Culture

Le 17 janvier 2006 : l’Art a 1 000 043 ans!

Chuchoté: tout a commencé un 17 janvier, il y a un million d’années.
un homme s’empara d’une éponge et la plongea dans un seau d’eau.
le nom de cet homme n’est pas important.
il est mort, mais l’art est vivant.

Extrait de l’Histoire de l’art chuchotée, Robert Filliou, 1963

C’est Robert Filliou (1926-1987), un artiste lié à Fluxus, qui a lancé l’idée de célébrer le millionième anniversaire de l’Art en 1963. Son poème, l’Histoire de l’art chuchotée, en dit beaucoup plus sur l’origine imaginée de l’art. Dans un esprit tout à fait fluxusien, Filliou souhaitait que l’Art revienne au peuple, puisqu’il lui appartient. De l’Histoire de l’art chuchotée est demeurée une tradition qui s’est répandue un peu partout : la célébration de l’Anniversaire de l’Art.

Pour en savoir plus sur les célébrations :

Montréal et ailleurs visitez, Art’s Birthday

À Québec visitez le site de la galerie Le lieu

Jeff Fillion : plus qu’une mauvaise langue?

Voici un extrait du blogue de Jeff Fillion que l’on trouve sur le site Radiopirate.com :

«… À part les erreurs que vous connaissez sur des personnes que je regrette et que je promets de contrôler le plus possible, je tiens à préciser que la majorité des plaintes que le CRTC a retenu contre moi (excluant celles avec des personnes nommées) sont tous des sujets qui méritaient d’être jasés.»

Je compte bien prendre quelques extraits de cette page Web et demander à mes étudiants de réécrire ces textes dans un style soutenu et cohérent. Parce que dans ce texte, ce que Jeff dit, c’est qu’il regrette certaines personnes et qu’il promet de les contrôler mieux. Je ne crois pas que c’est ce qu’il voulait exprimer…

Pinoncelli récidive… et rend honneur à Duchamp

À Nîmes en 1993, Pierre Pinoncelli, alors âgé de 63 ans, avait pissé dans l’urinoire de Duchamp. En 1998, il a été condamné à payer $ 53,000 pour son crime. Pour commencer 2006 en beauté, l’artiste-performeur attaque cette fois-ci au marteau la célèbre pissotière, connue sous le nom de Fontaine. Ce que l’on ne nous dit pas dans la plupart des dépêches sur le sujet (outre le nom du criminel qu’on ne veut pas révéler), c’est qu’il existe plusieurs copies de cette oeuvre, cela en raison des attaques répétées dont elle a été la cible depuis son “vernissage”. Rassurez-vous, vous pourrez donc encore voir la célèbre oeuvre signée “R. Mutt 1917”. Et Pinoncelli, à 76 ans, réserve sûrement encore quelques bons coups à l’urinoire. Lorsqu’on connaît l’esprit qui animait Duchamp et les dadaïstes et surréalistes qu’il fréquentait, on se dit qu’il serait content de soulever encore la controverse!

Journalisme et Internet : où en sommes-nous ?

On vous demande par exemple d’écrire un article sur le phénomène des blogues ou cybercarnets qui diffusent de l’information sur les tsunamis. Vous entrez donc dans un moteur de recherche “blog tsunamis” ou quelque chose d’équivalent et vous trouvez un article à l’origine du Wall Street Journal et publié en ligne par le News-Leader sur cette “vague” de blogues et voilà pour la recherche.

Cela dit, faites bien attention en recopiant vos sources parce qu’un “.com” au lieu d’un “.org” dans une adresse fait toute la différence. Avec toutes les possibilités que nous offre Internet, il est important de faire plus que reprendre des contenus et mentionner quelques références. Parce qu’à la limite, reprendre ainsi les sujets d’autres publications, avec tout au plus un commentaire personnel n’a rien de professionnel. Pourtant, Internet offre de multiples possibilités tant en ce qui a trait à la recherche qu’à la mise en relation d’information de différentes sources.

Les blogues ou cybercarnets sont souvent un exemple en matière de mise en relation de l’information et d’apport de témoignages de source directe. Les hyperliens servent à dévoiler les sources d’information qui nourrissent une réflexion et à appuyer les dires de l’auteur.

Or, lorsqu’on écrit sur le phénomène des blogues en période de crise, à partir d’autres articles sur le sujet il est important de mettre plus de références précises, sinon la chose ressemble à un devoir du secondaire, un peu plagié, un peu bâclé. Parce le blogue, contrairement à la référence imprimé est interactif, il est alors facile d’avoir un commentaire de celui qui le publie.

Que sont les femmes devenues? – Pol Pelletier

Pol-NicoleFin de millénaire au Québec, la télé d’’État veut réaliser 50 portraits des grands esprits qui ont modelé notre pensée, on y trouve une (seule) femme, Hildegarde de Bingen, abbesse et musicienne du 12e siècle. Pol Pelletier est pressentie pour incarner l’’abbesse. De retour de Mexico, ville de pollution et de passion, l’artiste atterrit dans la grisaille montréalaise, dans son Québec calme et propre, si poli, qu’il réagit à peine au 10e anniversaire de de Polytechnique. Ces quelques événements deviennent l’’échine du spectacle, « Nicole, c’’est moi… », un parcours impressionniste, voire réinventé de l’’histoire des femmes.

Le tout se déroule à l’Espace Go, le lieu de tous les commencements, là même où Nicole, devenue Pol, fut une figure de proue du Théâtre expérimental des femmes. Son texte-manifeste à la main, Pol nous raconte ce Québec qui oublie ses auteurs féminins comme ses grandes tragédies, engoncé dans son petit confort et convaincu d’être bien émancipé de son passé catho. Mais une religion ne se perd pas, dit Pelletier, elle reste là, en soi, refoulée, ne demandant qu’à resurgir pour remettre l’ordre. Lorsque la charismatique artiste évoque Polytechnique, comparant cette tuerie aux rituels sacrificiels païens, certains spectateurs se trémoussent sur leur chaise. Ils restent tout de même, captivés, parce que Pol a une façon de dire les choses sans détour, à laquelle on ne peut se soustraire.

Auteurs féminins oubliés, femmes sacrifiées, discours féministes reniés, une question émerge implicitement : que sont les femmes devenues ? Et, ma foi, nous étions quelques-unes (peut-être même quelques-uns) qui avions envie de nous lever pour répondre.

Épicure et la vie simple

Petite soirée tranquille du dimanche, je me réservais deux lectures assez légères. D’’une part le magazine Simple Tastes, qui nous explique par le menu comment vivre une vie pas trop onéreuse, mais avec grand style. Dans un récent numéro, un article exposait les dessous du langage non verbal. Les spécialistes commentaient cette façon que nous avons parfois de rouler les yeux de façon exagérée, lorsque nous sommes en désaccord et la qualifiait de non verbal très agressif. Je referme le magazine et je me tourne vers autre chose, Les consolations de la philosophie, d’Alain de Botton, que je lis à temps partiel depuis quelques semaines. J’’en étais au chapitre consacré à Épicure. Avec le nombre de livres de recettes ou de restaurants qui reprennent le nom de ce philosophe pour communiquer leur amour de la bonne chère, ma soirée était presque thématique. Mais le lien était ailleurs. De Botton raconte les péripéties des philosophes avec humour et sur un ton qui tient souvent du potinage. Or, j’’ai appris que l’’ami Épicure, s’’il prônait le plaisir, se contentait de peu pour être heureux. Des légumes, du fromage et de façon très occasionnelle du vin, mais surtout une bonne tablée d’’amis pour partager son frugal repas. Cela dit, vu ses écrits, il paraît qu’’un des concurrents de l’’époque, Diotime le stoïque, avait publié des lettres obscènes qu’il prétendait être de la main d’Épicure. Surprise que nos grands philosophes se livrent à de tels enfantillages, je me suis mise à imaginer la scène suivante:… Diotime assiste à une conférence prononcée par Épicure, il se tient bien à la vue, bras croisés dans un air défi, et chaque fois qu’Épicure dit le mot « plaisir », il roule des yeux pour toute la foule! En essayant de raconter la chose à M. je riais tellement que j’en pleurais. Décidément, la philosophie console… 😉

La Saint-Valentin : quand Cupidon et les loups s’en mêlent!

Derrière chaque fête du calendrier chrétien se cache une fête païenne qui donne le ton aux rites contemporains (et commerciaux) associés à une certaine date. Si je dis Saint-Valentin, on pense bien évidemment au saint de ce nom, mais il y a aussi derrière une fête païenne ou le rouge et les cœurs domine…

Il y a quelques années, dans ma ville natale, je produisais et coanimais avec les amis Catherine et Éric une émission sur la culture québécoise au sens large du terme, intitulée Culturopathes. Une des missions que s’était donnée notre équipe était de remonter aux origines des fêtes célébrées annuellement au Québec.

Lupercalia, artiste inconnu

Lupercalia, artiste inconnu

C’est ainsi que j’ai appris que derrière chaque fête du calendrier chrétien se cache une fête païenne qui donne le ton aux rites contemporains (et commerciaux) associés à une certaine date. Ainsi, saint Valentin est bel et bien un saint qui aurait été exécuté le 14 février de l’an 270. Plusieurs historiens rapportent qu’il célébrait illicitement des mariages chrétiens, ce qui justifierait que la fête de l’amour porte son nom. Toutefois, aux alentours des 14 et 15 février, les Romains fêtaient, avant et après le passage de Valentin, une fête de la fertilité appelée Lupercalia et associée aux dieux romains Lupercalus et Faunus. Le rite était aussi relié au mythe de la fondation de Rome par Romulus et Remus, deux orphelins élevés par une louve. Dans cette fête dite païenne, on sacrifiait des chèvres et les jeunes gens s’enduisaient du sang versé. Selon les textes consultés, on dit aussi qu’un célébrant vêtu de peaux de chèvres pour personnifier Lupercalus incitait la foule à aller par les rues du village et à toucher les femmes avec les abats des sacrifices. J’imagine qu’à la fin de la soirée le rouge dominait et qu’il y avait partout des cœurs, mais aussi des tripes…

Or, si la population a accepté Valentin comme digne représentant de cette fête de l’amour, elle l’a tout de même doté d’un adjoint expérimenté dans les affaires d’éros, soit Cupidon, connu tout autant des Romains que des Grecs…

Si vous voulez jouer le rôle de Cupidon ce week-end, sachez qu’il y a des règles à suivre afin que vos flèches ne rebondissent pas.

Lupercalia sur Wikipedia

Saint Valentin sur le site Saints & Angels

Mis à jour en février 2013.

Profonde Amérique ou se distraire après le 11 septembre…

Suivant les conseils d’un ami, je me suis bien amusée en regardant Blonde et légale (Legally Blond). Il faut admettre que la ressemblance en B et L et le film Clueless est frappante. Dans les deux, on trouve un même schéma : fille blonde, jolie, populaire et riche qui frappe un mur et décide de mettre à profit son cerveau et ses connaissances – qui ont beaucoup à faire avec les produits de beauté, le shopping et les manucures. Toutes deux, après une certaine quête amoureuse, finissent dans les bras d’un brun foutrement honnête et brillant.

L’idéal américain ne nous lâche pas et se modifie à peine. Les parents de la blonde “légale” le prouvent lorsqu’ils lui disent qu’une belle fille populaire de la côte Ouest n’a pas besoin d’Harvard. Mais cela ne fait que souligner que si on a presque tout, c’est que peu nous manque : or, ajoutons à la tignasse blonde et la poitrine tressautante, le diplôme d’une des meilleures universités américaines. Pourquoi pas ? Les vrais gagnants n’épouseront plus des Jackie, mais des Marilyn scolarisées !

Ce qui nous change, il faut en convenir, du cliché français qui, en 2001, s’affirme encore dans sa bohème. La belle Amélie Poulin, destin fabuleux ou pas, travaille dans un café, n’étudie pas et s’amourache d’un garçon dont l’emploi du temps se partage entre les sex-shops et les photomatons… On est loin de la blonde en décapotable avec sa carte de crédit sans limite. Est-ce un signe que la société française est encore trop hiérarchisée ? Si Amélie était une valley girl, aspirerait-elle à éclaircir ses cheveux et à se trouver un mec du code postal 90210 ? Porterait-elle des Manolo Blahnik plutôt que des bottines?

De légitimes questions pour une Amérique en guerre, qui s’ennuie des jours heureux passés à estimer le popotin de Jennifer Lopez.

Je vous laisse méditer aux deux extrémités du spectre : celui des blondes heureuses en décapotable et celui des brunes radieuses en Vespa.

Une châtaine en 4X4