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Huit ans dans le web, une éternité quoi… Je m’en veux, j’ai encore oublié son anniversaire… Allez visiter les archives si ça vous chante, j’ai commencer à bloguer le 17 janvier 2002, après un peu de taponnage sur Radiouserland, j’ai fini par comprendre et mettre mon premier billet en ligne.
Il m’est arrivé une aventure de service-client qui a de quoi faire réfléchir les entreprises qui se lancent dans les médias sociaux sans réfléchir aux moyens qui soutiennent leurs communications avec le public.
L’histoire commence de façon banale : je veux changer mon appareil de téléphonie mobile, mais ma compagnie actuelle, Rogers, pour ne pas la nommer (j’ai presque peur de dire leur nom ici) me fait l’offre généreuse, après neuf ans avec eux et à mi-chemin d’un contrat de trois ans, d’un I-Phone à plein prix avec trois ans de renouvellement. Wo, wo, wo, me dis-je, les nouveaux abonnés ont droit au même téléphone pour 99 $. Je comprends que j’ai eu un rabais sur mon téléphone actuel (il y a presque deux ans) mais je me dis que la compagnie prendra certainement entente avec moi pour un rabais quelconque sur le modèle précédent de I-Phone. Je me dis ça, car j’ai travaillé en vente longtemps et c’est ce que je ferais pour garder un client.
Me sentant très 2008, j’écris un message courriel à Rogers (je déteste poireauter sur les lignes d’info) en expliquant que je suis étonnée de ne pas trouver une quelconque forme de rabais permettant à une vieille cliente comme moi de mettre à jour son appareil pour un I-Phone pas trop récent… Je crois avoir lancer à l’eau la ligne d’une négociation. Je me permets donc de demander, advenant que ma requête soit inadmissible, s’il est possible de mettre fin au présent contrat pour bénéficier des mêmes rabais qu’un nouveau client. Je m’attends à ce qu’on me réponde par une clause de contrat standard et une proposition de mise à jour de mon service actuel. Il n’en est rien. Le préposé du service-client, comme la majorité de la population en cette époque du «faire-tout-vite-vite», ne semble avoir lu que ma dernière phrase et me répond qu’il est désolé que je quitte et de téléphoner pour en discuter. Eille! Si je t’écris, c’est parce que je veux que tu me répondes par écrit!
Femme de mon temps, je vais me plaindre à mon réseau virtuel et je crie mon aberration sur Twitter en nommant bien Rogers, un peu aussi pour voir s’ils font le monitorage des médias sociaux. La réponse? Oui. Donc, sitôt ma frustration exprimée, une dame dont l’usager est son prénom suivi de Rogers me répond, me demandant de lui exprimer mon problème. Yé! Enfin! Elle me répond donc en message direct que le service-client m’appellera à l’heure de mon choix. Et, je vous le dis, là ce fut retour à la case départ et au service-client comme en 1997… Exit les médias sociaux, on retourne au téléphone et au niaisage, pas de message, mais bien du taponnage.
Dès le lendemain, j’ai reçu pas moins de cinq appels par jour sur mon cellulaire et ma ligne à la maison parfois à quelques secondes d’intervalle. Le premier jour, j’étais dans une conférence toute la journée (comme présentatrice) et mon cellulaire grondait non-stop dans mon sac. Pas de message, je rappelle le numéro de l’achalant qui a appelé quatre fois en deux heures. Oh… je tombe sur une ligne automatisée qui me demande d’appuyer sur le 1 pour ceci, le 2 pour cela. Tout ce que je déteste, j’ai raccroché.
Les appels, à raison de quatre ou cinq par jour, ont continué selon un pattern, qui ma foi, pourrait vous faire acheter n’importe quoi pour avoir la paix entre 8 h et 23 h. À la maison, mon chum avait beau demander aux appelants de laisser un message, ils ne voulaient pas. Mon chum a même cru que j’avais oublié de payer un compte et que j’avais une agence de recouvrement aux trousses. Pourtant, j’avais fait un paiement et mes affaires étaient en règle. Mon chum a fini par se fâcher et leur a demandé de s’identifier, de confirmer la nature de leur appel et d’appeler à un moment où je serais disponible. La personne au bout du fil a commencé par dire que ce n’était pas dans leur procédure − vous savez, celle qui dit d’appeler un maximum de cinq fois par jour sans laisser de message −, mais a accepté de noter l’heure idéale pour me rejoindre… Et les appels ont continués à tous moments sauf, bien entendu, celui-là.
À quoi donc ont servi les médias sociaux dans ce cas précis? Pour le client, à rien du tout sinon à se signaler comme cible dans une course entre agents intéressés à régler le dossier. Pour la compagnie, cela a simplement servi à faire cesser tout soulèvement nuisible sur les médias sociaux. Car plutôt que de me répondre de façon personnalisée, une fois m’a-t-on repérée comme client insatisfaite, on m’a retourné là où mon courroux avait pris source, soit dans un système téléphonique de style télémarketing anonyme et complètement désuet.
Je ne suis pas contente, je suis toujours prise avec mon sapré Treo défaillant et ma seule option, malgré mon dossier en ligne créé sur le site de la compagnie, malgré les moyens de communication existants, est de retourner faire ce que je déteste, soit appeler un service-client téléphonique, passer de l’un à l’autre et faire le 1, le 2, le dièse, puis l’étoile sur le dos…
Quand ma mère m’appelle de sous le soleil pour me dire que je ne blogue pas assez, ça va mal. Et, disons-le, ce n’est pas la catastrophe, mais côté santé je me sens au plus bas. Pour bien commencer l’année, voire la décennie, j’ai choper une grippe − saisonnière ou l’autre, qu’est-ce que j’en sais, elle ne s’est pas identifiée − qui a commencé à se faire sentir le 31 décembre, a pris de la force le 3 janvier et m’a maintenue à l’intérieur jusqu’au 10 janvier.
Je m’en sors à peine et je dois admettre que la moindre activité me laisse exténuée. Je m’étais promis pour la nouvelle année de ne plus succomber à la pression du boulot, au point d’être sur la route toutes les semaines. Cette situation prévalait à l’automne et avant cela, dans mon autre emploi, je faisais encore plus de kilomètres.
J’ai donc l’intention de faire attention à moi et réévaluer mon état de santé pour trouver ce qui me cause cette baisse d’énergie.
 Marcel Dzama, On the Banks of the Red River, 2008 Bois, sculptures de céramique vitrifiée, métal et tissu, 1/3 218,4 x 642,6 x 246,4 cm Collection du Musée d’art contemporain de Montréal Photo : Avec l’aimable permission de la galerie David Zwirne
Je l’ai déjà dit ici, mais je suis très éprise des œuvres de Marcel Dzama, de ces dioramas étrange comme des rêves qu’on voudrait pénétrer à ses petits contes cruel dessinés où l’on se perd aisément. Imaginez donc mon excitation quand j’ai vu que le MACM, nous offre, dès le 4 février, Marcel Dzama : Au mille tours, la plus grande exposition solo de cet artiste présentée dans un Musée.
Je parle de petits plaisirs, car la semaine prochaine, on verra aussi, dans le cadre de la Série projections, une œuvre de Karl Lemieux, Marmori. Lemieux, artiste amoureux de la pellicule, la caresse jusqu’à la griffer, la malmener, l’utilise comme toile pour en faire une œuvre picturale abstraite animée. Le collectif qu’il a fondé avec Daichi Saito, Double Négatif, est un des moteurs de la diffusion du cinéma expérimental de Montréal. Il compare son art à une transposition visuelle de ce qui se fait en musique actuelle, vous ne serez dons pas surpris d’apprendre qu’armé de multiples projecteurs il présente ses créations lors de performances musicales. Il participait avec le groupe Hyena Hive à la soirée Amour et terrorisme au FNC avec notre collectif Influx LASN.
En lisant l’information publiée par le Conseil de la culture de l’Abitibi-Témiscamingue (merci à Karine Lacroix) sur l’exposition Cupidon, Éros et Priape, art érotique, j’ai découvert d’un hyperlien à l’autre l’Espace Ars Longa, situé tout près de chez moi, sur Mont-Royal, coin Fullum. L’expo arrive à point pour la St-Valentin et ouvrira le 13 février. Le CCAT s’intéressait à l’exposition car deux artistes de la région, Martine Savard et Karine Hébert, y présentent des œuvres.
L’exposition Cupidon, Éros et Priape, art érotique, regroupe 11 artistes dont des illustrateurs, des peintre et des sculpteurs. Quant à l’espace Ars Longa, on peut louer sa salle d’exposition et on y offre des séances de dessin de modèles vivants à prix raisonnable.
Plutôt que des résolutions, je me propose quelques défis à relever pour 2010… J’ai eu beaucoup de malchances au cours de la dernière décennie, mais au moins j’ai appris des choses importantes sur ma propre résilience et sur la vie en général. Disons qu’il était temps.
En ce qui a trait à mon mode de vie, j’ai pris la décision de réduire ma consommation de viande, le Meatless Monday que Yoko Ono promeut sur Twitter m’a influencé, mais ça fait longtemps que j’y pense. Je crois que l’on peut être épicurien, sans être un insatiable carnivore. Il y a d’autres plaisirs. Pourquoi ne pas essayer de consommer des viandes produites de façon responsable tant qu’à y être?
En ce sens, je prends aussi l’engagement de consommer local le plus souvent possible, j’irai donc faire un tour chez Équimonde et m’informer sur les paniers de produits locaux. En manque d’inspiration, j’irai ennuyer Cécile avec mes questions. Vais-je m’habiller en brun et vert? Non, pour les vêtements, nous sommes chanceux à Montréal, nous avons des boutiques comme Belle et Rebelle et des friperies vraiment pas piqués des vers ;-)
Il faut, comme à chaque début d’année, prendre la résolution de faire plus d’exercice. Ouin, je prend celle de faire des activités agréables et de marcher plus souvent pour mes déplacements. Le retour au yoga ne me nuira pas non plus, cela calme aussi mes angoisses. Comme je ne suis pas du genre à courir l’hiver, je vais essayer de trouver des skis de fond en vente…
Les derniers jours ont été épiques, devant la puissance encore mal mesurée des médias sociaux, je n’ai qu’une idée : si nous utilisions cette puissance à bon escient? Joindre une page Facebook c’est bien beau, mais utiliser nos réseaux pour relayer de l’information critique, pour lever des fonds pour le cancer ou d’autres causes, ça ne serait pas merveilleux? Ça serait plus profitable que se faire la morale entre nous et de bitcher en vain. Je vous reviens là-dessus. Vous pouvez quand même joindre la page de Young Adult Cancer Canada, ça sera ça de pris… Pour le moment.
Le reste, les amitiés, l’amour, tout est possible. Parfois, on croit l’amour, l’amitié perdu, puis le printemps revient et les sentiments refleurissent ou se propagent ailleurs… En cas de doute, rappelez-vous de vos premières amours, de vos amitiés de jeunesse et laissez le cynisme derrière vous!

Photo : Chez Nadia. Oeuvre : Karen Spencer, Dare-Dare, 2007
Vous le savez certainement, mais les pratiques en art actuel s’insèrent dans notre réalité et la transforment pour nous en faire voir les travers et les revers. Si vous êtes du genre à adopter l’angle de l’art relationnel ou de l’art contextuel, votre projet pourrait peut-être intéresser Dare-Dare.
DARE-DARE cherche des projets audacieux qui questionnent la réalité opérationnelle du centre et/ou les pratiques en art publiques et contextuelles à travers des projets qui ont pour modes l’infiltration, le parasitage, la furtivité et le détournement/contournement. Ces projets, dont les processus sont en interaction avec le reel, le quotidien, peuvent se concrétiser de manière satellites, être évolutifs ou se construire à partir de circonstances. DARE-DARE invite les artistes à spéculer sur l’avenir du centre et de l’art en contexte urbain, en repensant notamment le déplacement, l’incertitude et la précarité par l’infiltration de différents lieux et contextes. DARE-DARE recherche des propositions qui nourrissent l’expérience et la réflexion sur la Dis/location, soit-elle géographique, théorique, poétique ou politique.
Vos propositions peuvent prendre différentes formes.
À vous de les inventer !
Tiens ça me donne des idées!
Mon ami l’Homme Scalp qui s’inquiète toujours plus quand je surfe que quand je plonge, m’a écrit un petit message pour me parler de l’époque où Lhasa commençait sa carrière. De ce spectacle au Spectrum où sa famille était venue la voir, des chansons que nous écoutions alors et, de ce premier Noël qu’il passe sans ses parents décédés. Il a ajouté, «toute mort nous ramène à la notre qui est inévitable. Mais à notre âge, il s’agit toujours de quelqu’un qu’on vient de perdre.» Il est rendu philosophe l’Homme Scalp, ça doit être le grand âge qui nous gagne tranquillement.
Enfin, je le laisse vous parler de musique et vous faire écouter, lui qui aime tellement faire écouter ses coups de cœur, quelques pièces de Lhasa.
La nouvelle a été confirmée, Lhasa de Sela est morte des suites du cancer. C’est vraiment révoltant quand ça arrive à une femme, qu’elle soit artiste ou pas. Ma cousine est morte de la même façon en 2003, au même âge, à une année près. Les funérailles avaient eu lieu le 11 septembre, deux ans après le 11-9. Six mois plus tard, sa mère mourrait aussi d’un cancer. Deux de mes tantes que j’aimais beaucoup sont mortes aussi des suites d’un cancer du sein, dont l’une au début de 2008.
C’est le genre de chose qui ne s’oublie pas, mais bon, comme elles n’étaient pas connues, à part une photo sur Flickr et une mention avec des émoticônes, ça n’a pas fait jaser. Ça arrive, on pleure, on vit avec (et avec les tests annuels de prévention). Donc, quand j’ai renvoyé la nouvelle de Sylvain Marcoux, trouvée via une autre abonnée (prise à Claude André, vous savez l’histoire de rumeurs…), c’est à ça que je pensais. Au cancer, aux affaires plates, pis aux gens appréciés qui partent trop tôt. Il y a eu une vague de regret collectif pour la jeune femme, l’artiste et de la colère contre cette foutue maladie.
Ensuite, tout s’est gâté. Ceux qui avaient repris la nouvelle se sont rétractés, les accusations de fausses rumeurs ont fusées et ainsi de suite. Si vous ne le saviez pas, sur les médias sociaux, il y a des moralistes qui donnent des leçons, qui vous expliquent ce qui peut être fait ou non. Comme bien d’autres, j’ai dû me fâcher un peu trop contre cette valse-hésitation de la rumeur non-rumeur. Alors, ceux qui savent comment utiliser les médias sociaux disent que maintenant tout est gâché, que les gens utilisent les nouvelles pour se mettre en valeur ou quelque chose comme ça. On dit aussi qu’il faudrait parler de cancer, de tristesse, plutôt que de critiquer comment la non-annonce a été faite.
Bien voilà, c’est fait, je vous ai parlé de cancer et ce n’est pas aussi facile que de critiquer les relations publiques. Mais encore là, les biens-pensants diront certainement que j’essaye de me faire un capital de sympathie. Faque rendu là, il me restera à me taire à jamais ou à dire, ah! pis allez donc tous…
MAJ, 5 janvier : Maintenant que tout est connu, que nous avons tous pleuré et rendu hommage à notre façon à Lhasa, peut-être est-il temps d’admettre qu’aucun de nous n’est équipé pour faire face au décès avec sérénité et professionnalisme. Quand bien même nous discuterions stratégies et réactions (tant pour les médias, les internautes qu’Audiogram), il reste qu’après coup, il est toujours plus facile de dire que nous aurions mieux agi. J’aurais pris d’autres décisions. Et alors? Est-ce que cela aurait été préférable? Nous ne le saurons jamais. Mais au moins apprenons et admettons que nous sommes dépourvus devant la mort et que chacun veut croire qu’il sait comment réagir…
Tout le monde parle des rumeurs au sujet du décès de Lhasa de Sela. Tout le monde en parle, oui, mais personne ne semblait préoccupé de remonter à la source et de vérifier si cela était bien vrai.
Phase 1 – Le début d’une rumeur
Le 2 janvier en journée, Claude André, journaliste culturel bien connu, déclare sur Facebook son chagrin d’avoir appris le décès de Lhasa de Sela. Sylvain Marcoux, simple internaute comme nous tous, reprend cette nouvelle qui semble tout à fait vraie, puisqu’il la tient d’un journaliste. Il omet toutefois à son premier tweet de le mentionner. De là, plusieurs tweetereux retweetent la dite nouvelle et voilà que la vague était lancée.
Phase 2 – Si les médias n’en parlent pas, c’est donc une rumeur
Les esprits s’échauffent, Marc Cassivi contacte la compagnie de disque de Lhasa de Sela, nous retweetons tous en coeur la réponse pour faire amende honorable : RT @: Selon Audiogram, que je viens de joindre, la condition de Lhasa était stable à la mi-décembre…via @
Phase 3 – Les commentateurs jubilent la nouvelle est démentie
Sylvain Marcoux qui avait tweeté en premier la nouvelle efface ses tweets n’étant plus certain de rien. Déjà, certains médias en ligne commentent la chose comme un exemple de rumeur sur Twitter qui s’est avérée fausse. Cela dit, en faisant des recherches en langue anglaise (fait important, puisque la famille est américaine) sur Facebook, il est maintenant clair que la famille est avisée de son décès.
Phase 4 – Cela vous apprendra, vous, pseudo-journalistes
Ce matin, aucun média mis à part Bruno Guglielminetti (@RC_CarnetTechno) n’avait encore cherché à confirmer l’information autrement que par la voie officielle de la compagnie de disques. Olivier Robillard Laveaux s’en est mêlé, puis Rock Détente et finalement quelqu’un de QMI a appelé Mike Pincus, le père du frère de Lhasa dont les coordonnées sont publiques. Un communiqué suivra, pour ceux qui ont encore besoin d’une source officielle.
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