Facebooker de sa cellule de prison…

En action à Dumont sur V.

La semaine dernière en lisant mes actualités médias sociaux, que vois-je, en Caroline du Sud on discute abondamment le cas d’Islam Dunn 19 ans, qui comme tous les gars de son âge met à jour sa page Facebook pour aviser ses amis de ce qu’il fait… Sauf que Islam est en prison pour meurtre. Quoi? On a accès à Internet en prison? Mais non, c’est même défendu dans les pénitenciers que l’on soit aux États-Unis ou au Canada. Alors comment font les détenus pour facebooker, élémentaire cher Watson, ils utilisent un cellulaire de contrebande.

Une loi anti médias sociaux en prions en Caroline du Sud…
Si les mises à jour d’Islam Dunn témoignent d’abord du fait qu’il s’en passe de belles en prison, elles nuisent aussi à la quiétude d’esprit de Tarangie Tyler. Son mari a été tué par Dunn est ses comparses… Dans d’autres cas, Facebook a été utilisé par des détenus de Caroline du Sud dans un but d’intimidation, une chose difficile à contrôler quand on sait ce que des mots d’apparence banale peuvent parfois cacher. Dans ce contexte, Wendell Gilliard représentant de Charleston veut une loi anti médias sociaux en prison, pour garantir la paix d’esprit des victimes… Une pareille loi risquerait fort d’incriminer aussi les membres du réseau d’un détenu qui, sans trop y penser, lisent ses publications et approuvent même ses mises à jour. Et là, le dilemme est moral, car certains pourraient prétendre que ce contact avec l’extérieur, s’il est bien contrôlé pourrait contribuer à la réhabilitation d’un détenu, tandis que d’autres y voient une nouvelle façon de communiquer dans un but criminel.

Et au Québec ? Les saisis de téléphone cellulaires sont épidémiques…
Après un premier contact avec les Services correctionnels du Canada, on m’a dit que ce problème ne semblait pas encore arrivé ici : Internet est défendu, les cellulaires aussi et des sanctions sont appliquées si un détenu en a un. Cela dit, ces interdits n’ont pas empêché Jonathan Klor, détenu de Rivière-des-Prairies, de se produire ses propres vidéos, tel que le rapportait Rue Frontenac.

L’opinion d’une criminaliste
Véronique Robert qui est criminaliste m’a donné quelques renseignements sur la question. C’est un secret de polichinelle que les cellulaires circulent en prison, cela dit pour Facebook, elle était un peu surprise que le phénomène soit si répandu. Dans un contexte de travail où la documentation est de plus véhiculée sous format électronique et où les seules communications avec le milieu carcéral sont encore le téléphone public et bon vieux courrier papier, elle rêve d’un jour où ces clients détenus auront accès à un courriel pour préparer leur procès. Car si vous ne le saviez pas, le courriel (qui peut être vérifié comme une lettre l’est) est interdit en milieu carcéral, même pour préparer sa cause ou fixer un rendez-vous à un avocat.

Harcèlement et intimidation
Et qu’en est-il du harcèlement auquel pourraient se livrer les détenus via le courriel et les médias sociaux? Comme elle défend les accusés, c’est plutôt l’autre côté de la médaille qu’elle me pointe, soit les messages d’intimidation et les menaces qui couvrent parfois le profil d’un client. Cela dit, elle souligne aussi qu’il y a un contrôle des communications des détenus, pour répondre à une interdiction de communication ou pour prévenir une possible participation à un complot…

Sources :

Ma chronique à Dumont : Les médias sociaux en prison

L’histoire de Islam Dunn et des autres cas de détenus qui facebookent relatée par le Huffington Post.

Rue Frontenac qui titrait justement : Cellulaires en prison : « Québec doit prendre ça au sérieux»

Cellulaires en prison, tel que rapporté par Radio-Canada

La Caroline du Sud veut interdire Facebook en prison, dans l’Express

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