11 septembre et 11 septembre

Plusieurs de mes proches se demandaient comment je vivrais cet anniversaire. Allais-je prendre congé du boulot ? Allais-je participer à quelque activité de commémoration ? Ces questions étaient toutes pertinentes, mais je n’avais pas de réponse. Aux états-Unis, G.W.B. se cherchait des ennemis à abattre, les gens les plus touchés par les attentats ne prenaient plus la parole que pour clamer leur raz le bol des médias. La vie avait repris son cours.

Cette année, le 11 septembre, à 8 h 43, j’étais dans mon auto, en route pour le travail et je constatais que ma vie avait bel et bien changé. À pareil date l’an dernier, j’étais à New York aux pieds des tours, stupéfaite devant l’indicible et loin de savoir à quel point la situation se dégraderait. À 9 h 40, je voyais des dizaines de gens condamnés à la mort, plonger dans le vide. Quelques minutes plus tard, en entreprenant une longue marche pour quitter le Point Zéro, je me suis demandée si je reverrais les miens. Cette année, un peu avant 10 h, mon père m’apprenait que la science avait fait son œuvre et dompté ce cancer qui quelques mois plus tôt avait sérieusement écourté son espérance de vie.

Oui, tout a changé pour moi parce que j’ai appris sur qui je pouvais compter… Le monde est redevenu un endroit où il fait bon vivre. Merci à vous tous donc et surtout à mon amoureux, mon roc, mon incomparable M.