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13 September, 2007

Rhume, palpitations et 11 septembre…

Chaque année, je me dis que je vais faire un commentaire exceptionnel, quelque chose de profond, à la hauteur d’’une participante de ce spectacle à grand déploiement que vous écoutiez à la télé. Hé! J’y étais, tout proche, en face des tours mêmes. De mon appartement, au 32e étage sur Rector Street, on voyait la Tour Sud et l’’immeuble où se situait mon bureau faisait face au WTC. J’’ai eu les deux pieds dans le 9-11, puis la tête dedans pendant un bon moment. Pour être vraiment honnête, cette semaine, j’’y ai rêvé encore. De plus, chaque année à pareille date, je suis très émotive. C’’est comme ça, après six ans, on s’’habitue. On a la tête ailleurs quelques jours chaque année et c’’est ainsi.

En 2001, plusieurs de mes amis n’’ont rien dit sur le coup, mais quelques mois, voire quelques années plus tard, ont admis que pendant un moment ils avaient cru ne jamais me revoir. Moi aussi j’’y ai pensé. Tandis que je marchais avec R. vers le Nord, une pensée traversa quelques secondes mon esprit : et si c’était la fin, et si c’’était ainsi que le destin en avait décidé. Au retour, longtemps j’’ai gardé cette réflexion pour moi. Je l’ai finalement admis après qu’’un professeur, avec qui je travaillais à HEC, m’’eut dit qu’’on mettait généralement beaucoup de temps à admettre ’avoir fait face à sa propre mort. Mort. Comme plus rien. FIN en grosses lettres. Le mot fait peur.

Puis ensuite on continue. En fait, au-delà du traumatisme, des maux physiques, du cerveau qui fait des siennes même quand on voudrait tout oublier, j’’avais surtout peur d’’être changée, de ne plus me reconnaître. Je guettais les symptômes, je m’’imaginais les séquelles.

À cause du 11 septembre, j’ai recommencé à peindre et à écrire. J’ai décidé de me prendre un peu au sérieux, de me donner une chance. Depuis quelque temps, je dis ouvertement que j’’ai changé. Et, j’’ai changé pour le mieux, comme si ma presque disparition m’’avait permis de voir la vie différemment.

Trouvez-moi quétaine si ça vous chante, mais je sens les choses plus intensément. Okay, j’’entends déjà certains de mes amis dire, « comme si tu n’’étais pas déjà assez intense avant ». De plus, au grand dam des plus pudiques, je déclame aux gens leurs qualités. Je leur dis qu’’ils comptent, que je pense à eux, souvent comme ça, là maintenant.

Parce que demain, tout pourrait être différent.

10 September, 2007

Comment rater complètement sa vie…

Il y a plus d’un principe et de nombreuses leçons pour arriver à des résultats sans équivoque, je vous en propose un :

Principe no 16

Ne tenez pas votre langue

Sachez ne pas tenir votre langue, confiez-vous à l’’un, confiez-vous à l’’autre, et ayez la surprise de constater ensuite les dégâts de ce « trop de caquet », qui est à écouter Molière, une spécialité du beau pays de France (…).

Si vous êtes quelqu’’un d’’un peu connu, n’’hésitez pas à publier votre journal intime de votre vivant en donnant les noms et les détails (accessoirement prenez un bon avocat). Si vous vous confiez aux intervieweurs, ne demandez jamais à relire le texte et ne démentez jamais.

Dominique Noguez, Comment rater complètement sa vie en onze leçons, Éditions Payot et Rivages, 2003.

10 September, 2007

Mots-clés : de la chaise musicale porno et autres recherches…

Quand je m’’ennuie un peu ou que je manque d’’imagination pour me divertir, il m’’arrive d’’aller voir quelles genres de recherches échauffent les esprits des lecteurs au point de cliquer n’importe où. Mon prénom est un bon vendeur, d’’autant plus que personne n’’arrive jamais à orthographier mon nom de famille du premier coup. Le plus gênant en la matière fut très certainement de dater un gars qui n’est jamais parvenu à prononcer mon nom comme du monde. En fait, j’’ai peu de patience à ce sujet, alors ça c’’est fini assez vite merci. Mais, je m’’égare. Revenons-en aux mots-clés, mon expression préférée cette semaine est « le jeux (sic) porno de la chaise musicale ». J’’avais écrit un texte sur « la chaise musicale » façon Jean Charest, mais la chaise musicale porno, ça manquait à ma culture.

Enfin, pour tous les autres qui cherchent « nadia seraiocco entrevues 11 septembre », celle avec Stéphane Gasse est dans le menu de droite en mp3 à la section Nadia raconte. Les autres, je les garde pour moi.

8 September, 2007

Erreur d’interprétation

Claude : Eille Nadia, ce matin dans Le Devoir c’est écrit Où sont passés les dinosaures?
Nadia : Quoi? Les dinosaures? Dans Le Devoir?
Claude : Ah, non j’ai mal interprété, c’est écrit Où est passée la contestation?
Nadia (avec enthousiasme) : T’es con…

6 September, 2007

Un jour, j’inventerai un émoticon qui voudra tout dire.

C’était hier le Yulblog de septembre. Début de soirée un peu tranquille, dehors un petit groupe débattait du déménagement de l’’Homme de Calder, un chef-d’œ’oeuvre monumental de l’’art du vingtième siècle, en ce moment parqué sur une île. J’écoutais distraitement– - oui, j’’en grillais une et non je n’’ai pas trouvé la volonté d’’arrêter -, encore une fois les adjuvants (au sens greimassien) et les opposants argumenter.

À l’’intérieur, Chris Hand (autrefois connu comme Zeke de la galerie Zeke’’s) et moi discutions de Facebook, des « status updates » et des messages. Zeke me dit, « si le téléphone avait été inventé après Internet, tu imagines la stupeur des gens à qui l’on dirait de presser quelques touches pour parler à n’’importe qui? » « Non? C’’est si facile que ça! » Dans cette ère où l’’on se parle en écrivant quelques mots ici et là et en entretenant des conversations écrites –- le genre épistolier c’’est tellement 18ème siècle - – que dirait-on pour vendre une invention comme le téléphone? « Wow! Vous parlerez à vos amis comme s’’ils étaient à côté de vous, vous entendrez leur voix et en place d’’émoticons, vous pourrez moduler la note, voire rire un bon coup! » Y’’a pas à dire, on n’’arrête pas le progrès.

Je me demande tout de même, si un jour plutôt que de rire, on fera un geste de la main qui signifiera « : ) ». Mais, bon la sémio me brouille souvent la vue.

5 September, 2007

Histoire d’imprévus

Après m’être rendue tout émotive à réécouter des entrevues que j’’ai accordées autour du 11 septembre –- ben oui, j’y étais - je me suis dit que j’avais bien de la chance puisque le 10 septembre c’’est l’anniversaire de ma plus vieille copine, Danièle et que nous ferons la fête tout le week-end.

Nous nous connaissons depuis plus de 25 ans. Quand nous étions adolescentes (Danièle faisait partie de la LNH voir commentaire plus bas) et que nous échafaudions des plans d’’avenir, je me voyais avec plein d’’enfants et Danièle se disait que oui, peut-être. Comme rien n’’arrive jamais comme on a prévu, Danièle a deux enfants et moi deux petits chiens aux manières discutables.

Je disais que je ne me marierais jamais. Danièle disait peut-être. Or, dans cette époque de « non-engagement », j’’ai discuté mariage trois ou quatre fois, j’’ai été quasiment mariée plus de sept ans à un certain S., puis mariée (pour vrai) à M., il y a quelques années. Pourtant, je vous jure que Liz Taylor n’’a jamais été mon idole.

Je m’’imaginais rencontrer l’’homme de ma vie à 21 ans et avoir des enfants un peu plus tard. Ça c’’est Dan qui l’a fait, sauf que l’’homme de sa vie a changé depuis…

Rien n’’arrive jamais comme on a prévu.

29 August, 2007

De l’’utilisation du mot pute ou pourquoi je n’’ai pas été cool très longtemps

Nicolas Langelier a lancé un petit pavé dans la marre – - pour une fois qu’’on débat de quelque chose qui m’’intéresse je ne m’’en plaindrai pas - avec son article De l’’utilisation du mot pute par la jeune femme moderne. Je le dis sans ambages, j’’aime bien Nicolas Langelier, je lui trouve même un petit côté Alain de Botton. Dans cet article, Langelier expose différents points de vue sur la question. Or, en ce moment, c’’est une de ses interviewées, Catherine, qui mange la mornifle parce que, révèle-t-elle, elle appelle sa soeœur et ses amies « Pute » et fait référence aux critiques de Sophie Durocher sur Omnikrom. Sophie, pas plus folle qu’’une autre n’’a pas aimé être ainsi prise à partie.

Tout cela me fait un peu rire. Quand j’’avais 16 ou 17 ans, vous savez comme on est pas sérieux à cet âge, mes amies et moi nous interpellions par de retentissants « Salut salope ». Pourquoi? Qu’’est-ce que j’’en sais? En tout cas à cette époque, ce n’’était certainement pas les rappeurs qui nous influençaient. Nous avions aussi la LNH, pour la Ligue des nymphomanes hallucinées, dont les destinées étaient brillamment dirigées par une copine que nous avions élégamment baptisée la « Grande Sale ». Ce sobriquet, nous l’’avions volé à Colette dans la série des Claudine. Faut croire que toutes les filles font à un certain âge ce genre de niaiseries. Dois-je ajouter que nous fréquentions une école privée catholique, de quoi donner envie de sacrer.

Toutefois, nous étions encore plus vilaines que Catherine, parce que ceux qui questionnaient notre vulgarité se faisaient traiter de péquenots et de coincés, mais en des mots plus impolis. J’’ai été élevée à la basse-ville de Québec, alors j’’ai vite appris à élever le maniement du blasphème et des insultes au rang d’art. Nous avions aussi un club pour cela. J’’imagine que nous avions besoin de briser des tabous et surtout de rejeter en bloc tous les préjugés et les peurs ontologiques dont on nous avait pétries.

Très vite dans la vingtaine, plusieurs expériences de violence, de dénigrement, où ces mots étaient utilisés comme autant de stigmates du mépris, m’’ont fait revoir ma position sur le sujet. J’’ai ensuite travaillé dans des organismes féministes et en sortant de mon milieu protégé et du cercle de mes amis masculins « cools » qui ne me traitaient pas en pute ou en salope le changement s’’est opéré. Pour comprendre le sens d’’une insulte, il faut l’’entendre sous le ton de la menace.

Aujourd’’hui je ne suis plus capable de crier « salope » ou « pute » à mes amies et je le regrette presque. Quand tu as vu la violence, les bleus et la peur, c’’est la fin d’’une certaine légèreté. Comme Fabbie (voir l’’article) je ne crois pas à l’’appropriation des insultes. Et, n’’allez pas m’’appeler « pute », « pétasse » ou quoi que ce soit de ce genre, car je vous ferai ravaler vos paroles avec toute la verve d’une fille élevée dans une banlieue ouvrière.

Mais à mon âge, on s’’en fout pas mal d’’être cool ou pas. Le jour où je serai vraiment vieille, je vais tous vous faire la morale parce que j’’aurai oublié la LNH et ma jeunesse à moi. Et même si j’’avais une fille, je n’’aurais pas le cœoeur de lui briser le caractère en lui révélant la laideur que cachent certains mots quand des putains de connards s’’en servent.

Ça ne veut pas dire que je ne m’’exprime pas. Quand une fille me demande mon opinion sur le sujet, je la lui donne sans la juger. Je vois ça comme offrir un raccourci à un automobiliste.

Pis Omnikrom dans tout cela? Moi, j’’aime bien, pas tout, comme pour n’’importe quel groupe. Après tout, je les trouve moins révoltants que Gabriel Matzneff. Mais même à ce vieux pédo, caché sous des allures littéraires, je ne dirais pas de se taire.

Pis pour les filles de l’’article, bien on a toujours bien le droit de vivres ses expériences. Y paraît que c’est ça être jeune.

29 August, 2007

On ne rajeunit pas en effet…

Si c’’est la rentrée culturelle pour moi, c’est la rentrée scolaire pour les enfants et leurs parents. Les enfants prennent la chose plutôt bien, d’’abord parce que les piscines sont maintenant fermées le jour et qu’’ils ne savent pas encore qu’’avec chaque année qui passe, le temps semble filer toujours plus vite. Vous rappelez-vous seulement de ces étés qui semblaient aussi longs que toute l’’année scolaire?

J’ai donc lu ce texte avec le sourire et un léger pincement au cœoeur.

28 August, 2007

Conversation au coin du feu

À une heure indue (mon heure préférée), toujours une bière ou quelque chose du genre à la main depuis trop longtemps déjà, PJ décide de me parler de l’’éducation en franglais. En fait, nos conversations n’’avaient rien de bien sérieux, aux heures indues, on fait ce qu’’on peut.

PJ : Eille, si j’’avais des flots, je leur trouverais une nanny, tsé super lettrée qui leur enseignerait entre autres le Mandarin. Ouin, le français, l’’anglais et le Mandarin!
Moi : Come on man, ça suffit le fantasme de la nanny avec des lunettes, genre libraire cochonne qui lit Kierkegaard!
PJ : Heille, tu lis dans mes pensées!
Moi : C’’était vraiment trop facile, shit, toutes les conversations en reviennent toujours là!
PJ souriant : Comme si vous avez pas aussi vos classiques…
Moi : Quoi? Les libraires à lunettes? Pantoute!
PJ : « Nah, on vous connaît nous autres aussi… Tsé les filles, c’’est les libraires à lunettes, mais avec des sleeves de tatoos! »
Moi : …

Tandis que A. acquiesçait les yeux rêveurs, je me la suis fermée, mijotant ma prochaine conversation sur le sujet avec Gros coquin.

23 August, 2007

Mon nouveau bureau…

Mon nouveau bureau…

Originally uploaded by Nadia 07.

Bordélique à souhait, alliant atelier et espace de travail… C’est la première fois depuis des années que j’ai un bureau à moi.

23 August, 2007

Le passé dévoilé : Ellis Island

Hou! À ma grande surprise, tandis que je googlais Golaneck pour voir comme ça, je tombe sur de nouveaux résultats. En naviguant du côté d’Ellis Island je rencontre la fiche d’embarquement d’une famille nommée Golaneck, mais qui à ma connaissance n’est pas reliée à la mienne. Puis, je tombe sur la fiche d’embarquement de mon grand-père Seraiocco, inscrit sous un de ses prénoms, Federico. Là, j’étais certaine qu’il s’agissait bien de lui, puisque les détails coïncidaient. Allez-y faire un tour c’est fascinant.

Je dois dire que les Seraiocco sont très fiers de leur héritage. Mon papy a joué au bocce – j’ai un set ici et j’attends mes leçons -, n’aime que les mets italiens et son frère ressemble à Paul Sorvino. Comme mon grand-père a vécu longtemps, il nous a transmis son histoire, ses photos de familles, les lettres de son père et chez lui, tous les dimanches, nous rencontrions ses amis Italiens, dont les fils sont les amis de mon père. La langue s’est perdue, que voulez-vous à Québec la communauté italienne était réduite et les enfants allaient à l’école catholique anglaise.

Du côté maternel, c’est un peu moins clair. Petite, je savais que mon grand-père connaissait le yiddish et l’hébreu, mais comme il baragouinait plusieurs langues, j’ai mis un bout à comprendre que sa mère était juive et son père à moitié. Puis, à Paris au Musée d’histoire et d’art juif, dans la salle consacrée à l’Ukraine, j’ai vu sur les murs des photos de famille semblables à celles de la famille disparue de mon grand-père. Là, tout d’un coup, ça mettait les choses en perspective : nous faisions partie de quelque chose de plus grand. Comme mon grand-père avait changé son prénom pour un nom francophone et qu’il était assez opposé à ce que ses enfants portent ce qu’il appelait « les vieux prénoms de la bible », j’imagine qu’il voulait se fondre le plus possible dans la masse. Tiens à ce propos, un article éclairant.

Au cours des dernières années, j’ai trouvé des sites liés à l’Holocaust qui recensaient les noms des familles d’Europe de l’est. Comme de raison, Golaneck s’y trouve.

23 August, 2007

Un nouveau genre : la santé-fiction

Continuons donc dans la veine de la transmission des savoirs…

À ma grande surprise, lors d’’un banal examen, le médecin m’a dit que je faisais de l’’hypotension. J’’ai la pression basse si vous préférez. Moi qui passe mon temps à « googler » des petits malaises pour les relier à quelque grave maladie, j’’ai été très surprise. En bonne hypocondriaque, je me suis dit que cela me donnait au moins une raison valable de discuter de mes malaises et d’’en suivre l’’évolution.

En fait, je connais bien ce problème, puisque plus jeune j’’ai presque toujours eu une pression sanguine un peu sous la normale. Or, à la moindre émotion, j’’étais littéralement pâmée. Ça faisait bien rire mes copines qui ont souvent eu à me mettre les pieds sur un coussin tout en me faisant boire du thé. En ce qui a trait au « dating », ma vie sentimentale prenait des airs de drame littéraire, car au premier rendez-vous j’’étais presque toujours mal en point, nauséeuse et à deux doigts de l’’évanouissement. Je vous jure qu’’il en fallait de la patience pour avoir envie de me revoir. Et de même, je vivais des peines d’amour spectaculaires qui se manifestaient par des insomnies et une incapacité à garder quoi que ce soit dans mon estomac. Le chic, du chic. Un ami d’’université, poète de son état, me disait souvent qu’’avec mon sens du dramatique et mes talents de conteuse, je ferais une bonne écrivaine. Ouais.

L’’hypocondrie, comme je le disais à un virtuel compagnon de misère, c’’est de la santé-fiction. On se raconte des histoires, on s’’imagine à l’’article de la mort, on se met en scène et ça nous distrait de ce qui nous fout vraiment la nausée.