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La technologie peut-elle réduire le décrochage scolaire?

Smart Board ou tableau interactif... Source : Wikicommons

La semaine dernière, Jean Charest présentait un discours d’ouverture, où l’éducation était une préoccupation marquante. Les mesures proposées, si elles s’inscrivent dans l’air du temps en proposant plus de nouvelles technologies aux enseignants (tableaux interactifs et ordinateurs portatifs) et l’anglais intensif au primaire, ne sont pas encore raccordées à un plan d’implantation plus large. La technologie est certainement captivante pour les jeunes, mais son utilisation est-elle suffisante pour les garder à l’école? J’ai suivi les réactions et j’ai échangé à ce propos avec Nathalie, une amie, prof de français qui s’intéresse aux nouvelles technologies et travaille déjà sur des façons de les intégrer à sa pratique.

Un ordinateur portatif par enseignant et un tableau blanc interactif dans les classes.

Qui pourrait être contre une telle mesure? En fait, à titre d’outil de travail, beaucoup d’employés de l’État (dont les procureurs de la Couronne) devraient avoir droit à un ordinateur portatif, surtout si leur travail demande qu’ils se déplacent au quotidien d’un lieu à l’autre. Mais comme me le rappelait Nathalie, il faut aussi s’assurer que la configuration des ordinateurs conviendra aux enseignants et à leur pratique, sinon il n’est pas garanti que les ordinateurs serviront en classe.

Quant aux tableaux blancs interactifs, la même question se pose : seront-ils intégrés aisément à la pratique actuelle? Ils sont déjà en usage dans certaines écoles et là, les profs constatent que le TBI c’est bien, mais que le logiciel en usage y est pour beaucoup dans l’utilisation qu’en feront les professeurs. Et si l’on se sert du TBI de la même façon qu’on utilisait le tableau vert (soit pour écrire et corriger des données), peut-on présumer que cela impressionnera les étudiants? Il faudra donc réfléchir et planifier l’intégration des nouvelles technologies en classe et suivre le dossier.

Par exemple, en 2005-2006, il y avait déjà des ordinateurs dans 90 % des locaux d’enseignement de la Cité collégiale d’Ottawa. Pourtant, tous les professeurs ne les utilisaient pas encore, ce, malgré les rencontres prévues à cet effet au début de chaque session. Ce ne sont donc pas une formation de quelques heures (surtout pour les professeurs moins avancés en techno) et une tape sur l’épaule qui permettront de développer des pratiques intéressantes.

Baisser son taux de décrochage de 10 % grâce aux TIC ? Vous êtes sceptiques?

C’est pourtant ce qui est arrivé à la commission scolaire Eastern Towships, comme on le relatait dans le Soleil, où le taux de décrochage a baissé avec l’arrivée des TIC en classe, (on a doté les étudiants et les profs d’ordinateur portatifs). Devant ce succès, les spécialistes de la question consentent que ce n’est pas l’usage seul de la technologie qui diminue le taux de décrochage :

Dans cette commission scolaire, la très grande majorité des enseignants sont favorables à l’utilisation des portables en classe. Mais il y a plus : selon l’évaluation de M. Karsenti, «dans ces écoles, 95 % des enseignants semblent être des champions de l’utilisation des nouvelles technologies», ce qui est beaucoup plus que ce qu’on retrouve dans les autres commissions scolaires. Parallèlement à l’achat d’ordinateurs, la commission scolaire a d’ailleurs mis en place un programme de formation pour les enseignants. Les deux ingrédients-clés de la recette miracle reposent sur le travail des profs et le potentiel de la machine, avance M. Karsenti.

Donc, ne nous leurrons pas, ce qui prévient le décrochage ce n’est pas l’équipement technologique, mais ce qu’on en fera. Comme mon amie enseignante me disait, un ordi par prof c’est très bien, mais pour attaquer un problème aussi complexe que le décrochage scolaire, « il faut un changement de paradigme et les ressources qui vont avec. Et ça ne coûte pas tant que ça, en tout cas moins que des TBI et des portables pour tous, ce qui fera la différence me dit-elle, c’est la volonté de changement, pas la quincaillerie dont on équipera les classes ou les profs».

Passer d’un type de tableau à un autre, c’est une évolution souhaitable, s’assurer que notre jeunesse voit l’importance d’obtenir son diplôme, c’est un projet de société qui se passe dans les classes et à l’extérieur…

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Les chiffres relatifs au décrochage…

Dans un article de la PC, parut dans le Devoir 2009, on commentait les chiffres de Statistique Canada en titrant Le décrochage scolaire a augmenté au Québec sous les libéraux :

En 2000, 26 % des jeunes du secondaire du réseau public quittaient l’école sans diplôme. L’an dernier, c’était le cas pour près de 29 % d’entre eux.  Chez les garçons, le constat d’échec est encore plus troublant: un sur trois — plus de 35 % — fait l’école buissonnière.  En milieu défavorisé, c’est encore pire. Si à Westmount, seulement 6 % des jeunes décrochent, dans des quartiers comme Pointe-Saint-Charles ou Parc-Extension, à Montréal, la proportion dépasse les 40 %, indiquent les statistiques officielles.

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Autres sources :

Le collègue de V à la chronique techno, Jean-Michel Vanasse, se prononce tout à fait pour sur le blogue MSN.CA

Discours inaugural : les 5 priorités de Jean Charest.

Bruno de Vauchelle au sujet du TBI

L’utilisation du TBI

Engagement des jeunes: “la technologie seule n’est pas une motivation suffisante”, un peu de sagesse de David Buckingham

Le programme « Garçons branchés » porte fruit

Une Yulrencontre avec Henri Kaufman

Le livre d'Henri, Laurence et Mickaël... En scannant le flash code en couverture on découvre une vidéo de présentation des auteurs.

Hier soir, Michelle Blanc avait convié quelques blogueurs à un souper à la Cantine avec l’ingénieur, blogueur marketing, auteur et amateur d’art, Henri Kaufman. Je me suis retrouvée assise à côté de Martin Lessard, que je croise sur la toile et dans les yulmachins depuis quelques années, sans que nous aillons vraiment fraternisé. C’est maintenant chose faite.  Henri a demandé à chacun pourquoi il bloguait. Autour de la table, la plupart bloguaient et tous étaient des pros dans un secteur lié au web, mais les profils et les intérêts de chacun différaient grandement. Cela m’a fait réfléchir…

Nous avons donc parlé de notre intérêt respectif pour le Web et les blogues. Vous savez que mon blogue a huit ans et que déjà en à la fin des années 1990, je collaborais à la création de sites Web (il eut mieux valu dire des livres avec hyperliens et petit bonus) dont un avec Patrimoine Canada. Nous avons donc discuté des débuts des blogues, alors que sur le Web on trouvait surtout des geeks, des ingénieurs et des programmateurs. L’usage qu’on faisait alors des blogues étaient différent. Henri comparait cet intérêt sans motivation financière à la passion qu’ont certains pour les trains électriques. Une comparaison fort amusante, car elle met en perspective le côté ludique des vieux blogueurs qui, comme moi et Christian Aubry avions pratiqué le journalisme, aimions les caméras et bloguions pour voir ce qui pouvait être fait avec ces nouveaux médias.

Alors que tout le monde se met à donner des conseils sur les médias sociaux et le Web, les meilleurs blogueurs d’affaires, comme Michelle, avaient avant leur arrivée sur la toile un intérêt pour la technologie et un profil de communicateur-vulgarisateur. Avec le blogue, ils ont trouvé façon de faire se connaître, mais aussi de partager leur passion du commerce Web. Philippe Martin fait aussi partie de ces blogueurs affaires qui ont le sens de la mise en contexte et de la formulation, ce qui donne un élan à leurs billets et leur assure un grand lectorat. Martin est un blogueur analytique ou philosophe, comme le dirait Michelle et il reconnaît sans hésiter qu’il n’arriverait pas à suivre une formule gagnante pour pondre des billets plus lus: il a besoin de son espace de réflexion.

Et moi? Àvec mon profil éclectique d’ex animatrice de radio et journaliste arts, je me qualifierais de blogueuse commentatrice qui aime mettre en forme des petites réflexions sur les communications, les médias sociaux et les arts.

Après un mini-tour de ville donné par Michelle à Henri (elle nous cache bien des choses) j’ai promis à Henri de le tenir au courant de notre projet de livre. Et déjà, ce matin, je téléchargeais Mobiletag pour lire les flash codes insérés dans son livre, Internet a tout changé.

Sitôt sortis, les convient se saluent via Twitter!

Nouveaux médias, mais vieux service-client…

Il m’est arrivé une aventure de service-client qui a de quoi faire réfléchir les entreprises qui se lancent dans les médias sociaux sans réfléchir aux moyens qui soutiennent leurs communications avec le public.

L’histoire commence de façon banale : je veux changer mon appareil de téléphonie mobile, mais ma compagnie actuelle, Rogers, pour ne pas la nommer (j’ai presque peur de dire leur nom ici) me fait l’offre généreuse, après neuf ans avec eux et à mi-chemin d’un contrat de trois ans, d’un I-Phone à plein prix avec trois ans de renouvellement. Wo, wo, wo, me dis-je, les nouveaux abonnés ont droit au même téléphone pour 99 $. Je comprends que j’ai eu un rabais sur mon téléphone actuel (il y a presque deux ans) mais je me dis que la compagnie prendra certainement entente avec moi pour un rabais quelconque sur le modèle précédent de I-Phone. Je me dis ça, car j’ai travaillé en vente longtemps et c’est ce que je ferais pour garder un client.

Me sentant très 2008, j’écris un message courriel à Rogers (je déteste poireauter sur les lignes d’info) en expliquant que je suis étonnée de ne pas trouver une quelconque forme de rabais permettant à une vieille cliente comme moi de mettre à jour son appareil pour un I-Phone pas trop récent… Je crois avoir lancer à l’eau la ligne d’une négociation. Je me permets donc de demander, advenant que ma requête soit inadmissible, s’il est possible de mettre fin au présent contrat pour bénéficier des mêmes rabais qu’un nouveau client. Je m’attends à ce qu’on me réponde par une clause de contrat standard et une proposition de mise à jour de mon service actuel. Il n’en est rien. Le préposé du service-client, comme la majorité de la population en cette époque du «faire-tout-vite-vite», ne semble avoir lu que ma dernière phrase et me répond qu’il est désolé que je quitte et de téléphoner pour en discuter. Eille!  Si je t’écris, c’est parce que je veux que tu me répondes par écrit!

Femme de mon temps, je vais me plaindre à mon réseau virtuel et je crie mon aberration sur Twitter en nommant bien Rogers, un peu aussi pour voir s’ils font le monitorage des médias sociaux. La réponse? Oui. Donc, sitôt ma frustration exprimée, une dame dont l’usager est son prénom suivi de Rogers me répond, me demandant de lui exprimer mon problème. Yé! Enfin! Elle me répond donc en message direct que le service-client m’appellera à l’heure de mon choix. Et, je vous le dis, là ce fut retour à la case départ et au service-client comme en 1997… Exit les médias sociaux, on retourne au téléphone et au niaisage, pas de message, mais bien du taponnage.

Dès le lendemain, j’ai reçu pas moins de cinq appels par jour sur mon cellulaire et ma ligne à la maison parfois à quelques secondes d’intervalle. Le premier jour, j’étais dans une conférence toute la journée (comme présentatrice) et mon cellulaire grondait non-stop dans mon sac. Pas de message, je rappelle le numéro de l’achalant qui a appelé quatre fois en deux heures. Oh… je tombe sur une ligne automatisée qui me demande d’appuyer sur le 1 pour ceci, le 2 pour cela. Tout ce que je déteste, j’ai raccroché.

Les appels, à raison de quatre ou cinq par jour, ont continué selon un pattern, qui ma foi, pourrait vous faire acheter n’importe quoi pour avoir la paix entre 8 h et 23 h. À la maison, mon chum avait beau demander aux appelants de laisser un message, ils ne voulaient pas. Mon chum a même cru que j’avais oublié de payer un compte et que j’avais une agence de recouvrement aux trousses. Pourtant, j’avais fait un paiement et mes affaires étaient en règle. Mon chum a fini par se fâcher et leur a demandé de s’identifier, de confirmer la nature de leur appel et d’appeler à un moment où je serais disponible. La personne au bout du fil a commencé par dire que ce n’était pas dans leur procédure − vous savez, celle qui dit d’appeler un maximum de cinq fois par jour sans laisser de message −, mais a accepté de noter l’heure idéale pour me rejoindre… Et les appels ont continués à tous moments sauf, bien entendu, celui-là.

À quoi donc ont servi les médias sociaux dans ce cas précis? Pour le client, à rien du tout sinon à se signaler comme cible dans une course entre agents intéressés à régler le dossier. Pour la compagnie, cela a simplement servi à faire cesser tout soulèvement nuisible sur les médias sociaux. Car plutôt que de me répondre de façon personnalisée, une fois m’a-t-on repérée comme client insatisfaite, on m’a retourné là où mon courroux avait pris source, soit dans un système téléphonique de style télémarketing anonyme et complètement désuet.

Je ne suis pas contente, je suis toujours prise avec mon sapré Treo défaillant et ma seule option, malgré mon dossier en ligne créé sur le site de la compagnie, malgré les moyens de communication existants, est de retourner faire ce que je déteste, soit appeler un service-client téléphonique, passer de l’un à l’autre et faire le 1, le 2, le dièse, puis l’étoile sur le dos…

Où s’en vont les relationnistes?

Plutôt que de faire des rappels téléphoniques et de gérer des demandes du public et des médias pour entrer en relations publiques, certains se voient maintenant plus dans le rôle de gestionnaire de communautés. Pas la même chose du tout, du tout, me direz-vous? Je vous répondrai très différent oui, mais considérant l’état de la presse, j’aimerais savoir pour combien de temps encore et avec combien de journalistes les relationnistes traditionnalistes feront leur boulot. Il me semble que dans une équipe de communicateurs, nous sommes tous maintenant des gestionnaires de communautés, au sens où si nous pratiquons notre métier de façon proactive, nous animons la réflexion et la discussion sur les contenus de notre entreprise auprès des différents publics. Allez donc faire un tour sur le blogue Manager une communauté.

J’ai remercie Martin Aubut qui a publié ce lien sur Facebook 😉

Communicateurs et Web 2.0

Depuis 2007, quand une entreprise m’aborde pour un emploi ou un contrat c’est en général pour que je mette à jour ses communications externes. Avant cela, on m’engageait pour faire des relations médias et de la promo, en se disant que ça pourrait être utile d’avoir une communicatrice capable de proposer des outils 2.0 ou d’évaluer un plan de communication intégrant un volet web et des fonctions interactives. Mais souvent, une fois sur place, je devais commencer par faire prendre aux outils de communication en utilisation (communiqués, avis aux médias, courriels aux médias) un tournant rédactionnel web adapté aux nouvelles réalités tant à l’émission (moyens d’envoi, courriel etc.) qu’à la réception (lecture à l’écran ou sur un téléphone).

Le Web 2.0, les médias sociaux, ce sont des façons de faire soutenues par des outils Web. La palissade  me direz-vous? Peut-être pour mes copains de Yulblog et Yulbizz, mais pour le milieu des communicateurs, il reste souvent encore du chemin à faire. Alors, pour qu’un chargé de communication (coordonnateur de projet, directeur ou autre) puisse mettre en oeuvre des initiaves dans le domaine, il faut plus qu’une agence pour lui faire un plan. Il faut que le communicateur prenne le temps d’expérimenter avec les blogues (aller en lire et commenter est un bon début), Twitter, Facebook, Youtube et les autres. Je dis bien expérimenter, pas devenir un expert, car cela n’est pas nécessaire. Mais avec les cas que nous voyons, il est clair que les agences qui se disent capables de faire des stratégies 2.0 et tutti quanti sont parfois juste un peu plus avancées que le client qui les embauche pour être guidé.

Donc, pour comprendre la mécanique des stratégies web, pour savoir comment utiliser les médias sociaux et voir tout leur potentiel, il faut se créer un profil d’utilisateur, se trouver des contacts et jouer un peu avec les différentes fonctions de base – partager des liens ou des images, commenter, échanger etc.

De là, le communicateur ou maketeur peut au moins prétendre avoir une compréhension superficielle du phénomène. Sinon, tout lui passe sous le nez et il acquiesce pourvu qu’on lui mette les bon mots-clés en gras interactivité, forums, 2.0, 2.0, 2.0, médias sociaux, vidéo virale…

Expérimentez donc, à raison de 30 ou 40 minutes par jour et après deux semaines, vous saurez au moins ce que les utilisateurs font sur ces réseaux et là, une agence pourra vous expliquez comment atteindre vos objectifs grâce à ces outils.

Et, si vous considérez avoir autre chose à faire ou plein de bonnes raisons pour ne pas toucher à ça, alors, il est probable que vous ne soyez pas prêts à prendre le tournant.

Nadia007, agente d’information web ;-)

Il n’est pas facile d’être une communicatrice spécialisée (entre autres choses) en développement stratégique du web et en utilisation (ou projet de) des médias sociaux pour les entreprises où elle bosse. D’abord, si le web et les médias sociaux sont perçus comme la vertu vers laquelle tendre, leur utilisation bouleverse énormément les tâches habituelles des communicateurs, comme des informaticiens d’une société. Ensuite, il faut expliquer qu’à titre de communicatrice-un-peu-geek, je suis apte à déterminer comment orienter les contenus pour intéresser différents publics et très souvent je sais très bien ce que je veux en terme de techno et de visuels, mais je ne suis ni intégrateur, ni informaticien.

Donc, je travaille encore (entre autres, car en com il y toujours mille tâches) à orchestrer une refonte de site web, avec quelques contraintes ou défis, comme on dit poliement, redevables à ma méconnaissance des processus d’approbation de la fonction publique québécoise. Cela dit, une première rencontre avec nos conseillers m’a rendue très optimiste. Mais, je dois le dire, à l’époque de Québec New York 2001, j’avais fait le même constat : la fonction publique triste et dépassée comme celle que l’on trouve dans L’âge des ténèbres d’Arcand, est le plus souvent une caricature. En fait, cette semaine mes vis-è-vis étaient curieux, enthousiastes et très enclins à dispenser de judicieux conseils.

Le monde est petit… En doutiez-vous? À cette renconte, devant moi était assis un collègue des HEC de ma copine Michelle avec qui elle avait pris un verre la veille… Les voies du web sont mystérieuses.

L’évolution des relations publiques

Hier, avec deux copines nous prenions un verre (ok, soyons transparentes trois ou quatre) en discutant Web, médias sociaux et relations publiques. Disons que Michelle et Catalina sont drôlement plus versées en Web que moi, mais lorsqu’il est question des relations publiques, je tire assez bien mon épingle du jeu. Nous avons convenu que dans un plan de promotion réussi les médias sociaux  jouaient un rôle de plus en plus affirmé, mais que sans une vision de relations publiques cette porte ouverte sur l’extérieur peut battre au vent sans raison.

Je l’ai souvent dit ici, mais si on a peu de contenu et si l’on n’est pas prêt à engager la conversation, on n’arrivera pas à grand chose en se créant un profil surTwitter et Facebook. Et, j’ajouterai que ces médias doivent faire partie d’une synergie avec les autres modes de promotion que l’entreprise utilise. C’est que Michelle explique ici.

Mais bon, au cours des deux dernières années mon constat a souvent été le même dans les services de communication où j’ai travaillé : c’est-à-dire qu’en entreprise, quand il est question de rédaction de matériel de communication, très souvent les communicateurs n’ont même pas encore pris le tournant Internet . Je ne parle même pas de savoir rédiger pour le Web, seulement de considérer lorsqu’on rédige, par exemple un communiqué, que celui-ci sera consulté par les journalistes à l’écran, dans une liste de nouvelles, un agrégateur ou à partir d’un téléphone. L’importance alors de faire mouche en quelques mots bien choisis est presque toujours sous-estimé.

Il m’est même arrivé d’avoir à débattre de la finalité d’un communiqué avec mes collègues (oui, j’ai souvent travaillé dans la fonction publique). Pour moi, c’était le début de quelque chose, une ouverture vers une conversation ou un échange avec le public, via les journalistes et les sites Web et pour mes collègues, le communiqué était la fin d’un processus sans égard aux suites possibles. Je considérais donc que si mon message n’était pas repris (sans me vanter, ça m’arrive rarement) j’avais failli à la tâche, alors que pour d’autres cela était un détail. La nouvelle était sortie, connue ou pas.

Tiens, cela me rappelle, l’assurance des publicitaires qui causent pénétration de marché, auditeurs, cible et tutti quanti. Même quand ils ont tous ces détails et que leur publicité est dans le meilleur créneau accessible à leurs moyens, il arrive que le produit ne vende pas ou que le message ne passe pas.  On peut alors s’imaginer que cet imposant public s’est levé d’un bond au même moment pour aller pisser…

Je rêve encore de travailler à des scénarios de communication visant la synergie de tous les modes de promotion utilisés pour un produit… Un mix médias-marketing quoi.

Communiquer sur un nouveau mode – 1

Je me rappelle mes débuts en communication, alors que le plan ronflant régnait. Toujours le même ordre, les mêmes trucs, le modus operandi étant de copier ce qui avait été fait les années précédentes. C’était il y a 12 ans, c’était il y a une éternité en communication. Pourtant…

Dans un récent mandat, on proposait de copier le plan de communication précédent… Alors que l’événement à copier avait eu lieu en 1999! Dans ce cas particulier, en dix ans, les objectifs et la mission de la compagnie avaient été complètement bouleversés par la révolution écologique. Et, de façon générale, au cours des cinq dernières années, les moyens de communiquer ont radicalement changés, ce qui rendait la chose impossible. Je n’aurais pu ajouter le fond de ma pensée sans en froisser plusieurs: c’est-à-dire que cette façon de faire occulte la réflexion et implique un laisser-aller qui induit les erreurs stratégiques, parce que « bah, le plan était bon, alors ça doit encore marcher ». Quant à moi, même la structure de ces plans ne conviendrait plus à une stratégie adaptée aux publics d’aujourd’hui.

Dans presque tous les domaines en quelques années, les enjeux ont changés suivant l’évolution de la société (écologie, perception des rôles selon les sexes etc.) et même en quelques mois, voire une année, la même recette en communication aura un goût de réchauffé, d’autant plus que les journalistes comme le public ont accès à presque tout via le Web, ce qui les rend plus critiques quant à nos façons de les aborder. Dans La condition postmoderne, Lyotard parlait de l’accélération des techno-sciences, bien j’ajouterais qu’avec cette accélération on est arrive à une dissémination rapide de l’information qui modifie les enjeux et leur perception en quelques hyperliens.

Et je vous le dis, j’ai envie de mettre les plans aux vidanges et de faire des scénarios communicationels. Vous me direz que des agences font l’exercice sans relâche pour renouveler la chose. Oui, certaines le font, mais plusieurs exemples des derniers mois (comme l’utilisation à tout vent des médias sociaux) démontrent bien qu’on a perdu de vue le but de la communication. Si cela peut sembler relever du b-a-ba de la communication, je vous reviendrai donc néanmoins avec quelques pistes de réflexion…

Semer la joie, plutôt que le doute…

Tandis que Jean-Sébastien nous entretenait de la faible capacité des hommes à faire des compliments – vous savez le « t’es pas laide », « tu serais quasiment pas pire », plutôt que « tu es belle » et « tu me plais » – Cécile en ajoutait en relatant sur son blogue les tristes anecdotes d’amies qui se sont fait ravager l’égo par des commentaires mesquins sur leur apparence (allez-y lire, ça hérisse assez merci). Barbie a beau faire des mathématiques et Julie Payette aller dans l’espace, quand il est question de la valeur d’une femme, mieux vaut cartonner côté apparence. En fait, on ne s’en sort pas facilement.

Tiens ça me rappelle cette anecdote tout aussi québécoise que notre utilisation de l’euphémisme : nous sommes un groupe de copains sur une terrasse, surgit un mec au physique assez ordinaire, en fait pas très beau, court, petite bedaine, calvitie (oui ça plait à plusieurs, mais il mérite qu’on en fasse un défaut) et à la voix tonitruante. Monsieur arrive du Brésil. Les femmes y sont très belles, dit-il en posant son regard sur les représentantes du sexe féminin. Comme nous ne réagissons pas, il ajoute, en comparaison, les Québécoises sont des femmes à barbe. Et bien, voilà que ce batracien nous rendait son verdict, prêt, j’imagine à nous absoudre si nous nous rendions dans une génuflexion bien sentie. Il avait tout compris de la psychologie féminine : compétition et humiliation en sont la clé. Le Brésil est aussi le royaume de la chirurgie esthétique, que voulez-vous, il faut souffrir pour être belle. Mais bon, ça ne peut pas toujours marcher et ce soir-là, étrangement, aucune de nous ne lui a adressé la parole.

Je vous donne un devoir : en pensant à tous ceux et celles (oui, la cruauté des filles envers les filles est connue) qui se sont fait saper l’égo injustement, ce week-end chaque fois que vous remarquerez chez vos ami-e-s un trait positif dites-le! Faites un compliment! C’est gratuit et ça vous fera autant de bien qu’à celui ou celle à qui vous donnerez un peu plus confiance…

L’avenir du livre…


Il y a quelques semaines, je me suis trouvée à discuter avec Nicolas Langelier (à l’épicerie, entre les surgelés et les produits bios) de l’avenir du livre. Tandis que nous avions le sentiment d’être trop computer oriented, voire avant-gardiste, voici la vidéo d’Editis réalisée en 2007 qu’il a publié sur son blogue. Dans combien d’années pariez-vous?