La gestion des contenus en 2015 : un imprimé et une petite notification?

Le magazine CNET

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Ce matin, je faisais une première chronique en 2015 sur la gestion des contenus et une dernière à l’émission C’est pas trop tôt du temps des Fêtes, animée par Philippe Marcoux. Vous pouvez écouter la chronique sur l’audio-fil (en cliquant) et je vous propose ici la version rédigée avec mes sources.

Quand on est fatigué d’essayer une nouvelle application mobile chaque jour, quand mettre notre statut Facebook à jour devient une corvée, il est peut-être temps soit de se débrancher, soit de jeter un regard différent sur nos appareils mobiles et notre utilisation d’Internet. Et si c’était ce que 2015 nous réserve ? Au-delà de tout ce que permet Internet comme moyen de diffusion et la techno comme outil de communication, de production et de diffusion, qu’est-ce qui importe vraiment ?

Après la course à l’instantanéité, il semble y avoir un retour vers le «Slow media». On voit même certains géants du Web qui flirtent avec cette technologie d’un autre siècle qu’est l’imprimé…

Comme toujours, le contenu est le nerf de la guerre pour qui veut un site Web fréquenté et des médias sociaux animés. Mais, certains refont le chemin connu à l’envers, c’est-à-dire cette vieille manière de prendre les contenus destinés à l’imprimé et de les adapter tant bien que mal au Web. Ainsi, beaucoup de compagnies qui n’étaient présentes que sur le Web et qui étaient reconnues pour la qualité de leurs contenus, articles et photos ont compris que ce contenu peut servir à produire un imprimé exclusif, par exemple un magazine, offert comme un privilège à leur clientèle.

C’est le cas de Airbnb avec son magazine Pinapple publié 4 fois par année. Alors que le wifi est de plus disponible partout, que de plus en plus d’internautes ont outre un ordinateur, un téléphone ou une tablette qui leur permettent de consulter facilement un magazine électronique, l’objet papier reprend du galon chez les géants du Web et devient même un atout marketing.

Même chez les médias dédiés à la techno, comme CNET on emboite aussi le pas (on peut même s’abonner à son magazine dès qu’on arrive sur le site) et le quotidien britannique The Guardian prédit que d’autres iront dans cette direction en 2015.

Personnellement, je fréquente des sites d’achats en ligne, comme Shoedazzle, qui profitent des commandes expédiées pour acheminer à leurs clients un magazine papier glacé tout en images des tendances mode. Comme ces compagnies font parfois appel à des vedettes pour développer des collections ou faire la « curations » des tendances, tous ces éléments sont arrimés pour plus d’impact.

Le paiement mobile. Ça existait déjà, mais ça se démocratise. Cependant, au Canada, on ne fait pas les choses comme ailleurs.

Tandis qu’aux Etats-Unis et en Angleterre on voit le paiement mobile comme une des grandes tendances pour 2015…

Apple avec le iPhone 6 ou 6 plus, muni d’une puce NFC (ou encore la iWatch qui aura ladite puce d’autres fonctions comme ouvrir la porte d’une chambre d’hôtel s’ajouteront) qui permet une communication avec les machines de paiement sur lesquelles il suffit de taper la carte, le paiement mobile devrait s’installer à la mi 2015. « Devrait », dit-on, car il lui manque les partenaires bancaires canadiens pour rendre le projet intéressant. C’est par ailleurs là que les multiples utilisations de cette puce NFC achoppe : il faut des partenaires pour (hôtels, banques etc.) pour déployer les services (article de CTV).

Cela dit, au Canada le modèle de la carte de crédit est encore prévalent, donc par paiement mobile on verra aussi augmenter l’utilisation d’un dispositif léger comme Square (ce petit cube disponible au Canada qu’on peut fixer à un téléphone et qui permet de prendre les paiements par carte) pour les petits commerçants.

Pour élaguer un peu la masse de l’information : contenu qui vous vous trouve… là où vous êtes. Par exemple, la nouvelle vocation de « Stories» de Snapchat

Chaque cohorte a sa façon de consommer l’information et avec la génération C dite millenials (ou ceux nés juste avant le changement de millénaire), une nouvelle tendance se dessine : l’info collaborative sur les plateformes fréquentées par les jeunes. Le principe est toujours le même : quand on veut parler à un groupe, aussi bien s’adresser à lui là où il se trouve, par exemple, pour nos 18 à 24 ans, sur Snapchat. Cette application au départ reconnue pour son utilisation « oléolé », publication de photos coquines etc., a tranquillement adapté son offre. La fonction « Stories » qui permet de créer des récits a ouvert de nouvelles possibilités.

Les utilisateurs du service ont manifesté leur désir de voir les snaps (soit les photos et contenus partagés) des événements sociaux et politiques qui les touchent, comme les soulèvements de Ferguson, mis en forme pour résumer l’événement.

Casey Neistat, vidéaste, demandait pourquoi ne pas mieux couvrir ces événements sur Snapchat…

Accompagné de deux journalistes du Vice, il l’a fait. Une nouvelle façon d’informer les plus jeunes utilisateurs des réseaux a ainsi vue le jour. Et pour ces utilisateurs, cela donne une information qui n’a pas l’air des reportages que leurs parents écoutent.

Dans le Figaro, on citait le PDG de Snapchat, Evan Spiegel, 24 ans, « Un de nos développements les plus intéressants, c’est la transition entre un usage des snaps purement pour communiquer, vers notre propre façon de raconter des histoires.»

Le modèle glisse un peu quand pour couvrir le Black Friday, les sponsors des histoires Snapchat étaient Amazon et Hollister.  Le modèle est donc en place pour une information différente et sponserisée, peut-être même que des médias oseront produire des « Stories » sponserisées par leur marque.

Donc ceux qui produisent l’information et les contenus qui nous intéressent créé de nouvelles façons ne nous informer et surtout de nouveaux produits pour joindre leurs clientèles…

Cela mènera à une bataille du PUSH (les alertes de nouvelles de dernière heure) une autre façon de concevoir un accès plus personnalisé au contenu et à le filtrer… Car les utilisateurs choisissent quels notifications push ils veulent.

En 2014, les utilisateurs ayant accepté de recevoir des notifications push sur leur smartphone passent trois fois plus de temps sur les applications émettrices de ces alertes, selon l’étude de la société américaine Localytics.

Ainsi, ils obtiennent un suivi en direct sur les histoires qui les intéressent.

D’après les estimations de Slate (8 tendances du journalisme en 2015), un seul push peut générer 20 000 à 30 000 visites sur une application française d’informations généralistes, c’est donc un élément important.