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Réflexion : Peut-on encore faire la distinction entre communications numériques et traditionnelles?

À mesure que l’informatique a progressé, l’ordinateur est devenu un outil de travail tout comme le web est maintenant indissociable des communications.

MAJ 2014 : Les quotidiens papier tendent maintenant à disparaître, La Presse d’ici deux ans n’existera plus en version imprimée. Où tracerons-nous alors la ligne? Et si La Presse n’avait pas mis de grands efforts à distinguer sa version papier de sa version numérique pourrait-elle faire ce virage? Non, car elle aurait comme beaucoup un produit numérique de transition qui veut changer, sans y croire.

Récemment, en parlant web et communications d’entreprise avec une copine de Contenu MTL, j’ai avancé que même les communications « traditionnelles » s’effectuent maintenant grâce à des supports numériques, donc la distinction traditionnelles/numériques s’estompe au point de plus être pertinente. Relations publiques ou marketing, je serais très surprise que tous les outils que vous préparez pour vos différents publics ne soient pas diffusés tout autant sur le web que sur des supports comme la télé et les quotidiens papier.

Tandis que presque toutes les publications commerciales cherchent à développer leur équivalent pour support numérique et que les médias sociaux deviennent les vecteurs pour intéresser journalistes et citoyens à vos contenus (communiqués, promotions, site de vente), il faut réfléchir à la structure des départements de communication et marketing.

Communication et marketing numériques ou communication et marketing actuels?

Site web, médias sociaux, envoi massif de courriels, bulletin d’information web diffusé par courriel et réseaux sociaux, communiqué diffusé par un service web (CNW ou autre), publicité télé qui poursuit sa vie sur votre chaîne YouTube, entrevue radio relayée par les réseaux sociaux… Dois-je en dire plus pour montrer l’éléphant numérique qui prend maintenant toute la place dans votre département des communications?

Même les rencontres (conférences de presse, salons et colloques) font leurs communications par le web et une fois sur place, proposent une version en diffusion web en direct ou une capsule web diffusée à titre de suivi de la dite rencontre. À ce point, dois-je vous préciser que l’assiette des communications non assistées par le web et les médias sociaux n’est plus très grande et que déjà l’appellation communications et marketing inclut d’office le web et les réseaux sociaux.

Relations médias et promotion ou diffusion

Dire que les journalistes ne sont plus nécessaires est un grand manque de vision (ce billet d’un blogue de RP explique pourquoi). Surtout, dans le contexte où les contenus les plus partagés proviennent des médias de masse et alors que les chroniqueurs de chaque grand média sont plus que jamais connus du public et leur position politique ou leur ton, l’objet de nombreux commentaires sur les réseaux. Maintenant que presque tous les journalistes ont des comptes sur les médias sociaux (certains médias en font une obligation) et suivent au quotidien des mots-clics sur Twitter pour constater l’évolution d’un dossier, si votre porte-parole n’est pas sur les réseaux à l’affût des mentions sur son entreprise qui le sera? Ah, oui, votre gestionnaire de communauté et son supérieur le chef des communications numériques et médias sociaux. Tandis que les médias de masse sont de plus en plus numériques et interactifs, peut-être songerez-vous à rapprocher, voire à intégrer votre relationniste au groupe des spécialistes de médias sociaux de votre entreprise. Moi, j’y penserais.

Les blogueurs, les influenceurs et les journalistes pigistes, une frontière qui s’amenuise

En concevant une liste de blogueurs pour un secteur particulier, j’ai dû faire remarquer au client (une agence marketing) que les blogueurs spécialisés les plus influents d’un secteur avait souvent une présence régulière dans une radio, une télé, un  journal, parfois même tout cela à la fois.

Ainsi, un blogueur foodie qui fait, même sporadiquement, des chroniques à la radio ou la télé ou écrit pour un quotidien, fera souvent partie de la liste des plus influents du secteur. Et, là, il n’est pas question de mesure d’influence grâce à Klout ou Peerindex, car il est possible que le spécialiste d’un sujet, parfois journaliste pigiste, soit très peu intéressé à mesurer et à comparer son influence comme le font les blogueurs et consultants. Les centaines de milliers de lecteurs ou de téléspectateurs qui suivent ses commentaires dans les médias confirment son autorité et font monter son nombre d’abonnés sans qu’il ait besoin de trop s’agiter sur les réseaux sociaux. Sa notoriété est donc rattachée à sa connaissance d’un sujet et un autre influenceur avec encore plus d’abonnés qui communiquerait sur le même sujet  donnerait une impression de portée plus large, mais est-ce que vraiment les connaisseurs auraient confiance en son opinion?

Même lorsqu’un artiste endosse une cause ou un produit, le public est de moins en moins dupe et dénoncera rapidement ceux qui ne le font que pour augmenter leur notoriété et les réseaux sociaux décuple cette réaction.

 

Dix ans de blogue et de blogueurs… Les approches RP ont-elles évolué?

Quand des mots s'adressent à nous, nous le savons...

La semaine dernière à 42, Laurent Maisonnave, Patrick Dion et moi avons abordé le facteur d’influence sur les médias sociaux, incluant dans notre discussion la question des relations entre agences de RP et blogueurs. Le sujet est loin d’être neuf, puisque plusieurs des experts en relations publiques et médias sociaux bloguent eux-mêmes depuis le début du millénaire. Avec l’arrivée des blogueurs affaires aux alentours de 2004-2005, les tentatives se sont intensifées. Cela dit, même si on trouve sur le Web des articles comme Blogger Relations : Two Approches for PR, qui expose quelques tactiques d’approche et que certaines agences ont développé leur expertise, on jurerait parfois que tout est encore à inventer… Pourtant ce qui marche en relations de presse, marche souvent avec les blogueurs, une fois qu’on tient compte de leurs spécificités.

L’approche courriel : le message à «la liste» de blogueurs

Si cette approche est encore privilégiée, je ne peux voir qu’une seule raison : c’est parce qu’elle reproduit les rapports traditionnels entre les relationnistes et les journalistes. Le moins qu’on puisse dire c’est que ces rapports sont tortueux depuis quelques années déjà. Qu’à cela ne tienne! On écrit un message, on l’envoie à une liste de gens pressentis (sur quels critères?) et on espère qu’ils répondront favorablement à notre demande. La demande étant de publier un texte ou de produire un reportage sur un sujet. Après tant d’années, on sait que ça ne marche pas très bien avec blogueurs et que même avec les journalistes, on obtient souvent de meilleurs résultats en ciblant de façon plus serrée. Pourquoi? Les journalistes n’ont pas envie d’être sollicités pour tout et n’importe quoi, sans égard à leur spécialité et les blogueurs de même. En plus, si le journaliste à temps plein (une espèce en voie de disparition) a le devoir de couvrir certains événements, le blogueur est libre de couvrir ce qui lui chante et, fait important, il n’est pas payer pour assister à des événements de presse.

Une lettre générique envoyée à tous, même si vous ajoutez mon nom, n’est pas un message personnalisé…

Quand vous écrivez un courriel à un ami, vous lui parlez à lui et vous espérez une réponse, donc une discussion. Dans cet optique, si je veux porter un événement à l’attention d’un journaliste, c’est parce que je sais que le sujet est dans ses cordes. En deux lignes, je saurai donc lui dire pourquoi, à mon humble avis et connaissant ses intérêts (car j’ai lui son travail), mon sujet pourrait l’intéresser. De la même manière, un message à un blogueur devrait spécifier pourquoi le relationniste pense que son événement ou sa nouvelle a sa place dans le blogue visé. Si la seule raison valable est qu’un directeur aime le travail de ce blogueur, bien dites-le! Au moins, il vous répondra pour vous remercier du compliment et la relation sera amorcée. Pour ce qui est du contenu de votre message, ne vous étendez pas sur quatre ou cinq paragraphes. Il sera temps de tout expliquer au blogueur, si le sujet et les quelques liens que vous avez joints à votre courriel retiennent son attention.

Pourquoi je ferais la promo de vos clients?

C’est souvent ce que je me demande. J’ai reçu en février des courriels polis, mais insistants, de la relationniste d’une grande agence qui espérait que je publie son information sur mon blogue. Quand je lui ai demandé pourquoi elle me contactait, elle m’a répondu par des lignes de presse du genre «nous avons sélectionnés votre blogue parmi les blogues francophones de votre région susceptibles de rejoindre notre public»… Ah, bon, et moi est-ce que j’ai envie de vous aider à rejoindre le public de votre client ? Car c’est bien de ça qu’il s’agit. La réponse est  non, surtout si votre client vend des produits de santé, un sujet que je n’aborde pas. En sélectionnant mon blogue, vous auriez pu vous donner la peine de le lire ou au moins de consulter les catégories et les mots-clés. J’ai répondu poliment que je ne parlais pas de ce type de sujet… On m’a probablement retirée de la liste et j’en suis fort aise.

Vous me direz que ces quelques paragraphes ne racontent pas tout… Vous avez bien raison, car le reste il faut l’apprendre sur le terrain et pour le transmettre, en ce moment, la meilleure option est encore dans l’action.

D’autres billets sur ce sujet :

Promo et médias sociaux : la mécanique a-t-elle changée tant que cela?

Que deviendront les relationnistes traditionnels?

Où s’en vont les relationnistes?

 

Gap, je like tes rabais, mais force-toi un peu…

Je vous fais grâce de toute l'image que j'ai capturé, car elle était composée de gif multiples.

Gap, c’est la branchitude universitaire, les jeans qui font bien, les six saisons annuelles  − chez Gap il y a toujours une saison de plus après l’hiver et après l’été. Depuis peu je reçois les courriels promotionnels de Gap, tout cela est bien mignon, Gap Canada me propose l’information en français, tout est traduit impeccablement, bref, jusque-là ça va. Le problème, c’est qu’une fois m’a-t-on attirée avec un 30 % de rabais, on me demande pour l’obtenir, d’imprimer un courriel en couleurs et de le présenter dans un magasin près de chez moi…

Je le sais qu’en publicité on aime les belles mises en page en couleurs avec photo et lettrage à la mode, mais là c’est un courriel et qui plus est, un courriel que je dois imprimer. Alors Gap, propose-moi donc une version coupon avec code-barre en noir et blanc, peut-être même une version électronique que je pourrai présenter de mon iPhone à la caisse du magasin près de chez moi. Tu as même déjà fait un concours d’applications iPhone, dont une incluait l’option des coupons… J’ai le sentiment Gap, que ta clientèle universitaire cool, friquée pas tout à fait hipster, mais assez branchée a un téléphone intelligent. Même les amies qui habillent leurs petits chez Gap Kids ont l’équipement nécessaire, ne t’en fais pas.

Mais de grâce Gap, ménage l’environnement et pense autrement qu’avec un esprit de circulaire imprimée et de petit flyers en papier «quatre couleurs process». Et si vraiment, tu le fais pour me rassurer, parce que tu as peur qu’à mon âge je sois tout juste capable d’ouvrir un courriel, ne t’en fais pas, car si j’étais aussi dépourvue, je ne pourrais pas non plus imprimer ton courriel composite d’images en couleurs.

Tu vois bien qu’on peut se comprendre, c’est si simple.

La dictature du I Like

Aimer à tout prix et se le faire vendre à bon prix : un jour on se rappellera le Web social d’avant le marketing du I Like.

Une des caractéristiques du marketing c’est de toujours chercher à bâtir des banques de données sur les consommateurs. Vous aimez quoi? Vous allez où? Vous fréquentez qui? Avec ces renseignements, on peut vous chanter la chanson qui vous plaît pour vous vendre un truc qui vous ressemble.On aurait pu penser que les médias sociaux changeraient cette compulsion de la donnée, mais non. Chassez le naturel, dit-on…

Au départ, quand les réseaux sociaux sont arrivés, le but était comme l’avait dit Esther Dyson, de susciter la communication par l’information. Cette communication ou conversation se déroulait entre individus, mais il fallait s’attendre à ce que tôt ou tard elle inclue les entreprises. C’est arrivé avec les pages Facebook d’entreprises et les profils sur Twitter. Encore là, le choix de l’usager dominait et la liberté de choix aussi. Nous entrons maintenant dans la dictature du I Like, puisque sur Facebook, plutôt que d’être adepte d’un produit ou du culte personnel d’un ami (surtout quand il n’est pas connu et se fait une page ou se fait le l’animateur de mille pages) ce qui se refuse aisément, on vous demande maintenant d’aimer ou pas. Cela va de pair avec ce mode de communication, un peu fake, où tout le monde se fait des je t’aime gros comme le bras entre quasi-inconnus ou vagues connaissances. Ta mère vient de mourir, dis-le sur Facebook ou Twitter et tu auras un pluie de «Je t’aime gros, gros», suivis deux minutes plus tard de «Je viens de goûter un sorbet mangue-fleur de Sumatra complètement malade»… The show must go on! Moi j’aime pas, J’ADORE !

Si ce n’était que de cela, revenons-en à l’obsession des données, mais le nouveau profil de Facebook remplace maintenant les renseignements fournis volontairement par des liens à des pages, pour la ville, les études, les emplois, les goûts personnels etc. Mais vous avez le choix, le choix entre aimer une pléiade d’entreprises et d’organismes ou de laisser votre profil sans information. Voilà donc l’idéal de communication par l’information qui s’en va à vau-l’eau.

Le chemin aura pris trois ans, mais on y est arrivé, on est revenu à la base, ramasser vos données personnelles, les relier à des produits et nous amener dans un beau monde de consommation sucrée et de faux I Like

Tiens j’ai le goût de voir en boucle I Heart ♥ Huckabees et de me faire suivre par des experts en existentialisme 😉

Qu’est-ce qu’une promo réussie?

On pourrait parler stratégie de diffusion ou de marketing jusqu’à demain, un point importe après le fait : aviez-vous bien jauger votre produit et considérez-vous avoir rejoint vos objectifs?

En lisant ce billet de Michelle – je lis beaucoup son blogue, pas pour la traquer comme certains… mais plutôt pour travailler sur le livre  – sur le pour et le contre d’une stratégie de médias sociaux, je me suis dit qu’une stratégie était souvent beaucoup plus simple qu’on ne semblait le croire. Pour utiliser les médias sociaux à des fins de relations publiques, point besoin de faire une cueillette de données exhaustive et une stratégie complexe, on fait une veille, un peu d’expérimentation, puis on se fixe des objectifs mesurables dans un cadre temporel et voilà, qu’on a un début de stratégie… De grâce, ne faites pas votre « expérimentation » des outils et des tactiques sous les feux de la rampe, en pleine opération, faites-le avant.

Une stratégie, c’est dans l’ordre, une réflexion et une planification de ses actions

Je crois plus à l’évaluation rapide de chaque situation, qu’aux formules et aux plans tout faits. Dans un cours de  marketing à HEC, il nous fallait décider à quelle étape débuter le travail pour établir la stratégie de distribution d’une nouvelle bière produite par une méga-brasserie. Nous devions baser notre décision sur un modèle marketing qui n’avait rien à voir avec les modèles financiers d’aide à la décision. La réponse correcte selon les options du modèle était de se rendre tout de suite à l’étape de la stratégie, en utilisant les données existantes. Le bon sens me disait que ces données ne collaient pas à ce produit, mais « la méthode » ne tenait pas compte des perceptions. J’ai donc répondu qu’il aurait fallu repartir à zéro. J’ai perdu des points. En classe, le professeur a conclu que dans ce cas réel, il avait fallu refaire toute l’étude de marché car les données existantes ne correspondaient pas à la cible du produit, mais qu’en se fiant au modèle on ne pouvait savoir…

Comment une stratégie peut-elle être bonne si elle ne vous permet pas de réussir? J’ai donc appris que les formules rigides ne marchent pas toujours et si votre formule vous empêche de réfléchir, changez de formule.

Le gros bon-sens : pour mesurer des résultats il faut d’abord des objectifs…

Quand je travaillais en relations avec les médias, après avoir écouté ce que souhaitaient mes patrons ou clients pour un événement, je proposais des objectifs. Comme je le disais dans un billet précédent sur la promotion, l’effort promotionnel doit être mis aux bons endroits et ces endroits sont déterminés par l’objet à promouvoir.

Donc, pour avoir des résultats à mesurer, il faut se fixer des indicateurs de performance, aussi basiques soient-ils, car ce sont ces indicateurs qui nous permettront d’évaluer le rendement de notre opération. Avec les médias sociaux, on peut mettre deux paramètres ou indicateurs de base (à chacun son biais) : le nombre de billets, d’articles écrits ou de publications à la suite de notre événement et le buzz créé sur les médias sociaux. Et n’oublions pas, que la quantité c’est bien, mais la qualité compte aussi…

Quantitatif : le nombre de billets ou de publications

Par exemple, si j’envoie 10 copies d’un récent roman à dix blogueurs qui écrivent ou commentent (podcast, webtélé) les arts et la littérature, j’espère que plus de la moitié toucheront mot de mon produit sur leur-s présences-s Web. Dans le cas d’une pièce de théâtre ou d’un spectacle, les blogueurs n’ont pas l’obligation de commenter, mais à vous de leur fournir des raisons de le faire : entrevues, accès privilégiés et suivis pour le matériel photo ou l’info supplémentaire au cas où ils voudraient faire un billet… Si vous avez une salle de presse sur votre site Web, je vous conseillerais d’y mettre quelques photos en résolution Web.

Qualitatif : le type de commentaires et son impact

De toute évidence, vous choisirez vos acteurs des médias sociaux selon leur popularité et leur champ d’intérêts pour qu’ils rejoignent vos différents publics. À qui voulez-vous vendre votre livre? Qui parle à ce ou ces publics? Niaiseux, me direz-vous? J’ai pourtant vu un nombre assez important de promotions dans le milieu culturel se péter la fraise, car le message ne s’était pas rendu jusqu’à ceux qui auraient pu aimer une exposition ou un livre et s’en faire porte-parole. N’oubliez pas qu’un grand lectorat est un atout, mais que dans certains cas, un spécialiste avec un plus petit lectorat, mais qui aura de la crédibilité est tout aussi important.

Mesurer l’impact de notre opération sur les réseaux sociaux

Si vous donnez des renseignements pertinents, éclairés, du matériel spontané et plus pro à vos réseaux, ils le feront circuler par de retweets ou des publications sur Facebook. Et de plus en plus, grâce à de nombreux outils de veille qui permettent de ratisser assez large vous pourrez savoir qui a parlé de votre produit ou événement et par quelle source il a eu l’info.

Pour ceux qui aime la veille, le blogue Brainsfeed propose un wiki des outils de veille.

Après le buzz, la diffusion des contenus plus approfondis

N’oubliez pas qu’après coup, les billets et articles générés seront rediffusés par les réseaux sociaux, ce qui donner un autre petit élan à votre promo.

Croisements…

Ainsi en mettant en rapport le nombre de publications des blogues, leur qualité et le nombre de mentions en cours d’événement et après (pour la rediffusion des productions écrites et autres), vous aurez une bonne idée de l’efficacité de votre promo.

La donnée marketing et ventes

La vente n’est pas toujours l’objectif direct et ultime d’une opération, mais elle y sera souvent liée si votre entreprise offre un produit de consommation. Ainsi vous aurez communiqué à votre gestionnaire médias sociaux et relations publiques vos objectifs de vente de billets, de livres ou autres. La petite stratégie tiendra donc en compte l’atteinte de cet objectif.

Mais encore là, je serai honnête, avec le meilleur mix promotion traditionnelle et médias sociaux, si votre produit n’est pas distribué correctement ou disponible au plus fort de votre promo, votre marque aura bien circulé, mais vous aurez peut-être manqué votre coup…

Les médias sociaux sont de fantastiques outils, mais il faut savoir ce qu’on veut en obtenir…

Promo et médias sociaux : la mécanique a-t-elle changé tant que cela?

Hier, Bianka, une relationniste 2.0 du secteur culturel, réagissait à mon billet sur le manque de cohésion entre les moyens traditionnels de RP et les avenues Web. Elle se désolait que le 2.0, soit la patente à laquelle on pense à minuit moins une, pour « créer un buzz ». N’oubliez surtout pas qu’une bonne promo, c’est comme un concert : sans musiciens pas de spectacle, mais sans chef d’orchestre, c’est la cacophonie assurée !

J’ai été plus d’une décennie relationniste et porte-parole dans le milieu culturel et municipal. Au cours des cinq dernières années les outils 2.0 sont entrés graduellement dans ma pratique, tout comme le Web 1.0 s’y était fait une place au début du millénaire. Je rigole doucement quand on me dit que tout est changé en rp, car si je suis une fervente utilisatrice du Web et des réseaux sociaux pour mes stratégies de relations publiques, ma réflexion avant une opération suit le même chemin, mais elle se déploie différemment en termes d’actions. En politique, le cycle est très court et souvent réactif, dans le milieu culturel, une création se préparant sur plusieurs mois, on a le temps de mettre la table et de bien affamer les convives.

La planification

Avant une conférence de presse ou une première, il serait bien de réfléchir plus loin que « enwèye, faut qu’on en parle ! ». Il faut comprendre le produit, ses faiblesses comme ses forces et établir un plan conséquent. Je n’entre même pas ici dans les considérations budgétaires et les outils précis, mais il est certain que vos moyens financiers dicteront vos actions.

  • Les objectifs : A-t-on un événement national, international ou local? Cela influencera votre travail, car, à titre d’exemple, si vous voulez être national ou international, il serait bon de préparer du matériel en anglais. Et si vous voulez être partout à la fois, peut-être qu’une webdiffusion s’impose.
  • Cibles : Vous connaissez vos médias, mais existe-t-il déjà un public convaincu qui suit ce type d’événement? Il ressemble à quoi? Quels réseaux sociaux fréquente-t-il? Quel est son mode d’interaction?
  • Plan d’action : Quel sera mon cadre temporel pour atteindre mes cibles? Deux jours avant l’événement, avec un suivi s’étalant sur deux journées après? Ou dois-je prévoir une « sensibilisation » de mes cibles des semaines, voire des mois avant la sortie de mon produit?

Les relationnistes qui lisent ce billet, se disent certainement, « un plan classique quoi ». Oui, mais avec des cibles qui font partie des médias et d’autres qui sont des usagers des médias sociaux… C’est là que le plan change un peu et que le savoir-faire 2.0 entre en compte.

Préparer le terrain

Avant on prenait le téléphone et on « vendait » notre événement à des journalistes choisis. Maintenant, on identifie des réseaux dont les intérêts recoupent notre champ d’action et on s’y insère graduellement – cela peut vouloir dire créer un profil sur les réseaux sociaux et ou interagir avec des influenceurs par courriel ou tout moyen approprié. Selon votre connaissance du milieu que vous « infiltrez », cela peut se faire en quelques jours ou quelques semaines. Vos 800 amis, s’ils se foutent à 70 % de l’environnement ou du cinéma, ne seront pas de grands ambassadeurs pour ces causes, vous devrez donc faire enquête et trouver vos alliés.

Échanger de l’information pour capter l’attention de nos cibles

Qui n’aime pas être au courant, avoir l’impression d’en savoir plus? On se construira donc un scénario des bribes d’information, des « accroches » ou « teasers » en bon français qu’on laissera filtrer ça et là pour garder l’intérêt de notre public et surtout créer un tension qui culminera le jour de l’événement. Je parle ici de contenus, un contenu peut être une photo avec un commentaire (pensez aux associations d’idées de la publicité), cela peut-être aussi un document d’information connexe pour les journalistes et blogueurs. Pour promouvoir de l’art contemporain, il m’est arrivé d’envoyer par courriel (on était en 2006) un lien à une vidéo où en quelques minutes on présentait un artiste ou encore des liens à des images marquantes de son travail. J’ai aussi fait bloguer des auteurs pour que les médias et le public apprennent à mieux les connaître… Un auteur peut devenir un excellent blogueur en quelques semaines, ce n’est pas le cas de tous les clients.

Diffuser en crescendo

Si j’ai une première ou une conférence de presse, je veux que ce soit l’événement couru et que tous mes réseaux aient l’impression d’y participer. Pour ce faire, je les informe des étapes de mon événement, de la préparation, au stress d’avant-première ou de conférence, jusqu’au grand moment. On ne laisse pas cela au hasard, il faut un ou des animateurs des réseaux sociaux pour relayer cette info. Lors de l’événement, je m’assure que mon réseau soit représenté (inviter les médias, quelques blogueurs et des réseauteurs) pour que tous puissent suivre le déroulement. S’il s’agit d’une conférence de presse, l’information doit être relayée régulièrement pendant la présentation et plus tard, les articles publiés sur les médias sociaux.

Faire de la bonne promo c’est donner au public ce qu’il veut…

Je serai honnête, si au point « planification » on mal identifié le potentiel de notre produit, vous pourrez pédaler tant qu’il vous plaira, mais en plus de ne pas lever, votre promo excitée ennuiera autant les journalistes que vos adeptes. Promouvoir Ron Mueck, dont les œuvres donnent le vertige et captivent même les non initiés à la sculpture contemporaine, ce n’est pas la même chose que donner une visibilité bien méritée à Cheryl Sourkes qui travaille sur la notion de surveillance et l’utilisation des cybercams en art. Ces deux artistes ont un public et un intérêt, mais leur rayonnement ne sera pas le même. Cela dit, quand j’ai entre les mains un artiste ou un porte-parole avec une immense capacité d’attraction, je sais qu’en faisant une promo conséquente, je suis autant au service du public que du client.

Ajout : Internet à tout changé, mais le fait de réfléchir avant d’agir a toujours été de mise…

Où s’en vont les relationnistes?

Plutôt que de faire des rappels téléphoniques et de gérer des demandes du public et des médias pour entrer en relations publiques, certains se voient maintenant plus dans le rôle de gestionnaire de communautés. Pas la même chose du tout, du tout, me direz-vous? Je vous répondrai très différent oui, mais considérant l’état de la presse, j’aimerais savoir pour combien de temps encore et avec combien de journalistes les relationnistes traditionnalistes feront leur boulot. Il me semble que dans une équipe de communicateurs, nous sommes tous maintenant des gestionnaires de communautés, au sens où si nous pratiquons notre métier de façon proactive, nous animons la réflexion et la discussion sur les contenus de notre entreprise auprès des différents publics. Allez donc faire un tour sur le blogue Manager une communauté.

J’ai remercie Martin Aubut qui a publié ce lien sur Facebook 😉

Communicateurs et Web 2.0

Depuis 2007, quand une entreprise m’aborde pour un emploi ou un contrat c’est en général pour que je mette à jour ses communications externes. Avant cela, on m’engageait pour faire des relations médias et de la promo, en se disant que ça pourrait être utile d’avoir une communicatrice capable de proposer des outils 2.0 ou d’évaluer un plan de communication intégrant un volet web et des fonctions interactives. Mais souvent, une fois sur place, je devais commencer par faire prendre aux outils de communication en utilisation (communiqués, avis aux médias, courriels aux médias) un tournant rédactionnel web adapté aux nouvelles réalités tant à l’émission (moyens d’envoi, courriel etc.) qu’à la réception (lecture à l’écran ou sur un téléphone).

Le Web 2.0, les médias sociaux, ce sont des façons de faire soutenues par des outils Web. La palissade  me direz-vous? Peut-être pour mes copains de Yulblog et Yulbizz, mais pour le milieu des communicateurs, il reste souvent encore du chemin à faire. Alors, pour qu’un chargé de communication (coordonnateur de projet, directeur ou autre) puisse mettre en oeuvre des initiaves dans le domaine, il faut plus qu’une agence pour lui faire un plan. Il faut que le communicateur prenne le temps d’expérimenter avec les blogues (aller en lire et commenter est un bon début), Twitter, Facebook, Youtube et les autres. Je dis bien expérimenter, pas devenir un expert, car cela n’est pas nécessaire. Mais avec les cas que nous voyons, il est clair que les agences qui se disent capables de faire des stratégies 2.0 et tutti quanti sont parfois juste un peu plus avancées que le client qui les embauche pour être guidé.

Donc, pour comprendre la mécanique des stratégies web, pour savoir comment utiliser les médias sociaux et voir tout leur potentiel, il faut se créer un profil d’utilisateur, se trouver des contacts et jouer un peu avec les différentes fonctions de base – partager des liens ou des images, commenter, échanger etc.

De là, le communicateur ou maketeur peut au moins prétendre avoir une compréhension superficielle du phénomène. Sinon, tout lui passe sous le nez et il acquiesce pourvu qu’on lui mette les bon mots-clés en gras interactivité, forums, 2.0, 2.0, 2.0, médias sociaux, vidéo virale…

Expérimentez donc, à raison de 30 ou 40 minutes par jour et après deux semaines, vous saurez au moins ce que les utilisateurs font sur ces réseaux et là, une agence pourra vous expliquez comment atteindre vos objectifs grâce à ces outils.

Et, si vous considérez avoir autre chose à faire ou plein de bonnes raisons pour ne pas toucher à ça, alors, il est probable que vous ne soyez pas prêts à prendre le tournant.