Ce fameux vote pour l’indépendance

Je vous fais un aveu : j’ai voté « oui » aux deux précédents référendums. Cela dit, je dois vieillir plus vite que M. Parizeau, parce que je suis fatiguée du projet souverainiste. Oui, lapidez-moi si vous le voulez, mais je pense que le projet a fait son temps. S’accrocher à cette idée est comme essayer de bâtir un édifice selon des plans conçus à la fin des années soixante. Si quelqu’un présentait un pareil plan, on lui dirait sûrement, « il me semble que c’est un peu vieillot ton affaire, il y a depuis de nouvelles façons de faire, de nouveaux matériaux et maintenant, l’amiante est bannie… ». Je pousse la comparaison, mais la question demeure : comment un plan de société élaboré il y a plus de vingt ans peut être encore à jour? La société québécoise n’est plus la même. Le monde a changé. L’Europe s’est réuni sous la bannière de la CEE, de nouveaux conflits ont émergé à l’échelle internationale, les États-Unis dominent comme un monstre fabuleux, dont on cherche la tête… Tout est différent et même ce désir profond d’être reconnu comme une nation doit prendre une nouvelle tournure. Nous avons besoin d’un nouveau plan, d’un nouvel idéal.

Pour ce qui est de la controverse autour de Martineau qui envoyait Parizeau pètre sur île déserte, je crois que nous vivons un phénomène d’agisme à l’envers. Nos leaders, à force de vouloir rester jeunes trop longtemps, nous font croire que 35 ans, voire 40, c’est trop jeune. Pourtant, ils sont eux-mêmes arrivés au pouvoir au début de la trentaine, voire à la fin de la vingtaine, il sont devenus boss, directeur, député, ministre dans leurs jeunes années et aujourd’hui, ils ont le culot de dire à la génération suivante de patienter et de respecter l’expérience. L’expérience, mais pas l’âge, parce qu’ils refusent d’être vus comme « âgés ». Ils ne sont pas vieux, pas gâteux, un peu enfant gâté, mais pas vieux bon!