Si j’étais un homme… Je ne ferais pas mieux qu’eux!

« Ah! Si j’étais un homme », chantait Diane Tell, pour ensuite nous expliquer comment elle cruiserait les filles avec des fleurs et du champagne (ouach!) et de conclure Diane, « je serais romantique ». C’est de ce genre de clichés qu’on nourrissait les filles au début des années « 80 ». Parce que, figurez-vous qu’en matière de romantisme, les gars et les filles s’expriment différemment. Et franchement, ça ne nous aide pas à passer par-dessus les difficultés de communication que d’essayer de superposer notre vision à celle de l’autre pour ensuite se hérisser parce que ça ne fitte pas. Les conversations que nous avons entre amis vont encore, mais il faut un effort de communication pour entrer en relation plus intime avec l’objet d’une potentielle affection.

Grande marieuse, ce n’est pas d’hier que j’essaye de comprendre la game. J’espionne les gars sur leur terrain depuis ma plus tendre enfance. À sept ou huit ans, je me désespérais de ne pas pouvoir faire tout ce qu’ils faisaient. Je suivais les gamins de mon quartier et j’enviais leur liberté. Je grimpais aux arbres, j’échafaudais des plans diaboliques pour torturer le monsieur revêche du quartier, je méritais ma place au sein des groupes de gars. Du moment où je suis devenue « une jeune fille », en mots clairs j’ai eu mes règles, on m’a mis la bride et j’ai commencé mon entraînement de femme. Dès lors, la complicité avec les gars s’est rétrécie. Eux, ils continuaient leur vie de liberté. Gars ou fille, chacun de notre côté, nous apprenons à entrer dans un rôle de séduction fondé sur la dissimulation.

Cela dit, tandis qu’on m’affublait d’une sacoche et d’un brillant à lèvres, j’enviais toujours autant la liberté de mes pairs masculins. Eille, ne niaisons pas, quelle fille n’aimerait pas pouvoir sortir seule sans peur? Ou partir sur le pouce n’importe où sans se faire sermonner? Ou avoir plus de temps devant elle pour décider d’avoir des enfants… On se console alors en disant des trucs convenus comme « les hommes sont d’éternels enfants », ou « ce sont des quarantenaires pré-pubères », comme l’a dit Olivia Lévy hier à Il va y avoir du sport. Ça nous rassure. Mais en fait, nous sommes celles qui avons besoin d’un engagement avant un certain âge pour faire des bébés ou se caser comme disait ma grand-mère. La biologie fait qu’un gars pourra toujours faire un Claude Dubois de lui-même et se fabriquer un poupon à 57 ans. Alors pourquoi donc les hommes s’engagent-ils à 25, 30 ou 40 ans? Parce qu’ils sont en amour. Et, je ne vois franchement pas de meilleures raisons. Pourquoi certains ne poursuivent-ils pas une relation avec une fille bien quand il n’y a pas d’étincelles dès les premiers moments? Parce qu’ils n’ont pas besoin de forcer la note, d’être rationnel, ils ont le temps. C’est injuste, mais c’est ainsi.

Je vous dis tout cela, parce que toutes ces années à espionner les gars sur leur propre terrain m’ont gardée de bien des préjugés associés aux relations homme-femme. J’ai écouté mes amis me raconter leur quête de l’amour, leur angoisse devant tout ce qu’on attend d’eux et même leurs infidélités – pas de panique, je nommerai personne – et je me suis étonnée de leur vulnérabilité dans toutes ces situations. On dit parfois que les filles cherchent l’amour, alors que les hommes ne veulent que du sexe. Mais qui voudrait d’un amour sans un fond de passion? L’amour qui se construit, le mariage arrangé sans passion, est le ciment qui sert à former une famille au sens catho de patente. Et, c’est là que l’aspect rationnel comptable des relations, la fameuse « checklist », qui faisait flipper Sof la semaine dernière, arrive. De fait, j’ai connu autant de gars que de filles qui séparaient le sexe de l’amour – les filles ne le crient pas sur les toits et sont plus discrètes dans leurs aventures pour ne pas se faire étiqueter – et autant de gars que de filles qui cherchaient le grand amour. Ça ne se verbalise pas de la même manière, à cause de l’éducation, à cause de siècles à communiquer sur des modes différents.

Pour comprendre les hommes ou les femmes, il faut accepter de ne rien tenir pour acquis et de laisser au vestiaire les principes moraux pour essayer de voir au-delà des mots. Parce qu’à force de parler à des étrangers (NDLR précisons ici que Xavier de p45 semble s’entraîner à ce sport d’où le lien) ils finissent par nous être familiers.

Nadia Seraiocco

Spécialiste relations publiques et médias sociaux | conférencière | blogueuse

6 réflexions sur “Si j’étais un homme… Je ne ferais pas mieux qu’eux!

  • 23/10/2007 à 08:54
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    Boys are so crazy!!!

    Someone needs to pull us aside in grade school to warn us about just how complicated life becomes when you suddenly begin to lust after the opposite sex!!

    Seriously…it’s nature’s cruelest trick 😉

  • 23/10/2007 à 09:43
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    I know, but don’t we wish we could be that carefree!

  • 23/10/2007 à 12:20
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    Sof a totalement raison!

  • 23/10/2007 à 14:28
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    Le Fred > Comme j’aime entendre ce genre de choses… 😉

  • 23/10/2007 à 21:51
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    Et plus ça change, plus c’est pareil…
    Qui donc a dit que les hommes viennent de Mars, les femmes de Venus, et c’est pour ça que c’est si compliqué de vivre en harmonie?
    Des fois, je me dis que faire « appartement à part »… c’est peut-être la solution?

  • 24/10/2007 à 14:42
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    En direct des îles > Beaucoup de jeunes couples que je connais gardent des espaces, au moins de travail, séparés. Hommes ou femmes, nous venons tous au départ d’une femme! Après, y’a l’éducation, les hormones et tout le tralala qui se rajoute…

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