Drôle de culture

Depuis quelques temps déjà, journalistes et « penseurs » se plaignent qu’il y a trop d’humoristes au Québec. On devrait rire moins, rire mieux, bref réfléchir en s’amusant. De même, on semble croire que le métier d’animateur devrait être réservé à des gens qui ont des études en communication ou en art dramatique. Qu’il existe une École de l’humour et d’autres pour apprendre les rouages de la communication ne change au rien au fait que le charisme et le talent se peaufinent peut-être, mais ne s’enseignent pas.

L’américanité fait partie des composantes de notre culture. Et du côté Sud mes amis, si certains se plaignent de la présence des «comedians» ou humoristes sur toutes les scènes, le business s’en fout parce que ceux qui font rire, cartonnent à l’audimat et au box-office. Qui animait la soirée des Oscars ? Chris Rock, un humoriste. Tous les «late-night shows» sont entre les mains d’anciens «stand-up» ou scripteurs d’émissions comiques parmi lesquels, Jay Leno, le défunt Johnny Carson, David Letterman et la « relève » Connan O’Brian. De la même manière, si l’on considère les shows d’après-midi destinés aux femmes, ceux-ci sont de plus en plus souvent confiés à des femmes humoristes, dont Rosie O’Donnell et Ellen Degeneres. Parmi les « sitcoms » qui ont fait mouche au cours des dernières années on compte Roseanne (Barr), Jerry (Seinfeld), Everybody loves Raymond (Ray Romano) et The Drew Carrey Show. Tous des humoristes.

En matière de cinéma, les acteurs issus de Saturday Night Live, une pépinière du genre, occupent une place de choix sur les marquises des cinémas. Adam Sandler, Will Ferrel, Steve Martin, Eddy Murphy et Mike Myers sont tous des champions du box-office, qu’on qualifierait ici d’humoristes.

Le film « La grande séduction » était un petit bijou qui a bénéficié de la collaboration de quelques humoristes du Québec, tant au jeu avec Bruno Blanchette et Clémence Desrochers, qu’au scénario avec Ken Scott. Il faut croire qu’il y a des humoristes de talent chez nous. Après avoir vu plusieurs spectacles d’humour, je peux vous dire que certains m’ont énormément plu alors que d’autres m’ont laissé de glace. Cela dit, ceux que je n’ai pas appréciés ont fait rire quand même les gens dans la salle. Les spectateurs ne sont pas masochistes, quand ils n’aiment pas, ils ne reviennent pas.

Alors pour mettre du piquant dans nos fins de soirées, nous devrions demander qu’une formule à la Saturday Night Live soit mise sur pied chez nous. Après les nouvelles, cela ferait du bien, les Québécois se coucheraient avec le sourire…

Une réponse pour “Drôle de culture”

  1. Une tentative de Saturday Night Live québécois a avorté il y a quelques années. L’émission mettait en vedette Sylvie Moreau, Bruno Blanchet, Pierre Lebeau et plusieurs autres. Le projet n’a pas fonctionné pour cause de ‘divergences artistiques’.

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