Entrées classé sous 'Politique et gestion'

30 December, 2005

Politique à la carte

Ce matin, Louis-Gilles Francoeur taxe la promesse de Paul Martin d’interdire les armes au poing, de “clientélisme”, qui illustre à quel point les élections sont devenues “une guerre d’image plutôt qu’un moment de réflexion sociale”. Je partage ce point de vue avec lui, car il semble que nos politiciens considèrent la liste de récriminations de tous les groupes en vue et qu’ils tâchent de combler ces besoins exprimés par autant de promesses. À ce point, un parti ou un autre ne fait plus la différence.

30 December, 2005

Diriger comme on le peut…

Avant de prendre nos résolutions pour la nouvelle année et d’élire un nouveau gouvernement pour le Canada, il faudrait peut-être que nous réfléchissions à ce que diriger veut dire. En cette ère d’image où tout se passe comme si l’important était la perception immédiate qu’ont les citoyens via les médias des actions d’un politicien. Mais à force de les voir trop s’excuser – le compte rendu d’Antoine Robitaille du Devoir à ce propos est éloquent -, j’en viens à me demander si nos politiciens sont désormais plus préoccupés de raccommoder leur image que de diriger vraiment les destinées d’un état. Robitaille remarque que pour les conseillers en communication qui oeuvrent en politique, le remords semble une stratégie (j’ajouterais à court terme) payante…

Cela dit, s’excuser efface un malaise passager, mais prendre le leadership d’une ville, d’une province ou d’un pays, impose parfois des choix difficiles qui ne seront pas appréciés de tous. Comment promettre aux uns des baisses d’impôts et aux autres une augmentation des services? On ne peut plaire à tout le monde. Comme leader il faut souvent décider et imposer notre vision. Et c’est là que la communication devient cruciale : elle sert à expliquer des décisions difficiles à justifier et des points de vue qui peuvent déplaire, mais qui s’inscrivent dans la vision à moyen et à long terme d’un chef qu’une majorité a élu.

Dans le texte intitulé, « Diriger sans s’excuser » Roland Arpin (premier directeur du Musée de la civilisation) explique que, « Quand les gens comprennent clairement la vision qui sous-tend toutes les actions de l’entreprise, ils sont prêts à endosser des modes de fonctionnement qui peuvent avoir été décidés par d’autres, ils sont prêts à accorder du crédit aux décisions parfois difficiles qui sont prises, ils sont prêts, en un mot, à reconnaître au dirigeant la légitimité de son action ». Cela est aussi valable en politique. En ménageant la chèvre et le chou, en s’excusant trop souvent, on obtient un leadership faible et des décisions noyées dans le consensus. Ce qui, à mon avis, ne peut mener qu’à une absence complète de vision pour le développement d’une ville, d’un état ou d’un pays.

Arpin, Roland, Diriger sans s’excuser, Revue Gestion, mai 1994, p.55, repris dans Habiletés de direction 2e édition, 1998.

21 December, 2005

Des excuses qui font tout drôle…

Marc Snyder, un copain blogueur, réagissait à ma réaction à la suite de la rétractation du maire de Montréal. Pour y répondre, je me suise à écrire, tant et tellement que j’en ai fait un autre texte… Marc précise qu’il a travaillé pour l’UCIM, or je précise, que j’ai travaillé pour la Ville de Montréal et sur une présentation du budget. Or, Marc connaît le côté politique de l’affaire, tandis que je connais plus le fonctionnement interne.

Je m’explique d’abord sur ce qui m’agace des excuses du maire. Son geste est honorable et fera sa marque dans l’histoire de la politique. Toutefois, cela semble mettre en lumière un certain manque de cohérence. Il faut savoir que le budget de Montréal est une machine énorme qui demande au moins deux mois de préparation, peut-être plus. Il n’a donc pas été calculé dans les semaines suivant les élections pour se trouver tout frais imprimé dans les mains des journalistes le 7 décembre. C’est donc dire qu’au moment où Gérald Tremblay promettait de ne pas hausser les taxes, les gens des finances travaillaient déjà sur un budget avec hausse. Les excuses étaient probablement le seul moyen à court terme de s’en sortir, mais comment en est-il arrivé là?

Si les élections avaient eu lieu trois ou quatre mois avant la sortie du budget, tout serait différent. Or, dans le cas présent, on peut penser que le maire affirmait une chose tout en sachant qu’il avait autorisé son contraire un peu plus tôt. C’est là que ça accroche. Comme le maire Tremblay semble un honnête homme, on souhaiterait attribuer ce cafouillage à un manque de concertation entre les différentes entités. Est-ce le cas? La page est tournée pour plusieurs, mais le doute restera peut-être pour certains.

Pour ce qui est du décret, il était attendu depuis longtemps et certains édiles des arrondissements connaissaient son contenu, affirmait une journaliste de La Presse. Si c’est le cas, comment la Métropole pouvait-elle ne pas être en informée? Pour mesurer l’impact du décret, il faut préciser que les infrastructures de Montréal ne fournissent pas l’eau potable de tous les arrondissements ou villes de l’île. L’eau potable provient de huit usines municipales (dont une je crois a été bâtie et entretenue par une ancienne ville) et de trois réseaux privés d’aqueduc. À cela s’ajoutent quelque 650 puits dans l’ouest de l’île. De plus, certaines anciennes villes, comme Saint-Laurent, avaient déjà des compteurs d’eau avant les fusions. Ce calcul est donc beaucoup plus compliqué que la masse des revenus fonciers multipliée par un certain pourcentage.

On a rapporté que les sommes divergentes équivaudraient à environ 15 millions, certains médias reprenant les mots de l’administration proposaient 40 millions. Cela dit, 40 millions sur un budget de quelque 4 milliards représentent moins de deux pour cent. Or, chaque année, Montréal présente un bilan financier qui inclut un surplus bien supérieur à 40 millions, dont une partie est injectée dans le budget de l’année suivante.

En pensant à cela, je me suis demandée si la Ville avait plus de difficulté à démêler les soldes et les surplus à être retournés aux municipalités défusionnées avant le 31 décembre 2005, que les histoires de taxes d’eau. Je serais bien curieuse de voir comment cette réalité influence le budget. Mais bon, si personne n’en parle, j’aurai oublié cela dans un jour ou deux, au profit de mes projets personnels…

Enfin, je digresse, mais s’il peut être justifiable de refaire les calculs en ce qui a trait à l’eau, il reste encore à savoir pourquoi le maire a fait la promesse de ne pas hausser les taxes, une promesse inutile à sa réélection, alors que les colonnes de chiffres qu’on alignait pour lui racontaient une autre histoire. Ça c’est le bout qui m’achale comme on dit chez nous!

18 December, 2005

Avec nous ou contre nous…

Pour vous dire à quel point il est subversif au Québec d’être contre le PQ ou le Bloc, les étudiants qui ont mis au point le site du Bloque, une parodie du Bloc Québécois, n’osent pas révéler leurs noms dans les médias…

13 December, 2005

Ouin, peut-être, mais ça se peut que je change d’idée…

Les médias québécois devaient avoir l’impression d’être l’objet d’une plaisanterie quand ils ont appris que le maire de Montréal, après avoir annoncé une hausse des taxes qui allait à l’encontre de ses promesses électorales, corrigeait la situation en annulant le budget présenté la semaine dernière.

Quant aux explications présentées, elles sont bien faibles. D’abord, un budget se prépare sur quelques mois, donc ces hausses étaient déjà envisagées au moment de la campagne électorale de novembre dernier. Ensuite, le décret de la ministre Normandeau mijotait depuis des mois et allait de tout évidence être publié avant la fin de l’année 2005.

Le maire Tremblay est loin d’être une bête médiatique ou un grand stratège politique. Quand il a le vent dans les voiles, c’est que les quelques pros des communications et de la stratégie politique qui l’entourent s’agitent dans l’ombre. Quand il commet des impairs diplomatiques ou des bourdes médiatiques, cela signifie qu’il est laissé à lui-même et que quelques-uns de ses stratèges ne sont pas là pour brasser l’appareil municipal.

Je me demande comment il en coûtera pour refaire tout le travail et possiblement imprimer du nouveau matériel…

19 October, 2005

Une course à la chefferie du PQ à la hauteur de nos téléromans…

Un bon ami, fidèle lecteur et presque collaborateur de ce blogue, se désolant de mon manque de temps m’a envoyé un petit résumé des idées lancées dans les médias au sujet de la course à la chefferie du PQ. Ces faits considérés en raccourci et sans explication font ressortir le manque flagrand d’idées véhiculées dans cette course et le côté «concours de popularité » que prend l’exercice.

Voici donc, ce blogo-théâtre proposé par monsieur B. et agrémenté de ma touche personnelle :

En coulisses, Jean Charest, se bidonne devant les tribulations des opposants et se moque du peu d’idées nouvelles parmi ses adversaires. Il est content de les voir s’empêtrer.

Bernard Landry, se drapant dans le rôle du bon papa québécois à la voix forte, passe sur scène pour questionner la consommation de cocaïne d’André Boisclair. Avant de ressortir, il ajoute que selon sa propre estimation, il serait le mieux placé pour faire l’indépendance.

Un cri outré se fait entendre. « Faux ! de répondre Pauline Marois (habillée sobrement), la meilleure c’est moi !» Puis, pointant ceux qui n’ont pas applaudis, Pauline Marois déclare qu’elle est victime de discrimination ! Hou ! Ça se corse…

Notre candidat moins connu, mais néanmoins ex-champion de tennis, Richard Legendre, brise un tabou péquiste et montre son esprit sportif lors d’une entrevue sur les ondes de CHOI, la radio qu’on aime ou qu’on déteste. Comme le thème est lancé, il doit lui aussi répondre à des questions sur la drogue. Tenez-vous bien, il a fumé du pot quand il étudiait aux États-Unis !

Afin de s’assurer du traitement équitable de tous les candidats, retour de madame Marois qui se voit poser la même question : «Avez-vous déjà pris de la drogue, madame Marois?», lui demande-t-on. «Non, répond-elle rapidement», pour ensuite se raviser, «c’est-à-dire que oui, une fois, quand j’avais 19 ans! ». Une fois, dit-elle…

Selon le résumé de mon bon ami, la question n’aurait pas été posée à Louis Bernard… Qu’à cela ne tienne, monsieur Bernard n’allait pas demeurer en reste. Voilà, qu’ à 11:00, en ce mercredi 19 octobre, on annonce le décès de Corrine Côté-Lévesque, épouse de feu René. À 11:57, l’équipe de Louis Bernard expédie aux salles de presse un communiqué rappelant que le dernier geste public de Madame Lévesque aura été d’appuyer la candidature de Louis Bernard.

Je ne sais pas si monsieur B. sera d’accord avec moi, mais ils auraient mieux fait de fumer une clope ou un joint pour calmer leur fibre opportuniste, ou de relire leur communiqué avant de l’envoyer. Heureusement, les réactions sobres et de circonstances de Boisclair et Marois venaient pondérer le tout…

Monsieur B. conclut en demandant : Jean Charest a-t-il raison ? Je crois qu’il ri encore en coulisses…

Et vous ?

14 June, 2005

Parlant du PQ

André Boisclair dont le nom est sur toutes les lèvres en ces temps de course à la chefferie du PQ a un blogue… Les commentaires de ses supporters sont à lire.

14 June, 2005

Le spectre de la pensée radicale…

Aujourd’hui dans Le Devoir Jocelyn Létourneau de la Chaire de recherche du Canada en histoire contemporaine du Québec de l’Université Laval propose une analyse fort intéressante sur cet esprit radicaliste qui hante le Parti Québecois et cause en son sein de grandes tensions.

7 June, 2005

Une autre histoire

Pour le commentateur anonyme qui se demandait pourquoi je parlais de retour à la case départ, ou zéro, je vous conseille d’aller lire ou relire l’histoire du PQ. De toute évidence, comme c’est l’histoire écrite par le parti on n’y trouvera pas de commentaire négatif sur le départ de René Levesque, mais tout de même on y remarquera que les dissentions entre les tenants de la ligne “orthodoxe” du parti et les modérés ne sont pas d’aujourd’hui. Cela existe dans tous les partis, mais pour les militants péquistes cela signifie une polarisation des forces.

6 June, 2005

Un parti et ses chefs

Ce week-end, après avoir suivi les aventures du PQ, je me demandais ce qui devait être dit sur ce parti qui traite ses chefs comme s’ils étaient responsables de tous les problèmes des québécois. Landry démissionne tant comme chef que comme député, or désolé pour les Québécois, mais c’est le retour à la case zéro et vous l’aurez bien cherché… Plutôt que d’aller plus loin, je laisse la parole à Mario Dumont, qui commente ces récents développements.

5 June, 2005

Mission impossible

Après avoir visité les Gonaïves à Haïti, Jean Charest a annoncé un don de $ 50 000. Lorsqu’on connaît les frais associés au déplacement d’une délégation à l’étranger, on sait qu’ils seront équivalents à la somme consacrée à l’aide humanitaire. Quelle était l’idée d’aller faire une mission “politique” dans un pays en crise ?

19 May, 2005

La direction des communications de Jean Charest

Depuis des mois, je critique le manque d’initiative et de planification des communications politiques de notre gouvernement actuel. Les annonces se font sans préparation, les médias sont utilisés mollement et seulement de façon réactive, trop souvent quand une situation est déjà très mal perçue par la population. Le tout fait souvent si amateur, qu’on pourrait avoir l’impression qu’il n’y pas de stratégies au cabinet du PM. Radio-Canada a révélé le statut du directeur des communications du cabinet du PM, une affaire qui a été commentée en chambre. Aujourd’hui, Le Devoir donne les détails du contrat de Michel Guitard, directeur des communications du cabinet de Jean Charest, mais aussi travailleur autonome… Ce sont donc quelque 195,000 $ que le gouvernement consacre au poste de direction des communications et à ce prix, le directeur n’accorde que 20 heures par semaine au cabinet. Point besoin de vous dire, que le salaire normalement dévolu à cette fonction, pour un employé à temps complet est, si je me fie à ce que j’ai vu à la fonction publique, beaucoup moins élevé. On parle habituellement, d’une fourchette salariale située autour de 100,000 $ par année et à titre de fonctionnaire ou de personnel politique, les dépenses sont contrôlées et sont sujettes de se voir révélées dans les médias. Enfin, si les communications de Jean Charest étaient efficaces, ce détail serait peut-être de moindre importance.