Zuckerberg au e-G8, rien de très nouveau…

MAJ – Comme je le disais à CKRL 89,1 ce matin, même si les spécialistes du Web sont restés sur leur faim devant la table de ce eG8, cela ne nous empêche pas de souhaiter que notre PM, Jean Charest donne aussi les moyens à ses décideurs de connaître mieux l’économie numérique et ses têtes de files…

Avec le e-G8 Sarkozy a donc offert au public deux jours de réflexion sur le Web, avec la participation des chefs de file du domaine, Google, Facebook et des marques à surveiller comme Groupon. La grande vedette était sans conteste Mark Zuckerberg, créateur de Facebook dont la participation concluait l’événement. L’animation était assurée par Maurice Lévy, président chef de la direction de Groupe Publicis. On lui a donc demandé ce qui arriverait si Facebook n’était pas là, il a répondu simplement, qu’il y aurait autre chose, un autre site de la même nature à sa place… Je l’ai suivi en direct sur la page Facebook de l’événement et si son discours était comme toujours précis et motivant pour le milieu, rien de très nouveau n’en est sorti, car Zuckerberg a vite compris comment communiquer efficacement en gardant ses grandes lignes en tête…  Par ailleurs, Le Point semble assez d’accord avec moi. Voici donc le résumé de quelques segments.

Correction sur la présence des moins de 13 ans et l’éducation
Un sujet était fort attendu, car depuis les révélations de Consumer Report sur les moins de 13 ans sur le réseau, on attendait des explications claires de Mark Zuckerberg sur ses déclarations sur l’âge d’abonnement. La semaine dernière, questionné à ce propos, lors d’un événement sur l’éducation, se réponse sur la nécessité d’initier les plus jeunes aux usages des réseaux avait été interprétée comme l’aveu d’une intention de la compagnie.  Il a donc réitéré que que les jeunes de moins 13 ans devraient recevoir une éducation sur le  numérique, mais cela avant de pouvoir utiliser les réseaux. Peu d’éléments donc, mais assez pour corriger la perception négative de la business sans scrupules qui veut que même les enfants du primaires aient leur page pour faire plus de profits qui commençait à circuler.

Les pages d’entreprises et la publicité
À ce propos, la philosophie de Zuckerberg n’a pas bougé beaucoup depuis que le réseau universitaire est devenu ouvert à tous en 2006. Il a donc répété qu’à son avis ce qui est encore plus efficace qu’une publicité où des efforts créatifs ont été mis, demeure un ami qui nous recommande une marque ou qui « l’aime » comme dans le cas des pages de marque ou de compagnie. Même si cet endossement lui apparaît primordial, il affirme qu’il y a un grand intérêt pour les entreprises de coupler en publicité le créatif et le social. Ensuite les gens peuvent partager les publications, leur appréciation de la marque etc. À son avis, cette façon de faire est bonne tout autant pour les petites compagnies que les grandes entreprises

Cela dit, il a tout de même ajouté, que les petites compagnies ont tendance à commencer avec une page, pour ensuite ajouter une publicité Fb, alors que les grandes entreprises commencent avec la publicité et voyant le potentiel du réseau, ajoutent ensuite une ou des pages FB.

Les malentendus avec Facebook…
Mark Zuckerberg, lorsqu’on lui parle de ces développements ou changements qui causent parfois de petites rébellions sur le réseau et dans les médias, explique simplement le constant roulement des produits et ajouts à Facebook. Nous sommes toujours en processus de développement ou comme il dit en anglais « rolling out products ». Le temps de planification pour changer ou lancer un produit est généralement de 6 mois à un an et, dit-il, les réactions initiales sont presque toujours négatives. Pourtant, selon lui, le but est toujours le même : soit de permettre aux utilisateurs de faire plus avec le réseau en améliorant ce qu’ils aiment, soit le partage. On comprend que très souvent, lors de l’ajout d’un produit, comme les applications offertes par une tierce partie, tout n’est pas nécessairement arrimé. Mais il ne dira pas ça, il dira plutôt, qu’une fois certains aspects révisés, ce type d’application devient un atout et c’est le retrait de ces applications qui causerait aujourd’hui un soulèvement… Donc, à chaque changement, il y a des tensions, des ajustements, mais au final la plupart des changements sont positifs. Bien dit.

Zuckerberg en conclut que dans le marché du Web, tu peux construire quelque chose et les gens choisiront de l’utiliser ou pas. Remarquez que nous sommes quelque 600 millions à choisir d’utiliser Facebook.

Comment réussir en affaires?
Évidemment Facebook est l’idéal de la start-up Web et bien des entrepreneurs plus âgés que Mark Zuckerberg voulaient entendre son point de vue à ce chapitre. Encore là, il n’a rien dit de nouveau pour qui s’intéresse à ses sorties publiques. L’idée, dit-il, n’est pas de créer une compagnie ou un business, mais de créer, de développer un produit ou un service auquel tu crois. Il a mentionné rapidement que croire à un projet de signifie pas de chercher le consensus, c’est souvent même le contraire qui se produit, pourrait-on ajouter. Or, sa philosophie est simple : si tu mets l’accent sur ce que tu construis ou crée, plutôt que sur l’argent et le business, tu as plus de chance de réussir.

La sincérité sur les réseaux
De toute évidence, la question rebutait Zuckerberg qui ne la comprenait pas trop et a demandé qu’elle soit répétée. Plusieurs points de vue auraient pu être rattaché à cette question, mais il a choisit de défendre un principe de Facebook, soit le concept d’identité réelle sur le réseau. Facebook exige, même si ce n’est pas toujours respecté qu’on s’inscrive sous son vrai nom, donc qu’un profil corresponde à l’identité d’une personne. Dans ce cas, lorsque tu affirmes quelque chose, explique Zuckerberg, ton nom est attaché à ton commentaire.

Les différents usages de Facebook par pays ou âge…
Un participant a demandé si Facebook était utilisé de façon distinctive par les gens de groupes d’âge différents ou de pays différents. De la plus grande rectitude et avec un discours très inclusif, Mark Zuckerberg a d’abord affirmé que ce Facebook nous apprend, ce n’est pas que les gens sont si différents, mais comment ils se ressemblent d’un pays à l’autre ou d’un groupe d’âge à l’autre. Les gens veulent partager, a-t-il dit. Il semble aussi que de façon universelle, ils veulent afficher leurs goûts et les partager avec leur amis et leur famille. C’est une constante chez les utilisateurs de tous les pays. S’il y avait des observations à faire sur ce qui distingue les utilisateurs, il faudrait parler de la technologie qui est différente et des tendances présentes dans chaque pays. Il a cité à titre d’exemple, que dans certains pays, le téléphone domine comme accès principal à FB, ce qui n’est pas une constante chez tous les usagers.

Le côté commercial : achat social…
Que ce point soit soulevé n’était pas surprenant, puisque Facebook est souvent soupçonné de vouloir mettre la main sur nos cartes de crédit. Ce n’est pas un hasard si la page d’accueil dit maintenant « inscrivez-vous, c’est gratuit et ça le restera », il fallait le préciser. Quand on lui parle de commerce en ligne, Zuckerberg affirme que le secteur de l’achat social est très spécialisé tout comme celui du partage de nos goûts en consommation. Des compagnies, comme Netflix, dit-il, développent ce créneau, bâtissent ces structures pour les vendre et les offrent par des réseaux comme FB. Il a ensuite précisé que dans les différents secteurs d’industrie qui le font, il y a différentes dynamiques, pour l’achat, le paiement et Facebook laissent ces détails à ces compagnies. FB continuera d’offrir une plateforme où ces activités peuvent prendre place.

Sur les révolutions « sociales » et l’information qui circule sur les réseaux…
La question semblait difficile à aborder ou à comprendre pour Mark Zuckerberg, l’animateur ne s’est alors pas gêné pour verbaliser ce qui était insinué : est-ce que Facebook pourrait recueillir des données incriminantes lors d’événements comme les soulèvements récents en Égype et en Lybie? Zuckerberg a exposé que Facebook fait des analyses de contenus, suit des mots-clés, mais même si on faisait une recherche sur des mots-clés précis liés aux révolutions dans le monde entier, ce contenu aurait été une infime partie de l’information en circulation, surtout comparé à la sommes des autres renseignements partagés. Nous permettons le partage, dit-il, et cela fait peur, mais toute info peut être partagée via Facebook.

Que laisserez-vous en héritage… et qu’est-ce que Fb enseigne?
J’ai 27 ans, mon héritage? Give me a break, a-t-il répondu en riant…  Il a tout de même complété en expliquant que certaines personnes sont préoccupées par la façon de faire les choses, mais qu’il est principalement intéressé à ce qu’il développe. Dans le développement de son projet, il se sent plus près du début des choses que de la fin… Car, dit-il en matière de partage sur les réseaux, il semble que ce que nous arrivons à faire est encore très primitif.

L’événement était assez ouvert pour être en grande partie webdiffusé à partir de l’application live de Facebook. La première journée a donc donné lieu à des discussions sur le retour au « local » du Web avec les achats groupés, les promotions de proximité – grâce à la géolocalisation avec des applications comme Foursquare et Gowalla – et d’un point de vue d’un point de vue plus large, la tendance à vouloir « légiférer » sur tout trop vite, sans laisser l’économie numérique se stabiliser (voir les articles en bas de page).

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Rapport McKinsey : Internet matters: The Net’s sweeping impact on growth, jobs, and prosperityPDF

Les constats première journée :
Le Journal résume la première journée : Google, Facebook et dans le commerce local, Groupon…
L’Express met l’accent sur le côté « législation »…

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