Quelle leçon tirer de l’histoire de Maxime Roberge?

La twittosphère ne parlait presque que de ça ce matin. Quand j’ai vu les captures d’écran que quelques internautes avaient fait des tweets insignifiants, voire vulgaires de Maxime Roberge, animateur à 96,9, avait fait sur son compte Twitter, je l’ai d’abord trouvé bien naïf, je me suis aussi demandé s’il parlait comme il écrivait, puis j’ai ressenti un malaise…

La teneur des propos. Ses propos étaient inacceptables, parler de «plote sale» pour décrire une chanteuse appréciée (qu’on l’aime ou pas) est non seulement misogyne, mais en plus cela fait vraiment petit bêta, sans éducation. Ça ne surprendrait pas d’un jeune de 14 ans en mal d’attention, mais cela choque quand c’est un animateur de radio qui le dit. Bref, ça ne volait pas haut.

Questionner le jugement de l’auteur des propos. En ajoutant le hashtag #adisq le jeune animateur s’assurait – le comprenait-il, ça c’est une autre chose – que tous  les journalistes et admirateurs de la chanteuse allaient voir lesdits propos disgracieux. Avoir vu cela en direct, je n’aurais pas pu résister à l’envie d’interpeller Maxime pour lui signaler l’inapproprié de son comportement. M’aurait-il envoyé promener? Ou mieux encore chier comme on le fait élégamment parfois sur Twitter? Je ne sais pas, mais enfin j’aurais eu envie d’essayer, car parfois il est possible que quelqu’un manque de jugement ou de classe, mais soit assez sensé pour comprendre vite et se rétracter.

La morale des justiciers de Twitter. Or, si je questionne le jugement de Maxime Roberge, je questionne aussi la haute morale de ceux qui ont joué les enquêteurs, fait des captures d’écran et les ont ensuite diffusées. Peut-être connaissaient-ils l’auteur de cette série de tweets déplacés, peut-être qu’ils jouaient seulement aux plus fins dans le but de montrer leurs talents de justiciers, je ne pourrais pas dire, mais une chose est certaine, ils ont volontairement coincé Roberge. À tort ou à raison?

Instruire les niais ou abattre les ennemis. Et là je vous lance la question : dans un pareil cas, devrait-on chercher à faire un scoop avec la bêtise d’autrui ou devrait-on commencer par essayer de transmettre notre connaissance à ceux qui, de tout évidence en manque royalement ?

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Mise à jour :

Il demeure que nous pouvons constater que Twitter est devenu un outil professionnel et que les entreprises comme Astral Media aurait tout intérêt à diffuser à leurs employés une politique d’utilisation des médias sociaux. Maxime Roberge se croyait entre amis avec ses followers et ne comprenait visiblement pas la portée du hashtag. Nous pourrions parler encore de son vocabulaire à caractère misogyne, mais je lis des insultes et des propos injurieux ou scatologiques si souvent sur ce réseau, que je ne saurais où commencer.

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11 novembre :

Marc Cassivi : Ces paroles qui dépassent la pensée.

10 novembre :

Le billet détaillé de Simon Jodoin à ce propos.

La nouvelle du congédiement de Maxime Roberge sur Branchez-vous matin.

22 réponses pour “Quelle leçon tirer de l’histoire de Maxime Roberge?”

  1. D’abord, je ne crois pas que personne ne l’ait piégé. Sauf si par « piégé » vous voulez dire que certains se sont empressés de le dénoncer puisqu’il est un animateur de radio connu. Dans ce cas, on peut dire qu’il a été piégé puisque s’il n’avait pas été connu, personne n’en aurait parlé et il aurait encore son emploi aujourd’hui.

    Cela dit, il y a quelque chose de malsain dans ce qu’il a dit, mais qui n’est pas propre à Roberge. Les gens disent n’importe quoi sur Internet et pensent, à tort, qu’ils peuvent le faire en toute impunité. Là est le véritable problème selon moi. J’ai reçu des commentaires sur mon blogue qui m’ont ébahi par leur nature violente et leur mépris. Le genre de chose que personne ne dirait face à face si non par décence, par peur de recevoir une raclée!

    Sur Internet, il faut agir comme on le ferait en société. Maintenant c’est peut-être ce que M. Roberge a fait ou du moins c’est ce qu’on pourrait facilement le penser et c’est déplorable. Essayer de le corriger ou de lui « transmettre notre connaissance » n’est donc pas de mise ici, car ses propos dépassent l’Internet. Ils ne font que lever le voile sur le genre de personne qu’est Roberge dans sa vie privée. Maintenant s’il veut crier ce genre de réflexion dans la rue (ce qui est l’équivalent de ce qu’il a fait), qu’il assume!

  2. Bonjour Nadia,
    Sage reflexion, en effet l’education est de mise. Mais dans le cas d’une personnalite des medias, on s’attends a mieux et il doit assumer.
    Nadine

  3. Vous soulevez Daniel de très bons points sur la violence, voire la vulgarité des mots utilisés pour tout et rien sur Internet. Et oui, c’est la dénonciation qui me dérange un peu, car de fait, si ce jeune homme ne travaillait pas à la radio, on l’aurait tout au plus remis à sa place, il aurait effacé ses tweets. Fin de l’histoire.

    Il y a donc une volonté de faire un exemple avec Maxime Roberge, mais s’il était assez populaire sur les réseaux pour être défendu par ses supporteurs le scénario aurait-il été le même?

    Il faut aussi constater qu’il est désolant qu’un animateur de radio s’engage sur les médias sociaux sans être conscient des risques pour l’image de son employeur.

  4. Cette histoire démontre que le respect doit être de mise en tout temps. Il est possible de ne pas aimer quelqu’un ou d’être en désaccord avec cette personne, mais les insultes personnelles ne sont pas des façons de s’exprimer en public et ne mènent nulle part.

    Communiquer en public que ce soit par les médias sociaux ou par les médias traditionnels implique des responsabilités. Que ce soit devant un clavier ou derrière un micro, il est toujours important de se rappeler le vieux dicton: « lorsqu’on crache en l’air… »

    M. Roberge était une figure publique. Même sur son propre temps, il demeurait au yeux du public identifié à son employeur. Sa façon d’agir risquait donc d’éclabousser l’image de son employeur qui s’est empressé de se dissocier de manière non-équivoque de ces commentaires disgracieux.

    Les conséquences sont lourdes pour M. Roberge et c’est bien dommage pour lui. Malheureusement, il est le seul vrai responsable de son malheur. Je lui souhaite tout de même de tirer des leçons de sa mésaventure et de pouvoir laisser cette mauvause expérience derrière lui le plus rapidement possible.

  5. Nadine: je suis bien d’accord qu’il devait être tenu responsable de ses dérapages et la sanction devait venir de son employeur, mais l’empressement de certains utilisateurs à dénoncer les uns et l’enthousiasme des autres à mettre des sorcières au bûcher m’inquiète un peu.

  6. Ping : Nadia Seraiocco

  7. Ping : Eve Raymond

  8. Que je suis heureuse de lire ton texte… Il s’est passé une situation semblable avec un jeune dernièrement sur Twitter et j’ai trouvé la chasse aux soricères difficile à comprendre…
    Je suis pour le pardon facile… Mais comme dit Joël, « ceux qui ont le pardon facile sont perçu comme des pas de couilles »…
    J’aurais également été tenté de lui souligner la teneur de ses propos… et ce, même si on me dit souvent de me mêler de mes affaires :)))
    Contente de savoir que de plus en plus de gens semblent penser qu’un témoin qui ne dit rien, est un complice… C’est un peu hypocrite de sa part de critiquer le « crime » par la suite…!!
    Au plaisir!
    ClauHarvey

  9. Il demeure que nous pouvons constater que Twitter est devenu un outil professionnel et que les entreprises comme Astral Media aurait intérêt à diffuser à leurs employés une politique d’utilisation des médias sociaux. Maxime Roberge se croyait entre amis avec ses followers et ne comprenait visiblement pas la portée du hashtag. Nous pourrions parler de son vocabulaire, mais je lis des insultes et des propos injurieux ou scatologiques si souvent sur ce réseau, que je saurais où commencer.

  10. J’appelle cela mon côté prof, qui me pousse toujours à donner mon opinion aux plus jeunes ou moins expérimentés… Que veux-tu on aime regarder les autres trébucher et se dire, devant son clavier, qu’on ferait tellement mieux. Mais quand les observateurs sont plus vieux et plus expérimentés, cela me gêne.

  11. Les gens qui s’expriment mal comme lui se retrouvent tôt ou tard de toute façon à se peinturer dans un coin, ils perdent rapidement leurs amis et leur crédibilité. Pas besoin, selon moi, de venir en aide à ce déroulement inévitable des choses à grands coups de rectitude politique.

  12. Ping : pierre gaulin

  13. Ping : Daniel Lalonde

  14. Si personne ne dénonce, il sévira encore. C’est vrai pour toutes les causes.

  15. Ping : Nadia Seraiocco

  16. Ping : Audrée Longtin

  17. Nadine : je crois qu’il faut faire attention à ne pas traiter une erreur de jugement, doublée d’une méconnaissance du média comme si c’était une agression physique ou un délit sévère. Tout indique qu’il a compris trop tard son dérapage et qu’il n’est pas bien, bien vieux.

    Nous travaillons depuis plus de 15 ans dans les communications, alors son innocence nous paraît incroyable. Mais entre dénoncer, faire des chasses aux sorcières publiques et remettre quelqu’un à sa place en l’abordant ou en le punissant en envoyant ses beaux tweets à son boss par courriel, je pense qu’il y une limite. Il y a quand même des gens plus dangereux que Maxime Roberge dans notre société 😉

  18. Ping : Nadia Seraiocco

  19. Ping : Patricia Gagné

  20. Cœur de Pirate vient de passer dans une émission de télévision en France ce soir… Totalement inconnue pour moi… Gentillette sa chanson… Comme le vin, faut voir avec le vieillissement… Du coup, je jette un œil sur Internet pour voir un peu de qui il s’agit… Là je « tombe » sur un buzz avec un dénommé Maxime Roberge et j’atterris sur ce blog…

    J’ai dû me faire à l’argot de Montréal… le sens des propos tenus n’est pas évident en France… Bon, évidemment ce n’est pas d’un niveau gracieux… mais pas très éloigné du vocabulaire que les adolescents se « balancent » à longueur de journée dans leurs SMS. Question d’éducation ou certainement de niveau de langage qui change avec les générations (tous les 5 à 10 ans).

    Le problème soulevé pour moi est bien celui de l’existence de la sphère de l’expression privée. Existe-t-elle encore ? A-t-on encore le droit de confier par écrit son envie de meurtre ou de proférer des injures ? Ce qui ne suppose pas qu’on passerait à l’acte.

    Le problème me semble que les internautes n’ont pas encore compris que l’expression numérique « postée » correspond à la publication d’un journal alors qu’il pense s’exprimer comme s’ils écrivaient un journal intime.

    La publication entraîne la responsabilité des propos tenus et le choix des personnes à qui on s’adresse relève de la responsabilité de l’écrivain. Il y a quelques années seulement, on n’écrivait pas le même courrier à un « ami » intime et à une personne plus éloignée, les formules étaient plus soignées.

    Mais la responsabilité est totalement partagée avec l’ensemble des « copieurs », « repreneurs d’informations » qui créent le buzz en multipliant « l’information » en espérant qu’il se passera quelque chose, ce qui est arrivé.

    Est-on encore « libre » de ne pas aimer les catholiques, les protestants, les juifs, les musulmans, les noirs, les blancs, les jaunes… ? Il est clair que notre société « électronisée » (appareils photos miniatures, enregistreurs, I-pod, I-pad, etc) verra se multiplier ce type de dérapage. On assiste à la naissance d’une nouvelle inquisition morale qui ira d’un point à l’autre du balancier selon la région, le pays, la morale, la religion au pouvoir. Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur en France s’est lui-même fait piéger en tenant des propos « privés » en public et enregistrés à son insu. D’autres hommes politiques se sont aussi également fait « avoir » pour des propos grossiers à l’égard des femmes sans conséquence sur leur carrière.

    Ce qui est en cause, c’est une partie de notre droit à la liberté de pensée, d’expression, même si elle n’est pas convenable. Le sujet est loin d’être clos par ces simples propos.

    Pour en finir avec mes propos et le licenciement, je trouve la sanction élevée pour des propos somme toute privés… une mise à pied d’une durée à discuter me semble plus appropriée… mais la « justice » d’un pays n’est pas celle du pays voisin…

    Cordialement

  21. Patrice vos propos vont dans le sens des discussions qui ont suivi cet événement sur mon blogue, mais aussi sur d’autres médias sociaux. D’abord, oui ce ton familier et la forme courte de Twitter ne sont pas sans rappeler ces SMS que les jeunes s’envoient sans plus y penser.

    Il semble aussi que l’on ne fasse plus grand état des distinctions public vs privé dans les échanges. À ce propos, au Québec le président chef de la direction d’un grand consortium médias poursuit le président de télévision publique pour avoir dit en entrevue avec un quotidien qu’il se « comportait comme un voyou ». Peut-on tout dire? Oui, mais il est possible qu’il y ait des conséquences…

    Quant au congédiement, votre point de vue est partagé ici par quelques-uns, dont les collègues du jeune homme qui trouvent la sanction très dure.

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