Entrées de April 2005

30 April, 2005

Le dévoilement de la stratégie étudiante

Il y a un mois, je commentais le savoir-faire médiatique des associations étudiantes du Québec, qui menaient très habilement leurs communications dans le dossier de la réduction des fonds alloués au système de prêts et bourses. Maintenant que la poussière est retombée et que les étudiants ont repris le chemin des classes - les profs aussi, mais ça c’est une autre histoire - Marie-Andrée Chouinard, chargée de questions d’éducation au Devoir rencontre les représentants des associations étudiantes qui nous dévoile, qu’il y avait bel et bien stratégie dans leur utilisation des médias. Quant aux résultats de ce grand mouvement de foule, que la même journaliste commente dans un texte intitulé “Une victoire au goût amer”, il faut peut-être se concentrer plus sur la force de l’action que sur ses résulats concrets. Nous vivons dans un monde où même les salariés qui veulent se syndiquer se font écraser, alors il est plutôt rassurant de voir une jeune génération sortir en masse et prendre en considération les besoins de tous. Comme me le disait mon père, alors que j’étais adolescente et en rogne contre tout, “à ton âge, je serais plus inquiet si tu n’avais pas envie de tout changer et de te soulever contre l’autorité”.

16 April, 2005

Flagorneries au bureau

Dans quelques milieux de travail, la critique est mal vue, voire considérée comme de l’insubordination et ce, même si elle est constructive. On considère que la hiérarchie a toujours préséance et que la flatterie se fait de bas en haut. Téteux, me direz-vous sans porter plus attention, mais avez-vous déjà songé qu’une pareille complaisance pouvait avoir des conséquences négatives? Si votre patron prenait une mauvaise décision et que par flagornerie vous l’assuriez qu’il a toujours raison, ne seriez-vous pas un peu responsable de ses bévues? Par ailleurs, dans un article de l’Express on dit que les recruteurs commencent à se méfier de ceux qui sont toujours d’accord et qui en remettent :

Les spécialistes du recrutement préfèrent écarter ces profils. Leur flagornerie n’augure rien de rassurant pour la bonne marche de l’entreprise. Vincent Rouaix, le bouillonnant PDG d’Adelior, une société d’informatique de 600 personnes située à Boulogne (Hauts-de-Seine), ne les contredira pas. «En comité directeur, les flatteurs sont toujours d’accord avec vous, affirme-t-il. Mais vous ne savez pas si c’est sincère. Ils vous laisseront faire fausse route, plutôt que de vous contredire.» Et de conclure: «Ils représentent un risque managérial.»

Lire l’article au complet. Via Joboom.

15 April, 2005

Suite et fin du dossier Chiasson-Filion

Vous me voyez désolée de ce long congé, mais la vie exige parfois que je délaisse le clavier pour des activités extérieures… Cela dit, vous avez sûrement entendu ou lu un résumé du jugement du procès qui opposait Sophie Chiasson à Jeff Filion. Sophie a gagné et le message est devenu clair : si un animateur insulte quelqu’un ou s’acharne à diffamer une personnalité plus ou moins publique - Sophie sera peut-être une vedette, mais elle ne l’était pas avant - cette personne a la possibilité de défendre sa réputation et d’obtenir réparation.

Je vous offre donc le commentaire qu’un ami de Québec a fait sur ce sujet :

Retour sur le dossier CHOI-CHIASSON: Radio-Canada, TVA et Quebecor vivent un orgasme perpétuel depuis la décision du juge Alain qui a condamné GENEX à verser un dédommagement de 340,000 dollars à Sophie Chiasson. Ça trippe assez fort dans les médias depuis la déconfiture de CHOI - ne leur demandez pas de commenter ou analyser froidement un tel évènement que les adversaires politiques et médiatiques de CHOI ont probablement célébré au champagne! - comme s’il n’y avait rien d’autre à couvrir dans les médias par les temps qui courent (Commission Gomery, scandale politico-financier). Ma blonde a lancé une expression terrible sur le phénomène: LA RADIO RÉALITÉ. Les journalistes et les médias ne parlent que d’eux-mêmes et réussissent à faire croire au bon peuple que c’est ça, l’actualité.

Un bien petit monde, celui des médias. Ennuyant, incestueux et égocentrique.

Merci à M. Brindamour…

5 April, 2005

Regrets libéraux et cynisme ambiant

Faut-il qu’il m’en souvienne, disait le poète, « je me souviens », répond un Québec endeuillé. Mais de quoi, ma foi! Il fut un temps où le Parti Libéral rimait avec libération et un certain Jean Lesage avec la fin de la grande noirceur. Je vous parle d’un temps que les moins de cinquante ans ne peuvent pas connaître. Je le connais donc par son histoire et je ne peux que me demander qu’avons-nous fait ?

Vous souvenez-vous de cette Révolution tranquille menée sous les auspices du libéral Jean Lesage, alors appuyé par un jeune ministre réformiste, René Lévesque ? Et la Commission Parent, grâce à laquelle le système d’éducation actuel s’est dessiné, avec sa presque gratuité et ses ambitions de faire du Québec un lieu ou tous aurait suffisamment d’études pour assurer leur subsistance et collaborer à la société ? C’était la belle époque des Libéraux. C’est aussi sous le règne du Parti Libéral que le Québec s’est doté de mesures sociales, de lois du travail et de grandes sociétés d’état qui nous permettait d’être « maîtres chez nous ».

On ne peut gérer efficacement qu’en connaissant la mission d’une entité et en considérant son passé, son présent et en ayant une vision claire de son avenir. Dans ce contexte, si l’on renie tout ce que l’on a été et qu’on fait fi de ce que l’on essaye d’être, on rate la cible et c’est la faillite à court terme.

Nous vivons une ère triste, où le chacun pour soi, le « mon c.v. et ma carrière » tuent toute passion. On entre en politique pour les « plogues », on utilise son entreprise pour satisfaire ses propres besoins, sans égard dans les deux cas à la mission de l’un ou de l’autre. Et ceux qui souhaitent un peu d’idéal dans tout cela, portent à rire