Steve Wozniak à Montréal : Entreprenariat, créativité et valeurs québécoises…

Hier, Éric Duhaime faisait voler en éclats sa bombe médiatique annonciatrice d’une offensive du PCC sur la ville de Québec : Harper avait déclaré au FM 93 que les gens de Radio-Canada détestent les valeurs conservatrices (lire l’article de La Presse ici). « Hon, juste eux ?», diront les plus cyniques. Ce même soir, se tenait aussi la conférence de Steve Wozniak​, cofondateur d’Apple, une modeste compagnie cotée en bourse qui fait les actualités tous les jours… Cette soirée s’inscrivait dans l’initiative Prospérité Québec, en collaboration avec la Chambre de commerce du Montréal Métropolitain, TACT Intelligence-Conseil et le Conseil du Patronat.

Et si cette polarisation entre la gauche et la droite qui fait le pain et le beurre de certains chroniqueurs n’était que du vent?

Nous n’en serions pas surpris et c’est là le lien entre ces deux événements du 16 février… Faut-il le préciser, mais le CPQ et la CCMM ne sont pas des organisations constituées de « vilains gauchistes ». Cela dit, pour faire un bon spectacle avec un pareil événement, il faut un peu plus que quelques entrepreneurs et deux libertariens stimulés par Radio X qui livrent leurs témoignages. Insuffler un peu de poudre d’étoiles et de magie, c’est ce que des vedettes de Radio-Canada ou de Musique Plus, comme Pénélope McQuade (qui a animé avec brio cette soirée bilingue), Denis Talbot, l’homme d’affaires Alexandre Taillefer (aussi Dragon et mécène reconnu) et Gabriel Bran Lopez de Fusion Jeunesse apportent par leur présence.

C’est un principe que les gens d’affaires connaissent bien : le monde du spectacle et des médias témoignent de la qualité d’une ville et plus largement d’une société. Quand Wozniak a souligné la créativité de la mise en scène de la conférence, Alexandre Taillefer a répondu : «  c’est normal, vous êtes à Montréal ». Et c’est très exactement cette vision qui est ressortie de la conférence d’hier : sans créativité, pas d’entrepreneuriat et plus on encourage une pensée créative chez les jeunes, plus l’on aura un monde d’affaires en ébullition.

La créativité à la racine du dynamisme entrepreneurial

Dans la salle, hier, j’ai reconnu des vedettes des médias, de jeunes entrepreneurs moins connus du public, mais qui au cours des dernières années de start-up en start-up ont tracé leurs voie et les compagnies qu’ils fondent seront connues. Tous étaient fiers de collaborer à une vision dynamique de Montréal et, plus largement, de leur société. Je peux aussi dire sans trop me tromper que beaucoup de participants regardaient cette foule attentive et enthousiaste en se disant comme moi, que ce mélange arts et entreprises, s’il est déjà célébré par les grandes écoles commerciales (à HEC on citait souvent Richard Florida, allez voir par ici) et dans les événements de réseautage (j’ai collaboré à l’organisation de pareille vitrine lors de Québec ! New York 2001), c’est qu’il témoigne éloquemment des valeurs que nous associons à l’image de la prospérité.

Le discours de Wozniak s’il paraît parfois un peu forcé dans son quasi jovialisme, recèle quand même des perles en ce qui a trait à la motivation, par exemple, lorsqu’il répond à Pénélope, qui lui demande s’il savait à ses débuts qu’il allait changer le monde, qu’il ne le savait pas, mais que c’est qu’il voulait. Devons-nous alors nous surprendre que l’imagination, la créativité et l’envie de vivre de sa création réunissent souvent les artistes comme les entrepreneurs à succès?