L’importance de bien préparer le terrain : l’affaire des nominations au Conseil du statut de la femme

En communication politique, l’identification des opposants potentiels à un dossier est cruciale. Une fois que cela est fait, avant de lancer ses messages, on s’assure de préparer le terrain. Dans la récente vague qu’a suscitée la Charte des valeurs québécoises proposée par le gouvernement au pouvoir, on semble avoir agit à la hâte. Cette apparence de hâte se lit dans ces nominations faites le 18 septembre au Conseil du statut de la femme et qui ont l’air d’une tentative de renverser le rapport de force contre la charte au sein de cet organisme.

 

Est-ce mal de nommer dans les comités et les conseils des gens qui sont favorables au gouvernement en place?

La réponse ici, plutôt que de se fonder sur l’éthique se fonde sur la pratique et la stratégie, c’est donc NON. Julie Miville-Deschênes avait elle-même été nommée par la ministre libérale Christine St-Pierre, or il faut s’attendre à ce qu’elle s’insurge contre ces quatre nominations, ce qu’elle fit par ce communiqué (je conseillerais au CSF de publier leurs communiqués en HTML et d’offrir la possibilité de les partager par les réseaux sociaux, mais c’est une autre histoire). Cela dit, je n’ai pas besoin d’être libérale pour affirmer que ces nominations dérangent. Elles ne dérangent pas en raison des qualifications des personnes nommées ou encore parce que ces femmes appuient fort probablement la Charte, non elles dérangent car elles semblent pointer une certaine improvisation dans la mise en place de cette charte.

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Et si ces personnes avaient été nommées avant que le dossier soit au grand jour?

Mme Miville-Deschênes aurait peut-être grogné un peu, la CSN aurait certainement manifesté son désir de garder ce siège qu’elle a habituellement au sein de l’organisme et au moment de faire connaitre la Charte, certains auraient remarqué que le PQ avait placé ses gens avant de foncer.

Mais là, cette action après coup, cumulée aux petits dessins presque comiques (voir plus bas les fameuses illustrations) ou encore à la syntaxe difficile de ladite Charte, permettent de présumer que quelques bouts de fil n’avaient pas été attachés dans cet ouvrage.

 

Autres sources à consulter:

Le blogueur Benoit Mélançon de L’Oreille tendue a produit une analyse du style, de la syntaxe et du fonds du texte de la Charte depuis son titre « Parce nos valeurs, on y croit ». On a pu l’entendre à l’émission Médium Large, animée par Catherine Perrin.

La Charte des valeurs dans tous ses détails

La Charte des valeurs québécoises   Cinq propositions