Totalitarisme ou tautologie…

Je me rappelle, que lorsque j’étais étudiante en littérature à Québec chaque année, je visitais Montréal à la fin août pour assister au Festival international du film de Montréal. J’ai un souvenir précis d’avoir vu Marc-André Forcier présenter Une histoire inventée, moi petite nobody assise au parterre. Ouh! Je viens de vérifier et c’était en 1990, ça ne me rajeunit pas!

Il est vrai que ce festival est si peu axé sur le gratin québécois, que ce doit être vu comme un défaut par le « milieu ». Cela dit, il reste qu’il y a des volets de l’événement qui devraient être développés pour répondre aux exigences des subventionneurs en ce qui a trait à l’éducation et à la diffusion.

En cette ère de rentabilité, si l’on compare de plus en plus l’industrie culturelle à l’industrie commerciale demandant des preuves rendement et de rentabilité, nous ne pouvons imaginer le Gouvernement faisant un appel de candidatures pour prendre en mains une manufacture de chaussures, sous prétexte que l’entreprise subventionnée ne prend pas l’expansion qu’on souhaiterait.

Oui, mais la culture, c’est différent me direz-vous, c’est une vitrine ouverte sur l’excellence de notre société… Ça va, ça va, j’en ai écrit des tonnes de lignes sur la nécessité de la culture. Autant de « band-aid » sur autant de bobos. Je vous demanderais en quoi maintenant la culture se distingue de l’industrie, quand chaque année la diversité culturelle est discutée comme un sujet à la mode, tandis que partout on réduit le spectre des produits culturels à un seul dénomiteur commun : ce qui fait sonner la caisse. « Augmentez vos revenus autonomes », dit-on aux entreprises culturelles tout format. Et si votre travail ne rejoint que 10 000 personnes, changer votre format, faites de la pub et demander à votre directeur artistique d’être plus présent dans les médias!

Si la chose vous intéresse, aujourd’hui dans Le Devoir quelques artisans du milieu du cinéma s’exprime sur le FFM. Quant à la diversité culturelle, pour qu’on cesse une fois pour toute de s’imaginer que le concept a été élaboré dans le bureau d’un fonctionnaire du troisième millénaire, vous pouvez lire Avant-garde and Kitsh, un texte de Clement Greenberg écrit en 1939…