Entrées de October 2007

30 October, 2007

La pantalonnade se continue

J’écoute peu la télé et quand je l’écoute, c’est souvent pour me gaver d’actualités - souvent plus impertinentes les unes que les autres - à une chaîne comme RDI ou LCN. Mes récents déboires en matière de santé m’ont permis de mettre à jour de ce côté. Je peux donc suivre la caravane Bouchard-Taylor et la voir arrêter son cirque dans tout ce qu’il y a de villes et villages au Québec pour donner la parole à de grands génies, qui heureusement pour nous n’avaient rien d’autres à faire ce jour-là que de présenter un mémoire constitué de faits approximatifs et biaisés sur les communautés culturelles. De toute beauté! En fait, la plupart du temps, nos grands savants nous parlent des juifs orthodoxes et des musulmans. Des communautés, qui je parierais ma main droite, ils n’ont jamais côtoyé…

Or, quand je regarde cette sublime pantalonnade, remplie de déclarations grandiloquentes et de sorties vaudevillesques - outre le fait que j’aime avoir l’occasion d’utiliser pareils mots - je pense aussi à l’argent qu’on a investi dans ce truc et je me demande quel genre de rapport sortira de là. Quand on parle d’argent et de fonds publics, je ne manque jamais d’idée pour dépenser. Voici donc mon projet, un de ces projets qui réduira à néant le rapport de la commission Bouchard-Taylor.

On se trouve une caméra, rien de compliqué un truc à la main – puisque de nos jours dire à l’épaule serait une grande exagération – et on se fait inviter chaque semaine à souper par une famille « dite des communautés culturelles » du quartier ou des environs. Ce sera un jour chez des juifs orthodoxes, un jours chez des musulmans, un autre chez des libanais catholiques, puis on continuera avec des familles grecque, vietnamienne, chilienne, jamaïcaine, haïtienne, indienne et plus encore. À Montréal, on ne manquera pas de sujets, je vous le promets.

Au bout du projet, on aura plein de nouveaux amis, on aura appris les recettes familiales secrètes de plein de nouveaux plats et on aura prouvé que toutes les familles du monde, une fois à table, se ressemblent un peu. Avec de la chance on aura bien bu et bien mangé et appris quelques plaisanteries douteuses dans leurs langues d’origines. Pis, vous savez quoi, ça coûtera pas grand chose et ça fermera le clapet des génies de la Commission.

Qui a le goût de créer avec moi la Caravane des soupers en famille?

28 October, 2007

Attention non désirée et déraisonnable

Je considère qu’on parle trop du voile des musulmanes. Voteront-elles voilées ou pas? En ce moment, si l’on se fie à l’accent que les médias et le gouvernement mettent sur la question on s’attendrait à ce qu’un pourcentage élevé de femmes soit touché. Comme ce n’est pas le cas, on donne une importance suspecte à une question qui peut très bien se régler entre les personnes. Je dis bien suspecte, car l’effet de cette surenchère jusqu’à présent est de nous braquer contre les musulmans et la foi islamique. Et, déjà que cette religion n’a pas toujours la cote…

J’habite à Montréal depuis 1999, je croise des femmes qui portent le foulard tous les jours et je n’ai vu des femmes le visage voilé peut-être que deux ou trois fois. La dernière fois, c’était en juillet dans la file d’une caisse au Ikea. La femme était mère d’un jeune enfant et elle a partagé un paquet de biscuits avec une autre mère (qu’elle ne connaissait pas) et dont l’enfant s’impatientait. Or, si son visage voilé m’a surprise, après quelques minutes, je n’y pensais plus.

Si nous tâchons de voir vraiment clair, plutôt que de nous dissimuler derrière quelque accommodement aussi raisonnable soit-il, le voile facial, au-delà de considérations féministes ou laïcisantes, heurte nos codes sociaux occidentaux. Je parle de ces codes que les anthropologues comme E.T. Hall ont étudiés et qui régissent nos échanges avec les autres : serrer la main, respecter la « bulle » de l’autre, être propre etc. Selon nos codes occidentaux, garder son visage caché peut être perçu comme une menace. Je suis toujours étonnée de voir comment on contourne la question lorsqu’on discute de ce sujet. Comme femme, je ne comprends pas le port du voile, mais je ne prétends pas comprendre la foi musulmane or ma compréhension de cette pratique se situe à un niveau social.

Quant au vote des femmes voilées, s’il faut qu’elles se découvrent le visage, une femme de la table de votation les identifiera dans un lieu privé et ensuite on procède. Avec le nombre ridiculement peu élevé de femmes qui se prévaudront de ce droit, je suis prête à gager que cela ne causera pas d’attente dans les pôles de votation…

Alors pourquoi donc en parle-t-on sur tous les tons?

27 October, 2007

“What we need” à faire circuler…

What we need (copy this and spread it around)
Mise en ligne par m-c

Nous savons que les arts et les sciences peuvent être des alliés. Nous avons besoin de plus de femmes en politique. Nous avons besoin d’une religion qui inclut la nature et ne craint pas la science; de leaders économiques qui connaissent et acceptent les limites écologiques et spirituelles; de leaders politiques qui ont travaillé dans les écoles, les usines, les fermes et qui ont toujours envie d’écrire des poèmes. Nous avons besoin d’intellectuels et d’universitaires qui ont étudié l’histoire et l’écologie et qui aiment danser et cuisiner. Nous avons besoin de poètes et d’auteurs qui ne soucient pas de la critique. Mais ce dont nous avons le plus besoin, c’est d’êtres humains qui aiment le Monde.
Gary Snyder, traduit par Nadia

Publié à l’origine sur le blogue de Keri Smith repris par M-C et peut-être vous ensuite…

26 October, 2007

Pour réussir son Halloween : The Time Warp!

Un grand classique de l’Halloween! Des personnages inspirants pour vos costumes, que pourrait-on demander de mieux? Un party qui a de l’allure? Pour ça oui!

24 October, 2007

La sémiotique, pour rire un peu…

Je lisais une dépèche d’Infopresse qui parlait de l’application de la sémiotique au marketing. J’ai souri quand j’ai lu que cette discipline était très développée en Europe, mais peu ici… Pour votre info, il y a un programme d’études doctorales à l’UQAM en sémiotique et à Québec, j’ai étudié avec Marie Carani, une spécialiste internationale de la sémio, qui dirige aussi Visio, un magasine qui discute de la question.

Le problème au Canada, si on veut en trouver un, n’est pas le manque d’expertise intellectuelle, c’est l’étanchéité des disciplines. Or, le marketing se voit comme une science complète en soi et ne va pas suffisamment à la rencontre des sémioticiens, des antropologues et des sociologues. Enfin, cela a été mon expérience jusqu’à maintenant et ce que j’ai vu à HEC.

24 October, 2007

À vos petits papiers !

Il y avait ceux de Régine (texte de Gainsbourg chanté par la radieuse Julie ici), maintenant nous connaissons le jeu des petits papiers selon cette folle jeunesse contre laquelle nous mettait en garde le Reader’s Digest ou l’indigeste raideur pour les francophiles - la contrepètrie n’étant pas ma force je me demande où j’ai volé ça… Que diriez-vous de jouer une game de « tits papiers »?

Je commence :

« J’écrirai plus chaque semaine »

« J’organiserai ma vie professionnelle pour ne pas nuire aux choses qui m’importent le plus »

Bon, ce sont là des voeux un peu plus complexes que ceux de Marie et ses amies, mais je ne suis plus au lycée.

Et vous? Avez-vous un voeu à mettre sur un petit papier? Attention, vous avez-vu ce qui est arrivé aux jeunes filles mon commentaire précédent. Alors plutôt qu’un papier, vous pouvez laisser un commentaire et ce sera comme si c’était fait!

23 October, 2007

Conversation sur la communication

Fille > Je ne suis pas certaine que j’aime ça… Je suis un peu ambivalente.

Gars > Non, mais… tu peux pas…

Fille > Ben là,  je peux dire que je n’aime pas quelque chose… T’es pas obligé de dire non et de contre argumenter tout ce que je dis.

Gars > Non, c’est absolument faux, je ne fais jamais ça!

Fille > Whatever…

23 October, 2007

Folle jeunesse…

Pour vous désennuyer, je vous suggère un petit jeu que vous pourrez adapter à nos temps modernes en remplaçant les petits papiers par des messages texte ou ce qui vous viendra à l’idée. Attention, car si l’on se fie à cet exemple, quand c’est écrit c’est comme si c’était fait!

Dans un lycée de jeunes filles, en France, quatre internes jouent aux « petits papiers ». Sur chaque papier, il y a une phrase : « Je me suicidrai », « Je prendrai un amant », « Je volerai », « Je serai sage ». Le dimanche suivant Isabelle s’est tailladée le poignet, Marie a volé une veste, Janine a été sage. Quant à Annie, elle a fait de l’auto-stop et a pris, non pas un amant, mais six.

J’ai probablement lu ce bout à la radio, il y a quelques années, car je l’avais souligné. Faut dire que ça vient d’une source intarissable de sagesse…

Tiré de L’adolescence en révolte : un phénomène mondial, Sélection du Reader’s Digest, décembre 1964.

22 October, 2007

Si j’étais un homme… Je ne ferais pas mieux qu’eux!

« Ah! Si j’étais un homme », chantait Diane Tell, pour ensuite nous expliquer comment elle cruiserait les filles avec des fleurs et du champagne (ouach!) et de conclure Diane, « je serais romantique ». C’est de ce genre de clichés qu’on nourrissait les filles au début des années « 80 ». Parce que, figurez-vous qu’en matière de romantisme, les gars et les filles s’expriment différemment. Et franchement, ça ne nous aide pas à passer par-dessus les difficultés de communication que d’essayer de superposer notre vision à celle de l’autre pour ensuite se hérisser parce que ça ne fitte pas. Les conversations que nous avons entre amis vont encore, mais il faut un effort de communication pour entrer en relation plus intime avec l’objet d’une potentielle affection.

Grande marieuse, ce n’est pas d’hier que j’essaye de comprendre la game. J’espionne les gars sur leur terrain depuis ma plus tendre enfance. À sept ou huit ans, je me désespérais de ne pas pouvoir faire tout ce qu’ils faisaient. Je suivais les gamins de mon quartier et j’enviais leur liberté. Je grimpais aux arbres, j’échafaudais des plans diaboliques pour torturer le monsieur revêche du quartier, je méritais ma place au sein des groupes de gars. Du moment où je suis devenue « une jeune fille », en mots clairs j’ai eu mes règles, on m’a mis la bride et j’ai commencé mon entraînement de femme. Dès lors, la complicité avec les gars s’est rétrécie. Eux, ils continuaient leur vie de liberté. Gars ou fille, chacun de notre côté, nous apprenons à entrer dans un rôle de séduction fondé sur la dissimulation.

Cela dit, tandis qu’on m’affublait d’une sacoche et d’un brillant à lèvres, j’enviais toujours autant la liberté de mes pairs masculins. Eille, ne niaisons pas, quelle fille n’aimerait pas pouvoir sortir seule sans peur? Ou partir sur le pouce n’importe où sans se faire sermonner? Ou avoir plus de temps devant elle pour décider d’avoir des enfants… On se console alors en disant des trucs convenus comme « les hommes sont d’éternels enfants », ou « ce sont des quarantenaires pré-pubères », comme l’a dit Olivia Lévy hier à Il va y avoir du sport. Ça nous rassure. Mais en fait, nous sommes celles qui avons besoin d’un engagement avant un certain âge pour faire des bébés ou se caser comme disait ma grand-mère. La biologie fait qu’un gars pourra toujours faire un Claude Dubois de lui-même et se fabriquer un poupon à 57 ans. Alors pourquoi donc les hommes s’engagent-ils à 25, 30 ou 40 ans? Parce qu’ils sont en amour. Et, je ne vois franchement pas de meilleures raisons. Pourquoi certains ne poursuivent-ils pas une relation avec une fille bien quand il n’y a pas d’étincelles dès les premiers moments? Parce qu’ils n’ont pas besoin de forcer la note, d’être rationnel, ils ont le temps. C’est injuste, mais c’est ainsi.

Je vous dis tout cela, parce que toutes ces années à espionner les gars sur leur propre terrain m’ont gardée de bien des préjugés associés aux relations homme-femme. J’ai écouté mes amis me raconter leur quête de l’amour, leur angoisse devant tout ce qu’on attend d’eux et même leurs infidélités – pas de panique, je nommerai personne – et je me suis étonnée de leur vulnérabilité dans toutes ces situations. On dit parfois que les filles cherchent l’amour, alors que les hommes ne veulent que du sexe. Mais qui voudrait d’un amour sans un fond de passion? L’amour qui se construit, le mariage arrangé sans passion, est le ciment qui sert à former une famille au sens catho de patente. Et, c’est là que l’aspect rationnel comptable des relations, la fameuse « checklist », qui faisait flipper Sof la semaine dernière, arrive. De fait, j’ai connu autant de gars que de filles qui séparaient le sexe de l’amour – les filles ne le crient pas sur les toits et sont plus discrètes dans leurs aventures pour ne pas se faire étiqueter – et autant de gars que de filles qui cherchaient le grand amour. Ça ne se verbalise pas de la même manière, à cause de l’éducation, à cause de siècles à communiquer sur des modes différents.

Pour comprendre les hommes ou les femmes, il faut accepter de ne rien tenir pour acquis et de laisser au vestiaire les principes moraux pour essayer de voir au-delà des mots. Parce qu’à force de parler à des étrangers (NDLR précisons ici que Xavier de p45 semble s’entraîner à ce sport d’où le lien) ils finissent par nous être familiers.

21 October, 2007

Les sages du dimanche

Journée ensoleillée, après le déjeuner, Julie et moi partons explorer les boutiques du Mile End. Nous regardons des petits t-shirts sérigraphiés en nous émerveillant. Julie dit en plaisantant, « c’est de notre âge, ça ». Je réponds sur le même ton, « dis-moi donc toi, est-ce qu’on doit être fière de pouvoir encore porter des trucs comme à notre âge ? » Elle me dit, « y’a pas de raison d’être fière de vieillir, shit, ça arrive pareil, même si tu fais rien pour…» Elle continue, le sourire en coin, « si tu veux être fière de quelque chose, soit fière de ce que tu fais, de ce que tu réussis, pas d’avoir vieilli à tous les 12 mois comme tout le monde! » Elle est wise Julie.

17 October, 2007

Le cœur a ses raisons…

J’ai vécu mon enfance à Québec dans les années « 70 ». Avant même d’avoir fréquenté mon école primaire, j’y avais été un jour d’élection avec ma mère pour voter péquiste… Enfin, elle aime bien raconter comment j’avais annoncé cela devant tout le monde. Nous vivions une époque d’ouverture, tout irait pour le mieux.

Au primaire, avec mon nom pas prononçable, j’étais parmi les petites choses les plus exotiques de mon école. Vous dire la joie secrète qui m’a envahi quand plein d’immigrés sont arrivés à la fin de la décennie « 70 ». Il y avait le petit garçon français, Vincent et sa mère enseignante (un programme d’échange), qui avaient des accents remarquables. J’avais montré à Vincent à sacrer en québécois et il m’avait appris à jurer à la française - un échange que sa mère n’avait pas apprécié. Puis, Driss Adrao, dont je n’oublierai jamais le nom après l’avoir vu l’écrire soigneusement sur un carton, petit garçon africain, inscrit en première année et qui portait le nœud papillon. Et, il y ceux que j’ai oubliés.

Alors que ce que j’appelle maintenant la commission de la honte Bouchard-Taylor vient 30 ans plus tard me gâcher le portrait d’ouverture que j’avais de mon Québec, Philémon rattrape tout en racontant les péripéties de l’héritière un soir de Ramadan… Moi, des histoires comme cela j’en veux tout le temps.

16 October, 2007

Le lancement de L’écolo écono de Cécile Gladel

Hier soir, c’était le lancement du premier livre de Cécile Gladel, blogueuse
et journaliste, L’écolo écono, où elle nous fait part de quelques trucs pour, comme elle le dit, protéger la planète et notre portefeuille. Ceux qui connaissent Cécile et sa passion pour les petits gestes qui changent de grandes choses savent qu’elle s’applique à déboulonner le mythe qui veut que faire sa part en matière d’écologie, ça coûte cher.

Ça c’est pour le côté promo de l’affaire. Du point de vue humain, Cécile et moi avons développer une amitié via nos blogues et comme les amis de nos amis sont souvent nos amis, hier j’ai revu sa copine Renée avec qui j’ai passé un très bon moment. Comme nous avons un passé professionnel qui se ressemble, j’ai revu mon collègue de la Ville, Jacques, avec qui je m’entendais si bien. Tandis qu’il m’appelait Katia sans relâche, sa belle Hélène, qui avait très certainement entendu mon nom, me regardait en souriant. Quand je lui ai finalement dit, “Nadia, pas Katia”, Hélène a précisé en riant qu’il l’appelait encore du prénom de sa soeur… Après plus de quarante ans de mariage!

Beaucoup de gens de la communauté des blogueurs montréalais y étaient, dont Sandra, Steve (ben oui, un “e”) et Marc, pour ne nommer que ceux-là. Parce qu’en fait, presque tout le “blogroll” de Cécile s’y trouvait! Et y diront que l’Internet ne crée que des relations virtuelles.