Entrées de August 2007

31 August, 2007

Pourquoi bloguer dans un contexte d’affaires

M-C est une artiste qui en plus de connaître les nouvelles technolgies a un pif incroyable pour le marketing et les nouvelles tendances. C’est que pour partir à la chasse aux nouvelles tendances, il faut faire abstraction de nos idées reçues et accepter ce qui semble parfois surprenant, voire farfelu. C’est pourquoi les artistes jouent bien à ce jeu. Mais je me perds. Tout cela pour vous dire, que M-C m’a posé quelques questions il y a peut-être deux mois pour ce que je croyais être un article et qui s’avère en fait être sa contribution à un livre préfacé par Jacques Nantel de HEC. Tiens, cela me rappelle que je devrais plus attention à ce que je blogue…

Pour en savoir plus, par ici. Merci M-C!

30 August, 2007

À la claire fontaine

Il s’en passe des choses autour d’une fontaine et le malheur, c’est que de mon bureau je vois tout et ma nature « procrastinatrice » m’incite à laisser toutes les choses sérieuses qui occupent ma journée (chut!) pour vous raconter ce que j’y vois. Bon, y paraît que certains ont bâti des empires, d’autres des carrières à dire des niaiseries. Je tiens peut-être un filon.

Or donc, à la fontaine aujourd’hui deux jeunes hommes s’arrêtent pour s’abreuver un peu. Un des deux a une carrure à faire peur, soufflée à l’excès – pourquoi j’épie la scène, allez donc savoir – et une coupe de cheveux d’un ridicule consommé. Quand le soufflé se penche à l’abreuvoir, je recule d’un pas et je hausse un sourcil. Tutt, tutt, tutt, que vois-je? Je me tourne vers M. et lui demande : l’équivalent d’une push-up bra pour l’appareil masculin, ça existe-tu?

29 August, 2007

De l’’utilisation du mot pute ou pourquoi je n’’ai pas été cool très longtemps

Nicolas Langelier a lancé un petit pavé dans la marre – - pour une fois qu’’on débat de quelque chose qui m’’intéresse je ne m’’en plaindrai pas - avec son article De l’’utilisation du mot pute par la jeune femme moderne. Je le dis sans ambages, j’’aime bien Nicolas Langelier, je lui trouve même un petit côté Alain de Botton. Dans cet article, Langelier expose différents points de vue sur la question. Or, en ce moment, c’’est une de ses interviewées, Catherine, qui mange la mornifle parce que, révèle-t-elle, elle appelle sa soeœur et ses amies « Pute » et fait référence aux critiques de Sophie Durocher sur Omnikrom. Sophie, pas plus folle qu’’une autre n’’a pas aimé être ainsi prise à partie.

Tout cela me fait un peu rire. Quand j’’avais 16 ou 17 ans, vous savez comme on est pas sérieux à cet âge, mes amies et moi nous interpellions par de retentissants « Salut salope ». Pourquoi? Qu’’est-ce que j’’en sais? En tout cas à cette époque, ce n’’était certainement pas les rappeurs qui nous influençaient. Nous avions aussi la LNH, pour la Ligue des nymphomanes hallucinées, dont les destinées étaient brillamment dirigées par une copine que nous avions élégamment baptisée la « Grande Sale ». Ce sobriquet, nous l’’avions volé à Colette dans la série des Claudine. Faut croire que toutes les filles font à un certain âge ce genre de niaiseries. Dois-je ajouter que nous fréquentions une école privée catholique, de quoi donner envie de sacrer.

Toutefois, nous étions encore plus vilaines que Catherine, parce que ceux qui questionnaient notre vulgarité se faisaient traiter de péquenots et de coincés, mais en des mots plus impolis. J’’ai été élevée à la basse-ville de Québec, alors j’’ai vite appris à élever le maniement du blasphème et des insultes au rang d’art. Nous avions aussi un club pour cela. J’’imagine que nous avions besoin de briser des tabous et surtout de rejeter en bloc tous les préjugés et les peurs ontologiques dont on nous avait pétries.

Très vite dans la vingtaine, plusieurs expériences de violence, de dénigrement, où ces mots étaient utilisés comme autant de stigmates du mépris, m’’ont fait revoir ma position sur le sujet. J’’ai ensuite travaillé dans des organismes féministes et en sortant de mon milieu protégé et du cercle de mes amis masculins « cools » qui ne me traitaient pas en pute ou en salope le changement s’’est opéré. Pour comprendre le sens d’’une insulte, il faut l’’entendre sous le ton de la menace.

Aujourd’’hui je ne suis plus capable de crier « salope » ou « pute » à mes amies et je le regrette presque. Quand tu as vu la violence, les bleus et la peur, c’’est la fin d’’une certaine légèreté. Comme Fabbie (voir l’’article) je ne crois pas à l’’appropriation des insultes. Et, n’’allez pas m’’appeler « pute », « pétasse » ou quoi que ce soit de ce genre, car je vous ferai ravaler vos paroles avec toute la verve d’une fille élevée dans une banlieue ouvrière.

Mais à mon âge, on s’’en fout pas mal d’’être cool ou pas. Le jour où je serai vraiment vieille, je vais tous vous faire la morale parce que j’’aurai oublié la LNH et ma jeunesse à moi. Et même si j’’avais une fille, je n’’aurais pas le cœoeur de lui briser le caractère en lui révélant la laideur que cachent certains mots quand des putains de connards s’’en servent.

Ça ne veut pas dire que je ne m’’exprime pas. Quand une fille me demande mon opinion sur le sujet, je la lui donne sans la juger. Je vois ça comme offrir un raccourci à un automobiliste.

Pis Omnikrom dans tout cela? Moi, j’’aime bien, pas tout, comme pour n’’importe quel groupe. Après tout, je les trouve moins révoltants que Gabriel Matzneff. Mais même à ce vieux pédo, caché sous des allures littéraires, je ne dirais pas de se taire.

Pis pour les filles de l’’article, bien on a toujours bien le droit de vivres ses expériences. Y paraît que c’est ça être jeune.

29 August, 2007

On ne rajeunit pas en effet…

Si c’’est la rentrée culturelle pour moi, c’est la rentrée scolaire pour les enfants et leurs parents. Les enfants prennent la chose plutôt bien, d’’abord parce que les piscines sont maintenant fermées le jour et qu’’ils ne savent pas encore qu’’avec chaque année qui passe, le temps semble filer toujours plus vite. Vous rappelez-vous seulement de ces étés qui semblaient aussi longs que toute l’’année scolaire?

J’ai donc lu ce texte avec le sourire et un léger pincement au cœoeur.

28 August, 2007

Conversation au coin du feu

À une heure indue (mon heure préférée), toujours une bière ou quelque chose du genre à la main depuis trop longtemps déjà, PJ décide de me parler de l’’éducation en franglais. En fait, nos conversations n’’avaient rien de bien sérieux, aux heures indues, on fait ce qu’’on peut.

PJ : Eille, si j’’avais des flots, je leur trouverais une nanny, tsé super lettrée qui leur enseignerait entre autres le Mandarin. Ouin, le français, l’’anglais et le Mandarin!
Moi : Come on man, ça suffit le fantasme de la nanny avec des lunettes, genre libraire cochonne qui lit Kierkegaard!
PJ : Heille, tu lis dans mes pensées!
Moi : C’’était vraiment trop facile, shit, toutes les conversations en reviennent toujours là!
PJ souriant : Comme si vous avez pas aussi vos classiques…
Moi : Quoi? Les libraires à lunettes? Pantoute!
PJ : « Nah, on vous connaît nous autres aussi… Tsé les filles, c’’est les libraires à lunettes, mais avec des sleeves de tatoos! »
Moi : …

Tandis que A. acquiesçait les yeux rêveurs, je me la suis fermée, mijotant ma prochaine conversation sur le sujet avec Gros coquin.

27 August, 2007

La sagesse de Yoko Ono

Dand un effort de zénitude, j’ai ouvert au hasard le livre Grapefruit, A Book of Instructions and Drawings by Yoko Ono et voici ce que j’ai trouvé :


People went on cutting the parts they do not like of me finally there was only the stone remained of me that was in me but they were still not satisfied and wanted to know what it’s like in the stone. Y.O.

P.S. If the butterflies in your stomach die, send yellow death announcements to your friends.

Written for the production of “STONE” at Judson Church Gallery, New York, March 1966.

24 August, 2007

Au commencement était le jeu…

Vous rappelez-vous votre petite enfance, les gars se battaient entre eux, les filles jouaient à des trucs moins violents. Y’’a des exceptions, puisque moi-même j’avais un lance-pierre avec lequel je tirais des pommettes sur les passants, mais soit. Remarquez que je vous lance encore des affaires, mais sur mon blogue. Cela dit, ça ne m’’empêchait pas d’’être surprise quand un gars de l’’école me manifestait son attrait en me poussant ou en me disant, « donne-moi un bec, t’’es même pas game, chu sûr ». Un ami me racontait comment il essayait toujours d’’engager un tournoi de lutte avec la petite fille qu’’il aimait et comment elle lui répondait en lui jetant des pierres. Pas besoin d’une formation en psychanalyse pour voir les correspondances.

Aujourd’’hui, de mon bureau, d’’où je vois le parc en face, j’’ai observé cette scène qui en dit long sur les jeux de séduction. Deux garçons, peut-être 10 ou 11 ans, une fille du même âge se chamaillent pour boire à la fontaine. Les garçons sont un peu plus petits qu’elle, ont encore l’air de petits angelots. Elle porte une minijupe, un petit haut sexy et des accessoires de jeune fille. Tandis que les garçons boivent, elle les taquine de sa voix flûtée. Les garçons répondent en l’’aspergeant d’eau – faut croire que les concours de gilets mouillés sont inscrits dans les gènes – et en criant très fort. Les garçons se chamaillent entre eux, s’empoignent sous le regard amusé de la fille. Puis, lorsqu’elle s’’approche pour boire, un des gars accourre et esquisse le geste d’’une bonne tape au derrière. Elle crie, tient sa jupe qui remonte quand elle boit, mais elle reste là. Paf! le plus angélique des deux gamins lui fout une main sous la jupe. Elle sautille en arrière, rit un peu et recommence à boire. Les deux jeunes hommes en formation rient nerveusement : ils ont réussi mais ils ne savent pas trop que faire après.

23 August, 2007

Mon nouveau bureau…

Mon nouveau bureau…

Originally uploaded by Nadia 07.

Bordélique à souhait, alliant atelier et espace de travail… C’est la première fois depuis des années que j’ai un bureau à moi.

23 August, 2007

Le passé dévoilé : Ellis Island

Hou! À ma grande surprise, tandis que je googlais Golaneck pour voir comme ça, je tombe sur de nouveaux résultats. En naviguant du côté d’Ellis Island je rencontre la fiche d’embarquement d’une famille nommée Golaneck, mais qui à ma connaissance n’est pas reliée à la mienne. Puis, je tombe sur la fiche d’embarquement de mon grand-père Seraiocco, inscrit sous un de ses prénoms, Federico. Là, j’étais certaine qu’il s’agissait bien de lui, puisque les détails coïncidaient. Allez-y faire un tour c’est fascinant.

Je dois dire que les Seraiocco sont très fiers de leur héritage. Mon papy a joué au bocce – j’ai un set ici et j’attends mes leçons -, n’aime que les mets italiens et son frère ressemble à Paul Sorvino. Comme mon grand-père a vécu longtemps, il nous a transmis son histoire, ses photos de familles, les lettres de son père et chez lui, tous les dimanches, nous rencontrions ses amis Italiens, dont les fils sont les amis de mon père. La langue s’est perdue, que voulez-vous à Québec la communauté italienne était réduite et les enfants allaient à l’école catholique anglaise.

Du côté maternel, c’est un peu moins clair. Petite, je savais que mon grand-père connaissait le yiddish et l’hébreu, mais comme il baragouinait plusieurs langues, j’ai mis un bout à comprendre que sa mère était juive et son père à moitié. Puis, à Paris au Musée d’histoire et d’art juif, dans la salle consacrée à l’Ukraine, j’ai vu sur les murs des photos de famille semblables à celles de la famille disparue de mon grand-père. Là, tout d’un coup, ça mettait les choses en perspective : nous faisions partie de quelque chose de plus grand. Comme mon grand-père avait changé son prénom pour un nom francophone et qu’il était assez opposé à ce que ses enfants portent ce qu’il appelait « les vieux prénoms de la bible », j’imagine qu’il voulait se fondre le plus possible dans la masse. Tiens à ce propos, un article éclairant.

Au cours des dernières années, j’ai trouvé des sites liés à l’Holocaust qui recensaient les noms des familles d’Europe de l’est. Comme de raison, Golaneck s’y trouve.

23 August, 2007

Un nouveau genre : la santé-fiction

Continuons donc dans la veine de la transmission des savoirs…

À ma grande surprise, lors d’’un banal examen, le médecin m’a dit que je faisais de l’’hypotension. J’’ai la pression basse si vous préférez. Moi qui passe mon temps à « googler » des petits malaises pour les relier à quelque grave maladie, j’’ai été très surprise. En bonne hypocondriaque, je me suis dit que cela me donnait au moins une raison valable de discuter de mes malaises et d’’en suivre l’’évolution.

En fait, je connais bien ce problème, puisque plus jeune j’’ai presque toujours eu une pression sanguine un peu sous la normale. Or, à la moindre émotion, j’’étais littéralement pâmée. Ça faisait bien rire mes copines qui ont souvent eu à me mettre les pieds sur un coussin tout en me faisant boire du thé. En ce qui a trait au « dating », ma vie sentimentale prenait des airs de drame littéraire, car au premier rendez-vous j’’étais presque toujours mal en point, nauséeuse et à deux doigts de l’’évanouissement. Je vous jure qu’’il en fallait de la patience pour avoir envie de me revoir. Et de même, je vivais des peines d’amour spectaculaires qui se manifestaient par des insomnies et une incapacité à garder quoi que ce soit dans mon estomac. Le chic, du chic. Un ami d’’université, poète de son état, me disait souvent qu’’avec mon sens du dramatique et mes talents de conteuse, je ferais une bonne écrivaine. Ouais.

L’’hypocondrie, comme je le disais à un virtuel compagnon de misère, c’’est de la santé-fiction. On se raconte des histoires, on s’’imagine à l’’article de la mort, on se met en scène et ça nous distrait de ce qui nous fout vraiment la nausée.

22 August, 2007

Sexe, sexe, sexe et quoi encore?

En lisant Cécile hier, puis en lui répondant, j’’ai eu envie de vous faire part de quelques conversations sur les rapports homme-femme. Depuis quelques semaines, je mijote une nouvelle avenue de réflexion. Cela a commencé de façon banale, lors d’’une conversation sur le féminisme avec ma voisine C. Elle me faisait remarquer, comme ça, en passant que l’’image romantique et pâmée de la femme, pauvre créature sans défense était née sous la plume des hommes. Pendant qu’’ils écrivaient des romans, on peut imaginer que la femme de leur vie brassait la soupe et mouchait les enfants. Humm… On pourrait disserter des heures sur la question, mais quand Flaubert a dit « madame de Bovary c’’est moi », il fallait aussi comprendre qu’’on a beau usurper l’’identité de nos personnages, il n’’en demeure pas moins que nous nous projetons dans chacun d’eux. Or, si j’’aimais les syllogismes, je vous dirais que les hommes sont les grands romantiques.

Un de mes bons amis, appelons-le ici « Gros coquin » il se reconnaîtra, avec qui j’’ai des conversations animées sur les rapports amoureux et le sexe chaque fois que nous nous rencontrons –- n’’allez pas vous faire des idées, ça fait sept ans que nous démêlons cet écheveau au grand jour -– a finalement admis l’’inadmissible. Lui, qui me raconte ses aventures sexuelles sans ménager les détails, m’’a avoué qu’’au fond, il pourrait tout abdiquer pour une femme qui le « voit » vraiment, l’’aime malgré tout et le désir avec élan. Et je sais qu’’il dit vrai. N’’est-ce pas ce dont les grands récits romantiques sont faits? De cet intangible sentiment qui ne se met pas sous contrat, ne se rattache pas à une hypothèque et ne tient pas compte de ce qui est socialement acceptable? Okay, ça ne met pas de pain sur la table, mais ça c’’est la femme qui le dit. Ce qui me frappe toujours entre le discours masculin et féminin, c’’est que mes amies de filles me parlent d’’engagement, de compatibilité et mes amis de gars me parlent de sexe (de sexe, de sexe, de sexe) et de tendresse… Pis parfois, ils parlent d’amour (deux minutes en regardant la table) et des bébés qu’’ils auront un jour et comment ce sera une expérience troublante. Pour entendre ça, il suffit juste de passer par-dessus 12 minutes de bravades, de plaisanteries grivoises et d’’arriver au troisième verre.

Hommes, femmes, nous utilisons les mêmes mots, mais derrière chacun se dissimulent des peurs, des insécurités qui façonnent nos rapports avec l’’Autre. Et, là je ne me suis même pas embarquée à discuter des codes de séduction et des masques que chacun porte pour « plaire ». Je vous épargne aussi pour le moment le bout où je vous explique que les filles doivent choisir entre en avoir ou pas avant 45 ans et même plus tôt et que notre cote de séduction se met à descendre en flèche à un certain âge. Ça nous rend peut-être plus pragmatiques…

20 August, 2007

19, avenue Sainte-Geneviève, Québec

19, avenue Sainte-Geneviève, Québec

Originally uploaded by Nadia 07.
J’ai mal à y croire, mais depuis que j’ai quitté la maison familiale, cet appartement est le seul que j’ai occupé plus de deux années consécutives… Soit de 1996 à 1999. De plus, j’avais commencé à fréquenter la maison en 1995 avant d’y emménager.