’anxiété ou quelque chose du genre me porte à prendre le crachoir plus souvent qu’à mon tour. Je dis cela, parce que l’autre jour, lors d’une de mes visites à la pharmacie grande surface de mon quartier (oui j’y traîne trop souvent), j’ai rencontré ma directrice de mémoire. Tandis que dans l’allée des crèmes multi-vertues je lui confiais mon projet de faire relire mon mémoire par un éditeur professionnel, elle m’a regardé en souriant : «Mais pourquoi? Je vais te relire, moi…» Ouais, mal envoyé. Je réponds qu’ il y aura tant de corrections, de choses à refaire, je ne voudrais pas abuser. Elle dit en souriant, « mais, non, tu n’as pas de problème du côté de l’écriture et chaque chapitre présente des idées originales, c’est déjà très suffisant ». J’ai soudainement eu très chaud. Que dire de plus? Le doute me ronge. Voilà. Je sais voir le talent des autres, mais quand il s’agit du mien, je ne suis persuadée que d’une chose : ma relative importance dans un univers déjà bien rempli.

Malgré ce manque de confiance, je trouve drôlement défoulant l’idée de raconter des histoires ou d’écrire de la fiction. Parce que c’est l’occasion de réécrire les choses comme j’aimerais qu’elles soient. Parce qu’en fait dans la vie, on place rarement nos mots d’esprit au bon endroit, de la bonne façon et avec un effet maximal. Dans la vraie vie, quand ça va mal, quand on a le dedans à l’envers, la solution ne présente jamais d’elle-même, au détour d’un coup de fil, d’un courriel bien envoyé. Dans la vraie vie, les gens mentent, comme cela sans raison ou peut-être juste pour brouiller les pistes et on ne sait jamais pourquoi, on est jamais certain. Dans la vraie vie, quand on est très occupé à faire un fou ou une folle de soi, il arrive rarement que notre discours intérieur soit si spirituel qu’on éclate de rire à la face du monde (ou de l’ennemi). Non, ça ne marche pas de même. Mais dans mes histoires, oui.

Quand j’ai vraiment envie de me plaindre, je dis que je fais assez bien plein de choses, mais rien de façon remarquable - et je pourrais nommer drette comme ça une liste de trucs fondamentaux pour lesquels je n’ai aucun talent… Je doute et en ce moment même, je ne suis pas convaincue que je devrais vous raconter tout cela…

9 January, 2008

Situations d’urgence

Oui, je sais pour la plupart d’entre vous, entendre parler de la crise du verglas, de celle du logement ou du redoux qui fait déborder les rivières est d’un ennui sans nom. Moi, ça fait un petit pincement… Parce que je me rappelle le centre des opérations d’urgence de la Ville de Montréal, Jean-Bernard Guindon qui menait le bal avec le calme et l’humour qui le caractérisent et les journées de 12 h minimum selon des horaires atypiques. Croyez-le ou non, mais la crise du logement et les opérations d’urgence lors des débordements des rivières sont les seuls dossiers de la Ville dont je m’ennuie. Pourquoi? Parce que je me sentais vraiment utile, parce que j’avais l’impression de faire partie d’une équipe dynamique - si Amélie, Marianne ou Chantal me lisent, vous autres aussi vous êtes dynamiques ;)- et que chaque jour j’avais des défis à rencontrer, des tâches à mener à bien.

Oui, je l’avoue j’aime ça que ça bouge et que mes actions servent à enclancher un mouvement nécessaire. Dans une autre vie, je devais être pompier ou monteur de ligne chez Hydro…

6 January, 2008

Un remède à tous les maux: Raffaella Carrà - 5353456

Comme j’avais passé un excellent moment en lisant un livre pour petits, je me suis dit, tiens pourquoi pas un peu de musique de mon enfance… J’ai repensé à mon grand-père qui m’apprenait à compter en italien et ça m’est revenu : 5353456! J’ai pitonné la combinaison dans Youtube et je suis retombée en enfance…

5 January, 2008

Une année qui commence tristement

Ce matin, mon papy m’appelle pour jaser comme cela. Après un moment il me dit, « j’ai une mauvaise nouvelle… Mon ami Maurice Vincent est décédé ». Ouf! Il faut savoir que Maurice était le plus vieil ami de Gio. Ils se sont connus à l’école, ils ont fait les 400 coups, trouvé des épouses qui s’entendaient bien ensemble et mon frère et moi avons été élevés avec les enfants de Maurice dans la même banlieue, sur la même rue.

Maurice était huron et après avoir quitté le village huron de Québec, il y était retourné, avait acheté un commerce de raquettes et en peu de temps était devenu un des leaders de ce domaine.

Je souris en repensant à ma grand-mère qui racontait comment elle avait initié Maurice à la bouffe italienne et comment il n’avait jamais pu supporter l’odeur du parmesan… Des anecdotes pareilles, il y en a plein, car Maurice était un personnage coloré.

Tous les Seraiocco seront touchés par cette triste nouvelle, parce que vous savez comment c’est avec les vieux amis, ils font partie de la famille.

Mes condoléances aux enfants de Maurice : Michel, Stéphane et Arline, mes amis d’enfance qui sont un peu comme des cousins.

5 January, 2008

L’âge de la raison…

S’il y a un avantage à vieillir, c’est bien de voir nos déprimes existentielles fondrent tels des sorbets sous le soleil de juillet. Sauf que, ça ne nous empêche pas de nous en taper une de façon tout à fait aléatoire. Encore là, l’expérience nous dicte de changer le mal de place… Or, hier je suis sortie, j’ai un peu trop festoyé et ce matin, plus de déprime, plus de sensation étrange dans la poitrine, il ne me reste qu’un léger mal de tête. Bref, maintenant j’ai au moins une raison de me plaindre.

Non, non, non, je ne suis pas une fille à problèmes, je suis une fille de solutions!

Et, je dois ajouter, si vous avez envie d’une bonne bouffe d’inspiration malaisienne faite avec imagination et amour par mon ami Nantha, il faut vous arrêter chez Cash & Cari. Le canard et le jarret d’agneau étaient succulents et comme toujours les samositas bien chauds faisaient office du meilleur comfort food en ville. C’est tout petit, il y a du take out, des formules table d’hôte et vous apportez votre vin… Non mais, que demander de plus? Ah! Oui, un chef endiablé!

3 January, 2008

Rêves modestes

Bon, maintenant que le 30 M $ a été attribué, je vais pouvoir recommencer à acheter des billets de loterie de l’Ontario… Pour ma part, je rêve de gagner 114,000 $, ne demandez pas pourquoi, mais en rêves je vois le chiffre et je me dis que c’est okay.

3 January, 2008

Si tu n’arrêtes pas de douter… Tu deviendras un artiste!

Ben Vautier est un artiste associé à Fluxus. En fait, certains diraient qu’il représentait et représente toujours le chapitre de Nice… Depuis les années soixante, Ben pose des questions et signe un peu partout dans le monde des déclarations de sa calligraphie désormais reconnaissable. C’est, si l’on veut, de la philosophie pour tous. D’une façon très zen, il énonce ce qui est, parle de doute, d’angoisse, d’art et, par le fait même, nous donne à réfléchir et à rêver. Des exemples? Ben déclare :Vautier

Je doute donc je suis

Je suis un menteur

Tous egos

Art est un mot écrit

Pas d’art sans liberté

J’aime aimer

N’oubliez pas de tomber amoureux

Pas d’art sans vérité

Allez donc vous perdre sur le site de Ben… Ça commence bien 2008!

2 January, 2008

Le party du 31…

Ça a commencé chez nous, avec devinez quoi? Une raclette. Notre ami C. complètement charmé par l’idée est arrivé les bras chargé de provisions avec presque tout ce qui est possible de cuire sur le petit four à fromage. Le Fred avait amené pour moi des vins de fille, dont un vin blanc italien, le Bartenura, un moscato légèrement effervescent qui m’a beaucoup plu. Avec tout juste 5% d’alcool, on peut en abuser. J’avais dit aux amis d’arriver à 19 h, très consciente qu’aucune fille n’arriverait à s’attifer assez vite pour être ici à l’heure prescrite. De fait, seul le Fred est arrivé à temps…

Nous avions pour projet de rejoindre d’autres amis, de courir les partys et de finir le tout au Mainline Theater à minuit. Meilleure chance l’année prochaine, car à 22 h 30, nous en étions encore à essayer de nous coordonner pour quitter la maison. Nous avons donc filé directement au Mainline pour le beach party. Il devait y avoir une centaine de personnes à cette petite sauterie semi-privée ou trois degrés maximum séparaient les convives. Je présente l’un, me présente à l’autre, puis tiens, voilà Gros Coquin en grande conversation avec la jolie fille de tout à l’heure… Je comprends en quelques minutes que les gars du Mainline, Jeremy et Patrick, avec qui je fomente quelques trucs, connaissent tous mes amis et plus particulièrement Mikel.

À minuit, je remplaçai mon martini par du mousseux, puis re-martinis, la moitié de chaque verre se répandant sur mon t-shirt lamé. Sarah, C., Gros Coquin et moi avons sauté de joie comme des enfants sur la piste de danse ensablée, comme au bon vieux temps des virées de danse jusqu’aux petites heures…

L’année 2008 ou 1 en numérologie (2+8 = 10, 1+0 = 1) commence bien!