Communiquer vraiment ou le choix des mots

Au risque parfois de pérorer un peu trop, j’aime écrire et réfléchir sur ma profession. J’’en livre parfois ici de petits bouts…

« Ce que l’on conçoit bien s’énonce clairement
Et les mots pour le dire arrivent aisément »

Boileau, L’Art poétique (1674)

Dans le domaine des relations publiques, surtout dans le domaine culturel, on devrait méditer plus souvent sur cette petite maxime. Parce que, contrairement à ce que l’on entend souvent, le communicateur n’est pas une simple courroie de transmission ou mieux encore, un technicien qui découpe des contenus qu’il ne comprend pas en tranches sitôt réassignées à des produits de communication appelés « communiqué », « questions et réponses » et ainsi de suite. Vu sous cet angle, le communicateur est le véhicule passif d’un processus fait de gestes mécaniques répétés et au bout duquel il pourra toujours dire que si le message n’a pas été entendu c’est qu’il n’était pas intéressant. La responsabilité retombera donc sur le chercheur ou le créateur, lorsque ce n’est pas sur l’organisation. Mais de fait, comment parler avec éloquence d’un produit qui ne nous intéresse pas ou dont on doute? C’est là que réside la spécificité du marketing culturel, dans cet apostolat que nécessitent les produits culturels : il faut avoir la foi dans un produit culturel pour le vendre.

Contenu, culture et curiosité

Plus je réfléchis sur la question des relations publiques et plus je suis convaincue – comme bien des auteurs sur le sujet – qu’avec la somme des messages qui circule, le communicateur dispose de peu de temps pour vendre son dossier à un journaliste ou attirer l’attention de son public. Par exemple, je me rappelle que lorsque j’étais journaliste culturelle, quand un ou une relationniste m’’appelait pour me « vendre » un spectacle ou un événement, je me faisais une opinion en tout au plus une minute.

Si, par malheur, je tombais sur un communicateur qui ne maîtrisait pas son contenu et me répétait quelque chose du genre, « c’’est le plus gros show de son genre, personne n’’a jamais vu cela », sans pouvoir me dire à quoi son produit se comparait ou répondre à une simple question de contenu, je passais à l’’appel suivant. On a beau « surfer » sur les contenus en communication, il faut au minimum une culture générale riche et une curiosité aiguisée pour avoir la capacité de créer des liens entre les événements et les contenus pour ainsi gagner une certaine crédibilité auprès de son organisation et des médias. Que l’’on soit relationniste dans le milieu culturel ou politique, peu importe le sujet, la crédibilité du porte-parole compte pour beaucoup. Une bonne source, c’est quelqu’’un qui connaît son sujet.

Forme : clarté et style

J’’en reviens à Boileau, puisque pour écrire des communiqués ou des publicités qui retiennent l’’attention, il faut d’abord comprendre le produit ou l’événement à promouvoir et ensuite cibler le bon public. Cela permettra ensuite de choisir la forme appropriée et de déterminer le style à adopter. Et, au risque de répéter ce que j’’enseignais l’an dernier à mes étudiants, pour avoir du style et écrire avec clarté et concision, il faut bien connaître la langue française et avoir un vocabulaire amplement développé pour éviter les redites. À ce propos, les professionnels chevronnés développent presque toujours un lexique du sujet traité, une étape cruciale pour ceux qui ne connaissent pas une matière.