Parfois assez est un adverbe, parfois une interjection

Je ne ferais pas de mal à une mouche, on me le dit souvent. Pourtant, il m’arrive parfois d’en écraser une qui ne voulait pas sortir discrètement, une qui n’arrêtait juste pas de bourdonner. Je ne sais pas pour vous, mais moi, je demande rarement grâce à qui que ce soit, pour quoi que ce soit. Je suis stoïque, MOI MADAME™, je vais à l’école avec la bronchite, je quitte le Point Zéro un 11 septembre 2001 en pensant à la liste des gens sur place, plutôt qu’à mes fesses. Quand quelqu’un meurt, aussi proche de moi soit-il, je pleure deux minutes, puis je fais les réservations d’usage et je commande des petites sandwichs. Je suis utile comme on dit. Je partage, je suis résignée, il faut ce qu’il faut, les autres ont des problèmes et je ne suis pas toujours sur la liste des priorités.

C’est peut-être juste que malgré des années de féminisme, je suis une fille, plate de même, mais c’est ça. Ou une nonne sacrificielle. Ouin, moins cute un peu. Il m’arrive parfois dans un élan de foi dans l’humanité, de demander à quelqu’un de varger moins fort, de crier plus loin. Quand je prends la peine de demander ou tout simplement de dire que quelque chose m’attriste, c’est que j’ai vraiment confiance dans mon interlocuteur. Et, là-dessus, je me trompe rarement, je n’ouvre la porte qu’à ceux en qui j’ai confiance.

Mais bon, il arrive qu’on se goure, il faut alors dire « assez » ou « basta! » et quand ça arrive, quand ça arrive, je peux claquer des portes, lancer des assiettes et deleter du tricotage social en moins de deux. Je vous l’ai déjà dit, mon surnom chez les sœurs, c’était « Le volcan » et dans ma tête j’ai encore 16 ans.

3 réponses pour “Parfois assez est un adverbe, parfois une interjection”

  1. La dernière fois c’était en 98-99 et tu es allée t’installer à Montréal.

  2. C’est vrai que je ne suis pas bonne ménagère, mais toutes les fins de décennies, j’ai pris la bonne habitude de nettoyer…

  3. Ping : Nadia Seraiocco

Les commentaires sont fermés.