Entrées de February 2004

20 February, 2004

Le rythme du voisin

Ce soir, je suis tranquille à la maison, parce que nous attendons de connaître la suite des événements : le frère de M. sera papa ce soir et nous sommes un peu nerveux. Mon voisin, qui n’a sûrement pas pris conscience que dans nos maisons mitoyennes, le bruit circule, fait jouer sa musique du vendredi soir à grand renfort. Comme je souhaite un peu de paix et qu’il est presque minuit, j’ai décider de lui donner une bonne leçon. Il aime le jazz et bien ce soir, il aura entendu des rythmes rap à pleine capacité avec le haut-parleur bien collée sur le mur indiscret. Un, deux, trois… Je compte jusqu’à dix pour qu’il saisisse bien que je fais ici une démontration des propriétés sonore de notre sacré mur mitoyen et je cesse le tout. Tiens donc, il a aussi baissé le volume. Demain, je lui ferai la démonstation des basses, parce que maintenant c’est tout ce que je capte au travers du mur !

8 February, 2004

Cachez ce sein !

Jeu de mots facile quand on pense au sein de Janet Jackson, dévoilé lors du Super Bowl. Lors de leur numéro, Justin Timberlake a tendu la main et selon ce que l’on a vu et revu, arraché un morceau de tissu du bustier de la dame et révélé un sein dont l’aréole était décoré d’un soleil d’étain ou d’argent. Bon, déjà là, pourquoi décorer son mamelon de si inconfortable façon sinon pour le montrer. Ça c’est l’anecdote.

Selon certains médias, il faut, à la suite de cet incident, convenir de ce qui peut ètre fait ou non devant un public familial. Ben, moi je vous arrète net sur ce sujet. Je suis choquée qu’un sein, décoré en plus, soulève toute cette discussion sur le sens de la famille à la télé. Parce que aussi longtemps que je serai capable de m’exprimer sur le sujet, je crierai s’il le faut, que je préfère que les enfants voient un sein plutôt qu’une arme ou pire un jeune soldat américain qui meurt dans un pays qu’il ne connait pas.

Ce qui est en cause c’est notre cirque médiatique : Janet veut de l’exposure, les téteux (mot bien choisi) veulent parler de morale et tout le monde se perd. Qu’est-ce qu’un sein symbolise ? Ça dépend de votre âge : si vous avez moins de cinq ans, c’est l’heure du goûter ou du calin et si vous ètes plus vieux ça peut vouloir dire bien des choses, mais rien de bien méchant j’en suis persuadée.

7 February, 2004

Radio Days

Un bon ami, AOD de son peudonyme, a comblé mon désir de voir et de revoir les oeuvres de Woody Allen, en déposant chez moi deux coffrets DVD dédiés au petit monsieur névrosé.

Je me suis donc replongée dans l’univers d’Allen avec délices. Lorsque qu’un autre ami, anglo dois-je le préciser, a interrompu mon visionnement de Radio Days, il s’est dit fort surpris de découvrir une francophone éprise de Woody. “Are you a bit neurotic or something…?”, a-t-il essayé de deviner. La névrose me lie peut-ètre un peu à ce cinéaste - pourquoi pas ? - mais je crois surtout que je me sens à la maison dans les familles juives turbulentes qu’il met en scène. Notre autre point commun serait assurément les tonnes d’anecdotes ou de potins qu’il collectionne et re-raconte au point de les transformer.

1 February, 2004

Cécilia

Ma famille paternelle est encore frappée, cette fois-ci par la mort de la soeur aînée de mon père, ma tante Cécilia. En septembre, Martine, la fille de Cécilia est décédée d’un cancer à 39 ans en laissant dernière elle une petite fille trop jeune pour comprendre ce qui se passait. C’était déjà assez triste comme cela. Quelques semaines avant la mort de sa fille, Cécilia avait appris qu’elle était aussi malade. Je suis peinée, surtout pour cette petite famille qui perd son pilier. Je suis rassurée de pouvoir dire que j’ai beaucoup de souvenirs de réveillons de Noël chez ma tante et de soupers communautaires bordéliques, mais heureux, avec toute la famille au chalet de ma grand-mère. J’y ai appris à faire des gnocchi, à boire du vin (mon grand-père nous faisait pratiquer dès l’âge de huit ans) et à faire fêtes dont je me souviendrai longtemps. Toutes ces funérailles me paraissent si tristes. Avec les années qui passent, je me dis parfois qu’il faudra un jour faire revivre cette époque par l’écrit ou l’image.

1 February, 2004

Récits mythiques de New York

Hier, j’ai réécouté Everyone Says I Love You de Woody Allen. J’ai toujours un plaisir fou à revoir ses films et à constater avec les années l’enchevêtrement des récits et les mythes fondateurs de l’oeuvre de ce cinéaste. Pensez seulement à ces histoires de cabinet de psychanalyste où, alors que le personnage expose ses pensées les plus secrètes, il est espionné. Cette anecdote est présente dans Everyone Says I Love You, mais était aussi le moteur de Another Woman. Dans chaque film, outre la quète première des personnages, on nous raconte à tambour battant, par un personnage narrateur ou dans une conversation entre personnages, une foule d’anecdotes urbaines. Hier, devant mon petit écran, j’ai rebaptiser Allen “Le plus grand conteur new-yorkais”. J’ai donc l’intention de revoir plusieurs Allen au cours des prochaines semaines.