Snowden n’est pas oublié, mais toujours en exil…

Les notes de ma chronique présentée sur Ed Snowden à l’émission Gravel le matin du 26 juillet 2016.

La semaine dernière Snowden lançait un concept d’étui de IPhone pour protéger vos données de l’espionnage commercial et gouvernemental. Au même moment, la 2e bande-annonce pour le film d’Oliver Stone, portant sur sa vie était mise en ligne, alors que Snowden s’adressait aux participants d’un ComiCon, pour ce film qui sortira le 16 septembre…

Rappelons d’abord qui est Ed Snowden et ce qu’il a fait au juste pour devoir s’exiler en Russie

Si le nom est connu, l’humoriste John Oliver (la vidéo est par ici) avait bien prouvé dans un vox populi que peu de gens arrivent à énoncer clairement ce qu’a fait le jeune trentenaire. En 2013, Joseph Edward Snowden, un informaticien formé par la CIA est engagé comme sous-contractant par Booz Hamilton pour un mandat avec la NSA. En mai 2013, il quitte Hawaï pour Hong-Kong avec en poche des milliers de documents acquis sans la permission de son employeur et dont il révèle le contenu à trois « journalistes », Gleen Greenwald (pour The Washington Post), Lauras Poitras (qui est exilé en Allemagne avec plusieurs Américains surveillés par les É-U et réalisera le documenaire CitizenFour) et Ewen MacAskill (journalist à The Scotsman puis correspondant au bureau de Washington de The Guardian qui mettra en forme les révélations de Snowden sur la NSA pour ce média, ses articles lui mériteront le George Polk Award pour ses Global surveillance disclosures)

Une stratégie de diffusion efficace mais prudente

Il faut noter, qu’au contraire de Julien Assange et son projet WikiLeaks, Snowden ne rendra pas tous les documents qu’il prélevé « publics ». Il les divulgue, en contexte, aux journalistes qu’il a choisi, limitant l’accès aux données brutes, mais s’assurant que l’information qui doit être connue par les citoyens soit disponible.

Après près la première vague de révélations, données en exclusivité aux journalistes mentionnées ci-haut, d’autres médias ont eu accès aux renseignements pertinents pour leur pays : dont The New York Times, CBC, Australian Broadcasting Corp, Der Spiegel, O Globo (Brazil), Le Monde (France) NRC Handelsblad (Hollande), Dagbladet (Norvège), El Pais (Espagne) et Severiges Television (Suède). Les documents en question révèlent que outre l’agence américaine de renseignements (CIA), Snowden, par l’alliance dite Five Eyes, avait accès aux documents des agences de renseignements canadienne, britannique et australienne et néo-zélandaise.

On a compris que des programmes de surveillances connus comme PRISM avait des « partenaires commerciaux » tels que Google, Facebook, Microsoft et Apple… Et que la NSA obtenaient des données directement des compagnies de télcoms. Vous pouvez consultez la page Wiki Global Surveillance 2013 à aujourd’hui, citée plus haut, pour les détails.

Snowden a donc été accusé en juin 2013 d’avoir violé the Espionnage Act de 1917 (!!) et d’appropriation illégale des biens du gouvernement.

Les supporters de Snowden en appellent à Obama

Outre ses prises de positions risquées et ses dénonciations de la loi antiterrorisme de son pays d’accueil la Russie, qui ouvrait la porte à plus de violations de la vie privée au nom de la sécurité, il a récemment proposé un étui de iPhone qui protégerait les données des utilisateurs. Cela vient nous rappeler, que tandis qu’on débat du sort des lanceurs d’alerte, Snowden continue de militer pour la protection de la vie privée, au risque même de son confort bien relatif.

La sortie en septembre du film sur sa vie n’est pas un hasard et concorde avec la présidentielle en cours qui arrivera à l’élection d’un nouveau président américain le 8 novembre 2016. Des défenseurs d’Ed Snowden demandent donc qu’Obama lui accorde le pardon avant la fin de son mandat. Or, le sort de ce défenseurs de droits des citoyens sera donc de plus en plus discuté et comme on a vu récemment, il sera noirci par certains (on a même dit qu’il était en fait un espion Russe et que c’est pourquoi il était réfugié là-bas) et ses supporters augmenteront les communications positives à son égard.

En ce qui a trait aux accusations portées contre lui, Ronald Goldfarb, avocat, agent littéraire et auteur, a publié un essai sur Snowden et, récemment dans NewsWeek, proposait dans un récent article de NewsWeek qu’on le traduise en justice à Hawaï pour vols de documents gouvernementaux, plutôt que pour espionnage ou trahison, ce qui aurait pour effet de le réintégrer plus rapidement.

Lanceur d’alerte ou espion?

Dans ce dossier, on oublie souvent que Snowden, si on décide de croire ses propos, a relaté avoir à plusieurs reprises pointé à ses collègues et supérieurs les pratiques en manipulation d’information qui lui paraissaient ne pas respecter les droits fondamentaux accordés par la constitution américaine aux citoyens. Comme en témoigne cet article, quelque 10 fois ses notes et remarques n’auraient pas été retenues. Il a par ailleurs témoigné en mars 2014, au Parlement Européen, à cet effet.

Sur Twitter, Snowden a 2,25 M d’abonnés et lui ne suit qu’un compte : la NSA 😉

Est-ce que Obama l’entendra ?

Snowden au San Diego ComiCon