Entrées de December 2004

25 December, 2004

La sacrée dinde

Depuis plus de cent ans, que la dinde trône au centre de nos tables à Noël. La tradition vient d’Angleterre et elle a mis un certain temps à supplanter celle du cochon qui a longtemps été l’unique sacrifié de cette fête. À Ottawa, j’ai remarqué que les quelques boulangeries et épiceries fines que j’ai visité offraient toujours le petit cochon fait de pâte d’amandes ou de brioche pour rappeler cette vieille tradition. Cela dit, cette année, tous s’y sont mis pour nous proposer de nouvelles façons d’apprêter la dinde. Saumurée, fumée, cuite à grande friture, nous sommes loin de la Butterball qui faisait rage dans mon enfance. Autres temps, autres moeurs, la “boule de beurre”, dont la marque enregistrée a plus de quarante ans, n’est plus au goût du jour. Je me rappelle pourtant, petite fille, avoir conseillé à ma mère d’acheter cette dinde, qui comme le disait la publicité, s’arrosait toute seule et suait littéralement le beurre.

25 December, 2004

Aventures en Ontario

Avant même d’avoir posé nos bagages, nous nous réjouissions à l’idée qu’à Ottawa les LCBO (équivalents ontariens de nos SAQ) ne faisaient pas la grève. Nous nous sommes donc rendus à une succursale dès que possible. Je me suis mise à inspecter les rayons, ravie de constater que la sélection ontarienne différait grandement de celle offerte au Québec. Beaucoup de vins italiens, américains, canadiens et chiliens. Pendant que je considérais le tout, Mikel cherchait un vendeur pour qu’enfin on lui indique où trouver les vins français. Mon petit panier au bras, je le suis donc jusqu’à l’étalage recherché. Mon anglo balaie des yeux le dit rayon et se met à vociférer en français, voire en québécois… “C’est ça qu’ils appellent des vins français! Deux trucs pas d’allure et un Mouton-Cadet!”, s’exclame-t-il. Par la suite, partout où nous sommes allés, Mikel a voulu partager cette expérience révoltante avec ses amis et sa famille. Malheureusement, personne ne semblait horrifié. C’est qu’au fil des ans, malgré l’accent du Lycée français, il est devenu un vrai montréalais, le Mikel…

23 December, 2004

NOEL !!!

ET OUI, ENCORE UN AUTRE TEMPS DES FETES… JE VOUS DONC OFFRE MES SOUHAITS DE BONHEUR EN CETTE JOYEUSES PERIODE !

SI SEULEMENT JE TROUVE UN CLAVIER EN FRANCAIS, JE POURRAI ALORS ECRIRE PLUS LONGUEMENT ET AVEC ACCENTS…

19 December, 2004

Ce qui me passe par la tête…

À droite, vous trouvez sur ce site quelques photos tirées de ma page sur “Flickr”, j’y ai ajouté quelques peintures que j’ai fait récemment et j’en ajouterai d’autres prochainement.

17 December, 2004

Un sondage BBM décisif : Robert Gillet congédié

Hier, les médias nous révélaient les résultats des sondages BBM pour l’automne 2004. À Québec le suspens était grand, puisque depuis le retour de Robert Gillet en ondes et la quasi fermeture de CHOI, fief de Jeff Filion, les spéculations allaient bon train. Gillet réussirait-il à surmonter la hargne des gens de Québec, pourrait-il reconquérir le public qui quelques mois plus tôt l’adulait? Les résultats connus, nous avons constaté que Gillet n’a pas fait de miracles et que Filion triomphe. S’il est vrai que les résultats de l’émission du matin sont satisfaisants, le retrait des annonceurs effrayés par l’histoire de prostitution juvénile et le salaire payé à l’animateur ont sûrement motivé la récente décision de congédier Gillet.

16 December, 2004

Une source d’info très intéressante

Si vous voulez en savoir plus la situation de la radio à Québec, lire quelques commentaires ou entendre des extraits des moments les plus chauds, il faut consulter Radioréveil. Écoutez l’entrevue entre André Arthur et Martin Everell de TVA. Arthur garde son vouvoiement tout au long de l’entrevue, alors que Evrell monte le ton et hurle des tu et des toé à la tête de l’animateur. Le tout ressemble à un match de boxe entre un pugiliste poids lourd et un petit moustique tapageur. Le moustique tapoche, tapoche sans marquer de points alors que le vieux poids lourd assomme de deux ou trois coups. Everell conclut en envoyant chier Arthur, puis en lui demandant de le critiquer sans utiliser le mot “crosseur”. Arthur lui demande de l’envoyer chier encore, ce qu’il fait quelques fois. Du grand guigol. Cela dit, on constate qu’il n’est pas facile de “spinner” avec Arthur, il questionne comme un avocat et n’accepte aucune réponse à côté de la question.

6 December, 2004

6 décembre 1989

Quinze années depuis la tuerie de Polytechnique… Tout juste le temps de commencer à saisir la portée historique de cet événement. Marc Lépine en avait assez des féministes, qu’il accusait de lui avoir volé ses rêves de carrière. Une assertion choquante, de la part d’un décrocheur qui aurait souhaité que les femmes s’éclipsent pour lui faire place. Néanmoins, dans les jours qui ont suivi la tragédie, certains médias ont demandé si le féminisme n’était pas allé trop loin.

Ce matin, en écoutant à la radio ce que femmes et hommes essayaient de dégager de cet événement, j’ai soudain compris qu’en 1989, le féminisme québécois en était tout juste à ses débuts. Il faut dire que j’étais alors une jeune étudiante pour qui plus d’une décennie semblait une éternité. Au Québec, le Conseil du statut de la femme existait depuis 1973 et les premières maisons d’édition ou centres de production cinématographique destinées à l’expression féminine avaient été fondés dans les années suivantes. Quelques jalons de l’émancipation des femmes avaient été posés un peu plus tôt dans les années soixante avec, entre autres, la fondation de la Fédération des femmes du Québec, créée pour souligner le 25e anniversaire du droit de vote des femmes.

En 1989, le mouvement des femmes au Québec avait 15 ans. Quinze petites années, insérées au travers de 400 ans d’histoire québécoise et de deux millénaires d’histoire chrétienne. Déjà pourtant, les pionnières qui avaient ouvert aux femmes le chemin des universités et des professions « non traditionnelles » à grand renfort de batailles juridiques étaient oubliées par les étudiantes mêmes qui bénéficiaient de ces efforts.

3 December, 2004

Correspondances

Cette semaine, alors que je lisais d’une part Taximan de Stanley Péan et d’autre part quelques réflexions philosophiques, je me suis trouvée la proie d’un chauffeur de taxi qui en avait contre toutes les religions. Ce matin-là, je me préparais à exposer mon âme la journée durant. Tout d’abord à une critique de mes peintures, puis dans une séance de psychothérapie, résurgence de stress post-traumatique oblige. Le chauffeur s’y connaissait assez bien en textes bibliques et pouvait répondre par des citations assez précises sur n’importe quel sujet. Pour ma part, j’argumentais mollement par politesse, ce que je fais parfois avec des étrangers. Les discussions bibliques, je connais. J’ai connu le «Sunday School» complété par les lectures de groupes de l’église baptiste de ma grand-mère maternelle et les messes cathos suivies d’un sunday au caramel de ma grand-mère paternelle. Or, pour meubler la conversation, je plaçais ça et là ce qui me revient des principaux conciles œcuméniques – une lecture d’il y a quelques années. Plus l’homme me parlait des vraies valeurs de la Bible, de ces textes travestis depuis le début de l’ère chrétienne, plus ressortaient pour moi les points de jonction de la philo et la religion. Pouvant être tous deux perçus comme codes moraux, la philo est parole humaine et souligne la responsabilité de chacun, alors que religion se veut parole d’un dieu qui nous surveille. La morale ou le code de conduite est présentée bien souvent comme la recette pour une vie simple et heureuse. Ce qui explique le lot de petites «philosophies» à cinq sous qui garnissent les rayons des librairies. Chaque présentoir y va d’un marketing qui se résume à peu près à cela : «Fais-toi z’en pas, pense pas, lis mon livre, pis dans une centaine de petites pages écrites ben gros, t’auras trouver la recette de ton bonheur… Y’a même un résumé détachable des cinq ingrédients, tu le mettras dans ton portefeuille!».

Au moment d’écrire ces lignes, je me penche sur la chronique de Michel Vézina dans le ICI, qui mettait en lien deux conversations entendues sur les ondes de Radio-Canada qui référait à la morale et la philosophie. Dans un cas, Raymond Paquin, ex-gérant de Dédé Fortin, dénigrait la philosophie, l’accusant même de causer des états dépressifs. Cela faisait suite à sa chronique de la semaine dernière où il s’élevait contre le récit misérabiliste publié par Raymond Paquin pour recréer la vie du défunt artiste. Devrait-on bannir les textes déprimants? Je serais plus inquiète pour ceux qui, toujours en quête et jamais en réflexion, sont prêts à adhérer à la première idéologie qui leur sera présentée avec les mots qu’ils veulent entendre. On ne réfléchit pas, on ne se construit pas un univers à soi, on veut un mode d’emploi et surtout ne jamais avoir à prendre de décision. Je termine donc ici avec un peu d’humanisme (traduit en français presque contemporain par mes bons effets) tel qu’on le trouve chez Rabelais dans Gargantua : «Fais ce que voudras, parce que les gens libres, bien nés, bien instruits, conversants en compagnie honnête ont par nature un instinct et aguillon qui toujours les pousse à faire vertueux et sans vice, qu’ils nomment honneur».