Entrées classé sous 'Féminisme'

6 September, 2008

La bombe à estrogènes…

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Les Guerrilla Girls ont toujours une solution choc pour tous les problèmes, dans les musées, en société ou en politique… La bombe à estrogènes est parmi mes suggestions préférées de ces féministes à poils…de gorille. Il serait temps que nous les invitions à Montréal! Quand on a vécu quelques soupers de filles, on connait le dangereux potentiel des estrogènes. Si les hommes savaient vraiment, ils seraient tellement jaloux.

1 April, 2008

Être une femme libérée, tu sais, c’est pas si facile…

Ah ! Les souvenirs… À l’époque où Cookie Dingler chantait cette ode aux femmes libérées, j’étais au secondaire. Pour Dan et moi, la toune était amusante, mais elle ne nous touchait pas du tout, du tout. Elle nous faisait penser à la mère d’un de nos amis qui était uber cool, s’habillait fichetrement plus jeune que nos mères (et mieux que nous), avait les cheveux roux flamboyant et avait un genre de petit machin tatoué ou dessiné, je ne sais plus, sur sa pommette gauche. Je compte encore parmi mes parfums préférés Rive Gauche de Saint-Laurent, la fragrance qui planait partout chez notre ami, même sur le chat de la maison.

Femme libérée me fait encore rire, mais un peu moins quand je médite à ces beaux vers : Ne la laisse pas tomber / elle est si fragile / être une femme libérée / tu sais c’est pas si facile. Un grand poète ce Cookie (mais sa mère n’était vraiment pas cool si elle l’a appelé ainsi ).

8 March, 2008

Journée internationale des femmes

Que pourrais-je vous dire sur la question qui ne serait pas un truc ressassé sur les questions toujours en évolution dans les dossiers des femmes? Je me contenterai donc de vous faire un petit commentaire sur l’appelation de ce jour du 8 mars. Il y a déjà une quinzaine d’années, les Québecoises comme beaucoup de femmes francophones de par le monde ont décidé d’utiliser Journée internationale des femmes, plutôt que Journée de la femme afin de donner un sens plus inclusif à ce nom et pour le différencier des patentes quétaines, genre salon de la feummme.

Or, Condition féminine Canada revient avec la Journée de la femme (probablement une traduction du nom anglais), alors que le Conseil du statut de la femme maintient Journée internationale des femmes. Devinez ce que je préfère?

Bonne journée les filles!

7 December, 2007

Le féminisme un problème? Pas pour les féministes et leur partenaire…

Comme j’aime être à contre-courant, à 20 ans je me disais féministe. Ça inquiétait ma mère, ça faisait rire mon père qui voyait la chose comme un moindre mal et ça suscitait bien des discussions avec les filles. Avec les filles, pas avec les gars. Parce que les gars (enfin ceux que je fréquentais) ne voyaient pas de problème à ce qu’une fille soit en faveur des avancées des dossiers des femmes. Quand à l’université, un gars, appuyé par deux ou trois filles, faisait une sortie contre les féministes, nommant souvent n’importe quelle personnalité publique détestable comme exemple de la tare féministe - ce qu’elles ne sont pas la plupart du temps -, je me levais (avec mon make-up de mannequin pis mes talons hauts) et je lui disais, je suis féministe parce que je suis une femme…

Et bien, à mon grand plaisir, Marie-Claude Lortie, citant une étude de Laurie Rudman, nous apprend de biens belles choses sur les féministes :

Et devinez quoi? Non seulement les femmes féministes hétérosexuelles sont-elles heureuses en amour, elles le sont plus que celles qui se disent non-féministes. Même chose du côté des gars qui ont des conjointes ouvertement féministes et des gars qui s’affirment féministes.

Ah oui, et: «Les hommes et les femmes qui ont des conjoint(e)s féministes sont en général plus satisfaits de leur couple et de leur vie sexuelle.»

Je dois vous dire que les féministes dans la cinquantaine que j’ai côtoyé au cours de ma carrière étaient des femmes épanouies, des mères et avaient une vie amoureuse enviable. Plaire à tout prix, même en reniant ses droits, n’est pas un gage de bonheur, loin de là.

La suite de ce dossier sera présentée dimanche dans La Presse.

6 December, 2007

6 décembre 1989 - Massacre de polytechnique

Ce jour-là, j’étais à l’université, vous dire combien cet événement a résonné pour nous, étudiantes du même âge que les victimes de Marc Lépine, ce serait encore trop peu. Parce qu’au-delà de la peur, de l’impuissance, du sentiment d’injustice, il m’a fallu 15 années et autant d’expérience de vie pour comprendre un peu mieux cette histoire ou à tout le moins y voir un sens plus large.

En septembre, quand j’ai parlé aux filles de Creacamp des Guerrilla Girls, je voulais tout particulièrement démontrer que nous ne sommes pas issues d’une longue lignée de femmes qui ont eu toute liberté du choix de leur vie. Le droit de vote a été accordé aux femmes du Québec en 1941 et les premiers organismes féministes ont vu le jour dans les années 70, or si nous avons toujours connu un monde, disons, enfin, assez égalitaire, il a été autrement pour nos mères et nos grands-mères.

Le geste de Marc Lépine marquait tout au plus 15 ou 20 ans de prise de parole féministe au Québec, mais je n’en étais pas alors consciente. Et croyez-moi, il y encore des choses à dire, parce que l’histoire ça ne se refait pas en 30 ans.

Pour en savoir plus sur les activités et les réflexions en ce 6 décembre 2007, lisez l’article de Louise Leduc.

30 September, 2007

La belle occasion


La belle occasion
Originally uploaded by Nadia 07.

Je me suis bien amusée à Creacamp. Quand on me demande pourquoi les filles ont encore besoin de se réunir pour parler de création, je n’ai que l’envie de vous dire que ça fait à peine plus de trente ans que les avancées féministes ont permis aux femmes de prendre le crachoir. Ouais, quelques décennies versus des siècles, où les femmes n’avaient pas de statut de citoyen à part entière - elles n’étaient même pas considérées comme des personne au sens légal - et où leur place était au mieux au plumard au pire au fourneau. Quant à la création, quelques femmes exceptionnelles si adonnaient - voir de bonne famille - peu faisaient leur marque et les hommes étaient persuadés que nos petits cerveaux ne nous auraient pas permis anyways de créer des affaires intéressantes. Si vous pensez que j’exagère, je vous enverrai une liste de citations choisies à ce propos.

Et croyez-moi, je vous dis cela sans frustration aucune, parce que maintenant l’horizon est ouvert et à nous de laisser notre marque! Mais la mémoire, faut que ça serve!

30 September, 2007

Creacamp

Il vous faudra attendre à plus tard pour le récit des dernières aventures de Gros Coquin et de mon addiction à Facebook, car aujourd’hui c’est Creacamp. Oui, je sais la date dit 22 septembre, mais l’événement a été remis à aujourd’hui.

6 September, 2007

Quand je serai grande…

Dans ma vingtaine, j’’ai souvent été guidée par des femmes plus âgées que moi, qui s’’affichaient féministes. Sous leur regard bienveillant, je m’’agitais, je m’’emportais… Et, elles me racontaient comment elles avaient résolu tel problème, pourquoi elles avaient pris cette décision plutôt qu’’une autre. Parfois, je foutais toute cette sagesse par-dessus les moulins, parfois je comprenais. J’’aimerais un jour être une femme sage et bienveillante qui raconte ses expériences sans pudeur pour que les plus jeunes femmes puissent y trouver des réponses. Peines d’amour, fausses couches, insécurités tout acabit, quand 10, 15 ou 20 nous séparent, on a des trucs à partager. Elles me parleraient de qui se passe, et je me reverrais en elles, folle, intacte, pleine d’espoir.

Quand je rêvasse comme ça, je ne comprends pas comment des femmes peuvent tenir des discours moralisateurs aux plus jeunes qu’’elles – comme si le féminisme c’’était ça – sans admettre qu’’elles ont pu avoir des comportements « discutables » dans leur jeunesse. Am I taking crazy pills? N’’y a-t-il donc que Martine et mes quelques amies qui se rappellent de leur jeunesse? Hé! Les filles aviez-vous des amies? Ne parliez-vous pas de littérature ou de sexe de soirées entières (faute de mieux ou pour faire mieux) en prenant un verre ou douze ? Ne pensiez-vous pas que vous étiez en train de changer le monde? Peut-être que si, peut-être que vous avez changé le monde plus que moi, banale queue de comète de génération « X ».

À vous qui avez mon âge ou quelques années de plus, je dis que l’’échange, le vrai, il commence quand on livre quelque chose sur soi. Pas sur l’image que l’on croit acceptable, mais sur ce qui est vrai, là au fond. Je te dis ce que j’’ai vécu, tu me racontes ce que tu vis. Gloser sur ce que les jeunes font est à la mode depuis que la jeunesse a été inventée, à peu près à l’époque où Colette écrivait L’’ingénue libertine, Gigi et tous ses romans sur la difficile émancipation des filles. Depuis, il me semble qu’’on a aussi inventé l’amnésie partielle, par exemple, dans ma jeunesse, je lisais le Deuxième sexe de Simone, mais je lisais aussi Madame de Xaviera Hollander en cachette et je lisais aussi L’existentialisme est un humanisme de Jean-Paul Sartre.

Jeunesse heureuse, quoi, à l’’abri de la déchéance du XXIe siècle avec ses rappeurs et le sexe partout, partout… À Woodstock, y faisaient quoi déjà, à part écouter de la musique?

En passant allez voir ça.

29 August, 2007

De l’utilisation du mot pute ou pourquoi je n’ai pas été cool très longtemps

Nicolas Langelier a lancé un petit pavé dans la marre  - pour une fois qu’on débat de quelque chose qui m’intéresse je ne m’en plaindrai pas - avec son article De l’utilisation du mot pute par la jeune femme moderne. Je le dis sans ambages, j’aime bien Nicolas Langelier, je lui trouve même un petit côté Alain de Botton. Dans cet article, Langelier expose différents points de vue sur la question. Or, en ce moment, c’est une de ses interviewées, Catherine, qui mange la mornifle parce que, révèle-t-elle, elle appelle sa soeur et ses amies « Pute » et fait référence aux critiques de Sophie Durocher sur Omnikrom. Sophie, pas plus folle qu’une autre n’a pas aimé être ainsi prise à partie.

Tout cela me fait un peu rire. Quand j’avais 16 ou 17 ans, vous savez comme on est pas sérieux à cet âge, mes amies et moi nous interpellions par de retentissants « Salut salope ». Pourquoi? Qu’est-ce que j’en sais? En tout cas à cette époque, ce n’était certainement pas les rappeurs qui nous influençaient. Nous avions aussi la LNH, pour la Ligue des nymphomanes hallucinées, dont les destinées étaient brillamment dirigées par une copine que nous avions élégamment baptisée la « Grande Sale ». Ce sobriquet, nous l’avions volé à Colette dans la série des Claudine. Faut croire que toutes les filles font à un certain âge ce genre de niaiseries. Dois-je ajouter que nous fréquentions une école privée catholique, de quoi donner envie de sacrer.

Toutefois, nous étions encore plus vilaines que Catherine, parce que ceux qui questionnaient notre vulgarité se faisaient traiter de péquenots et de coincés, mais en des mots plus impolis. J’ai été élevée à la basse-ville de Québec, alors j’ai vite appris à élever le maniement du blasphème et des insultes au rang d’art. Nous avions aussi un club pour cela. J’imagine que nous avions besoin de briser des tabous et surtout de rejeter en bloc tous les préjugés et les peurs ontologiques dont on nous avait pétries.

Très vite dans la vingtaine, plusieurs expériences de violence, de dénigrement, où ces mots étaient utilisés comme autant de stigmates du mépris, m’ont fait revoir ma position sur le sujet. J’ai ensuite travaillé dans des organismes féministes et en sortant de mon milieu protégé et du cercle de mes amis masculins « cools » qui ne me traitaient pas en pute ou en salope le changement s’est opéré. Pour comprendre le sens d’une insulte, il faut l’entendre sous le ton de la menace.

Aujourd’hui je ne suis plus capable de crier « salope » ou « pute » à mes amies et je le regrette presque. Quand tu as vu la violence, les bleus et la peur, c’est la fin d’une certaine légèreté. Comme Fabbie (voir l’article) je ne crois pas à l’appropriation des insultes. Et, n’allez pas m’appeler « pute », « pétasse » ou quoi que ce soit de ce genre, car je vous ferai ravaler vos paroles avec toute la verve d’une fille élevée dans une banlieue ouvrière.

Mais à mon âge, on s’en fout pas mal d’être cool ou pas. Le jour où je serai vraiment vieille, je vais tous vous faire la morale parce que j’aurai oublié la LNH et ma jeunesse à moi. Et même si j’avais une fille, je n’aurais pas le coeur de lui briser le caractère en lui révélant la laideur que cachent certains mots quand des putains de connards s’en servent.

Ça ne veut pas dire que je ne m’exprime pas. Quand une fille me demande mon opinion sur le sujet, je la lui donne sans la juger. Je vois ça comme offrir un raccourci à un automobiliste.

Pis Omnikrom dans tout cela? Moi, j’aime bien, pas tout, comme pour n’importe quel groupe. Après tout, je les trouve moins révoltants que Gabriel Matzneff. Mais même à ce vieux pédo, caché sous des allures littéraires, je ne dirais pas de se taire.

Pis pour les filles de l’article, bien on a toujours bien le droit de vivres ses expériences. Y paraît que c’est ça être jeune.

30 May, 2007

Guerrilla Girls en 1989…

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Sur Vu d’ici, Marie-Chantale propose un commentaire créatif et coloré sur la faible représentation des femmes dans les collections des musées. Elle parle du MOMA, les Guerrilla Girls s’en prenaient dans ce poster au MET, mais le fond demeure le même. S’il est parfois décourageant de constater que les femmes sont encore jugées selon des critères passéistes et sexistes tant dans le domaine des arts que dans la société - virtuelle ou réelle -, Il faut regarder le chemin parcouru dans les dernières décennies. Il en a coulé de l’eau sous les ponts depuis Mary Wollstonecraft. Quand on considère que nous avons eu le droit de votre en 1941 au Québec… Okay, se faire parler de nos hormones chaque fois qu’on contredit un homme, ça fait damner, mais la table est mise : à nous de jouer!

25 May, 2007

Sacré PMS

Chaque fois qu’une fille émet une opinion soutenue et maintient son point de vue sous la critique, il y a toujours un gars qui finit par supposer que le spm (en français) est à blâmer. Margaret Atwood, dans le roman La voleuse d’hommes, proposait une explication intéressante au spm : à cette période de leur cycle, les femmes ont autant d’hormones masculines dans leur sang que les hommes tous les jours du mois…

7 May, 2007

Féminité déraisonnable

Aujourd’hui, dans Le Devoir, une brève de l’agence AFP nous informait que l’ambassade du Canada en Arabie saoudite avait protesté contre la fermeture d’un stand canadien dans un salon tenu à Jeddah : le motif de cette fermeture était qu’il était animé par des femmes. L’Arabie Saoudite est un pays développé où il y a des clubs Med, des hôtels de luxe, des universités et tout ce que vous pouvez imaginez. Mais si vous êtes une femme, la police religieuse vous interdira d’y tenir un kiosque d’information.

Cette brève m’a rappelé une conversation corsée dans un cours, entre un étudiant libanais qui avait vécu en Arabie Saoudite et un professeur de psychologie du travail. Ce dernier expliquait que l’Arabie Saoudite avait, selon les données publiées à ce propos, un milieu de travail où les femmes vivaient très peu de discrimination salariale. À ces mots, l’étudiant avait pris la parole pour rappeler au professeur qu’il ne fallait pas croire tout ce qui était imprimé comme la vérité, car, avait-il dit, les femmes n’ont pas le droit de conduire une voiture en Arabie Saoudite. Il a ensuite ajouté que si sa sœur aînée avait voulu occuper un de ces postes rémunérés au même salaire que celui des hommes, elle n’aurait pas eu le droit d’y aller seule…