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Montréal fera encore face à une crise du logement

Ce matin, Cyberpresse titrait, Québec se retire de l’aide aux familles, présentant le cas d’une jeune mère et de ses deux garçons sans logement depuis février. La crise du logement faisait plus sensation lorsqu’elle touchait même ceux qui avaient les moyens de payer un appartement. En 2002 et 2003, trouver un appartement pas trop dégueu pour moins de 1000 $ relevait de la prestidigitation. Depuis, si je me fie aux copains qui se sont relogés récemment, il faut faire vite, mais il est possible de trouver un appartement à Montréal, si on peut payer autour de 1000 $ chaque mois.

En 2003, alors que je travaillais pour la Ville de Montréal et de façon plus spécifique sur le dossier Opération 1er juillet – une formulation destinée à mettre de côté l’idée de crise – il était évident que le programme de supplément au loyer était nécessaire pour pallier le manque de logement social et coopératif. Parce que ne nous leurrons point, en connaissez-vous beaucoup de monde qui paye moins de 500 $ pour un deux chambres à coucher dans le 514 ? Personne. Un trois et demi avec une seule chambre coûte environ 500 $ et à ce prix, vous êtes dans un édifice vétuste, avec une cuisine et une salle de bain tout juste fonctionnelles.

Je me demande parfois si toutes les familles qui se retrouveront à la rue dans les prochaines semaines sont déjà sur les listes d’attente pour un logement social. Sûrement pas. Si c’était le cas, nous aurions un portrait pas mal plus précis de la situation et Québec devrait non seulement prolonger son aide à la Ville, mais aussi son programme de supplément au loyer. Parce que ce supplément a permis au cours des dernères années à beaucoup de familles québécoises de se loger décemment pour un prix modique en attendant une place dans un hlm ou une coopérative.

Enfin, j’aime mieux vivre dans une société où je dois payer 300 $ de plus d’impôt par année et où les familles plus vulnérables peuvent se trouver un hlm… Mais ça, c’est moins point de vue.

Et, Cécile vient de me faire remarquer que Pat Lagacé allait dans le même sens, il mentionne même aussi les baisses d’impôts dont on se passerait aisément pour que tout le monde ait un toit décent. Faut croire que parfois le bons sens est contagieux parce que en voyant cette nouvelle, que Pat associe à sa réflexion, j’ai pensé la même chose que lui.

Nadia Seraiocco

Spécialiste relations publiques et médias sociaux | conférencière | blogueuse

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2 réflexions sur « Montréal fera encore face à une crise du logement »

  1. ah comme tu as raison. Je crois que c’est une belle méthode cette aide financière car le problème c’est la pénurie de logements abordables. Pas facile de se loger à plus de 700 $ par mois lorsqu’on travaille au salaire minimum….
    Il y a deux ans lorsque j’ai cherché un appart…Je n’en revenais pas. Et puis moi j’avais besoin d’un 4 et demi car je travaille à la maison et je devais le payer seule, pas de chum et de coloc. Certains de mes amis me disaient de faire mon bureau dans le salon ou dans un racoin…C’est que j’y passe beaucoup de temps..Mais après de longues recherches ( j’Avais le temps) j’en ai finalement trouvé un à moins de 600 $. Sauf que c’est pas le grand luxe, besoin de réno, aucune isolation ( j’entends mes voisins pisser ;)) mais mais j’ai une cour et ça ça vaut de l’or !
    Il est inadmissible que le gouvernement ne finance plus cette aide. Plus d’argent ? Bullshitt. Quand il s’agit de construire, de financer telle entreprise, etc etc, il y a toujours de l’argent…..Pat Lagacé parle de ce sujet aussi.

  2. Et oui, il existe encore quelques appartements avec deux chambres à petit prix, mais imagine le proprio qui a le choix entre une travailleuse autonome tranquille et une une mère avec deux garçons turbulents qui feront résonner les murs de cartons de son petit immeuble… Je vais aller lire Pat Lagacé et ajouter le lien au besoin. Merci!

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