La question de l’éducation sexuelle

Utérus modèle avec maladies... Image de la boutique du International Museum of Science and Surgery (www.imss.org)

Elle est de retour, car il y a de nouvelles questions à aborder urgemment, dont les infections transmises sexuellement et la violence dans les rapports sexuels ou amoureux – une question reliée à la banalisation de la porno. QMI fait ici le tour de la question dans cet article paru hier.

Alors que du côté anglophone la sensibilisation à la planification des naissances étaient une réalité (pas toujours bien vue, souvent même criminalisée) depuis le début des acquis féministes, soit dans l’entre-deux guerres, au Québec, le joug catholique tenait encore son monde dans l’ignorance en enseignant que les rapports sexuels au sein du mariage servaient à faire des enfants, point à la ligne. Vous vous rappelez peut-être avoir entendu parler du devoir conjugal?  La mère d’un ami me racontait même avoir été prise à partie par le curé de sa petite ville, car après cinq enfants, elle n’avait pas été enceinte pendant quelques années. Empêcher la famille était un péché…

Au début des années soixante-dix, après l’adoption du Bill Omnibus qui décriminalisait, entre autres, la vente de contraceptifs et l’éducation sexuelle, les contraceptifs en vente libre sont apparus. La pilule était prescrite aux États-Unis depuis quelques années déjà, car le populaire contraceptif existe depuis 50 ans.

Pour ma part, au primaire dans les années «70», une éducatrice venait parler aux filles du système reproductif féminin et des règles, tandis que dans une autre classe, les gars parlaient de leur partie du deal. On nous laissait même des brochures du genre Mes menstruations commanditées par une compagnie de serviettes et de tampons. Au secondaire, c’est chez les sœurs que j’ai reçu, une éducation sexuelle plus complète qui abordait les questions de respect de soi. Nous discutions aussi de relations amoureuses dans les cours de valeurs morales, ce qui sortait le sujet du contexte de la formation scolaire axé sur la bio ou la sexo.

On appelle ça éduquer les jeunes et les aider à devenir adultes. Réfléchir, prendre des décisions personnelles qui ne sont pas influencées seulement par les copains, la télé ou la porno, c’est une compétence transversale à développer 😉

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Pour en savoir plus sur l’histoire de l’éducation sexuelle au Québec, un bon petit résumé par Anne St-Cerny, dans la revue À babord!

4 réponses pour “La question de l’éducation sexuelle”

  1. Je pense avoir été très chanceux au secondaire, car mes cours de formation personnelle et sociale ont étés animés par des professeurs et sexologues compétent. J’apprends aujourd’hui non seulement que le programme a été retiré, mais que plusieurs personnes de ma génération semblaient avoir connu une parodie de ce qui devait être enseigné.

    Bref, j’espère que le gouvernement entendra la demande faite cette semaine et que les commissions scolaires seront disposées à dispenser la formation sexuelle de façon efficace… #whishfulthinking

  2. J’ai parfois l’impression qu’avec cette approche fondée sur les compétences (un mot très professionnel) on a laissé tomber pour des questions d’efficacité et de budget tout ce qui touchait au développement de la personne. Un professeur qui a une formation en psycho peut avec un encadrement adéquat donner une formation valable.

    Je verrais bien au secondaire une période destinée à la formation de la personne avec des conférenciers sur la sexualité, les questions de morale et de justice etc.

    Mais comme tu dis, le gros bons sens fait souvent office de whishfulthinking.

  3. Ping : Nadia Seraiocco

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