Aprés quelques semaines sans

Aprés quelques semaines sans un minuscule commentaire, je dois sûrement quelques explications à mes lecteurs. Il y a bien sûr le nouveau boulot, mais surtout un problème de réseau qui m’empèchait de me relier à Internet… Comme quoi, pas besoin d’ètre une grosse pointure de l’informatique pour jouer du blogue.

Mon Premier Ministre idéal

En pensant aux prochaines élections provinciales, je me suis mise à tracer les contours d’un Premier Ministre idéal pour le Québec. L’exercice m’a d’abord rappelé ma célèbre composition de cinquième année, intitulée « Mon chat ». Et tant qu’à rêver, j’aurais bien aimé en faire une Première Ministre, or,dans ce cas-ci le genre masculin du texte cache des souhaits qui requièrent à eux seuls des pages de délibérations.

Mon pm idéal n’a pas nécessairement grandi sur les bancs de l’Assemblée Nationale, peut-être même que tout petit, il avait un autre rêve que celui de diriger le Québec. Il se voyait peut-être vétérinaire, écologiste ou travailleur social, des professions liées à des préoccupations qui bénéficieraient au Québec. Dans sa vingtaine, il s’endettait pour étudier les sciences humaines, il a ainsi appris qu’étudier c’est peut-être enrichir son pays – ses institutions financières aussi – mais c’est surtout s’appauvrir pour les dix années qui suivent en payant le dit prêt et son lot d’intérêt. Pendant cette onéreuse formation, notre futur pm vivait avec des copains dans un quartier pas trop cher, ce qui rime souvent dans les rapports officiels avec « quartier défavorisé ». Il garde un souvenir impérissable de ses années de galère et parfois, en discutant hypothèques et investissements avec ses amis, il s’assombrit en pensant à ces familles qui essayaient de pousser sur l’asphalte et à la misère qui s’exposait parfois jusqu’à sa porte. Parce que, tout inexpérimenté qu’il était, dans sa quête du logis à moindre prix, il lui est arrivé de se trouver en mauvaise position – victime d’expulsion, pris d’assaut par la vermine ou encore privé des services de base. Il a alors compris que la Régie du logement était un outil utile et que les comités de protection des citoyens étaient nécessaires. Or, ces quelques mésaventures lui ont permis de constater combien il était « choyé » de pouvoir se défendre, parce que dans son quartier pas cher, tous n’avaient pas les mêmes moyens.

Il a voyagé sans le sou, près des gens, se demandant parfois au retour comment il arrivait toujours à se tirer du pétrin où son insouciance d’Américain du Nord surprotégé l’avait mis. Avec les années, il a compris qu’il vivait dans un monde privilégié. Dans ses voyages, il a rencontré des gens, discuté, confronté sa vision du monde à la leur, pour finalement essayer de comprendre l’Autre.

Parce qu’il a vu tout cela, il est convaincu que chez lui il y a des mesures à prendre pour que les familles à moindre revenu puissent se loger décemment ou faire le projet d’accéder à la propriété. Parce qu’il a vécu avec le vrai monde, en dehors du cirque politique et sans limousine – il a déjà fait son épicerie en calculant chaque sou et pris les transports en commun – il sait que pour s’identifier à un pays et à une culture, il faut pouvoir rêver de petites choses pour soi, comme d’un horizon ouvert, même si on n’a pas de placements à l’étranger.

Mon Premier ministre n’est pas une bête étrange, il me ressemble un peu et ressemble à beaucoup de gens qu’il sert. Il n’est pas nécessairement Monsieur Tout le Monde, mais il le comprend un peu. Il n’est pas toujours vécu dans cette classe à part, érigée en star par les médias qu’est le monde politique. Il n’essaie pas des stratégies politiques avec la même application qu’il met à perfectionner son coup de « putter » au golf, parce qu’il a un peu de vécu et d’idéal. S’il se présente au détour d’un programme, je ne manquerai pas de réaffirmer ma foi dans le pouvoir politique, parce que le vrai pouvoir, c’est celui de bâtir une société dont nous pouvons être fiers.