Patronymes et le journal du Frère untel

La couverture originale des Insolences du Frère Untel, publié aux Éditions de L'Homme en 1960.

Ce matin, Ian Halperin disait ne pas croire que personne n’avait compris que son nom était juif. J’ai fait plusieurs recherches sur les noms juifs, le nom de ma mère étant un dérivé d’un patronyme juif d’Europe de l’Est, et j’ai vu que Halperin était lui un dérivé du nom Halpern plus répandu.

Mais je peux assurer à Ian que la plupart des Québécois ne peuvent pas reconnaître un nom juif qui n’est pas un classique connu (par exemple associé à une marque, un artiste connu ou un roman de Mordecai Richler) et je n’ai jamais été persécutée pour cela. En fait, les gens sont généralement curieux de mon histoire familiale et on ne m’a jamais refusé d’emploi à cause de mes origines. Il y a possiblement des préjugés pour des manifestations plus tangibles de la différence, mais le nom, pas tant que ça. Cela dit, il en était peut-être autrement il y a 50 ans…

Donc, en faisant une recherche sur le patronyme de ma mère, je tombe sur une version numérique du journal de Jean-Paul Desbiens, À l’heure qu’il est. Journal 1996-1997. Comme Les insolences du Frère untel sont dédicacées à un oncle de ma mère, Michel Golaneck, je cherche le nom dans le document. J’y ai trouvé ce passage écrit en décembre 1997 :

12. Séance de signatures au Salon du livre de Québec. Comme toujours durant ce genre de séance, un auteur fait des rencontres intéressantes, parfois émouvantes. Une femme se présente : c’est la nièce de Michel Golaneck, à qui j’avais dédié les Insolences. Elle me dit tout le plaisir que cela avait fait à la mère de Michel. A l’époque, cette famille d’Ukrainiens était plus ou moins ostracisée. C’était des ethniques et ils étaient pauvres.

La mère de Michel Golaneck est morte bien avant la parution des Insolences, j’image donc que ma mère parlait de sa mère à elle, Georgianna, qui nourrissait les frères de son mari, prenait soin d’eux et les gardait même en pension dans les mauvais jours.

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