Entrées classé sous 'Arts et culture'

25 April, 2007

Directeur de musée recherché

Toujours aussi intéressée par les musées, je me demande qui répondra à l’appel du Musée national des beaux-arts du Québec qui cherche un directeur. John Porter n’est pas parti bien loin, puisqu’il a accepté le mandat de géré la construction d’une nouvelle aile. Zeke a sûrement une théorie là-dessus. Pour ma part, je me demande si quelqu’un sait où Manon Blanchette, la directrice des communications du MAC et détentrice d’un doctorat en histoire de l’art s’en va. Allez lire la feuille route de Mme Blanchette et vous verrez qu’elle pourrait aisément diriger un musée. Avant l’arrivée de Marc Meyer, elle était de la liste des gens que l’on imaginait pouvoir à la direction du Musée d’art contemporain de Montréal. Qu’en pensez-vous?

28 February, 2007

Mueck : formalisme, sensationnalisme et humanisme

Mueck Pour parler des œuvres de Ron Mueck, il faut inévitablement se lancer dans un discours formaliste pour aborder leur hyperréalisme, le regard, la peau, ses saillies et sa pilosité, puis les contrastes et les imperfections qui « re-créent » le vrai. Mais au fond, ce réel que propose Mueck est une vue de l’esprit, une illusion, car la réalité ressemble peut-être aux sculptures de l’artiste australien, mais les dites œuvres ne sont ni la réalité ni son imitation, plutôt une interprétation et c’est ce qui fait leur intérêt. Lorsqu’on se prend au jeu de croire à leur réalité, on ressent alors un vertige inexprimable…

Ron Mueck au Musée des beaux-arts du Canada du 2 mars au 6 mai 2007.

Cliquez sur la photo pour rejoindre le site Mueck du Musée des beaux-arts du Canada

Ron Mueck, Couple couché en cuillères, 2005, matériaux divers, collection particulière

25 February, 2007

Encore Élisa Point

Au milieu de la voix chuchoté, du rythme saccadé, des rimes comiques sur une petite musique jazzée, il y a souvent des mots qui ressortent plus que d’autres. Je vous laisse cette petite citation tirée de la chanson Tu jazzes, tu flânes.

Peut-être que c’est ça la vraie vie, celle qu’on rêve et pas celle qu’on vit

13 November, 2006

Cogeval quitte le MBAM

Samedi matin, quand j’ai lu la nouvelle j’y croyais à peine… Guy Cogeval quitte le MBAM avant la fin même de son présent contrat en juin 2007. Qui le remplacera? Je sens que ce sera le sujet de tous les potins demain au boulot.

4 November, 2006

Actrices sans artifices

Hier soir, après avoir assisté à la présentation de Tout comme elle au CNA, ma copine Nath me propose de l’accompagner au souper de groupe avec les cinquante filles qui composent la distribution du spectacle. Déjà là, quelle chance de pouvoir rencontrer toutes ces interprètes talentueuses et parmi lesquelles certaines sont légendaires, desquelles je ne nommerai que Jeanine Sutto qui ne s’offusquerait sûrement pas de représenter l’histoire vivante du théâtre québécois.

Cela dit, notre théâtre est encore jeune et c’est avec grand plaisir que je me suis retrouvée assise à côté de Nicole Leblanc, celle du Temps d’une paix pour les télévisuels, mais pour moi la Nicole des Hauts et des bas d’une diva – créé 1974, que j’ai étudié plus tard à l’université – et de plusieurs présentations des œuvres de Michel Tremblay. Elle et Louise Laparé – la belle Louise qui coupait le souffle de Napoléon dans Les Plouffe - ont raconté des anecdotes de théâtre si comiques que les filles des autres tables venaient à tout moment demander qu’elles répètent leurs histoires. Ma foi, il y aurait eu là des moments de grande radio.

Bref, toutes ces femmes chaleureuses, vivantes et intenses, là sans leur maquillage de scène et dans leurs fringues de tous les jours valaient bien toutes les campagnes de beauté de Dove.

Je me suis bien promis d’aller voir le spectacle Les chantillons que Nathalie Derome présentera en compagnie de Frank Martel, joueur émérite de theremine.

18 October, 2006

La peinture à l’huile…

Projection, huile sur toile / oil on canvas, 30 X 40 (in progress / en cours)

Originally uploaded by Nadia 07.

Mes mardis soirs sont consacrés à mon atelier de peinture à l’école d’art d’Ottawa. Ma nouvelle prof, Mahshid Farhoudi-Di Marco a toute une personnalité et c’est peu dire. Je croyais, quand Rita Briansky a quitté l’enseignement, que je ne retrouverais plus de prof qui puisse me pousser un peu, mais Mahshid nous en fait voir de toutes les couleurs. Ce projet demandait que nous peignions un modèle sur lequel était projeté une diapo. L’exercice est très difficile car le cerveau a de la difficulté à démêler les volumes et les lignes et le peintre à de la difficulté à reproduire deux images superposées…

5 October, 2006

Gagnon et Holgate : premières observations

Hier matin, avait lieu au Musée des beaux-arts du Canada l’avant-première des expositions portant sur les peintres québécois Clarence Gagnon et Edwin Holgate. Tout en discutant les accents de chaque exposition avec les journalistes, quelques constatations sur la lumière dans ces œuvres me sont venues. Les œuvres de Gagnon - l’alchimiste, qui inventait ses propres recettes d’huile et pigments - avec leurs neiges iridescentes et leurs pigments purs projettent littéralement la lumière de toute part; celles d’Holgate jouent plutôt les clairs-obscurs en ponctuant de jets de lumière leurs tons de terre et une palette plus rembrunie. Gagnon me rappelle Morrice et Holgate, Goodridge Roberts. Mais j’y retournerai prochainement et j’approfondirai mon commentaire.

3 August, 2006

Grandmaison, Jungen et Roy-Bois : les illusionnistes au MACM

Je suis passée en coup de vent à Montréal – d’où, sûrement les orages qui ont marqué mon séjour de 24 h – question de visiter la bibliothèque de l’UQAM et de faire un saut au MAC. J’y allais pour voir les œuvres Brian Jungen, Pascal Grandmaison et Samuel Roy-Bois. J’avais écrit pour Voir et un centre d’artistes de Québec sur une installation de ce dernier, j’étais donc curieuse de côtoyer encore son travail.

Parlons un peu de Jungen. Son nom révèle en quelque sorte l’envers de son œuvre, puisqu’il est né en Colombie-Britannique d’un père suisse et d’une mère amérindienne. À première vue, ses œuvres semblent des pièces d’artisanat traditionnel ou des artefacts d’histoire naturelle : on voit d’abord des squelettes de cétacés, des masques rituels amérindiens et des sculptures aux formes organiques. En fait, les gigantesques squelettes suspendus au plafond sont composés de retailles de chaises de patio en plastique blanc assemblées pour évoquer la forme des mammifères marins. De la même façon, lorsqu’on regarde les masques de plus près, on constate qu’ils s’inspirent des objets de rites amérindiens, mais ils tiennent aussi de la culture populaire (le casque de Dart Vader est du lot) et ils doivent leurs couleurs aux chaussures Nike Jordan à partir desquelles ils sont réalisés. Ces masques font partie d’une série intitulée, Prototype for New Understanding, ce qui met en contexte ce travail intrigant.

Pour lier le tout, une série qui met en lien la culture familiale de Jungen et sa culture acquise : soit des « igloos » fait à partir des boîtes d’espadrilles Nike et des sculptures réalisées avec des ballons de soccer. En se réappropriant ainsi la culture populaire pour l’intégrer à son héritage, Jungen fait figure de prestidigitateur. Or, les « prototypes pour un nouvel entendement » et les squelettes de plastique valent à eux seuls le déplacement. Mais le Musée avait encore pour nous les œuvres de deux autres jeunes illusionnistes à nous proposer : Grandmaison et Roy-Bois.

Pascal Grandmaison travaille la photo, souvent le portrait ou le détail de la trace humaine avec une rigueur presque scientifique. Dans chaque salle qui lui est consacrée les œuvres semblent témoigner d’une expérience esthétique à laquelle s’est livré l’artiste et pour laquelle les photos ou la vidéo sont le « constat ». Comme il s’agit d’art, les résultats ne sont jamais finaux et se renouvellent plutôt avec chaque expérience. Parmi ces expériences, Verre présente des portraits pris à travers un verre porté par chaque sujet, Ouverture offre la silhouette de la tête des sujets photographiés de dos et Upside land met en scène le détail de la semelle d’une chaussure de course proposée comme un horizon inversé.

Chaque série d’œuvres, tout comme les vidéos Air et Diamant, peut être appréhendée selon deux points de vue : soit la valeur esthétique des silhouettes humaines et des détails photographiés toujours sur fond blanc ou encore pour l’intérêt de la recherche et du questionnement artistique présenté dans chaque série.

En ce sens, la pièce vidéo Air, associée à Upside land, semble faire le pont entre les différentes œuvres de l’exposition. On y voit le relief d’un ventre cadré horizontalement qui se soulève à chaque respiration créant une ligne d’horizon velue et mouvante sur fond blanc. « Air », comme les chaussures sports (peut-être celles qui s’offraient dans leurs détails intimes plus tôt), peut nous faire porter un regard différent sur les silhouettes que l’on voit dans la série de photos Ouverture ou les portraits de Verre créant un lien avec le monde de l’image largement exploité par la publicité.

De ce tout cohérent se dégage une esthétique épurée très actuelle, à la fois liée au formalisme et évoquant les lignes recherchées et minimalistes des marques de consommation telle que Mac. Bref, c’est une œuvre qui intrigue et qui demande qu’on revienne sur nos pas et revoie certaines pièces en apparence uniquement esthétique pour bien la saisir.

Et maintenant, Samuel Roy-Bois, avec son « Improbable et ridicule » installation. Roy-Bois a une fascination pour l’architecture et pour les constructions humaines que l’on fabrique depuis l’enfance, de la cabane faite de rebuts aux tours d’habitation où s’empilent comme autant de clapiers les espaces personnels humains. Il donne le ton en incluant dans le parcours du visiteur deux esquisses tracées méticuleusement sur papier représentant des tours d’habitation auxquelles répondent les deux installations Ghettos et Satellites.

L’œuvre Satellites impressionne par son échelle, puisqu’il s’agit de deux habitacles « une-pièce » qui, comme les manèges de notre enfance, pivotent lentement sur eux-mêmes en se déplaçant sur un axe giratoire. Tels deux satellites d’une même planète, les habitacles se déplacent, se trouvant ainsi comparés dans leurs navrantes et banales similitudes : mêmes intérieurs aux murs presque finis, tapis gris et luminaires sans âme, même surface extérieure sans revêtement révélant l’isolant rose et les structures de bois.

Dans l’autre salle, on découvre Ghetto, une cabine munie de fenêtres desquelles on peut voir l’intérieur entièrement occupé par un lit double vêtu modestement de draps blancs et d’une couverture grise. Une porte permet d’entrer dans la cabine et à en juger par les traces de doigts autour de la poignée, plusieurs visiteurs se sont livrés au jeu. Ghetto fait penser aux quartiers improvisés à l’aide de matériaux de fortune qui surgissent autour des grandes villes comme Toronto où l’habitation à prix modique est de plus en plus un luxe.

L’ensemble « Improbable et ridicule » est on ne peut plus probable et révèle cette solitude inhérente aux grands complexes d’habitation anonymes, où dans chaque logis semblable à l’autre se déroulent des vies différentes qui ne se rencontreront vraisemblablement jamais. Ainsi, la cabine de Ghetto rappelle que les petits espaces que l’on fait sien au cœur de la ville sont à la fois intimes et exposés à l’indifférence de tous. C’est donc une réflexion fort poétique sur la forme de l’habitacle humain qui s’amorce devant le travail de Roy-Bois.

Si la canicule se poursuit à l’extérieur, allez vous rafraîchir les idées dans les musées…

Brian Jungen du 27 mai au 4 septembre 2006

Pascal Grandmaison du 27 mai au 9 octobre

Samuel Roy-Bois: Improbable et ridicule, du 27 mai au 20 août 2006

14 July, 2006

Sur la glace ou les cimaises

Dans un commentaire précédent, une lectrice présumait de l’identité de T. le guide de ma sortie muséale. Aussi artiste, il a donné un des meilleurs exemples que j’ai entendu au sujet de la prétendue incapacité qu’a le commun des mortel de comprendre une œuvre contemporaine. Parce qu’il faut dire que devant une œuvre abstraite ou une installation, les gens sont impatients dès qu’il faut quelques clés de lecture pour dépasser la surface.

Or, T. comparait la lecture d’une œuvre contemporaine à un but au hockey. Combien d’analyses, de retours sur image et de commentaires entourent le but de votre équipe préférée ? Comme si tout cela n’était pas assez, afin de comprendre les sentiments du coach et des joueurs face à l’ensemble de leur œuvre de la soirée, des animateurs dédient une heure complète à l’analyse des moments fatidiques du match. Le lendemain, les cahiers sportifs reprennent les commentaires… Pourtant nous avons grandis au son de l’orgue, avons assisté à des matchs, avons joué et nous ne nous étonnons pas qu’il faille une armada de commentateurs pour décrypter la game et aller au-delà de l’émotion initiale et du symbole qu’est le palais porté au but par un bâton.

Mais quand il est question d’art, c’est deux minutes devant l’œuvre, pas un mot sur la game ou penalty pour tous les joueurs !

12 July, 2006

Entre schizos

Aujourd’hui nous avions la mission de nous tenir loin de nos ordinateurs, le temps de nous livrer à d’autres activités. Joyeuse initiative, me direz-vous avec raison. Une de ces activités était de découvrir quelques œuvres d’art du Musée en compagnie de T., guide, étudiant et tutti quanti. Avant de commencer la visite, il nous a prévenu que nous allions regarder de plus près des oeuvres qu’il étudie en vue de déposer un mémoire de maîtrise. Alors, a-t-il admis en riant, il était possible que son discours prenne des tangentes quasi-schizophrènes. Vous vous en doutez peut-être, mais c’était là une grave exagération. Et, après tout, l’affection de l’art contemporain est une maladie qui se soigne bien.

Or T. nous a fait plonger un plus en avant dans l’univers de Goeffrey Farmer et Michel de Broin. Je connaissais le second pour l’œuvre publique Révolutions qui fait partie de la collection de la Ville de Montréal, mais je ne faisais pas le lien avec son travail plus performatif.

Quant à la schizophrénie de T. je ne m’inquiète pas pour lui, il souffre lui aussi de ce que j’appelle mon obsession, j’ai nommé le satanné mémoire de maîtrise.

28 June, 2006

Encore Emily

Je suis repassée aujourd’hui dans l’exposition consacrée à Emily Carr… Disons que je suis en position pour le faire. Une amie qui visitait le musée m’a fait remarquer une certaine parenté entre ce que j’essaye de faire quand je peins et ce que Emily fait si bien : c’est-à-dire une synthèse des formes et de ce que l’on perçoit au-delà de la surface quand on regarde la nature. C’est beaucoup.

Puis, comme rien n’arrive pour rien. Ce soir, j’ai trouvé sur mon blogue un commentaire du Moine boudeur qui semble aussi fasciné par Emily que je le suis :

Ideas sur CBC Radio rend hommage à Lister Sinclair en rediffusion cette semaine, avec une série qui s’intitule Thank you Mr. Sinclair. Parmi les échanges qui ont cours durant la série, il y a cet extrait où Lister Sinclair se remémore sa première visite en Colombie Britannique, à l’âge de 18 ans, en 1939. Il fait référence à la forêt qui essaie de ressembler à des toiles d’Emily Carr et qui finalement réussit. Puis un poème qu’il a écrit en 1971 sans doute.

Merci à vous de nourrir mes compulsions et mes aspirations.

6 June, 2006

Emily dans tous mes rêves

Emily Carr. Nouvelles perspectives a ouvert ses portes le 2 juin. J’avais visité la Vancouver Art Gallery l’été dernier, tout spécialement pour voir les oeuvres d’Emily qui s’y trouvent habituellement. En m’émouvant devant les paysages réinventés de Carr, je me demandais quand j’aurais l’occasion de les revoir d’aussi près. Loin de moi alors l’idée que j”allais collaborer à la promotion d’une exposition sur cette artiste. Enfin, après avoir sillonné l’expo quelques fois et écouté les propos des conservateurs, j’en ai été quitte pour quelques nuits à rêver aux toiles de Carr. En rêve, je vois des détails des oeuvres, la trace d’un pinceau qui cerne le bras d’une figure totémique, l’empâtement qui définit la forme d’un pin plus que vert. Bref, l’empreinte humaine est révélée, celle d’une femme seule devant la toile remettant en scène la nature et l’art des premières nations.