Lundi jour de réflexion.

Sortir dans la rue pour ètre entendu ?

À peu près à cette même date, il y quelques années, j’étais en Guadeloupe à Marie-Galante, une petite île des Antilles. Là-bas, tout était paralysé par de prochaines élections. Les partis politiques, pour joindre les potentiels électeurs, prenaient d’assaut les rues, le candidat juché sur un petit véhicule de fortune muni d’un haut-parleur, les partisans suivant à pied en chahutant…

Ici, la rue n’est plus un espace de communication et les places publiques ne servent plus de point de rassemblement ou de point d’information. « être à la rue », ou « dans la rue », comme on dit au Québec, c’est d’avoir tout perdu et de se trouver contraint à exposer sa misère à la vue de tous. Les rues ont changées. Nous sommes bien loin l’époque des grandes manifestations, alors que les autorités se trouvaient démunies devant les larges foules et perdaient la face.

Aujourd’hui les forces policières sont entraînées, organisées et déploient des stratégies d’arrestation ciblée et de refoulement, souvent contre les porteurs du message. Qui se retrouve donc trop souvent dans la rue et devant les caméras de télé ? Les manifestants plus violents, ceux qui causent le chaos. Le but d’une manifestation étant de communiquer, si le message ne touche ni la population, ni les dirigeants, cela demande une révision de ces techniques.

Cela dit, mon expérience des communications m’a appris que pour trouver une oreille attentive il faut trouver une voix articulée. Les revendications de toute nature ont plus de poids quand les revendicateurs sont soutenus par des structures de relations publiques, même artisanales. Il faut sans aucun doute que des groupes extérieurs questionnent les actions de nos dirigeants. Loin de contester la pertinence de ces préoccupations, je trouve même plutôt déplorable ces idées ne circulent pas plus aisément. Or, si les nouveaux médias offrent une voie accessible de diffusion, il reste encore à organiser la communication.