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18 April, 2008

Chamoiseau au Salon International du livre de Québec

Pendant que je finis mon crisse satané mémoire, à Québec, on peut rencontrer Patrick Chamoiseau. Oui, oui, le Chamoiseau de Chroniques des sept misères et Texaco. J’ai rencontré Chamoiseau en Martinique il y a une quinzaine d’années, lors d’un rendez-vous littéraire informel auquel prenait aussi part Raphaël Confiant, Suzanne Dracius et Michel Pinalie (le mari de Suzanne Dracius, mais ça peut-être changé depuis).

Je pourrais difficilement expliquer pourquoi, mais si je pouvais me pousser quelque part, c’est toujours à la Martinique que je pense.

11 March, 2008

Si par un soir d’hiver un voyageur…

Même si j’avais bien avisé les protagonistes de cette comédie - qui paraissait nettement plus drôle sous l’effet du vin gratuit de lancement - je ne l’avais pas publié, par un concours de circonstance où finalement je n’ai rien gagné… Mais, comme Gé a jugé bon de m’en reparlé à l’heure du lunch, je me suis dit, allons donc, pourquoi pas, tu en a fait de pires…

Voilà, vendredi soir, Gé et moi sommes allées au lancement de saison des Éditions du marchand de feuilles. Cette petite maison d’éditions tenue par l’auteure Mélanie Vincelette publie la revue Zinc où (allons-y pour un peu d’autopromo) un de mes textes paraissait en juillet 2007. Or, sitôt arrivées, j’aperçois Nicolas Langelier qui (allons-y pour la promo d’autrui) venait de remporter le combat des livres avec La logeuse d’Éric Dupont (cette soirée aurait par ailleurs pu se nommer en attendant Dupont). Nicolas a lui aussi publié dans Zinc, mais un texte de réflexion sur les blogues dans le numéro d’automne consacré à la question.

Je connais peu Nicolas, mais déjà nous avons un scénario d’entrée en matière pour chaque conversation : feindre la superficialité en toute chose. Enfin, c’est mon analyse superfétatoire de la chose, je pourrais me tromper. Donc, tandis que certains demandaient à la ronde et, de façon accessoire à Nicolas, comment on pouvait oser détrôner Marie-Claire Blais pour un « jeune auteur », je lui tins à très haute voix à peu près ce langage :

- Marie-Claire Blais? Ça me dit quelque chose… C’est bien celle avec le gros toupet dans les yeux qui écrivait en caps lock avant que ce soit la mode?
- Oui, oui, c’est bien ça, le gros toupet dans les yeux, le terroir, pis les caps lock. Et, n’oublie pas les paragraphes pas de ponctuation, pas de point rien, rien, rien… pas de point, je te dis.

Gé nous regarde, un peu mystifiée par cet étrange échange «littéraire», et sent le besoin de préciser qu’Une saison dans la vie d’Emmanuel - outre le fait que c’est «le consensus de profs de cégep barbus», dirait Nicolas qui, de toute évidence en a contre l’abus de pilosité dans la littérature - est un chef-d’œuvre. Stickée sur mon affaire, ramène mon histoire de caps lock, un trait incontestable de l’avant-gardisme de cette auteure. Nicolas acquiesce le plus sérieusement du monde. Gé, habituée à mes facéties, rit un peu, mais elle se demande vraiment si l’autre là, le gars, est sérieux.

Dix minutes plus tard, Gé comprenait finalement que le Nicolas qui s’amusait ainsi à rire des icônes de la littérature québécoise était le Nicolas du combat des livres.

Éric Dupont est finalement arrivé et comme dans toutes les bonnes histoires, il nous a entraîné dans un resto portugais du Plateau et nous avons fraternisé entre le calmar, la sardine et la saucisse. Salutations à Éva et Pierre-Yves aussi en scène par ce soir d’hiver neigeux.

27 January, 2008

La vie c’est parfois un peu plate

Ouf! Gros cafard. Mon prof de littérature de la francophonie internationale à l’université Laval, Michel Tétu, est mort. Il était professeur de littérature, mais il aurait tout aussi bien pu être diplomate. J’ai été son assistante quelques années et j’ai organisé je ne sais plus combien de partys et de cocktails pour ses diverses entreprises et j’ai voyagé avec lui dans la Caraïbe francophone.

Cela dit, je ne l’ai jamais appelé autrement que monsieur Tétu, même quand j’étais fâchée, je disais, « MONSIEUR TÉTU! ». Il faut dire qu’en matière d’étiquette et de mondanités, j’ai appris énormément auprès de monsieur « T ». Le peu que je connais des vins, c’est de lui que je l’ai appris. Ma compréhension des us et coutumes de presque partout, c’est lui aussi qui me l’a transmise. Je le revois encore dans son bureau de l’université, pointant une carte géographique pour m’expliquer la situation géo-politique de tel ou tel pays de la Francophonie.

Grâce à lui j’aurai rencontré Aimé Césaire, Jean-Daniel Lafond, Simone Schwartz-Bart, Patrick Chamoiseau et Raphaël Confiant. [Googlez-les] J’ai aussi développé un amour immodéré pour la Caraïbe, le rhum agricole et les acras de morue – j’en fais de très bon, enfin corrects selon les standards martiniquais.

Quand il me présentait dans un cocktail, il ajoutait quelque chose du genre, « voici Nadia Seraiocco qui a abandonné la carrière de mannequin pour la littérature ». Je lui dois une grande part de mes aptitudes diplomatiques et de mes qualités de relationniste.

M. Tétu, je lève mon verre de rouge à votre mémoire et je ne manquerai pas d’écrire à votre chère Françoise.

Je vous offre un lien qui décrit le parcours de monsieur Tétu, mais il était connu dans la Francophonie comme l’autre, là le gars, Barrabas, dans la passion. Faque, googlez, allez-y!

18 December, 2007

La douce dérive de la subversion

Alors que je travaillais gentiment - avec archarnement serait plus convenu, mais un peu exagéré -, surveillant d’un œil la boîte de courriel et surfant de l’autre pour trouver les renseignements qu’il me manque pour finaliser certains textes, un petit message de Blurb atterit comme ça, swoosh, que ça a fait… Blurb voulait savoir comment serait mon livre. Pendant deux minutes, je me suis mise à rêver de faire un livre comme le Grapefruit de Yoko - ben oui, je suis obsessive, tell me someting I don’t know - avec des indications poétiques, des évents spirituels et des petits dessins mystifiants.

Là, mon esprit a dérivé, je me suis dit que dans ce monde de pop-psychologie extrémiste ou chacun vous lance un secret ésotérique, ce genre de livre n’aurait pas un grand pouvoir subversif. Je me suis mise à imaginer comment, avec quelques images au fini publicitaire, voire quelques commanditaires, le tout deviendrait aussi mièvre que les titres psychologisants qu’on trouve entre Les enseignements du Dalaï Lama pour les nuls et la version de poche allégée de Guérissez votre surmoi. Imaginez Air, mais avec comme illustration une fille qui court, libre comme vous savez quoi, sur une chaussée chauffée par le soleil (un moment payé par Nike). Pour le poème Touch, je sens que les commanditaires se pousseraient aux portes…

Plus j’y pense et plus je suis partagée entre mon désir de faire des choses élevées, sprituelles et celui plus terre-à-terre et valorisé par la société de faire beaucoup de cash.

3 October, 2007

Des avantages de bloguer

Je suis un peu nerveuse, puisque plus tard c’est le lancement du recueil de Stanley Péan, Autochtones de la nuit. Vous vous doutez bien que puisque l’on entend parler de l’auteur et puisqu’il suffit de googler un peu pour trouver toute l’information pertinente, je suis ravie. Ce qu’on oublie parfois lors de la parution d’un titre en librairie, c’est que dans son travail l’écrivain est le plus souvent soutenu, voire guidé par une direction littéraire. Quand cette dernière fait défaut on le remarque, quand elle a été efficace on félicite l’auteur… Stanley le souligne toutefois dans ce commentaire.

16 September, 2007

Le courrier du cœoeur

J’’ai vécu mes premières amours à l’’abri de l’’Internet, des courriels, du dating en ligne et de toutes ces nouvelles façons de faire. Le courriel existait déjà quand j’’étudiais à l’’université, mais son usage était plutôt restreint au travail et encore. Pas de Facebook, pas de blogue, il fallait traquer nos objets amoureux à pied, d’’un bar à l’autre, prendre à distance les messages de notre répondeur (d’’une cabine téléphonique) pour savoir où étaient nos copains, la grosse misère quoi. Il fallait être débrouillard et plein d’’énergie. Un paquet de post-it dans la poche devenait une nécessité pour laisser sur la porte du copain ou du fiancé un mot comme « je suis chez Edgar jusque vers 23 h, viens me rejoindre si tu peux ».

Et les lettres… Combien en aie-je écrites? Sur du papier, du carton, des feuilles de cahier d’’esquisses, là, comme en toute chose, j’’étais intarissable. J’’écrivais des fables, des nouvelles, des pièces de théâtre avec pour seul but d’’exprimer un trop-plein d’’émotions. Dans un récit semi fictionnel que je mets en forme en ce moment, le personnage principal qui écrit sans arrêt raconte,

« Pendant des années, je n’’ai écrit que pour un seul destinataire, tous mes mots, toutes mes envies lui étaient dédiées. Lettres de désespoir, lettres d’amour, “post-it” jaunes ou roses remplis à ras bord, mots par ici et par là, grandes envolées érotiques : tout lui était adressé. Je lui racontais notre histoire d’’amour, je la pimentais, la rendais plus grande que nature et lui, qui n’écrivait pas, m’étreignait en me répétant les mots que j’’avais écrits. »

Ensuite, ça se gâche un peu, mais le reste, je le garde pour moi… Pour l’’instant. Revenir au mode de l’’écrit dans l’’univers virtuel m’’est étrange, puisque les mots demeurent pour moi la matière de la littérature. Je devrais peut-être me débrancher pour un moment.

23 August, 2007

Un nouveau genre : la santé-fiction

Continuons donc dans la veine de la transmission des savoirs…

À ma grande surprise, lors d’’un banal examen, le médecin m’a dit que je faisais de l’’hypotension. J’’ai la pression basse si vous préférez. Moi qui passe mon temps à « googler » des petits malaises pour les relier à quelque grave maladie, j’’ai été très surprise. En bonne hypocondriaque, je me suis dit que cela me donnait au moins une raison valable de discuter de mes malaises et d’’en suivre l’’évolution.

En fait, je connais bien ce problème, puisque plus jeune j’’ai presque toujours eu une pression sanguine un peu sous la normale. Or, à la moindre émotion, j’’étais littéralement pâmée. Ça faisait bien rire mes copines qui ont souvent eu à me mettre les pieds sur un coussin tout en me faisant boire du thé. En ce qui a trait au « dating », ma vie sentimentale prenait des airs de drame littéraire, car au premier rendez-vous j’’étais presque toujours mal en point, nauséeuse et à deux doigts de l’’évanouissement. Je vous jure qu’’il en fallait de la patience pour avoir envie de me revoir. Et de même, je vivais des peines d’amour spectaculaires qui se manifestaient par des insomnies et une incapacité à garder quoi que ce soit dans mon estomac. Le chic, du chic. Un ami d’’université, poète de son état, me disait souvent qu’’avec mon sens du dramatique et mes talents de conteuse, je ferais une bonne écrivaine. Ouais.

L’’hypocondrie, comme je le disais à un virtuel compagnon de misère, c’’est de la santé-fiction. On se raconte des histoires, on s’’imagine à l’’article de la mort, on se met en scène et ça nous distrait de ce qui nous fout vraiment la nausée.

16 August, 2007

Anthropophagie

Après avoir publié sans crier gare, Buisson ardent, une première fiction, les gens autour de moi ont commencé à dire qu’’ils me reconnaissaient dans ceci ou cela ou à me demander qui était Carl, le mécanicien spécialisé en remontage de moral. Je répondrai d’’abord, citant Nathalie Derome dans ses spectacles, que, « ça m’a pris du temps à comprendre la vie ». En fait, on commence à dire cela vers 30 ans, alors que ce doute incommensurable qui nous habite dans la vingtaine et qui sert de moteur à toute entreprise folle commence à s’’essouffler. Le doute fait alors place à une espèce de modération qui n’’a rien de la résignation. De loin, ça peut avoir l’’air de ça, mais il n’’en est rien. On a déjà vu, on a déjà vécu, on essaie de faire mieux et moins douloureux. Lorsqu’’on se déchire l’’intérieur avec des histoires d’’amour, on se sent vivant, mais bon, pour profiter de la suite des choses il faut qu’on se ménage un peu. C’’est là que la vie commence à prendre sens.

(…)

Et Carl dans tout cela? Carl c’’est moi, la tricheuse et la trichée aussi. Comme tout le reste. Et n’’allez pas vous imaginer que je comprends parfaitement les rapports humains parce que je me pique de les exposer. Que dalle. Si je comprends si bien les hommes, comme le disent parfois mes amis, c’’est que pendant trop longtemps je n’’y ai rien compris. La cruauté des rapports humains pour moi, c’est comme les mathématiques : j’ai coulé ça en secondaire 5. Si j’’ai l’’air de dépecer la laideur et la tricherie comme un boucher expérimenté, c’’est qu’’au fond, je nomme bien mes peurs et mon incompréhension profonde des motifs humains. Nous sommes tous les personnages du roman d’’autrui et croyez-moi votre appel est important…

Ce texte est une version courte et comporte dans sa version intégrale les récits de quelques vieilles amitiés qui ont nourri mes réflexions sur les gars, l’amour, pis le reste. Éric, David, Le Fred, votre contribution est appréciée.

21 June, 2007

La revue Zinc

zinc juillet

Je vous précise que la couverture est plus belle en vrai que ce scan que j’ai fait… J’ai des papillons dans l’estomac… Dégueu comme image, je les imagine voleter dans le bocal rouge qui me sert d’estomac, mais c’est ça.

24 May, 2007

Nouveau blogue littéraire

En faisant une petite tournée des blogues, je tombe sur un commentaire de Steve qui faisait une recension des nouveaux blogueurs de Voir. Ainsi, j’ai donc appris que Tristan Malavoy-Racine avait depuis peu un blogue littéraire. Ces quelques commentaires permettent de constater que Tristan manie déjà assez bien les registres du spontané et de l’intime que permet le blogue.

1 May, 2007

Métropolis bleu

Ça faisait longtemps que je n’avais pas pris le temps de visiter Met bleu. En 2001, l’événement faisait partie de la programmation de Québec New York 2001 et je me rappelle une réunion avec les Mmes Leigh et Leblanc où nous avions discuté d’un concours de bagels entre New York et Montréal. Ce mélange des genres et des cultures est tout à fait représentatif de cet événement littéraire.

Je vous livre donc mes engouements et mes bémols.

Grâce à Métropolis bleu, je lirai :

Alain Mabanckou, un écrivain originaire du Congo, éloquent et brillant (lire son blogue) qui participait à la table-ronde sur la langue française.

Vita (en français) de Melania Mazzucco, une écrivaine italienne qui nous a présenté le travail de recherche qu’elle a fait pour son plus récent roman biographique sur Annemarie Schwarzenbach. Merci à Francesca Lodico qui m’a invitée à cette présentation.

José Aquelin, un poète qui livre ses textes avec grand art, dont les images très actuelles font mouche. Chaque vers, prononcé sur les ambiances sonores de Martin Tétrault et cie lors la soirée cubaine au Patro Vys, me semblait une salve bien tirée. Je m’emporte, José est pas mal meilleur que moi au jeu de la poésie.

Bémols

À cause d’une programmation un peu trop serrée, où se faisaient parfois concurrence des animateurs comme Jean Barbe et Michel Vézina, sur des sujets comme les festivals de littératures et le mélange arts-littérature, je n’ai pas pu voir tout ce que j’aurais aimé. Il semble que du côté anglophone le même problème se posait, ainsi Catherine Kidd faisait concurrence au lancement du travail d’écrivains anglophones de la même génération. C’est à revoir. Tant qu’à y être, j’essayerais de trouver un hôtel un peu plus près du cœur artistique de la ville et je tiendrais chaque soir des réunions informelles dans les bars branchés. Ainsi, la synergie serait à son maximum.

28 April, 2007

Métropolis bleu

Pour ceux que ma vie intéresse, j’ai fait mes dernières heures au boulot hier. Ensuite, j’ai pris la route direction Montréal pour assister à quelques événements de Métropolis bleu. Après plus d’une heure pris aux portes de la ville dans un bouchon du vendredi, j’avais le caquet bas. J’ai rejoint mes amies et toutes les trois à bout de forces, nous avons décidé de passer la soirée à jaser tranquillement - C. le chum de G. s’opposerait à l’emploi de cet adverbe - et avons remis Met bleu à aujourd’hui. Cela dit, il y a un peu plus tard une table-ronde sur l’esprit anglo-québécois qui m’intéresse et bien d’autres activités.