Des excuses qui font tout drôle…

Marc Snyder, un copain blogueur, réagissait à ma réaction à la suite de la rétractation du maire de Montréal. Pour y répondre, je me suise à écrire, tant et tellement que j’en ai fait un autre texte… Marc précise qu’il a travaillé pour l’UCIM, or je précise, que j’ai travaillé pour la Ville de Montréal et sur une présentation du budget. Or, Marc connaît le côté politique de l’affaire, tandis que je connais plus le fonctionnement interne.

Je m’explique d’abord sur ce qui m’agace des excuses du maire. Son geste est honorable et fera sa marque dans l’histoire de la politique. Toutefois, cela semble mettre en lumière un certain manque de cohérence. Il faut savoir que le budget de Montréal est une machine énorme qui demande au moins deux mois de préparation, peut-être plus. Il n’a donc pas été calculé dans les semaines suivant les élections pour se trouver tout frais imprimé dans les mains des journalistes le 7 décembre. C’est donc dire qu’au moment où Gérald Tremblay promettait de ne pas hausser les taxes, les gens des finances travaillaient déjà sur un budget avec hausse. Les excuses étaient probablement le seul moyen à court terme de s’en sortir, mais comment en est-il arrivé là?

Si les élections avaient eu lieu trois ou quatre mois avant la sortie du budget, tout serait différent. Or, dans le cas présent, on peut penser que le maire affirmait une chose tout en sachant qu’il avait autorisé son contraire un peu plus tôt. C’est là que ça accroche. Comme le maire Tremblay semble un honnête homme, on souhaiterait attribuer ce cafouillage à un manque de concertation entre les différentes entités. Est-ce le cas? La page est tournée pour plusieurs, mais le doute restera peut-être pour certains.

Pour ce qui est du décret, il était attendu depuis longtemps et certains édiles des arrondissements connaissaient son contenu, affirmait une journaliste de La Presse. Si c’est le cas, comment la Métropole pouvait-elle ne pas être en informée? Pour mesurer l’impact du décret, il faut préciser que les infrastructures de Montréal ne fournissent pas l’eau potable de tous les arrondissements ou villes de l’île. L’eau potable provient de huit usines municipales (dont une je crois a été bâtie et entretenue par une ancienne ville) et de trois réseaux privés d’aqueduc. À cela s’ajoutent quelque 650 puits dans l’ouest de l’île. De plus, certaines anciennes villes, comme Saint-Laurent, avaient déjà des compteurs d’eau avant les fusions. Ce calcul est donc beaucoup plus compliqué que la masse des revenus fonciers multipliée par un certain pourcentage.

On a rapporté que les sommes divergentes équivaudraient à environ 15 millions, certains médias reprenant les mots de l’administration proposaient 40 millions. Cela dit, 40 millions sur un budget de quelque 4 milliards représentent moins de deux pour cent. Or, chaque année, Montréal présente un bilan financier qui inclut un surplus bien supérieur à 40 millions, dont une partie est injectée dans le budget de l’année suivante.

En pensant à cela, je me suis demandée si la Ville avait plus de difficulté à démêler les soldes et les surplus à être retournés aux municipalités défusionnées avant le 31 décembre 2005, que les histoires de taxes d’eau. Je serais bien curieuse de voir comment cette réalité influence le budget. Mais bon, si personne n’en parle, j’aurai oublié cela dans un jour ou deux, au profit de mes projets personnels…

Enfin, je digresse, mais s’il peut être justifiable de refaire les calculs en ce qui a trait à l’eau, il reste encore à savoir pourquoi le maire a fait la promesse de ne pas hausser les taxes, une promesse inutile à sa réélection, alors que les colonnes de chiffres qu’on alignait pour lui racontaient une autre histoire. Ça c’est le bout qui m’achale comme on dit chez nous!