Questions d’argent… Et de carrière.

Récemment, j’ai demandé à une directrice littéraire, comment m’y prendre pour publier un recueil de mes nouvelles. Comme elle connait bien l’industrie, elle a précisé, « je dois t’avertir, un recueil de nouvelles ici ou ailleurs est rarement payant…» Je lui ai répondu en riant que si je multipliais par 10 les cachets que j’obtiens pour la publication de mes textes, je concevais très bien que je ne me payerais pas un condo avec ça…

Voyez-vous, j’ai toujours eu des capacités de faire un peu plus de sous que la moyenne, mais je ne m’en suis jamais souciée. Aucun vertu là-dedans, je ne m’endure pas quand je fais un boulot qui ne m’intéresse pas. L’accomplissement personnel, l’idée de faire quelque chose qui compte pour moi et qui rejoint un certain public m’importe plus. Par exemple, il y a une vingtaine d’années, j’étais mannequin, rien d’extraordinaire, des petits contrats de publicité et de modeling ça et là. Assez tout de même pour mêler le compas de plusieurs consœurs, car lorsqu’on est payé quelque 100 $ de l’heure (donc 150/ h en 2010)  pour faire des risettes et porter de jolis vêtements, on en retient que tout sera toujours facile. Deux années et j’en ai eu raz le pompon des pool partys et des cocktails de réseautage, où on serre des mains et on est gentille avec les gens, des monsieurs surtout qui veulent côtoyer des mannequins.. C’est donc sans regret que j’ai tout plaqué pour étudier la littérature à l’université Laval. Oui, j’ai un don pour suivre mon cœur plutôt que le son de la caisse enregistreuse. Ne criez pas K-chinggg!, je ne me retournerai pas.

En clair, chaque fois que j’ai basé mon choix d’un boulot sur le salaire, tout épatée que j’étais de pouvoir commander plus que je ne le croyais, j’ai regretté ma décision. En fait, mes pires expériences de travail, dont mon passage de quelques mois dans une radio commerciale de Québec, ont suivi le raisonnement suivant : «qui ne voudrait pas une offre pareille, une position aussi enviable à un si bon salaire?» La réponse que j’oblitérais alors, tenait pourtant en trois lettres : MOI. Je n’ai pas de regrets, je regrette généralement les occasions manquées pas les essais-erreurs. Mais il faut tout de même apprendre de ses faux-pas.

Même si on me dit souvent que mes trucs artistiques ne payent pas beaucoup, je constate aujourd’hui que je ne ressens aucune frustration de présenter mon travail artistique pour peu, parce que cela me profite et me rend heureuse. Je comprends aussi que mes compétences en communication ne doivent pas être marchandées à la baisse. Je n’en profite pas et celui qui demande conseil non plus. Comme le dirait une amie, un conseil gratuit est un conseil qu’on ne suit pas et mon travail bénévole dans le domaine me l’a bien prouvé.

L’exemple pratique le plus probant, et qui guide ma réflexion professionnelle actuelle, est qu’avec quelque 10 ans d’expérience en relations publiques, j’accepterais volontiers un salaire moindre que ce que j’ai connu pour occuper un poste de direction ou de coordination (selon la taille de l’organisme) dans un organisme culturel, mais je n’accepterais pas de faire des communications pour un salaire moindre que ce que je peux gagner en entreprise.

Bref, le ciel s’éclaircit, il reste maintenant à trouver ou à créer les opportunités artistiques et ou professionnelles.

8 réponses pour “Questions d’argent… Et de carrière.”

  1. Laurence, qui travaillait avec nous, a obtenu une bourse du Conseil des arts pour écrire un recueil de nouvelles. Elle est présentement à la recherche d’un éditeur. De plus, elle a publié plusieurs nouvelles dans des revues indépendantes, une qui s’appelle Biscuit chinois entre autre. Tu pourrais peut-être lui demander conseil.

  2. Merci, c’est très gentil de me répondre ainsi. Je crois que Laurence m’avait mentionné ça… Je n’ai jamais rien soumis à Biscuit chinois. Je regarde oui, du côté des bourses, mais tout en travaillant, tu sais ce que c’est. J’ai publié deux textes dans des revues indépendantes, ZINC et Virage, tu peux les lire en consultant l’onglet « fictions » en haut à gauche, ouf, pour la suite des choses, je pédale…

  3. Ping : Nadia Seraiocco

  4. Tu devrais publier ton recueil sur ton Blog avec lien sur Facebook.
    C’est surprenant le nombre de gens qui sont rejoints.
    Pour le cachet d’écrivain de livre, ce n’est pas compliqué à calculer:
    Tu reçois 10% de chaque livre vendu. Si ton éditeur en imprime 500 ( recueil de nouvelle)
    et qu’il le vend 16,95$ chacun; ton cachet sera 1.69$ multiplié par les ventes moins
    25% de la somme retenue pendant 2 ans par l’éditeur pour les éventuels retours des magasins…

  5. Merci Bernard de cette réponse généreuse. J’ai travaillé aux éditions de la courte échelle, je connais assez bien les règles de paiement, certains ne payent aussi que sur les ventes réelles comptabilisées chaque année. Et oui, l’avance est presque toujours un paiement escompté sur les ventes. Comme tu vois selon ton calcul, même en vendant 1000 recueils de nouvelles, ce qui serait très bien, il ne faut pas faire pour les revenus. Pour presque vivre, il faut aller chercher des bourses d’écriture et cumuler d’autres fonctions. Cela dit pour les auteurs très connus ou les projets spéciaux, l’éditeur attribue parfois des sommes versés en cachet pour que l’auteur puisse de dédier au projet.

    J’ai déjà publié ici deux de mes textes parus sur papier dans des revues littéraires, mais je n’ai pas l’intention de publier tous mes textes ici. Le Septentrion et ses Carnets Hamac publie des blogues « littéraires », mais dans mon cas ça ne serait pas très spontané et les autres éditeurs ne raffolent pas des textes déjà « blogués ».

  6. Ping : Isabelle T

  7. Puis-je réserver un exemplaire ? Ça me fera tellement plaisir d’avoir un petit bout de Nadia à côté de moi la nuit… sur ma table de chevet. Mes rêves seront assurés 🙂

  8. Laurent, Laurent! Toujours aussi gentleman et drôle! Merci de ce vote de confiance et bien évidemment que te réserverai un exemplaire. Reste à planifier le tout 🙂

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