Vendredi dernier, parmi les newletters et courriels amicaux, voilà que je reçois une missive d’un professeur des HEC, Laurent Lapierre, avec qui j’ai étudié le management. Le sujet dudit courriel, adressé à ses anciens étudiants, était Ne pas avoir de -isme. De quoi intriguer me direz-vous. À titre de mise en contexte, Laurent Lapierre écrivait : «Voilà qui nous changera de tous les ismes qui polluent la gestion comme connaissance et comme action. Cognitivisme, économisme, psychologisme, sociologisme, managérialisme, stratégisme, intégrismes et autres intellectualismes du même genre, toutes perversions, à mettre vite à la poubelle, dun véritable travail intellectuel sur laction.» Cela promettait. Je vous offre donc un extrait du texte attaché à ce courriel.
«Ne pas avoir de isme, cest se rapprocher davantage de la vérité, parce que plutôt que de la chercher en se fiant aux panneaux indicateurs des routes sinueuses tracées par les autres, mieux vaut chercher soi-même; et aussi parce que personne na vraiment pu trouver cette vérité dure comme le fer, alors à quoi bon déployer de vains efforts pour suivre encore à la traîne? Et encore plus parce que chacun peut dire quil détient la vérité : celle-ci est manifestement multiforme et, en fin de compte, laquelle est la plus vraie? Encore une question quil vaut mieux élucider par soi-même.»
Extraits de la préface de Le Témoignage de la littérature, par Gao Xingjian, Traduit du chinois par Noël et Liliane Dutrait
Pour moi, qui déteste les recettes et le préfabriqué, ce texte a été éclairant et rassurant…
Si vous voulez en savoir plus sur Laurent Lapierre.