Entrées classé sous 'Politique et gestion'

2 June, 2009

Bon média, bad média…

Nous passons au travers d’une crise et que voulez-vous, en période de crise les caméras sont pointées vers les instances publiques. Quand les instances sont prêtes, elles ont de l’information opérationnelle à passer via les médias, quand elle ne le sont pas, elles accusent les médias de trop questionner et de provoquer une tempête dans un verre d’eau.

Récemment, quelques politiciens et détenteurs des cordons de la bourse publique ont été critiqués soit pour leur manque de rigueur, leurs dépenses ou leur simple ignorance des faits. Or, à chaque fois politiciens et gestionnaires ont uni leurs voix pour dénoncer les médias… Pourtant si nous regardons quelques cas, un peu de logique ou de connaissance des dossiers sous la responsabilité d’aucun n’aurait pas nui. 

Des exemples :

Les coupures et les modifications des programmes dans la culture ont soulevé tout le milieu artistique depuis un an. Au moment où le milieu se calme, le vérificateur du Québec nous apprend que du côté de la Sodec, les dépenses de représentation, au contraire des fonds alloués à la culture, sont en croissance stable. La réponse de Jean-Guy Chaput de la Sodec est hilarante : il fait comme ses prédécesseurs… Wow! Et, dans ce contexte où tous se serrent la ceinture sauf lui, le monsieur blâme les médias. Yé.

On pressent que les pratiques de gestion de la Ville de Montréal ne sont pas claires, que l’élu aux finances a des fréquentations discutables et lorsque l’imbroglio (les mots italiens ont cette élégance passe-partout qui me plaît) des compteurs d’eau éclate au grand jour, le maire est dépassé, n’a pas de mots, il devra faire enquête… Bien évidemment, plutôt que de se tenir à jour dans les dossiers majeurs, il déclarera en conférence de presse que l’histoire est amplifiée par les médias. Hm.

Dernier exemple en liste, mais pas le moindre, cette inquiétante histoire des tests erronés de dépistage de types de cancer du sein. Le ministre Bolduc aura appris l’existence de l’étude par les médias jeudi dernier… Pourtant l’étude de choc avait été déposée un mois plus tôt et avait été réalisée à la suite de recommandations formulées en 2008. Encore là, vous devinerez que les médias sont blâmés.

Bien franchement, messieurs les élus et favoris des partis politiques, si les médias peuvent vous forcer à lire vos dossiers et à vous sensibiliser au contexte actuel, je ne m’en plaindrai pas!

26 April, 2009

De quoi seront faits vos lendemains?

Je réfléchis souvent sur les notions de carrière et de job stable, qui sont, à mon avis, deux entités souvent bien différentes. Il est étonnant par exemple de constater qu’un milieu comme celui des communications, plein de défis et en constante mutation, est souvent en entreprise un secteur faible et archaïque, avec des postes étriqués et surspécialisés.

Or, la carrière est censée être une occupation professionnelle qui présente plusieurs étapes pour être, à maturité, couronnée de l’adjectif « brillante ». Le job stable peut ressembler à une carrière, il peut aussi en être une, mais souvent, c’est un « poste » du secteur public ou parapublic, avec des tâches routinières bien définies, des responsabilités plutôt diffuses et un emploi du temps figé dans le béton. Le job brille rarement.

Pour garder le poste longtemps, il suffit de maîtriser les tâches routinières pour ne plus avoir à s’en soucier (on dira alors « rouler la job »), d’être à l’heure et de toujours prétexter être débordé par les dites tâches routinières (mais en finissant à l’heure) qui, disons-le, occupent moins du tiers d’une journée, le reste étant consacré aux jeux de pouvoirs (consultation à porte fermée pour montrer son sérieux au supérieur) et à des réunions sans procès-verbaux (pour préserver la nature diffuse de la responsabilité individuelle).

Lorsque vous roulez bien la job, il ne faut pas oublier de feindre méconnaître certains aspects du boulot pour aller de formation en formation et obtenir des évaluations de progression professionnelle positives, même si en fait, vos tâches seront sensiblement les mêmes pour les 20 années à venir. Bref, un job stable est un job dont le salaire croît régulièrement, mais où l’être ne croît plus beaucoup… À moins, direz-vous avec justesse, de se réaliser en-dehors du travail, ce qui est tout à fait possible si votre poste vous laisse le sentiment du devoir accompli et non pas du « moi anéanti ».

Dans ce contexte de durée et de normes rigides, les données nouvelles sont vues selon le prisme de l’historique de l’entreprise et une grande partie de l’énergie dépensée au travail, l’est à garder les choses comme elles sont. Comme l’innovation est ou n’est pas, elle devient impossible, car les nouvelles façons de faire ne sont acceptées qu’en partie, c’est-à-dire sans possible efficacité. Si vous vous demandez ce que je veux dire ici, imaginez-vous essayer de développer un projet innovateur avec des équipiers qui n’acceptent de communiquer que par fax et sont opposés aux logiciels de gestions de projets. Oui, c’est ça : le temps que vous touchiez le but, votre projet sera obsolète.

Toutes ces considérations font partie de ma présente réfléxion et s’additionnent aux questions que soulève le fait que je compléterai sous peu une maîtrise en études des arts (retardée par divers trucs administratifs hors de mon contrôle la plupart) et un diplôme d’études supérieures en gestion (ce qui soulèvera certainement de mon côté encore plus de questions).

5 April, 2008

Allô Christo? C’est Régis!

Régis Labeaume, le maire de Québec, vise toujours plus haut et ne semble pas se garder de réserve lorsqu’il s’adresse aux médias. C’est quelque chose que je remarque depuis son entrée en poste et je pense que ça lui nuira tôt ou tard. En fait, si les médias avaient le temps de regarder de plus près les déclarations de Labeaume, il verrait qu’il raconte parfois des fadaises. C’est beau de tout promettre, mais vous savez ce qui est arrivé au petit garçon qui criait au loup…

Parlons d’un dossier qui m’intéresse… Le Manège militaire est en flammes : Labeaume lance qu’il pourrait le faire emballer par des artistes, voire par Christo lui-même. Hahaha! comme ils disent sur Internet. Le projet de Central Park réalisé en 2005 par Christo avait coûté plus de 20 M $ et demandé deux ans de planification. Et, l’art contemporain, surtout celui de Christo, ça se paye sans commanditaires commerciaux et ça demande des contrats d’assurance béton pour les risques aux visiteurs etc.

Maudit spin politique, tout le monde raconte plein de trucs et fait du namedropping impunément sans même googler avant…

Ayant fréquenté le milieu politique je me demande, mais c’est rhétorique : A-t-il ces idées-là lui-même ou se fie-t-il à un attaché de presse mégalo?

12 November, 2007

La politique municipale à l’époque du speed-dating

En jetant un œil à la scène municipale, je me suis demandée qui je verrais à la tête de Montréal. Loin de me contenter de ce que l’on nous propose, je me suis imaginée chasseuse de tête en quête du candidat parfait. Je le voulais jeune, dynamique, avec de l’expérience politique et pourquoi pas, tant qu’à rêver, possédant une bonne connaissance de l’international. En poussant plus loin, mon truc commençait à ressembler à la fiche d’un vieux célibataire cherchant l’amour sur Internet et espérant trouver une femme aux proportions parfaites, sensuelle, jeune et non-fumeuse… Je me suis donc emballée et j’ai espéré que Montréal puisse trouver un maire qui défende bien ses dossiers culturels et administratifs sur les scènes politiques québécoise et canadienne. Tant qu’à pousser, je me suis dit : pourquoi pas bilingue et de belle apparence ?

À ce point, j’ai mis mes données dans l’ordinateur et il est ressorti un candidat parfait qui, incidemment cherche peut-être un défi : André Boisclair. Vous n’aimeriez pas ça un maire, urbain, branché et capable de mener des dossiers d’envergure? Un maire qui a fait Harvard qui aime Montréal et qui fait bonne figure dans un souper spaghetti comme dans une soirée à la SAT? Si André se présente, je travaillerai pour lui!

13 July, 2007

Le viaduc : You spin me right round… Like a record…

Faut lire pour ne pas y croire… Le Devoir titrait aujourd’hui, Faute d’argent, Transport Québec a négligé le viaduc de la Concorde. Me semblait bien que le Ministère allait trouver le moyen de rejeter tout blâme sur le manque d’argent, le manque d’employés et la misère de la fonction publique. En 1999, les travaux recommandés auraient coûtés 63 K, le salaire d’un fonctionnaire sans les avantages sociaux. Dans tout ce spin visant à réduire l’imputabilité et à diluer un max la culpabilité mon bout préféré, livré par un porte-parole générique, est celui-ci : «Je tiens à préciser que c’est fait sans compromis pour la sécurité des ouvrages et des usagers.»

Ouin, bien y’a cinq ou six usagers qui ne sont plus là, mais dont les familles pourraient vous en dire long sur la “sécurité des ouvrages”…

26 June, 2007

Pauline Marois à la tête du PQ : une femme pour une fois…

Un peu plus tôt, à TVA, Pauline Marois réitérait brièvement ses voeux pour le parti dont elle vient de prendre la tête et soulignait la qualité de l’équipe qui la soutient. Bref, encore une sortie impec. Watchez-vous à l’ADQ et au PL, Pauline avance sur l’échiquier, the PQ is back!

19 June, 2007

Pauline met le pied au plancher!

OMG! Comme disent les anglos, Pauline a repris les rênes en main. Comme je le disais avec sarcasme - un vilain mot qui dit bien ce qu’il veut dire - elle dirigeait implicitement le PQ depuis des mois déjà et qui sait peut-être plus. Or, elle vient de marquer avec cette longue réflexion sur le parti qu’elle met la vapeur. Cela dit, les politiciens ne se font pas tout seul et je mettrais ma main au feu que Mme Marois a regarni les rangs de son équipe de quelques tacticiens d’expérience, d’où cette offensive plutôt réussie. Parce que si vous êtes assez pures pour croire que les politiciens mettent au jour ce genre de texte tout seul dans leur bureau devant leur IBook, bien rêvez toujours.

1 June, 2007

PQ et PL : les actions plus fortes que les mots

Comme lors des récentes élections du Québec, l’ennemi à abattre dans tous les dossiers est Mario Dumont de l’ADQ. Charest et le PQ - ce parti au chef flou, dirigé implicitement par Mme Marois - s’allient sur le budget - ouf! qu’ils se disent chacun, pas d’éléctions - et en profitent pour écorcher Dumont. Ah! Le retour du refoulé, car cet acharnement est mon avis la preuve que l’ascension de Mario n’est pas terminée…

12 May, 2007

PQ : le retour du refoulé !

Duceppe, juste avant l’heure du souper, se retire de la course à la chefferie du PQ. Hé bien, André aura eu raison, car il apparaît de plus en plus clairement qu’une course à la chefferie au PQ ne peut se faire sans intrigues et sparages. Les tenants du PQ ont-ils des attachés de presse trop zélés? Il faut se le demander, car côté présence dans les médias, ça ne dérougit jamais. Depuis sa défaite cuisante, le PQ vit bien à la vue de tous un psychodrame non-stop. Du grand guignol, du vrai théâtre psychodramatique par lequel le PQ attire sur lui l’attention de tous les médias, à toutes les heures. Lançons-nous dans la psychanalyse sauvage - aurait-dit M. Joly, clin d’oeil ici aux étudiants de littérature de Laval -, le PQ compense peut-être ainsi ce manque de temps en chambre redevable à leur troisième position aux récentes élections…

11 May, 2007

Despair.com : le pessisme corpo à son meilleur

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8 May, 2007

André Boisclair démissionne

Il fallait s’y attendre, à ce point-ci avec la tempête qu’avait déclenchée ses propos, il devait agir vite pour mettre fin au picossage. En démissionnant au plus vite, il met fin aux spéculations et on retiendra qu’il a été dévoué au PQ, qu’il faisait bien son boulot à chaque précédent mandat, mais que la direction du parti n’était pas une tâche pour lui. Beaucoup de gens constatent au cours de leur vie professionnelle que la pression des hautes sphères et le regard du public ne sont pas pour eux, ils ont la chance de ne pas le vivre sous les caméras.

Claude Charron, à TVA, expliquait que l’épisode de la cocaïne vu rétrospectivement, était peut-être un indice que Boisclair avait une résistance discutable à la pression. C’est une possibilité. Cela dit, cette crise passée, le PQ ne sera pas moins en crise.

7 May, 2007

Les complots d’André… Suite…

Avec l’acharnement dont les médias sont capables - ici comment les blâmer, ils ont une vraie nouvelle - les journalistes ont demandé une opinion a tous et à toutes. Serge Ménard a eu un commentaire psychologisant, « il doit être déprimé », a-t-il dit à la caméra. C’est un peu bête de dire cela, mais Boisclair a toujours été bon en arrière-plan. Même à titre de ministre, il faisait son travail sans être une vedette. Si l’on veut continuer dans l’avenue psychopop, peut-être que la pression du vedettariat est trop forte.