De la communication indirecte ou passive sur les rĂ©seaux sociaux…
Ah! Les réseaux sociaux… On leur prête toutes les vertus et tous les torts. Certains ne jurent que par eux pour développer des marchés (souvent à tâtons et avec la même philosophie du martelage que dans la vieille pub) et d’autres les accusent d’être l’étincelle qui pourra brûler votre couple.
En lisant cet article sur les risques de Facebook (merci à Monsieur Seb pour le lien), dans l’histoire de la femme qui a appris que son conjoint voulait la quitter, un fait m’a frappé : la communication passive-agressive que permet l’utilisation des réseaux sociaux pour ceux qui ont déjà cette tendance. Car ne nous leurrons pas et je l’ai déjà dit sur ce blogue : si le Web, comme tout média, est une loupe qui amplifie ce que nous sommes, notre personnalité et nos envies demeurent à la base les mêmes. Parce que les couples n’ont pas attendus Facebook pour jouer à tous ces jeux. À Tout le monde en parle, l’éminence hassidique invitée, Sydney Elhadad disait dimanche dernier que de serrer la main d’une personne du sexe opposé était ouvrir la porte à l’infidélité… Quand on veut on peut, quoi.
Mais j’en reviens à la communication passive-agressive : je suis toujours frappée de voir que les gens disent souvent sur le Web des choses qu’ils ne diraient pas en face à leur conjoint ou leur entourage. Et, je ne parle pas de communication directe, de drunk email, de courriel colérique ou de plaintes à l’égard d’une entreprise, plutôt de déclarations d’insatisfaction, dirigées vers une personne ou un groupe de personnes, mais lancées sans interlocuteur précis sur Facebook ou Twitter. Les réseaux sociaux ouvrent la porte à toute sorte de marivaudage et de concours de popularité et rendent possible les jeux de miroirs dans la communication ou si vous préférez, le « je te parle, les autres me répondent et regarde comme ils sont en accord avec moi ». Je suis loin, avec mon certificat en psychopédagogie, d’avoir les compétences pour discuter en profondeur de la question, mais il me semble que le nœud est là .
Quant à la femme qui a appris que son conjoint voulait la quitter en lisant un « status update » de Facebook, j’espère qu’elle a compris que lorsque la communication dans un couple ne passe plus que par les réseaux sociaux, il est temps de tirer la plogue…
Conseillère communication et médias sociaux | auteure | conférencière | Coauteure avec Michelle Blanc du livre Les médias sociaux 101
Remarque sur la communication, les rapports humains et les médias sociaux : http://tinyurl.com/d5qs9a
Wow! Quel bon texte que celui-lĂ !
Ça me frappe aussi de voir le nombre de personnes qui vont dire des choses, entre autres sur les blogues, qu’elles ne diraient jamais Ă leur entourage.
Il y a beaucoup de gens qui cachent leur blogue mĂŞme Ă leurs amis les plus proches, de peur de se faire juger… et j’ai toujours trouvĂ© ça Ă©trange comme façon de faire mĂŞme si j’essaie de ne pas juger.
Par contre, il peut m’arriver d’Ă©crire quelque chose de flou et de pas flou Ă la fois, pour essayer de passer un message Ă quelqu’un, que ce soit sur le blogue ou sur Facebook. C’est un très mauvais pli qu’il faut absolument que je corrige. Comme tu dis, c’Ă©tait peut-ĂŞtre un trait de caractère que j’avais au dĂ©part mais je pense que les nouveaux outils peuvent aussi nous permettre de dĂ©velopper de nouveaux rĂ©flexes un peu cons qui n’existeraient pas autrement.
En tout cas, c’est très intĂ©ressant de rĂ©flĂ©chir Ă tout ça…
Merci… Et ne t’inquiète pas que moi aussi, Ă cause du Web, je me trouve parfois indirecte dans mes communications. J’ai tout de mĂŞme annoncĂ© ici ma sĂ©paration pour enfin cesser de le dire Ă tous ceux que je croisais… Et, j’utilise parfois le blogue ou d’autre plateformes de microblogging pour rĂ©flĂ©chir pour ensuite m’apercevoir compte de la portĂ©e de mes Ă©crits. Mais disons qu’en lisant un peu partout on voit parfois des trucs beaucoup plus directs et probablement Ă©crits pour passer des messages passivement. Je me dis qu’il ne faut pas ĂŞtre naĂŻfs et accepter de rĂ©flĂ©chir Ă notre utilisation de ces mĂ©dias c’est un peu ça…
Et si ce n’Ă©tait que ça le risque de Facebook!
Aujourd’hui, un employeur qui dĂ©sire obtenir des informations en ce qui a trait a un postulant, il ne regarde pas son CV, il va sur Facebook, comme ça, il en sait davantage…
Hello Sorcière! Ah, Facebook, on peut vraiment trop en dĂ©voiler si l’on n’est pas prudent… Car il suffit d’ajuster les paramètres de confidentialitĂ© (privacy settings) pour que notre profil ne soit accessible qu’Ă nos amis et qu’il ne soit pas visible au grand public. Ensuite, on “dĂ©tague” les photos moins flatteuses. Faites le test : si vous n’ĂŞtes pas parmi mes amis, vous ne pourrez voir que ma photo ou faire une demande pour m’ajouter Ă vos amis… Je conseillerais mĂŞme Ă ceux qui travaillent pour de très grandes entreprises de sĂ©lectionner soigneusement les collègues qu’ils ajoutent ou d’offrir un profil “filtrĂ©” Ă ceux de qui on est moins proche.
Cela dit, certains consultants crĂ©ent au contraire un profil public pour ĂŞtre trouvĂ©s facilement par tous et choisissent alors ce qu’ils mettent sur leur profil. Un bon dosage d’humanitĂ© et de rigueur professionnelle est alors recommandĂ©…
Un autre article pertinent, j’ai commencĂ© jadis avec Napster vous vous en souvenez?
Rien Ă changĂ© depuis lors, l’aventure du net et pire encore, on divise pour regner et que deviennent les valeurs?
Oui, j’utilisais Napster aussi et LimeWire et d’autres mĂ©dias qui servaient Ă Ă©changer des fichiers et qui par la bande crĂ©aient des liens avec des internautes qui autrement nous auraient Ă©tĂ© Ă©trangers. Tout est dans le concept de se connecter au gens et aux rĂ©seaux qui ont des intĂ©rĂŞts communs avec nous et avec qui l’on souhaite partager. Qu’il soit question de ce que nous appelons aujourd’hui les mĂ©dias sociaux ou de leurs ancĂŞtres…