Entrées classé sous 'Arts et culture'

6 June, 2006

Emily dans tous mes rêves

Emily Carr. Nouvelles perspectives a ouvert ses portes le 2 juin. J’avais visité la Vancouver Art Gallery l’été dernier, tout spécialement pour voir les oeuvres d’Emily qui s’y trouvent habituellement. En m’émouvant devant les paysages réinventés de Carr, je me demandais quand j’aurais l’occasion de les revoir d’aussi près. Loin de moi alors l’idée que j”allais collaborer à la promotion d’une exposition sur cette artiste. Enfin, après avoir sillonné l’expo quelques fois et écouté les propos des conservateurs, j’en ai été quitte pour quelques nuits à rêver aux toiles de Carr. En rêve, je vois des détails des oeuvres, la trace d’un pinceau qui cerne le bras d’une figure totémique, l’empâtement qui définit la forme d’un pin plus que vert. Bref, l’empreinte humaine est révélée, celle d’une femme seule devant la toile remettant en scène la nature et l’art des premières nations.

16 April, 2006

Allan Kaprow 1927-2006

Ça alors, tandis que je me farcissais une semaine de fin de session et de planification de week-end de Pâques, j’étais moins zélée sur la vérification de mes sources habituelles de nouvelles, dont le New York Times. Or, en visitant le blogue de Zeke, voilà que j’apprends la mort d’Allan Kaprow.

Ma surprise est grande puisque je baigne ces temps-ci dans les théories des gens associés à Fluxus dont faisait partie Kaprow. En fait, je venais tout juste de trouver sur un site d’achats, “Essays on the Blurring of Art and Life”, cela après avoir consigné dans mes écrits de maîtrise la part active qu’a eu Kaprow dans la diffusion du travail du groupe artistique japonais Gutai ou encore son travail sur les notions de “happenings”, “assemblages” et performances.

Lorsque Nam June Paik est décédé à la fin janvier, je venais tout juste de rassembler quelques articles sur son travail. Cela me faisait, tout drôle de me dire qu’au moment où je m’intéressait activement à Fluxus, ses membres se faisaient de plus en plus rares.

La nuit dernière, après un party prè-pascal trop arrosé, j’ai rêvé qu’au moment où j’allais enfin pouvoir discuter avec Yoko Ono de ma théorie sur la façon dont a été nommé Fluxus, on m’annonçait son décès.

Est-ce que tous les sujets d’étude sont aussi obsédants?

12 April, 2006

Quand Lepage et Tremblay tiédissent… Certains s’enflamment!

Lepage ne s’est jamais mêlé de politique. En fait, souvent il évite le sujet, confronté il parle de héro national, de création, bref il patine. Quant à Michel Tremblay, il a exprimé certains doutes sur la stratégie actuelle de promotion de la souveraineté du PQ et hop ! le voilà qui fait la une. Je partage l’opinion de Josée Legault qui dit que les artistes ne sont pas de politicologues et qu’ils ont droit d’émettre une opinion ou un doute sur une question politique sans que personne ne déchire sa chemise…

30 March, 2006

Le projet Andersen de Robert Lepage

J’’ai vu cette semaine, la plus récente création solo de Robert Lepage, Le projet Andersen. Lepage y joue successivement Frédéric Lapointe, créateur québécois invité par l’Opéra de Paris, le directeur artistique de l’’Opéra de Paris de La Gambretière et Rachid le concierge magrébin de l’’immeuble où habite Lapointe.

Le spectacle s’’ouvre avec Lapointe qui doit annuler sa première à Paris en raison d’’une grève, il propose donc au public de lui raconter une histoire. Retour en-arrière, Lapointe arrive à Paris et on apprend rapidement qu’’il vit un échec amoureux – un thème récurrent dans les solos de Lepage – et se sent dépassé par le mandat qu’’on lui a confié. Le personnage trace, sans le vouloir, des parallèles entre son sujet d’’étude et sa propre vie. Ce qui force la comparaison avec d’autres solos de Lepage.

Ainsi, dans le spectacle solo Les aiguilles et l’’opium les vis-à-vis du créateur étaient Miles Davis et Jean Cocteau, de quoi décoller littéralement et inspirer Lepage. Dans La Face cachée de la Lune, ce qui tenait lieu de toile de fond était la découverte de l’’espace, un sujet qui avait infusé à Lepage de touchantes observations sur les conquêtes américaine et russe des cieux. Dans Le projet Andersen, on le sent moins captivé par la matière des contes. Les parallèles sont conséquemment plus simplistes. Plutôt que l’’opium ou la quête du cosmos ce qui nourrit ici le récit ce sont les contes et leurs métaphores sexuelles. Nos personnages se trouvent donc dans un univers sombre asservi au porno. Si la psychanalyse fait état de façon assez élaborée de la métaphore sexuelle dans les contes, les contes de l’’Ombre et de la Dryade, qu’on nous présente dans ce récit, illustrent plutôt le déracinement et l’ambition, des thèmes souvent présents chez Lepage, mais ici un peu moins étayés. Le lien avec la sexualité est ténu et tout juste évoqué par Frédéric Lapointe dans une présentation de son travail. Or, tout au long du spectacle, j’’avais l’impression que le créateur n’avait pas été aussi inspiré par Andersen que par ses sujets précédents. Pour faire le lien entre la part sombre de l’individu, l’ambition du Québécois qui monte à Paris (comme la Dryade) et l’omniprésence du sexe, il manquait quelques éléments.

Les dispositifs techniques que Lepage utilise habituellement avec une créativité qui relève de la prestidigitation m’’ont aussi moins impressionnée. Par exemple, pour évoquer les décors on utilisait souvent des projections en réalité virtuelle où le créateur avait l’’air perdu. Disons, que je préfère nettement un certain low-tech à faire rêver qu’’un dispositif plus high-tech qui frôle la facilité. Ce que j’’aime habituellement dans les solos de Lepage, c’’est de le voir empiler deux ou trois objets du quotidien pour évoquer tout un univers. La projection plein-écran est à ce titre un peu trop prosaïque. C’’est sûrement pourquoi à mon avis, les versions filmées des spectacles de Lepage sont des œoeuvres distinctes qui ne peuvent transmettrent à l’’écran l’’émotion du « fait main » de la scène.

Enfin, pour ceux qui voyaient une création solo de Lepage pour la première fois (dont mes deux acolytes), l’’expérience a été transcendante. Je ne cracherai donc pas dans la soupe, puisque Lepage demeure un créateur d’’exception, capable de captiver le public avec sa parole au débit rapide et les liens qu’’il tisse entre un éventail de phénomènes de société. Le premier discours de La Gambretière est à ce propos fort éloquent : on ne peut que rire de la caricature de ce Parisien qui explique tout par des rapports politiques superficiels et énonce des préjugés énormes sans sourciller ou prendre son souffle… Mais Lepage, c’est aussi ça : une parole personnelle et un discours amusé, voir critique sur le milieu des arts.

La tournée du Projet Andersen.

9 March, 2006

Un festival, des festivaux…

Dès l’annonce de l’appel d’offres pour la création d’un événement international en cinéma à Montréal - pour remplacer celui de Losique - la logique même était enfreinte. Comment les instances gouvernementales pouvaient-elles décider d’éliminer un événement au profit d’un autre ? Les subventionneurs étaient libres de réduire leur appui à l’événement de Losique en respectant les critères fixés par leur organisation, mais de là à sonner la mort de l’événement et à lui élire un remplaçant, cela me semblait outrageant. D’autant plus que dans le milieu des affaires - ne me dites pas que les entreprises québécoises ne sont pas grandement subventionnées - la même chose serait impensable. Comme je l’ai souvent remarqué, tant en étudiant aux HEC en gestion des industries culturelles, qu’en travaillant dans le milieu, l’idée que la culture doit être traitée de façon exceptionnelle menait encore à des décisions de gestion absurdes. Nous n’avons pas besoin d’un rapport pour comprendre que les choses n’ont pas été bien menées dans le dossier des événements de cinéma de Montréal. Néanmoins, je serai curieuse de prendre connaissance des conclusions que tirera M. Vaugeois. De toutes manières, quand on expliquera enfin ce cafouillage, de façon très diplomatique j’en suis persuadée, le commun des mortels se sera désintéressé de la chose et il n’y aura que quelques irréductibles du milieu culturel pour hausser un sourcil dubitatif.

24 February, 2006

Parlons de démocratisation de l’art…

L’acteur Jack Nicholson possède une oeuvre du peintre Frank Vettriano, le chanteur classique Tim Rice aussi. Pour mettre la main sur l’oeuvre de leur choix, ils sont probablement versé tout près d’un demi million. Pourtant, ils n’ont certainement pas vu les oeuvres de Vettriano dans une galerie à la mode ou dans un musée : parce que ces milieux n’aiment pas du tout le peintre.

Le New York Times, dans un article récent, décrit Vettriano comme l’artiste que personne n’aime sauf le public. Les critiques qui sont cités dans l’article disent de Vettriano, “qu’il sait tout juste colorier des images”, que son travail est “répétitif et sans âme” ou encore que tout son succès repose sur des reproductions commerciales sans valeur. À propos des artistes et des objets commerciaux, voici ce que Zeke a trouvé…

Le public, qui aime les ambiances romantiques, parfois même sulfureuses, des toiles de Vettriano, se hérisse quand on lui rappelle que la critique décrie le peintre. Une amatrice de Vettriano confie à la journaliste du Time, “certains pourraient se dire, je suis peut-être moins intelligent si j’aime ces oeuvres… Mais nous savons que nous le sommes”, conclut la dame.

Pour lire l’article du Times, An Artist Loved by No One but the Public.

En lisant cet article, je pensais aux théories de Greenberg sur l’avant-garde et le kitsh. Cela dit, il existe déjà depuis quelques années deux marchés distincts de l’art : un destiné à ce qui plait à un grand nombre et l’autre à ce qui est approuvé par le milieu des beaux-arts. Tiens, ça me rappelle une autre théorie, celle du beau et du sublime

23 February, 2006

Poignées et empoignades de main…

Cette semaine, à la suite de mon entrée sur l’entrevue avec Norah Vincent publié par Le Devoir, Claude portait à notre attention une entrevue reprise sur le blogue de Paul Harris, animateur à KMOX St-Louis.

Un passage a retenu mon attention, celui où Norah explique à l’animateur la différence d’intentions entre la poignée de main entre hommes et entre femmes. Ne vous est-il jamais arrivée, je m’adresse aux filles, de serrer la main d’une congénère, qui plutôt que de vous donner une poignée de main ferme en vous regardant, vous tend le bout des doigts en regardant ailleurs. Pour ma part, quand cela arrive, ce qui, heureusement est de plus en plus rare, je me dis intérieurement, « bitch » ou « princesse », mais pour la forme je souris et je dis, « enchantée »… Quant aux hommes, je me demande toujours comment ils perçoivent cette différence dans les comportements. Enfin, lisez ce que Norah en pense, elle qui a vécu dix-huit mois dans la peau d’un homme.

“When you guys are shaking hand (…) Looks very… All sort of a very matcho ceremony… From the inside out it was a totally different experience. I was amazed by how welcoming guys, that I have never met before, who had never met Ned before, when they would shake my hand, there was that presumption of good will, like there was suddenly that body bonding secret world men… (…) Generally speaking when you meet an another guy I thought that most men would be wolfish around each other and competitive right from the start… And that’s more typical of women. In my experience, when you shake hands with a women you’ve never met before often, their is that kind of fakery, kind of suspicious, we are raised to be competitive with each other.”

Pour écouter l’entrevue au complet, Harrisonline.

14 February, 2006

Saint-Valentin et les Lupercales

Avant que vous ne tombiez dans le champagne ou le porto pour célébrer la Saint-Valentin, sachez que derrière cette fête portant un nom de saint, se cache encore une autre fête païenne. Si vous voulez en savoir plus, je vous enverrai lire un petit texte que j’ai écrit sur le sujet.

30 January, 2006

Nam June Paik 1932-2006

Un artiste qui a changé la face de l’art du XXe siècle qui nous quitte… Paik, associé à Fluxus a été le premier artiste à élever l’écran cathodique et la vidéo au rang de l’art. Pour en savoir plus visitez Nam June Paik Studios.

14 January, 2006

Le 17 janvier 2006 : l’Art a 1 000 043 ans!

Chuchoté: tout a commencé un 17 janvier, il y a un million d’années.
un homme s’empara d’une éponge et la plongea dans un seau d’eau.
le nom de cet homme n’est pas important.
il est mort, mais l’art est vivant.

Extrait de l’Histoire de l’art chuchotée, Robert Filliou, 1963

C’est Robert Filliou (1926-1987), un artiste lié à Fluxus, qui a lancé l’idée de célébrer le millionième anniversaire de l’Art en 1963. Son poème, l’Histoire de l’art chuchotée, en dit beaucoup plus sur l’origine imaginée de l’art. Dans un esprit tout à fait fluxusien, Filliou souhaitait que l’Art revienne au peuple, puisqu’il lui appartient. De l’Histoire de l’art chuchotée est demeurée une tradition qui s’est répandue un peu partout : la célébration de l’Anniversaire de l’Art.

Pour en savoir plus sur les célébrations :

Montréal et ailleurs visitez, Art’s Birthday

À Québec visitez le site de la galerie Le lieu

6 January, 2006

Le français en Outaouais

J’arrive tout juste de ma première rencontre de la session avec les professeurs du département de formation linguistique. Si vous vous posez des questions sur la situation du français en Outaouais, voici une petite mise au point sur le sujet.

13 June, 2005

Petite conversation sur la langue française

Hier soir, je discutais (en anglais) de l’influence de la langue française sur le développement de l’anglais et comment nous en étions venu à bannir certains mots (les croyant anglais) alors qu’ils avaient été inspirés aux anglophones par les francophones… J’ai alors mentionné les écrits d’Henriette Walter, en précisant que je ne savais pas s’ils étaient traduits en anglais. Le Net a réponse à tout, or j’ai trouvé un article sur le sujet avec en référence la version anglaise d’un livre d’Henriette Walter.